Depuis la fin de l’année 2025, le parc zoologique de la Citadelle de Besançon enregistre une succession de naissances remarquables. Primates menacés, oiseaux rares, petits mammifères et amphibiens sont venus enrichir ses collections. Ces résultats récompensent le travail scientifique et quotidien des équipes du Muséum. « C’est une très bonne nouvelle pour la sauvegarde de ces espèces menacées dans leur milieu naturel », souligne Margaux Pizzo, responsable du parc zoologique depuis douze ans. Ces naissances sont également, selon elle, « le résultat du travail des équipes de terrain » et de l’adaptation constante des pratiques afin d’assurer le bien-être des animaux.
Le reportage de la rédaction : Margaux Pizzo, responsable du parc zoologique de la Citadelle
Plusieurs naissances précieuses chez les primates
Les primates figurent parmi les principales espèces concernées. Un langur de François est né en décembre, suivi d’un propithèque couronné en janvier. Deux grands hapalémurs ont également vu le jour en mai et en juin, tandis qu’un vari à ceinture blanche est né en mai. La reproduction des grands hapalémurs représente une réussite particulière. Après trois années sans naissance, les équipes ont fait évoluer la composition du groupe en accueillant une seconde femelle. Cette adaptation a favorisé la reproduction de l’espèce.
Ces résultats reposent sur un travail collectif et une expertise fondée sur les données scientifiques. Pour adapter l’alimentation, favoriser la reproduction et garantir le bien-être des animaux, les équipes s’appuient sur des études, des publications spécialisées et les connaissances produites par des chercheurs. Deux vétérinaires, une assistante vétérinaire, trois biologistes, des ingénieurs agronomes et les soigneurs associent ces données scientifiques aux observations réalisées quotidiennement sur le terrain. Cette complémentarité permet d’ajuster les pratiques aux besoins de chaque espèce, mais également au comportement propre à chaque animal.
Le reportage de la rédaction : Margaux Pizzo, responsable du parc zoologique de la Citadelle
Agoutis, rolliers et nandous au printemps
Deux agoutis d’Azara sont nés en avril. Ces petits rongeurs terrestres originaires d’Amérique du Sud se sont bien acclimatés à leur environnement. Le carnet rose s’est également étoffé dans les espaces consacrés aux oiseaux. Six nandous de Darwin, originaires principalement de Patagonie, ont vu le jour en avril et en mai. Afin de les protéger des risques de prédation dans le grand enclos, les poussins grandissent actuellement à l’abri des regards. Quatre rolliers d’Europe ont par ailleurs éclos en mai au cœur de la grande volière. Une excellente nouvelle pour cette espèce quasi menacée et en diminution, reconnaissable à son plumage bleu vif.
Cinq sarcelles de Bernier, une naissance particulièrement récente
Cinq sarcelles de Bernier sont nées en juillet. Endémique de Madagascar, ce petit canard est classé en danger d’extinction. Menacée par le braconnage et la destruction des mangroves, l’espèce compterait moins de 2 000 individus à l’état sauvage. Quinze salamandres tachetées ont aussi vu le jour en juin. Visibles au Noctarium, ces amphibiens nocturnes sont reconnaissables à leur peau noire marbrée de jaune, parfois d’orange. Leurs couleurs vives avertissent les prédateurs de leur toxicité. Enfin, deux wallabies des rochers sont nés en juillet. Après une gestation d’environ un mois, les petits, appelés « joeys », poursuivent leur développement dans la poche marsupiale de leur mère. Ils n’en sortiront qu’au bout de six mois.
Environ 200 espèces accueillies à la Citadelle
Le parc zoologique abrite environ 200 espèces. Sa population se distingue notamment par la présence de nombreux arthropodes, dont des insectes et des araignées, mais aussi de mollusques, de primates, de petits rongeurs, de carnivores, de tatous, d’oiseaux et d’herbivores. L’alimentation, les équipements et les milieux de vie doivent être adaptés aux besoins propres à chaque espèce, selon qu’elle évolue au sol ou dans les arbres. Pour mesurer leur degré de vulnérabilité, le Muséum s’appuie notamment sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature. ,Hormis certains arthropodes dont le statut n’a pas encore été évalué et les animaux domestiques de la petite ferme, la grande majorité des espèces du parc sont menacées.
Un travail mené au sein d’un réseau international
La Citadelle participe à des programmes de conservation conduits avec d’autres parcs zoologiques, des organismes de recherche comme le CNRS et des associations de protection de la nature. Ce travail en réseau permet notamment de préserver la diversité génétique des populations accueillies en captivité. Lorsqu’ils atteignent l’âge de quitter leur groupe familial, certains jeunes sont transférés vers d’autres établissements. Des coordinateurs déterminent alors les associations les plus pertinentes entre animaux afin de former de nouveaux couples reproducteurs tout en maintenant une diversité génétique suffisante.
Le Muséum contribue également à la recherche par la publication d’articles scientifiques et l’alimentation d’une base de données internationale. Celle-ci rassemble des informations sur l’espérance de vie, la croissance, la reproduction ou encore les traitements médicaux adaptés à chaque espèce. « Chaque animal est un individu en soi, avec son propre comportement et ses propres capacités d’adaptation », rappelle Margaux Pizzo. Un travail qui impose, selon elle, « une remise en question permanente » et permet aux équipes d’apprendre chaque jour.
Des pandas roux et des loutres asiatiques attendus en 2027
Certains nouveau-nés sont déjà visibles dans leurs espaces extérieurs. D’autres restent temporairement en coulisses ou sous la protection attentive de leurs parents. Les animaux disposent également d’un accès permanent à leurs espaces intérieurs pour s’abriter du soleil et de la chaleur. Une visite dès le matin est donc recommandée pour augmenter les chances de les observer dans de bonnes conditions. Alors que la saison des reproductions touche à sa fin, le parc prépare déjà une nouvelle étape de son développement. Des pandas roux et des loutres asiatiques doivent rejoindre la Citadelle de Besançon en 2027.
Le reportage de la rédaction : Margaux Pizzo, responsable du parc zoologique de la Citadelle