La succession des vagues de chaleur et le manque de pluie fragilisent les cultures maraîchères. Sur le marché du centre-ville de Besançon, commerçants et producteurs constatent des difficultés variables selon les produits. Les légumes semblent particulièrement touchés, tandis qu’un arboriculteur local annonce une récolte de fruits fortement réduite.
Les légumes particulièrement fragilisés
Les légumes figurent parmi les cultures les plus exposées aux températures extrêmes. La chaleur peut interrompre la croissance des plantes, brûler les jeunes pousses ou empêcher les fleurs de donner des fruits. Lorsque l’irrigation est possible, elle limite les dégâts, sans toujours permettre de sauver la totalité des récoltes. Sur le marché du centre-ville de Besançon, un commerçant constate surtout des difficultés pour les légumes. « Les salades et les tomates ne poussent pas très fort. Tout est brûlé par le soleil », explique-t-il. À l’inverse, les fruits semblent, selon lui, mieux résister : « Ils sont meilleurs et pleins de sucre. Les pêches et les nectarines, c’est ce qu’il y a de mieux en ce moment ".
Le reportage de la rédaction
Salades et haricots verts difficiles à trouver
Un autre commerçant confirme des approvisionnements plus compliqués que les années précédentes, même s’il parvient encore à alimenter son étal. Certains produits se font toutefois beaucoup plus rares. « Il y a eu pas mal d’abricots, mais des haricots verts, il n’y en a même pas du tout. Pour le reste, ça suit encore assez bien », précise-t-il. La situation dépend notamment de l’origine des produits et des possibilités d’irrigation dans les zones de production. Les salades sont également plus difficiles à obtenir. « Avec la chaleur qu’il y a eu, ce n’est pas possible. Le soleil, c’est bien, mais lorsqu’il fait trop chaud, ce n’est pas bon », résume le commerçant.
Des fruits moins nombreux et plus petits
La sécheresse touche également les productions locales. M. Robin, qui possède plusieurs vergers et un jardin, commercialise exclusivement sa propre récolte sur les marchés bisontins. Il produit principalement des fruits à noyau, ainsi qu’un peu de rhubarbe au printemps. Cette année, sa récolte est très inférieure à celle de la saison précédente. « Nous n’avons même pas le quart de la production de l’année dernière, qui avait été relativement exceptionnelle. Les fruits sont plus petits et ils ont eu du mal à mûrir », témoigne-t-il. L’arrosage aurait pu limiter les pertes, mais ses vergers sont difficilement accessibles. Les restrictions d’eau compliquent également toute intervention. « D’une manière générale, nous n’avons jamais arrosé, quelles que soient les saisons. Nous acceptons donc que la production soit moindre et d’avoir moins de choix à proposer aux clients », poursuit le producteur.

Le reportage de la rédaction
Vers une évolution des cultures
Pour les commerçants interrogés, les producteurs devront progressivement s’adapter aux nouvelles conditions climatiques. Les cultures ayant besoin de beaucoup d’eau ou supportant difficilement les fortes températures pourraient devenir plus compliquées à maintenir. L’un d’eux imagine une évolution progressive vers des productions déjà présentes dans les régions méridionales, comme les amandes ou les pistaches. « Il faudra changer un peu, comme dans le Sud. Cela va s’adapter petit à petit », estime-t-il, tout en refusant de céder au pessimisme : « On va réussir. Il faut être optimiste. » M. Robin reste, de son côté, prudent sur la portée de cette mauvaise saison. Il considère 2026 comme une année particulière, mais pense que les effets du changement climatique pourraient durablement peser sur les prochaines récoltes.
L’adaptation devient incontournable
Cette nouvelle sécheresse relance ainsi le débat sur l’adaptation de l’agriculture. Le choix de variétés moins gourmandes en eau, la modification des calendriers de plantation, l’amélioration de la capacité des sols à conserver l’humidité, la récupération des pluies hivernales et l’évolution des pratiques d’irrigation figurent parmi les solutions envisagées. Pour les professionnels, l’enjeu ne consiste plus seulement à sauver les récoltes de cet été. Il s’agit désormais de préparer les exploitations à des épisodes de chaleur et de sécheresse susceptibles de devenir plus fréquents.

Face à une sécheresse exceptionnelle, la préfecture du Doubs a installé, ce jeudi 13 août, une « cellule sécheresse agricole ». Elle réunit les représentants de la profession, les banques, la MSA, les assurances et les collectivités. Toutes les filières sont touchées, notamment les fourrages et le maraîchage. Des aides à la trésorerie, des allégements de cotisations et des exonérations fiscales sont demandés. Les propositions seront transmises au ministère de l’Agriculture, qui prépare un plan national d’accompagnement.
Les sapeurs-pompiers du Doubs sont intervenus ce dimanche, vers 17h, dans un bâtiment agricole sans habitation situé le long de la départementale 102, à Échay. Une surchauffe du fourrage a fait grimper la température jusqu’à 80 °C. Environ 30 tonnes de foin ont été évacuées dans un champ sous protection hydraulique.
L’un des derniers fromages saisonniers de France
Le Mont d’Or AOP demeure l’un des derniers fromages saisonniers produits en France. Sa fabrication est autorisée du 15 août au 15 mars, tandis que sa commercialisation s’étend du 10 septembre au 10 mai. Cette organisation garantit aux premiers fromages de la saison une période minimale d’affinage avant leur arrivée dans les commerces. Fabriqué à partir de lait cru de vache, le Mont d’Or est reconnaissable à sa pâte particulièrement fondante, sa croûte blonde plissée et ses arômes légèrement boisés. Sa sangle et sa boîte ronde sont traditionnellement confectionnées en épicéa.
Un repas géant pour lancer les festivités
La nouvelle saison sera célébrée à Pontarlier à l’occasion de la Coulée du Mont d’Or. Les premières boîtes seront proposées à la vente dès le vendredi 11 septembre, à partir de 14 heures. Le samedi 12 septembre, de 10 heures à 18 heures, la place d’Arçon accueillera les principales animations. Grande nouveauté de cette édition : un repas géant autour du Mont d’Or, animé par Julien Locatelli. Le public pourra également déguster les premières productions de la saison, assister à la parade de la Confrérie du Mont d’Or et découvrir les différentes étapes de fabrication du fromage à l’ancienne. Des démonstrations de levage de sangles, des animations pour les enfants, de la musique et une vente de produits locaux compléteront le programme.
Près de 9,6 millions de fromages vendus
Le Mont d’Or confirme chaque année son succès auprès des consommateurs. Près de 9,6 millions de boîtes ont été vendues au cours de la saison dernière. L’accès aux festivités sera gratuit. Rendez-vous est donc donné les 11 et 12 septembre, place d’Arçon à Pontarlier, pour célébrer le retour de ce fromage emblématique du Haut-Doubs.
L’adoption par l’Assemblée nationale de la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles suscite des réactions opposées dans le Doubs. Le député centriste Laurent Croizier défend un texte destiné, selon lui, à soutenir les exploitants et la souveraineté alimentaire. Le collectif Alternatiba Besançon alerte, au contraire, sur ses conséquences environnementales.
Laurent Croizier revendique une « voie d’équilibre »
Laurent Croizier a voté en faveur de cette loi, qui rassemble 77 mesures concernant notamment les revenus agricoles, l’accès à l’eau, les bâtiments d’élevage, la prédation et l’origine des produits alimentaires. Le parlementaire présente son choix comme un vote « pour nos agriculteurs, pour notre souveraineté alimentaire et pour la science ».
Le député du Doubs estime que le texte adopté contient plusieurs avancées : réduction à quatre mois des délais de négociation commerciale, préférence accordée aux produits français et européens dans les cantines publiques, étiquetage de l’origine des viandes et des produits de la pêche ou encore renforcement de la lutte contre les importations ne respectant pas les normes européennes.
Il souligne également les mesures destinées à simplifier les projets de stockage d’eau et l’objectif de doubler les capacités agricoles en la matière d’ici 2035. Pour Laurent Croizier, ces équipements doivent être décidés localement et s’inscrire dans une trajectoire de sobriété.
Des dérogations phytosanitaires très encadrées, selon le député
Une partie des critiques porte sur la possibilité de recourir à certains insecticides, notamment l’acétamipride et le flupyradifurone. Laurent Croizier assure que la loi ne rétablit pas leur autorisation générale. Selon lui, les molécules concernées restent interdites en France.
Le texte permet toutefois à l’Agence nationale de sécurité sanitaire, l’Anses, ( ndlr : filiale d’une ministère de l’Agriculture), d’accorder des dérogations ciblées et temporaires pour quatre cultures : les betteraves sucrières, les noisettes, les cerises et les pommes. Ces autorisations ne pourraient être délivrées qu’en présence d’une menace grave pour la production et après une évaluation des risques sanitaires et environnementaux.
Le parlementaire considère que cette décision doit relever de l’expertise scientifique. Il affirme également que plusieurs dispositions controversées présentes dans la version du Sénat ont été supprimées lors de l’examen du texte, notamment celles concernant la gouvernance de l’eau, la définition des zones humides ou une réautorisation plus large de certains insecticides.
Alternatiba Besançon redoute plusieurs « reculs »
Alternatiba Besançon porte une lecture radicalement différente. Le collectif écologiste estime que cette loi, présentée comme une réponse à la crise agricole, « ouvre en réalité la voie à plusieurs reculs ».
Dans une publication visant directement Laurent Croizier, Alternatiba considère que son vote revient à soutenir « l’accaparement de l’eau par l’agriculture industrielle », la possible réintroduction de pesticides comme l’acétamipride et le flupyradifurone, ainsi que l’agrandissement des élevages industriels.
Le collectif redoute donc que les mesures de simplification et les dérogations prévues affaiblissent la protection de l’eau, de la biodiversité et de la santé. Son analyse s’oppose frontalement à celle du député, qui dénonce de son côté une « instrumentalisation politique » et une présentation caricaturale du contenu de la loi.
Deux visions de la transition agricole
Derrière cette controverse locale se dessinent deux conceptions de l’avenir de l’agriculture. Alternatiba Besançon craint que la recherche de compétitivité conduise à maintenir un modèle agricole intensif et dépendant des pesticides et de l’irrigation.
Laurent Croizier juge, pour sa part, qu’une transition écologique ne pourra pas réussir sans donner aux agriculteurs les moyens de vivre de leur travail et de s’adapter au changement climatique. Il défend une réduction progressive des pesticides, accompagnée par la recherche et le développement d’alternatives.
Le débat porte ainsi moins sur la nécessité de transformer l’agriculture que sur les moyens d’y parvenir et sur l’équilibre à trouver entre production alimentaire, revenus des exploitants, santé publique et protection de l’environnement.
Le Doubs est confronté à un épisode de sécheresse particulièrement précoce. Dans plusieurs communes, les ressources en eau sont désormais insuffisantes et cinq villages doivent être approvisionnés par camions-citernes pour garantir l'accès à l'eau potable. La baisse des précipitations et les fortes chaleurs inquiètent les élus, qui redoutent une aggravation de la situation dans les prochaines semaines.
Les agriculteurs sont eux aussi en difficulté. Les pâturages s'assèchent, les réserves de fourrage diminuent et les troupeaux souffrent du stress thermique, entraînant une baisse de la production laitière. En l'absence de pluies durables, les spécialistes estiment que la situation pourrait encore se dégrader au cours de l'été.
Et si les vacances étaient l'occasion de découvrir un fromage autrement ? Cet été, le Morbier AOP invite les visiteurs à quitter les sentiers battus pour une immersion au cœur de son territoire. Randonnées, visites de fromageries, animations gourmandes et fête populaire composent un programme qui mêle patrimoine, nature et gastronomie.
Un nouveau sentier pour comprendre le Morbier
La grande nouveauté de l'été se trouve à Morbier, dans le Haut-Jura. Après Métabief et Labergement-Sainte-Marie, un troisième sentier thématique vient compléter le réseau imaginé par le Syndicat interprofessionnel du Morbier. Au départ de la fromagerie de Morbier, cette boucle de 5 kilomètres – avec une variante de 8,5 kilomètres – permet de découvrir les paysages de l'AOP, les prairies, les fermes et les différentes étapes de fabrication du célèbre fromage à la raie noire. Accessible à tous, le parcours a été pensé comme un véritable musée à ciel ouvert, offrant une lecture du territoire où est produit le Morbier AOP.
Une balade qui devient un jeu
Le sentier peut également être parcouru de manière ludique grâce à l'application Jur'Aventures, gratuite sur smartphone. Petits et grands suivent les aventures de trois personnages à travers énigmes et défis, transformant la promenade en véritable chasse aux découvertes. Pour ceux qui préfèrent une balade plus traditionnelle, des panneaux explicatifs jalonnent également l'itinéraire. Avec désormais trois sentiers dédiés au Morbier, la filière mise sur une nouvelle forme de tourisme : plus immersive, plus locale et plus participative.
Le 21 août, place à la Fête du Morbier
Autre rendez-vous incontournable de l'été : la Fête du Morbier, le 21 août. Temps fort de la filière, elle accueillera le traditionnel concours interprofessionnel, où producteurs de lait, fromagers et affineurs présenteront leurs meilleurs fromages devant un jury. Une compétition qui récompense l'excellence mais qui se veut également ouverte au grand public avec dégustations, animations et concours destinés aux enfants.
Le Morbier se réinvente en cuisine
Loin de la seule raclette hivernale, le Morbier affiche cet été un visage résolument moderne. La filière propose de nombreuses idées recettes : tarte fine aux asperges et Morbier, cake salé estival, tartine au Morbier et œuf mollet, smash burger au Morbier fondant, …. Autant de recettes qui montrent la polyvalence d'un fromage capable de trouver sa place aussi bien lors d'un pique-nique que dans une cuisine plus contemporaine.
Des visites gourmandes dans tout le massif
Tout au long de l'été, plusieurs sites ouvrent leurs portes au public. À Métabief, la Fromagerie du Mont d'Or propose chaque matin une visite commentée de ses ateliers. À Chapelle-des-Bois, la fruitière biologique accueille les visiteurs les mercredis et vendredis sur réservation pour découvrir son fonctionnement et déguster ses fromages. À Doucier, la Fruitière du Hérisson organise chaque jeudi de juillet et d'août des portes ouvertes avec visite de l'atelier, découverte d'une ferme et dégustations. Des ateliers de dégustation sont également proposés dans les magasins de Pontarlier, Levier et Les Fourgs.
Un tourisme gourmand en plein essor
À travers ces animations, la filière Morbier AOP ne cherche pas seulement à promouvoir un fromage. Elle propose une véritable immersion dans un territoire où agriculture, paysages et savoir-faire sont intimement liés. Une idée de sortie qui séduira aussi bien les amateurs de randonnée que les gourmands, les familles ou les vacanciers curieux de découvrir autrement l'un des produits emblématiques du massif jurassien.
La Région Bourgogne–Franche-Comté renforce son soutien à l'installation des jeunes agriculteurs. À compter de septembre, la Dotation Jeunes Agriculteurs (DJA) sera portée à 65 000 euros, un montant présenté comme le plus élevé de France. Cette revalorisation vise à faciliter le renouvellement des générations, alors qu'un agriculteur sur deux devrait partir à la retraite dans les prochaines années. Pour le président de la Région, Jérôme Durain, cette mesure doit permettre aux jeunes de créer des exploitations « solides, viables et pérennes ».
Plus de 200 personnes se sont rassemblées ce samedi 27 juin à Morteau à l'appel d'un large collectif d'associations environnementales, agricoles, citoyennes et de formations politiques. Les manifestants dénoncent le projet de loi d'urgence agricole, actuellement examiné au Sénat, qu'ils accusent d'affaiblir la protection de l'eau, des sols, des zones humides et de la biodiversité.

Les organisateurs critiquent également la possible réintroduction de l'acétamipride, un insecticide néonicotinoïde interdit en France depuis 2018. Les associations, parmi lesquelles la LPO, France Nature Environnement, le Conservatoire des Espaces Naturels, la Confédération paysanne et le collectif initié par Dominique Voynet, appellent à défendre une agriculture paysanne conciliant production, protection de l'environnement et santé publique.