Lancés en 2017, les chantiers de jeunes, organisés par la Citadelle de Besançon, connaissent en 2023 leur septième année d’existence. Pour ce nouveau rendez-vous, le site bisontin a réitéré la confiance qu’il accorde au club du Vieux Manoir. Cette structure, basée dans l’Oise, s’est spécialisée dans l’organisation de chantiers de jeunes.
Cette dernière dispose d’un véritable savoir-faire en la matière. Depuis 1952, elle forme ses intervenants aux techniques d’animation liées à l’encadrement de jeunes et aux techniques d’intervention sur un chantier. Travaux de maçonnerie, de taille de pierre et pavage font partie des savoirs enseignés. Des temps de formation théorique et pratique sont organisés. Au sein de cette association, à la manière de ce qui se passe dans le mouvement scout, les jeunes sont cooptés par leurs aînés. C’est ainsi que Paloma, l’actuelle directrice, a gravi les échelons. Après avoir participé à ces chantiers en tant qu’adolescente, elle est devenue animatrice, puis aujourd’hui responsable d’un projet. Un deuxième l’attend dans quelques semaines, ailleurs en France.
L'interview de la rédaction / Paloma, directrice du chantier
Suivi scientifique
Mener un tel chantier, dans un site classé comme celui de la Citadelle, demande rigueur et organisation. Pas question de faire n’importe quoi. Les équipes de la Citadelle assurent leur rôle de référent, mais l’établissement fait également appel aux experts de la DRAC et aux services archéologie et architecture et bâtiments de la Ville de Besançon. Une architecte du patrimoine suit également le chantier. Cette experte porte un regard spécifique sur la rénovation du moulin de la Citadelle, pour lequel ces jeunes sont associés.
L'interview de la rédaction / Gaëlle Cavalli (responsable du service Valorisation du Monument)

Trois chantiers en cours
Trois chantiers sont actuellement menés par le groupe de 18 adolescents, âgés entre 14 et 17 ans. Cet été, ils poursuivent deux chantiers qui avaient été lancés l’an dernier et ont investi le moulin, qui fait l’objet d’une grande réhabilitation, avec la mise en place d’un nouveau parcours guidé. Au programme : des opérations de dévégétalisation, de maçonnerie, de dégarnissage de joints en ciment ou encore de création de joints en mortier de chaux. Les travaux ne manquent pas.
Vie de groupe

En parallèle, parce que ce camp a aussi une vocation pédagogique et d’ouverture culturelle, les adolescents participent à différents ateliers et sorties. Hébergés au camping de Chalezeule, ils vivent aussi des moments collectifs. Les temps de vie quotidienne, le partage des repas, la baignade, … rythment les riches journées. Du haut de ses 14 ans, Lou participe à son premier chantier de jeunes. Cette bisontine reconnaît découvrir autrement la Citadelle. Elle assure qu’elle reviendra très prochainement montrer à sa famille le fruit de son travail. Une véritable fierté que de concourir à la mise en valeur de l’une des forteresses de la cité bisontine.
L'interview de la rédaction / Lou ( jeune participante)
L’information est communiquée par la SNCF. En raison d’un acte de vandalisme, la circulation des trains sur la ligne Belfort/Besançon, à hauteur de Voujeaucourt, est perturbée dans les deux sens de circulation. Le retour à la normale est prévu vers 14h.
La décision de la mairie est actée et les travaux débuteront en décembre : les quartiers de la Madeleine et Battant seront fermés aux voitures avec la mise en place de quatre nouvelles bornes de circulation. Une porte d’entrée vers le centre-ville désormais inaccessible et qui renvoie les quatre-roues aux frontières de la Boucle.
En descendant la rue de la Madeleine, pas besoin de faire plusieurs commerces pour avoir un témoignage agacé d’un propriétaire. Philippe Bonnet, qui tient la boucherie éponyme en bas de la rue, “n’a plus la force de se battre”. ll ne participe même plus au combat que mène l'association de commerçants du quartier qui ont monté une pétition. Le propriétaire est clairement excédé, il tourne en rond en pestant : “ce n’est clairement pas des commerçants qui ont pris cette décision, ils sont derrière leurs graphiques et ne connaissent rien du terrain”. Quand on évoque les réunions de concertation successives que la ville a mis en place, il rit : “c’est une réunion où on nous met devant le fait accompli, on ne nous consulte pas”. “Ils ont même fait des enquêtes avec des policiers pour démontrer que les voitures seraient susceptibles de créer des accidents, on est sur de l’hypothétique !”. Il continue de nous dévoiler les dessous de cette concertation en jugeant ridicule la comparaison avec d’autres villes comme Rouen ou Madrid qui ont grandement piétonnisé.
Un pari sur l’avenir
C’est en effet en prenant exemple sur d’autres grandes villes européennes que la mairie, par le biais de Marie Zehaf, adjointe à la circulation, a parié sur la piétonnisation. Un peu plus en hauteur dans la rue, le gérant du CBD Shop comprend cette difficulté : “le changement ça fait toujours peur, c’est douloureux au début”. Avec la promesse d’un meilleur aménagement, de la végétalisation, il espère que les touristes monteront davantage la rue. “Quand ils traversent le pont Battant, ils s’arrêtent à l’Eglise, prennent des photos mais ne vont pas plus loin, le haut n’attire pas”. C’est sa voisine qui habite le quartier depuis 40 ans qui lui a appris la nouvelle. Il craint tout de même des problèmes pour les livreurs qui verront leur travail compliqué par cette disposition. “On verra” est le résumé de son avis : lui qui possède une autre échoppe à Strasbourg espère que le même phénomène se produira. Une piétonnisation qui crée du passage et de l’attractivité.

Le scepticisme ou l’opposition franche
D’autres témoignages rejoignent celui du géant du CBD Shop : on doute mais sans avoir un avis franc. Aux zinzins du vin, on s’inquiète surtout pour les travaux qui débuteront en décembre mais “toutes les places ici étaient déjà prises, ce n’était pas un lieu de stationnement”. Du côté de la bouquinerie L’as tu lu, on a surtout peur que les personnes âgées ne se déplacent plus au centre ville. “Aussi, pour les motos qui roulent vite, je pense pas que ce soit la solution”. Au bout du pont Battant à Bois Etc…, on rejoint ce diagnostic. “Cela ne règle pas le problème des nuisances sonores, c’est à la police de le faire”. La propriétaire, qui nous a accueilli en descendant les escaliers par un “Nul !”, estime que c’est un projet pour “pousser le tram”. Le tenant du bureau de tabac quai de Strasbourg suit son idée. “Ces trams, ils tournent à vide et on essaye de forcer. Les gens qui viennent de loin, de la campagne, ils vont s’arrêter à Planoise et prendre les transports ? Il faut arrêter.”.
La mort du commerce, la mort du centre-ville ?
Ce même commerçant fustige une décision qui “est contre son camp”. “Je suis ici depuis 2006, on a eu la crise de 2008, le changement du pont Battant en 2013, le Covid puis l’inflation, là on a le sentiment qu’on nous achève”. Le buraliste ouvre le dimanche, ce qui attire une clientèle de toute la région : désormais, son offre n’est plus vendeuse sans passage routier. Il se dit écologiste mais pense que cette décision, tout comme la fermeture du pont de la République début 2022, est un non-sens. “On crée davantage de bouchons, des voitures qui crachent du Co2 à l'arrêt pendant de longues minutes”. En remontant dans l’angle de la rue Battant, le propriétaire de Backing Games est de loin le plus énervé. Il a d’ailleurs dit le fond de sa pensée à l’équipe municipale lors des concertations par des mots grossiers. “Ces concertations, c'était une manière de passer la pommade mais ça ne passe pas”. L'aîné des témoins de l’après midi est le père de la propriétaire de La boite à rire, rue de la Madeleine. Lui qui a tenu la boutique pendant 40 ans a "vu la ville mourir tout simplement”. “Avant, on avait des touristes, on vendait des objets de la région, maintenant tout le monde fuit Besançon, on a l’impression qu’on a envie de se retrouver seuls”. Le septuagénaire évoque également les “prix de parking exorbitants” qui éloignent tous les visiteurs.
Ces bornes verront le jour en décembre et les conséquences, selon les commerçants, sont d’ores et déjà présentes. Philippe Bonnet, à 59 ans, n'embauche plus et prévoit de fermer à la retraite. “L’objectif c’est que tout le monde aille à Chateaufarine ? Eh bien soit, j'abandonne face aux grandes surfaces”. Le tabagiste, lui, compte vendre dès la fin de l’année. “Economiquement, le manque à gagner pour la ville va être énorme, ils l’auront cherché”.
Située dans la vallée du Drugeon, la Réserve Naturelle Régionale des Tourbières de Frasne Bouverans constitue un important complexe tourbeux, où se côtoient prairies humides, roselières, végétation aquatique, marais, tourbières bombées et boisements. Une mosaïque d’habitats qui offre une grande richesse de faune et de flore.
La Réserve Naturelle Régionale des tourbières de Frasne-Bouverans fait partie intégrante de la vallée du Drugeon, zone d’une grande valeur écologique, intégrée aux réseaux à la fois européen des sites Natura 2000 et mondial des zones humides de la convention Ramsar. Cette réserve s’étend sur plus de 292 hectares, offrant une grande diversité de milieux humides, du bas-marais à la tourbière active jusqu’à la tourbière boisée. Les trois principales missions de la Réserve naturelle sont de protéger, connaître et sensibiliser.
Un joyau préservé de longue date
Longtemps exploitées pour la tourbe, les tourbières de Frasne-Bouverans sont des joyaux naturels reconnus depuis plusieurs décennies par les naturalistes. En 1986, la commune de Frasne, sensible à la protection de ces milieux, décide de créer une Réserve Naturelle Volontaire. Cette dernière devient une Réserve Naturelle Régionale en 2002, puis bénéficie d’un reclassement officiel en 2014 par la Région, en élargissant le périmètre de protection à la commune de Bouverans. Aujourd’hui, cette zone protégée s’étend sur 292,62 hectares.
Les tourbières sont des sols très riches en carbone, ce qui en font d’excellents combustibles. Auparavant, les tourbières de Frasne servaient aux exploitations familiales. Les locaux avaient un canton affecté par famille, et venaient tirer de la tourbe. Il y a même eu un peu d’exploitation industrielle par la suite.
Des milieux rares et menacés
Façonné par la dernière glaciation, le relief en petites dépressions plus ou moins étanches du bassin du Drugeon a facilité l’installation de marais tourbeux, à la faveur d’un climat devenu propice, il y a environ 8000 ans. Les tourbières sont des zones humides en permanence saturées en eau, empêchant la matière organique de se décomposer et formant ainsi la tourbe. On y retrouve donc une flore particulière adaptée aux sols humides et une grande variété de libellules et de papillons notamment. Il est donc crucial de protéger ces milieux naturels, ne serait-ce que pour la biodiversité qu’ils abritent, mais aussi pour les bénéfices qu’ils apportent tels que stockage du carbone et la régulation de l’eau face aux événements extrêmes.
Une découverte pédagogique
Les tourbières de Frasne-Bouverans ont été aménagées dans le respect de l’environnement pour proposer une découverte ludique du site. Des panneaux d’interprétation sont disposés tout au long la promenade pour aider les visiteurs à mieux comprendre les spécificités du site. Un média numérique propose aussi une autre approche sur les paysages traversés, avec des accompagnants de choix : Sophie, Pierre et Emile. Au fil du chemin, ils apportent des informations pour comprendre les origines et l’évolution de ce milieu naturel hors du commun. Par ailleurs, le 8 juillet dernier, la Communauté de communes Frasne Drugeon, en partenariat avec l’EPAGE Haut-Doubs Haute-Loue, a inauguré des nouveaux aménagements pédagogiques à la Réserve naturelle régionale des Tourbières de Frasne-Bouverans, suite à l’obtention d’une subvention du plan d’accélération de l’investissement régional.
Marine Veck, chargée de mission de l'ouverture au public de la réserve naturelle régionale des tourbières de Frasne-Bouverans et l'espace naturel sensible du lac de Bouverans :
Alors que la plupart des clubs, engagés dans les championnats nationaux, ont repris leur préparation, on connaît également la composition des groupes de nationale 3 pour le prochain exercice. Précisons que le coup d’envoi de la compétition sera donné le 27 août.
Dans ce championnat s’affronteront les équipes franc-comtoises de Pontarlier, du Besançon Football, du FC Sochaux Montbéliard, de Vesoul, le promu, et de Jura Dolois.
Jeudi soir, à 20h, le cinéma de Morteau projettera le film documentaire de Laurent Geslin, baptisé « Le retour fragile du lynx ». Cette soirée est organisée dans le cadre de l’action « Parole de lynx », un vaste programme de sensibilisation, mené par Ferus, en partenariat avec le Parc naturel régional du Doubs Horloger et la Maison des Jeunes et de la Culture de Morteau.
A l’heure où le retour des grands prédateurs fait toujours débat, quel bilan dresser 50 ans après la réintroduction de ce grand chat dans nos forêts ? Pour trouver des réponses rationnelles, le réalisateur a enquêté sur le terrain à la rencontre de biologistes, vétérinaires, chasseurs et forestiers. « Leurs témoignages permettront de mieux cerner la situation toujours fragile d’un félin indispensable à l’équilibre de nos écosystème » explique le communiqué de presse.
La séance sera suivie d’un temps d’échange avec les agents du Parc et les intervenants de l’association pour répondre aux interrogations du public quant à la présence de cette espèce emblématique de nos forêts.
Ginko fait savoir qu’en raison de travaux au niveau de la rue Proudhon, plusieurs lignes du réseau seront perturbées. Les arrêts Courbet, Gare de la Mouillère, Pont de Bregille, Centre Saint6Pierre et Poste ne sont pas desservis. Les horaires sur réservation de la ligne Ginko Hôpital sont également concernés.
Pour de plus amples informations : https://www.ginko.voyage/info-trafic/?no_cache=1
C’est une équipe Betclic Élite (anciennement Pro A) fraîchement promue qui viendra défier les bisontins dans le cadre des 64èmes de finale de la Coupe de France. Une rencontre de prestige qui se tiendra le mercredi 20 septembre à 20h. C’est une immense marche que devra franchir le BesAC (NM1) afin de poursuivre la belle aventure.
Vivien Pianet, dans le monde l'humour depuis 10 ans, joue pour la première fois son spectacle Hors Série dans la cité des papes. Du 7 au 29 juillet, l'artiste fait rire les foules au théâtre Carnot. Il nous parle de Hors Série et de son ambition de programmation à travers toute la France.
Un patchwork de personnages
Hors Série, comme son nom l’indique, est un spectacle à part. 12 personnages défilent pendant une heure au gré de l’écriture ubuesque de l'artiste et de sa compagnie Les extra-ordinaires. Des portraits de plusieurs origines : martiniquaise et haut-doubiste. Mais aussi des personnages “complètement barrés qui, peut être existent, mais on ne le sait pas”. Cette variété d’univers fait passer le temps vite avec Vivien. Ce dernier, pour une des première fois, tente de conquérir un public “en dehors des frontières franc-comtoises”.
Un comique du cru
Ces frontières, il les chérit pourtant. Inspiré d'humoristes comme “la Madeleine de Proust”, Vivien aime parler de ces lieux que “les gens d’Avignon ne connaissent pas forcément”. Chroniqueur à France Bleu Besançon, il veut maintenant s’exporter à travers toute la France et, pour cela, Avignon est “un incontournable”. “On s’est préparés pendant 8 mois, au niveau marketing et à l'écriture pour adapter le spectacle aux demandes du théâtre Carnot”. Depuis plus de 10 ans dans le monde de l’humour et de la programmation de spectacle, le pontissalien a eu le déclic l’année dernière. “Ça coûte un billet Avignon” mais, grâce à des cagnottes en ligne et des accompagnements d’entreprises, le projet a pu voir le jour.
Le quotidien d’un humoriste à Avignon
Pour décrire le train de vie éreintant de jouer un spectacle dans le plus grand festival de théâtre vivant au monde, Vivien parle d’horaires précis qu’il faut respecter. “Je me couche tôt pour être en forme le lendemain car on tracte dès 10h puis on joue le spectacle, on rencontre le public, les programmateurs…”. La course après la montre se fait aussi après le public dans un moment ultra concurrentiel. “Les retours sont plutôt bons” mais c’est difficile de connaître le réel impact d’une telle aventure. “On ne sait pas vraiment si Hors-Série va tourner au-delà car les programmateurs voient plus de 50 spectacles en une semaine”.
L’on saura seulement après le festival si Vivien Pianet va continuer de porter haut les couleurs doubistes dans le monde de l’humour. En attendant, si vous êtes de passage en Provence, il continue d’amuser la galerie encore 10 jours.
Le podcast de la rédaction / Vivien Pianet
Le tristement célèbre anesthésiste bisontin, Frédéric Péchier, mis en examen pour 30 cas présumés d'empoisonnement de patients dont 12 cas mortels lorsqu'il était en poste à la Clinique Saint-Vincent ainsi qu'à la Polyclinique de Franche-Comté, a pris la parole dans la presse nationale. Discret depuis le début de cette affaire et refusant de s’exprimer à de nombreuses reprises, Frédéric Péchier rompt le silence et clame une fois de plus son innocence.
Ce sont dans les colonnes de nos confrères du Parisien que l’ancien anesthésiste a choisi de s’exprimer. Soupçonné de 30 empoisonnements volontaires de patients, âgés de 4 à 89 ans entre 2008 et 2017, dont douze mortels, Frédéric Péchier avait choisi de garder le silence depuis de nombreux mois. Retranché à Poitiers chez ses parents, celui qui peut à nouveau exercer la médecine sous certaines conditions strictes, et sans lien direct avec les patients, souhaite « rétablir certaines vérités ». Dans cette interview, le cinquantenaire déplore que « sa présomption d’innocence soit piétinée en permanence, et souhaite laver son nom de tout soupçon ».
"Mourir innocent"
Il révèle avoir tout perdu. Sa vie professionnelle, familiale et sociale. Il se désole d’avoir dû retourner vivre dans sa chambre d’ado, dans la maison de ses parents. Une situation infantilisante. Il n’a pas vu son fils grandir, son mariage n’a pas résisté, et il n’a désormais plus aucun revenu. Une situation qui poussera à bout l’anesthésiste, qui, pris de désespoir, tentera de mettre fin à ses jours un soir d’octobre 2021. « Pour mourir innocent » expliquait sa lettre d’adieu. Rappelons-le, Frédéric Péchier est suspecté d’avoir entraîné volontairement des complications cardiaques chez des patients de ses confrères dans deux cliniques de Besançon, par vengeance mais aussi pour démontrer ses talents de réanimateur, selon l’accusation. Ce que l’anesthésiste a toujours nié. Selon ce dernier, seuls trois cas soulèvent véritablement la question d’empoisonnements potentiels. "Pour moi, il y a trois cas qui posent effectivement problème, car dans les poches d’injection, on a retrouvé des produits qui n’avaient rien à faire là. J’ignore si c’est volontaire ou non, et ce n’est pas à moi de le dire. Hormis ceux-là, il n’y a pas de preuve d’administration de produits anormaux", détaille Frédéric Péchier au Parisien.
Plusieurs éléments de défense
Quand l’anesthésiste est questionné sur ses arrivées, tel un sauveur, toujours au moment où surviennent les arrêts cardiaques, le cinquantenaire explique intervenir à chaque fois sur demande de ses collègues. « A chaque fois que je suis là, c’est parce qu’on m’a appelé ». Et s’il existe quelques incongruités selon Frédéric Péchier, la majorité des cas auraient une origine médicale ou seraient la conséquence « d’erreurs de confrères, voire d’un taré non identifié ». Quand est évoqué le cas de Sandra Simard, qui a déclenché l’enquête en 2017, où l’on reproche à l’anesthésiste d’avoir formulé le bon diagnostic en seulement quelques minutes, il explique simplement avoir administré du gluconate de calcium, « ce qu’il fait systématiquement en cas d’arrêt cardiaque ». Concernant les accidents cités comme « problématiques » par Frédéric Péchier, le dernier concerne l’un de ses patients, qui aurait pu lui servir d’alibi. Une version évidemment contestée par l’anesthésiste. Des témoins auraient d’ailleurs remarqué le comportement particulièrement stressé du médecin ce jour-là, qui aurait immédiatement évoqué une malveillance. « J’étais paumé, inquiet pour mon patient, je ne comprenais pas ce qu’il se passait. Entre les poches percées et le diagnostic fait immédiatement par mon collègue, oui, je me suis posé des questions » indique Frédéric Péchier au Parisien. Ce dernier évoque même les images de vidéosurveillance, où l’on identifie une femme de ménage. « Des vidéos qui n’ont pas été exploitées » regrette-t-il. Et si les enquêteurs estiment que seul un médecin avait les compétences pour agir, Frédéric Péchier affirme que « n’importe qui est capable de polluer une poche ». « Sur le potassium il y a écrit "DANGER". C’est dans les placards en accès libre, ce n’est pas comptabilisé au contraire de la morphine. Le bloc n’était pas sécurisé, tout le monde le sait. Qui nous dit que ce ne sont pas les agissements d’un taré ? En 2017, pendant mes vacances, quelqu’un a détruit pour 50.000€ de matériel. Ça n’a pas non plus été creusé. Et puis, il y a eu d’autres arrêts cardiaques après mon départ » confie l’anesthésiste.
En tout cas, l’ancien anesthésiste qui a toujours clamé son innocence se dit prêt à affronter « ce faisceau de présomptions », au cours d’un procès très attendu, qui ne devrait pas voir le jour avant 2025.