Après six années de bons et loyaux services, l’ancien escape Game de la Citadelle de Besançon cède la place à une toute nouvelle aventure immersive : Citadelle Assiégée.
Hermine Chapron, médiatrice culturelle pour le Monument Vauban, explique : « Nous avons voulu renouveler l’expérience pour offrir au public une nouvelle manière ludique et moderne de découvrir la Citadelle. Cette formule interactive, de plus en plus présente dans les musées et monuments, séduit particulièrement les visiteurs jeunes et curieux ».
Un bond dans le temps, au début du XVIIIᵉ siècle
L’intrigue transporte les joueurs à l’époque de Vauban et de Louis XIV, en pleine guerre de Succession d’Espagne. Les participants incarnent des soldats chargés d’explorer un magasin aux fournitures — une cave historique qui servait à stocker nourriture, matériel et parfois armes. Chaque élément du décor a été pensé pour respecter l’authenticité historique : mobilier d’époque reconstitué, recherches dans encyclopédies et tableaux, recours à des artisans (céramistes, souffleurs de verre, forgerons) afin de reproduire fidèlement l’ambiance du début du XVIIIᵉ siècle.
L'interview de la rédaction : Hermine Chapron
Deux salles, deux publics
Pour satisfaire tous les visiteurs, deux scénarios distincts ont été développés :
Un défi d’une heure
Les équipes disposent de 60 minutes pour résoudre une douzaine d’énigmes mêlant fouille minutieuse, observation, adresse et réflexion. Coopération et communication sont essentielles pour avancer dans l’intrigue. La réservation se fait exclusivement en ligne (www.citadelle.com), avec quatre créneaux par jour. L’escape Game sera proposé tous les week-ends de septembre.
L'interview de la rédaction : Hermine Chapron
Des tests grandeur nature avant l’ouverture
Avant l’inauguration, l’équipe de la Citadelle a testé le jeu pour ajuster la difficulté et reformuler certaines énigmes. « Ce qui me semblait évident ne l’était pas forcément pour tout le monde », confie Hermine Chaperon. Et de continuer : « Heureusement, mes collègues ont joué les cobayes, ce qui nous a permis de trouver le bon équilibre. »
Malgré une édition 2025 saluée par le public et marquée par une affluence de 20.000 festivaliers, le Festival de la Paille se prépare à un virage stratégique. Eugénie Burnier, directrice de l’événement, explique pourquoi la réinvention est désormais au cœur de son projet.
« Bouger les lignes » pour survivre
« Oui, c’est ça : il faut réinventer ce qu’est un festival de musique aujourd’hui », résume la responsable. Le constat est clair : si l’édition 2025 fut un succès populaire et artistique, l’équilibre financier reste fragile. Quatre mille billets payants manquaient cette année pour assurer la pérennité économique. Or, les coûts de production explosent : cachets artistiques en forte hausse, contraintes techniques et de sécurité incompressibles, et dépenses globales dopées par l’effet post-COVID. « Notre économie repose presque exclusivement sur la billetterie, les bars, la restauration et le merchandising », détaille la directrice. « Face à des recettes incertaines et à des charges exponentielles, l’équation devient impossible. »
L'interview de la rédaction : Eugénie Burnier
Entre têtes d’affiche et culture émergente
Pour un festival indépendant et généraliste, la programmation est un exercice d’équilibriste. D’un côté, il faut proposer des têtes d’affiche capables d’attirer un large public. De l’autre, il faut honorer l’engagement de soutenir les artistes émergents. « C’est notre responsabilité, et c’est au cœur de notre ADN », insiste Eugénie Burnier. Certains artistes sont conscients de cette tension économique et agissent : Les Ogres de Barback ou encore La Rue Kétanou ont porté des messages de soutien à la scène indépendante. Mais la concurrence entre festivals reste rude, notamment face aux événements portés par de grands groupes privés, mieux armés financièrement.
Garder l’indépendance comme ligne rouge
Le Festival de la Paille, né il y a 25 ans d’une bande de copains, montant une scène dans un champ, revendique toujours son esprit bénévole et territorial. « C’est une aventure humaine avant tout. Cette indépendance fait partie de notre ADN », affirme la directrice. Elle observe, sans jugement, la concentration croissante du secteur : « Une cartographie récente du Syndicat des musiques actuelles montre bien le ruissellement vers des entreprises privées. » Mais pas question de « vendre son âme ».
L'interview de la rédaction : Eugénie Burnier
2026 : une page blanche à écrire
La décision est prise : l’édition 2026 sera différente. « Ce ne sera pas ce que les festivaliers connaissent, mais ce sera toujours ensemble », annonce Eugénie Burnier. Les équipes réfléchissent à un nouveau format, dans un mélange d’excitation et de vertige. « Dire que le modèle actuel ne fonctionne plus est effrayant, mais la peur fige. Nous, nous voulons avancer », conclut-elle.
L'interview de la rédaction : Eugénie Burnier
Nichée au fond d’une reculée verdoyante du massif du Jura, dans le Doubs, la Taillanderie de Nans-sous-Sainte-Anne est un témoin exceptionnel de l’histoire industrielle française. Classé monument historique, ce site unique raconte deux siècles de savoir-faire artisanal et d’ingéniosité technique, autour d’un outil phare : la faux.
Une industrie née de l’eau et du fer
Fondée en 1828, la Taillanderie a prospéré grâce à la révolution industrielle. Alimentée par un ruisseau canalisé, elle utilisait l’énergie hydraulique pour faire tourner des roues à rodet qui actionnaient de puissants marteaux mécaniques et des soufflets. Le feu, le charbon et l’air étaient au service des forges, centralisés pour alimenter tous les foyers de l’atelier principal. Au XIXᵉ siècle, les taillanderies et autres ateliers métallurgiques se multipliaient dans la région. On y produisait clous, pinces, outils pour l’horlogerie… Ici, la spécialité restait la faux, déclinée en 120 modèles, mais aussi les haches et les pioches. En pleine activité, la production annuelle atteignait 30 000 pièces, dont 20 000 faux.

L'interview de la rédaction : Sylvain Debray, responsable des lieux.
L’apogée… puis le déclin
La période faste de la Taillanderie s’étend de 1890 à 1914. Les commandes affluaient de toute la France, de Suisse et même d’Afrique du Nord. Mais la Première Guerre mondiale changea la donne. Comme ailleurs, la mobilisation des jeunes hommes au front mit un coup d’arrêt brutal à la production. Malgré une reprise partielle, l’activité déclina progressivement, jusqu’à s’éteindre en 1969 avec le départ à la retraite des trois derniers ouvriers.

Un site aujourd’hui préservé
Rachetée par un propriétaire privé, la Taillanderie est désormais ouverte au public. L’entretien du site repose uniquement sur les recettes des visites. « Chaque billet d’entrée contribue directement à la conservation du lieu », explique M. Debré, responsable actuel. Les fonds servent à acheter du bois pour restaurer une machine ou remplacer des tuiles, sans subvention de fonctionnement.
L'interview de la rédaction : Sylvain Debray, responsable des lieux.

Des visites vivantes et pédagogiques
Ouverte tous les jours jusqu’à fin septembre, la Taillanderie propose des visites guidées ponctuées de démonstrations de forge. Un taillandier présent l’été fait revivre les gestes anciens, les jeudis, vendredis et samedis. Les autres jours, les visiteurs peuvent découvrir la mise en marche des mécanismes et l’histoire du lieu. Septembre, avec ses paysages jurassiens encore lumineux et son climat doux, reste un moment idéal pour plonger dans ce patrimoine vivant.
L'interview de la rédaction : Sylvain Debray, responsable des lieux.
Le Fonds Régional d’Art Contemporain (FRAC) de Franche-Comté, installé à Besançon, propose cet été une programmation variée mêlant expositions, ateliers créatifs et événements musicaux. Ouvert tout l’été, le lieu accueille le public du mercredi au dimanche (14h-18h en semaine, 14h-19h le week-end). C’est gratuit le dimanche. En parallèle, la Villa / FRAC Collection à Arc-lès-Gray (Haute-Saône) présente une vingtaine d’œuvres de la collection régionale et reste ouverte du samedi au mercredi, de 14h à 17h.
Une triple exposition autour du corps
Depuis avril, le FRAC présente "Corps sans graphie", une exposition en trois volets explorant la représentation du corps et sa relation à l’espace. Parmi les artistes à l’honneur, Laurent Goldring expose des œuvres sensibles, notamment autour de la figure de « l’homme qui dort » et de silhouettes en tissu. Deux autres salles rassemblent des sélections d’œuvres issues de la collection du FRAC, choisies par la directrice et commissaire d’exposition Sylvie Zavatta.
Chloé Cura, Chargée de communication et relations presse au FRAC Franche-Comté
Des ateliers pour petits et grands
Durant cette période estivale, le FRAC organise une série d’ateliers créatifs adaptés à tous les âges : 4-6 ans, 7-10 ans, 11-15 ans et ateliers parents-enfants. Cette année, du 20 au 30 août, le thème "Pixelmac" invite à découvrir le pixel art à partir d’une œuvre de la collection, accompagnés par un médiateur ou une médiatrice. Les tarifs sont accessibles (à partir de 6 € ou inclus dans le billet d’entrée) et l’inscription se fait en ligne ou par téléphone. La saison estivale se conclura le 29 août, à 17h, avec un concert gratuit (dans la limite des places disponibles) du pianiste éclectique Bruno Ruder, en partenariat avec l’atelier-galerie Les 2 Portes. Un moment convivial où musique et art visuel se rencontreront.
Chloé Cura, Chargée de communication et relations presse au FRAC Franche-Comté
Le rôle et les missions du FRAC Franche-Comté : Conserver, valoriser et diffuser l’art contemporain
Créé pour soutenir la création contemporaine, le FRAC Franche-Comté conserve près de 900 œuvres d’artistes régionaux, nationaux et internationaux. Ces pièces ne restent pas confinées aux réserves : elles circulent à travers des prêts à des musées, festivals, compagnies de théâtre, ou sont exposées via le Satellite, un espace d’exposition mobile. Soutenu par le ministère de la Culture et la Région Bourgogne-Franche-Comté, le FRAC agit pour vulgariser l’art contemporain et le rendre accessible au plus grand nombre. Les actions passent par des expositions, des résidences d’artistes, des interventions dans les écoles et des partenariats avec des structures culturelles ou mécènes. Avec l’inauguration de la Villa / FRAC Collection à Arc-lès-Gray, l’institution élargit sa présence et permet à de nouveaux publics de découvrir des œuvres issues de sa collection. Cette antenne complète le site principal de Besançon et multiplie les occasions de rencontre avec l’art contemporain.
Chloé Cura, Chargée de communication et relations presse au FRAC Franche-Comté
À l’occasion du Tour de France, le Musée d’Art et d’Histoire de Pontarlier consacre une exposition aux légendaires cycles Mervil, du 21 juin au 16 novembre 2025. Fondée en 1941 par Maire et Vuillemin, la marque locale s’est illustrée par ses innovations techniques et ses succès sportifs avant de disparaître en 1962. L’exposition retrace cette épopée industrielle à travers des pièces rares, des témoignages et une programmation vivante mêlant visites guidées, ateliers créatifs et animations ludiques. Un hommage vibrant au patrimoine cycliste pontissalien.
La bibliothèque municipale de Besançon prête 27 dessins du XVIIIᵉ siècle de Pierre-Adrien Pâris, architecte bisontin emblématique du néoclassicisme, au Middlebury College Museum of Art (Vermont, USA). Ces œuvres seront exposées du 8 juillet au 7 décembre 2025 dans une rétrospective consacrée au célèbre Petit salon à la Romaine du duc d’Aumont.
Ce prêt exceptionnel, issu des riches collections patrimoniales de Besançon, illustre l’engagement de la bibliothèque dans la valorisation du patrimoine artistique local à l’échelle internationale. Une première grande exposition américaine pour ce créateur du Siècle des Lumières.
« Les Mardis des Rives », le festival itinérant du Grand Besançon, font leur grand retour pour une 12ᵉ édition festive et éclectique. Du 8 juillet au 26 août, chaque mardi soir, une commune du Grand Besançon, riveraine du Doubs, accueillera un concert gratuit en plein air. Huit soirées, trois groupes par date, du rock au reggae en passant par la chanson : une programmation riche en découvertes. En 2023, plus de 15 000 spectateurs avaient répondu présent.
Parmi les infos pratiques : une navette gratuite partira de Besançon pour faciliter l’accès.
Le lancement s’effectuera à Saint-Vit le 8 juillet. Le festival prendra fin le 26 août à Besançon, au parc de la Rhodiacéta. Réservations conseillées.
Plus d’infos sur : https://www.mardisdesrives.fr/
Du 27 au 29 juin, la Citadelle de Besançon célèbre les 350 ans de sa construction avec un week-end immersif dédié au XVIIe siècle. Plus de 100 figurants costumés, artisans et comédiens feront revivre l’époque de Louis XIV et de Vauban à travers saynètes, duels à l’épée, démonstrations d’artisanat, repas d’époque et spectacles musicaux. Une expérience vivante et participative pour petits et grands, au cœur de l’histoire. Entrée incluse avec le billet Citadelle. Plus d’infos sur www.citadelle.com
Deux expositions, présentées actuellement au Musée Gustave Courbet et à l’atelier du peintre, invitent à une immersion contemplative dans le paysage, à travers les pas des peintres du XIXe siècle et le regard contemporain d’Eva Jospin. Dans le calme d’Ornans, le musée Courbet propose une exposition aussi riche que sensible : "Paysages de marche. Dans les traces de Rousseau, Courbet, Renoir, Cézanne et les autres", une réflexion sur la marche comme expérience esthétique et philosophique, rythmée par le souffle du XIXe siècle. En écho, l’artiste contemporaine Eva Jospin investit l’atelier du peintre, dans une carte blanche nourrie d’échos boisés, de forêts sculptées et de résonances intimes avec l’œuvre du maître de la Loue.
L'interview de la rédaction : Benjamin Foudral
Marcher, créer, penser : un paysage habité
« Les grandes idées viennent en marchant », écrivait Nietzsche. Cette maxime aurait pu servir d’épigraphe à l’exposition "Paysages de marche", dont le commissariat est assuré par Pierre Watt, historien de l’art, professeur d'hsitoire de l'art à l'université Paris 1 Panthéon - Sorbonne. L’exposition explore la marche non comme simple déplacement, mais comme geste créateur, expérience sensorielle et philosophie incarnée. Divisée en stations thématiques – de l’errance volontaire au "cheminement du familier", de la frontière entre ville et campagne à la marche dans l’inconnu – l’exposition retrace la manière dont les artistes du XIXe siècle ont arpenté le monde pour mieux le représenter. Elle rend hommage à cette expérience physique du paysage, opposée à la frénésie contemporaine du regard. « La peinture n’est pas une image qu’on scrolle du pouce », insiste Pierre Watt. « Elle donne du temps, il faut lui rendre du temps. ».
L'interview de la rédaction : Pierre Wat

Photo : Benjamin Foudral, directeur et conservateur du musée et pôle Courbet et Pierre Wat; historien de l'art à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Une scénographie pensée comme une déambulation
La scénographie accompagne cette lenteur revendiquée. Volumes, couleurs, clairs-obscurs rythment la pérégrination du visiteur, dans un parcours à la fois sensoriel et intellectuel. Parmi les quelque soixante œuvres exposées, issues des collections du Louvre, du musée d’Orsay ou encore d’institutions régionales, les chefs-d’œuvre de Courbet, Renoir ou Cézanne dialoguent avec des œuvres moins connues, parfois inédites. Des objets insolites – palettes de voyage, chaussures d’alpiniste, piolets – rappellent la dimension humaine et corporelle de la création. L’exposition célèbre aussi la photographie du XIXe siècle, elle-même pratique de la lenteur et de l'observation attentive. Le tout forme un parcours riche mais volontairement épuré, presque méditatif.

Eva Jospin, une résonance contemporaine dans l’atelier de Courbet
À quelques pas du musée, l’atelier de Gustave Courbet, restauré et ouvert au public, devient le théâtre d’une carte blanche donnée à Eva Jospin. L’artiste, connue pour ses forêts sculptées en carton, y propose une exposition intime, conçue en résonance avec les paysages et les thèmes chers à Courbet : la grotte, la forêt, la minéralité. « Cet atelier, ce n’est pas un musée. C’est un lieu habité par un peintre qui y revenait après ses marches pour transformer son expérience en peinture », explique Eva Jospin. Dans ce lieu de mémoire vivante, elle installe des bas-reliefs, sculptures, dessins et broderies, pensés pour le dialogue. « Il s’agit d’un échange permanent entre le passé et le présent, une conversation que les artistes n’interrompent jamais. ».
Un dialogue vivant entre art, nature et territoire
Les deux expositions s’inscrivent dans une programmation thématique autour de "l’art et la nature", déployée sur les différents sites du pôle muséal d’Ornans, dont la ferme familiale de Flagey qui accueille l’artiste Hélène Cambalveis. Ensemble, ces projets tissent un récit cohérent, entre patrimoine et création vivante, entre mémoire du territoire et regard d’aujourd’hui. À travers la marche, l’exposition interroge notre relation au paysage, au temps, à la création. Elle propose un antidote à la vitesse, une invitation à la contemplation. Et rappelle, selon les mots d’Eva Jospin, que « l’art est un mouvement permanent – un dialogue entre aujourd’hui, le passé et ce qui va venir ».
L'interview de la rédaction : Eva Jospin

Photo : Oeuvre de l'artiste Eva Jospin
Info pratiques
"Paysages de marche. Dans les traces de Rousseau, Courbet, Renoir, Cézanne et les autres" et "Eva Jospin – Carte blanche à l’atelier Courbet" sont à découvrir du 28 juin, et jusqu’au 19 octobre au Musée Courbet et à l’atelier du peibtre.
Ce lundi, Anne Vignot, Maire de Besançon, et Aline Chassagne, son adjointe à la culture, ont officialisé la nomination de Christelle Faure à la direction du Musée des Beaux-Arts et du Musée du Temps. Une arrivée remarquée dans un contexte de renouveau, après une période de tensions internes ayant marqué l'ancienne direction. Après son passage tendu à Besançon, Laurence Madeline a rejoint le ministère de la culture à Paris. On notera ses passages à Saint-Etienne, Lille et plus récemment à Belfort, comme chargée des expositions et des collections.
Une nouvelle directrice à la tête des musées
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
À compter du 1er juillet, Christelle Faure prendra la direction des deux institutions culturelles majeures de la ville : les musées des Beaux-Arts et d’Archéologie et du Temps. Diplômée dans plusieurs disciplines liées à l’histoire de l’art et à la gestion culturelle, elle se distingue par un parcours déjà riche et varié, malgré son jeune âge. Anne Vignot, maire de Besançon, a exprimé toute sa confiance : « C’est une personne pétillante, expérimentée, passionnée. La jeunesse n’est pas un frein, au contraire : elle apporte des méthodes nouvelles, une énergie essentielle dans un monde culturel en mutation. »
Une sélection rigoureuse, loin de la précipitation
« Le poste a été ouvert à candidatures, et nous avons reçu de très nombreuses propositions. Le processus de sélection a été mené avec soin, sans précipitation, pour choisir le bon profil », a précisé la maire. Quant au climat tendu ayant entouré le départ de l’ancienne directrice, Anne Vignot et les personnes chargées du recrutement ont retenu la motivation des candidats « à travailler avec des collections d’exception et des équipes engagées. »
Une programmation à venir ambitieuse
Même avant l’arrivée de la nouvelle directrice, la programmation culturelle a déjà été lancée, soulignant la dynamique de travail collectif des équipes muséales. Deux grandes expositions sont d’ores et déjà annoncées :
Du 28 février au 1er septembre 2026, les musées accueilleront une exposition dédiée à cette artiste autrichienne d’origine tsigane, déportée à l’âge de 10 ans. Décédée en 2013, elle n’a commencé à témoigner de son expérience qu’à partir de ses 50 ans, livrant une œuvre à la fois poignante et empreinte de résilience. « Elle parle de l’horreur à travers les yeux d’une enfant, mais avec la maturité d’une femme. Ce n’est pas une œuvre sombre : on y sent encore la vitalité de l’enfance », souligne Mme Vignot. Cette exposition permettra aussi de rappeler que la déportation a concerné bien plus que les seuls Juifs : Tsiganes, homosexuels, communistes, résistants… une mémoire trop souvent négligée. Rappelons, par exemple, que 200 tsiganes ont été enfermés, entre 1941 et 1943, à la saline royale d’Arc-et-Senans.
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
En 2027, une nouvelle exposition majeure explorera les liens entre l’art et la pensée anarchiste, en écho à des figures emblématiques de Besançon comme Proudhon et Courbet. « On veut déconstruire les clichés sur l’anarchie. Il ne s’agit pas de chaos, mais d’une pensée politique majeure sur le pouvoir, l’individu, et l’émancipation », insiste la maire. Cette exposition couvrira la période du XIXe au XXIe siècle, en interrogeant les formes d’expression artistique inspirées par cette pensée : peinture, littérature, graphisme, musique…
L'interview de la rédaction : Anne Vignot
Un nouveau souffle pour la culture bisontine
À travers la nomination de Christelle Faure et le lancement de projets ambitieux, la Ville de Besançon affirme sa volonté d’allier mémoire, engagement et modernité dans sa politique culturelle. « Les musées ne sont plus des lieux figés. Ce sont des espaces de réflexion collective, ouverts sur leur époque. » La jeunesse de la nouvelle directrice n’est donc pas un pari, mais un choix assumé pour porter une vision renouvelée du rôle des institutions culturelles dans la cité.