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Les habitants de Chapelle-d’Huin ont élu dimanche leur nouveau maire lors d’un scrutin municipal exceptionnel organisé faute de candidat en mars dernier. Avec 164 voix contre 130 à son adversaire Fabrice Maugain, Cédric Bragard, deuxième adjoint sortant, l’a emporté. La participation a atteint 80,81 %, avec 299 votants sur 370 inscrits. L’installation du nouveau conseil municipal est prévue ce vendredi.

Les élections municipales finalement organisées à Chapelle-d’Huin opposeront deux listes dans cette commune du Haut-Doubs, près de Levier. Initialement reporté faute d’un nombre suffisant de candidats, le scrutin se tiendra finalement le 7 juin prochain. Deux équipes se sont déclarées sur les réseaux sociaux : « Ensemble pour Chapelle d’Huin », conduite par Cédric Bragard, et un mouvement citoyen emmené par Fabrice Maugain.

Dans le Doubs, plusieurs communes restent sans maire faute de candidats à l’issue des élections municipales. Cinq d’entre elles sont concernées, dont quatre dans le Haut-Doubs, à Rochejean, où Lionel Chevassus, ancien maire de la commune, devrait se présenter, à Chapelle d’Huin, Dompierre-les-Tilleuls et La Planée. 

Des élections complémentaires sont programmées les 24 mai, pour La Planée et Rochejean, et 7 juin, Chapelle d’Huin et Dompierre-les-Tilleuls,  afin de tenter de constituer de nouveaux conseils municipaux. En attendant, des délégations spéciales ont été mises en place par la préfecture pour assurer la gestion courante et garantir la continuité du service public.

À Fontain, un mois après les élections municipales, Vivien Desgrange dresse le bilan de sa première campagne et confirme la poursuite de son engagement. Malgré une défaite au scrutin, il souligne une expérience enrichissante et remercie les habitants ayant soutenu sa liste « Agir pour Fontain ».

Désormais conseiller municipal délégué à l’économie et aux relations avec les entreprises, il entend contribuer au dynamisme local et continuer à porter certaines propositions de son programme. Pour lui, cette élection marque le début d’un engagement durable au service de la commune.

Au lendemain d’un basculement politique inédit, Nicolas Bodin met en garde contre le déni. L’ancien élu socialiste bisontin estime indispensable d’analyser en profondeur les causes de la défaite pour éviter un affaiblissement durable de la gauche locale.

Une réaction de votre part, en tant qu’homme de gauche et ancien élu à la Ville de Besançon et Grand Besançon Métropole, sur le résultat des élection  municipales à Besançon ?

Oui, il me paraissait important de m’exprimer. Je ne l’ai pas fait pendant la campagne. Désormais, les résultats sont acquis, les exécutifs sont en train de se mettre en place, tant au niveau de la ville que de l’agglomération. Il me semble donc utile, en ce début de mandat, de donner une version des faits, mais surtout de se projeter vers l’avenir.

Quel est votre constat ? Cette défaite était-elle évitable ? Comment l’expliquez-vous ?

La possibilité d’un basculement de Besançon à droite ne date pas d’hier. La question s’était déjà posée en 2014, avec une victoire très serrée face à Jacques Grosperrin. Elle s’est reposée en 2020 avec la victoire d’Anne Vignot, également très courte — environ 500 voix — dans un contexte particulier lié au Covid. Dès 2020, je considérais que cette ville pouvait basculer à droite. Le mandat 2020-2026 a été complexe, notamment en raison des deux premières années fortement marquées par la crise sanitaire. Au final, la défaite est assez nette. Ce que je regrette,  c’est qu’à gauche, on donne parfois l’impression que rien ne s’est passé. Or, un changement de majorité après 73 ans de gestion socialiste et écologiste n’est pas un fait anodin. Il faut analyser sans tabou ce qui s’est passé.

Cette défaite aurait-elle pu être évitée ? Probablement en partie. Il y a des sujets majeurs à réaborder clairement : le logement, la sécurité, l’économie. Ce sont des thèmes sur lesquels je me suis beaucoup exprimé durant le mandat précédent, parfois au prix de critiques. Aujourd’hui, il faut ouvrir un vrai débat. Sinon, nous risquons de rester durablement dans l’opposition, avec des conséquences importantes sur les politiques menées localement.

L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin 

Comment vivez-vous cette situation ? Avec tristesse, amertume, colère ?

C’est un mandat qui ne sera pas de six ans mais de sept ans, dans un contexte politique national très structuré par l’élection présidentielle. À un an du scrutin, la montée du Rassemblement national est très préoccupante. Si une victoire de l’extrême droite devait se produire, cela entraînerait sans doute une recomposition politique, notamment à gauche. Mais, à minima, nous devons faire localement un travail d’analyse sérieux.

Par exemple, la sécurité est un sujet majeur qui préoccupe tout le monde. La gauche doit s’en saisir. Ce n’est pas un thème réservé à la droite ou à l’extrême droite. Ne pas le faire serait une erreur. Même chose pour l’économie, qui renvoie directement à l’emploi. Si les Bisontins ne trouvent pas suffisamment d’emplois localement, ce sera très préjudiciable pour le territoire.

Nous devons nous réapproprier ces sujets avec notre vision, en intégrant les enjeux environnementaux et de transition écologique. Il faut aussi s’interroger : que signifie le social au XXIᵉ siècle, sans tomber dans l’assistanat ? Nous avons beaucoup de chantiers devant nous. On ne peut pas simplement dire : « c’est une défaite » et repartir comme si de rien n’était. Il faut analyser les dix dernières années, comprendre pourquoi une partie de l’électorat de gauche s’est détournée ou a basculé.

L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin 

Peut-on dire que le départ de l’ancien maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret,  vers La République En Marche a joué un rôle ?

Oui, son départ en 2017 a été un événement politique dont on n’a pas suffisamment mesuré l’importance. Beaucoup de Bisontins de sensibilité sociale-démocrate, centre gauche ou centriste ne se sont pas retrouvés dans la politique menée ou dans l’alliance avec La France Insoumise. Certains se sont abstenus, d’autres ont voté pour Ludovic Fagaut. Cela pose la question du centre de gravité politique de la ville, qui n’était plus représenté.

Par ailleurs, le macronisme, que j’ai toujours considéré comme une parenthèse, semble aujourd’hui en train de se déliter. Il y a donc un espace à reconstruire autour d’une social-démocratie modernisée, y compris à Besançon. Cela implique de se remettre en question, de lever les tabous et de répondre aux préoccupations des citoyens, qui se désengagent de plus en plus. L’abstention est d’ailleurs un fait marquant de cette élection : elle atteint un niveau inédit pour des municipales, pourtant censées être les élections locales les plus mobilisatrices.

L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin 

Peut-on dire que l’électorat bisontin a durablement basculé à droite ?

Pas nécessairement. Il faudra observer l’action de la nouvelle majorité. Nous sommes dans une période de bouleversements profonds — locaux, nationaux et internationaux. Entre les crises géopolitiques, la présidentielle à venir et les enjeux climatiques, les élus font face à des transformations majeures. Je ne pense pas que le basculement soit définitif. Il existe un véritable électorat de gauche à Besançon. À nous de travailler pour être prêts et crédibles lors des prochaines échéances.

Peut-on attribuer cette défaite uniquement à Anne Vignot ?

Non, ce serait beaucoup trop simple. Bien sûr, en tant que maire, elle porte une responsabilité plus importante, mais la situation est bien plus complexe. J’ai pu avoir des désaccords politiques avec elle, notamment sur la sécurité ou l’économie, mais on ne peut pas résumer cette défaite à sa seule personne. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, on évite parfois le débat de fond. On se contente de dire : « ce n’était pas la bonne candidate, pas la bonne alliance », et on passe à autre chose. Or, il faut analyser les politiques menées : correspondaient-elles aux attentes des Bisontins ? Qu’ont-ils ressenti ? Qu’aurions-nous pu faire mieux ? Si l’on se contente de désigner un responsable, on prépare les défaites futures. Il faut comprendre les causes profondes.

L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin 

Souhaitez-vous participer à ce travail d’analyse ?

Oui, absolument. Je veux contribuer à ce travail de réflexion et de bilan. J’ai moi-même été élu entre 2014 et 2026, je suis donc comptable de ce bilan. Il y a sans doute des choses que j’aurais pu faire mieux. Il faut l’analyser sereinement, sans tabou, avec honnêteté. Cela implique d’accepter que nous ayons pu commettre des erreurs. Les Bisontins le méritent, et nous ne pourrons rebondir sans cet exercice, même s’il peut être difficile.

L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin 

Avez-vous définitivement tourné le dos à la vie politique ?

Non. La politique reste pour moi une véritable passion intellectuelle. J’ai été élu pendant plusieurs années, je suis aujourd’hui militant, et l’avenir dira la suite. Je souhaite en tout cas contribuer à un débat sincère, afin que les générations futures puissent rebondir et continuer à porter des idées progressistes, sociales et écologiques, ici ou ailleurs.

L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin 

Après la victoire nette de la droite menée par Ludovic Fagaut à Besançon le 22 mars dernier, Place publique appelle à une recomposition de la gauche. Le mouvement social-démocrate estime que la défaite s’explique en partie par « une radicalisation des positions de l’équipe sortante Â».

« Dans une ville historiquement ancrée à gauche Â», Place publique appelle désormais à bâtir une coalition « réaliste, républicaine et laïque » en vue des prochaines échéances nationales. Des réunions publiques et débats seront organisés dans les mois à venir. Une première conférence sur l’immigration et le travail est annoncée pour mai 2026, avec la participation du député Sacha Houllié.

Un comité local de soutien à la candidature de Raphaël Glucksmann pour la présidentielle de 2027 sera également lancé à cette occasion.

L’élection de Ludovic Fagaut à la tête de la Ville de Besançon a été suivie d’un conseil municipal d’installation particulièrement tendu. À peine proclamé maire, l’élu a refusé de donner la parole à l’opposition, excepté à Anne Vignot, l’ancienne maire battue,  provoquant le départ des élus de l’opposition et l’annonce d’un recours devant le tribunal administratif.

Un droit de parole contesté

Selon les élus de gauche (socialistes, écologiques, communistes et insoumis), le maire a enfreint le règlement intérieur, notamment l’article 15, en refusant que les conseillers d’opposition puissent intervenir individuellement. Seule Anne Vignot, maire sortante, a été autorisée à s’exprimer au nom de la coalition. Ils dénoncent un « déni de démocratie » et affirment que les délibérations adoptées en leur absence « ne respectent pas les règles en vigueur ». Ils annoncent saisir le tribunal administratif pour en demander l’annulation.

La défense du maire

Interrogé à l’issue de la séance, Ludovic Fagaut a justifié sa décision en invoquant le cadre réglementaire. Le maire estime que l’opposition « avait toute latitude pour s’exprimer » après le discours d’Anne Vignot, mais qu’elle a voulu « transformer la séance en tribune politique très partisane ». Il appelle désormais à des débats « plus apaisés » pour la suite du mandat.

L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut 

Accusations d’insultes

La séance a également été marquée par des accusations d’injures. L’élue insoumise Séverine Véziès affirme avoir été visée par des propos insultants. Ces faits, s’ils étaient confirmés, pourraient encore tendre un climat politique déjà crispé.

Un début de mandat sous haute tension

Entre contestation du droit de parole, départ de l’opposition et annonce d’un recours, ce premier conseil municipal laisse entrevoir un mandat débutant dans un climat de forte polarisation politique. La justice administrative sera sans doute amenée à trancher sur la régularité des décisions adoptées lors de cette séance d’installation.

Ce vendredi 27 mars, à peine élu maire, Ludovic Fagaut a refusé de donner la parole à l’opposition et à des conseillers municipaux, « en contradiction avec le règlement intérieur », selon les concernés. Seule Anne Vignot, la maire sortante, a pu s’exprimer. En réaction, l’ensemble des conseillers municipaux de l’opposition ont quitté le conseil municipal. Selon eux, les délibérations prises durant leur absence seraient en contradiction avec les règles en vigueur.

Ainsi, l’opposition annonce engager un contrôle de légalité et une saisine du tribunal administratif afin de faire annuler ces décisions, « la réglementation imposant la présence de membres de l’opposition municipale au sein de ces commissions ». Elle dénonce également des propos insultants tenus lors de la séance : l’élue bisontine insoumise Séverine Véziès aurait été copieusement insultée, avec les termes de « salope » et « mort aux wokistes » qui auraient été tenus par « un soutien du maire ».

 

À Besançon, un nouveau groupe d’opposition voit le jour au conseil municipal. Les élus Abdel Ghezali, Jean-Sébastien Leuba et Sylvie Wanlin annoncent la création du groupe « Socialiste et Citoyens ». Ils regrettent d’avoir été empêchés d’officialiser cette annonce par le maire Ludovic Fagaut Alors que Jean-Sébastien Leuba avait sollicité « 5 minutes de prise de parole Â».

Le nouveau groupe affirme vouloir porter une opposition « exigeante et constructive », centrée sur les enjeux sociaux, les inégalités et les fractures territoriales. Il appelle notamment à renforcer les politiques de solidarité et à maintenir les moyens pour les quartiers.

Les élus socialistes critiquent par ailleurs les premières priorités affichées par la majorité, jugées déconnectées des urgences locales, tout en affirmant leur volonté de travailler en lien étroit avec les habitants et les acteurs du territoire.

Dans un communiqué diffusé le lendemain du conseil municipal d’installation à Besançon, le Député doubiste Laurent Croizier, issu de la liste du nouveau maire Ludovic Fagaut, dénonce l’attitude des élus de gauche et d’extrême gauche, qui ont quitté la séance peu après son ouverture. Il évoque une « bordélisation » du débat public et critique un départ jugé « injustifié », intervenu après un désaccord sur les modalités de prise de parole.

Le parlementaire rappelle que, lors d’un conseil d’installation, l’usage limite les interventions à celles du maire nouvellement élu et du chef de file de l’opposition. Selon lui, Anne Vignot s’est exprimée au nom de l’ensemble de l’opposition, sans contrainte de temps, rendant « injustifiée » la demande d’autres prises de parole. Toujours selon ce communiqué, il estime que ces règles garantissent « l’égalité de traitement et le bon déroulement démocratique », et critique une opposition « divisée » qui aurait privilégié « la mise en scène du désordre ».

Les élus de gauche et d’extrême gauche, de leur côté, défendent leur départ comme une manière de contester un cadre qu’ils jugent trop restrictif et insuffisamment représentatif de la pluralité des voix au sein du conseil. Cet échange de critiques illustre un climat politique tendu dès l’ouverture de la nouvelle mandature municipale.