Installé dans une imposante demeure vigneronne du XVIe siècle, le musée de la Vigne et du Vin de Lods raconte plusieurs siècles de travail, de traditions et de vie quotidienne dans la vallée de la Loue. Créé en 1969 grâce à la mobilisation de passionnés et aux dons des habitants, il abrite également une étonnante « cachette des Suédois ».
Un village façonné par la vigne
Dans la partie haute de Lods, les anciennes maisons vigneronnes sont particulièrement nombreuses. Certaines conservent de belles fenêtres à meneaux, tandis que des dates gravées sur les linteaux des portes permettent de retrouver l’époque de leur construction. Leurs vastes caves témoignent de l’importance autrefois occupée par la viticulture. « Ces maisons possèdent des caves magnifiques. Pour en avoir visité plusieurs, elles sont vraiment très belles », souligne Yoko Mabille, présidente du musée de la Vigne et du Vin. Les vignerons ont profondément façonné l’identité et l’architecture du village. Très croyants, ils priaient notamment pour protéger leurs récoltes des aléas climatiques. Ils auraient également joué un rôle important dans la construction de l’église Saint-Théodule.
Une culture attestée dès le XIe siècle
La culture de la vigne à Lods pourrait remonter à la fondation du prieuré de Mouthier-Haute-Pierre. Elle apparaît pour la première fois dans les textes en 1083. Les XVIIe et XVIIIe siècles représentent les périodes les plus prospères pour le vignoble local. À la veille de la Révolution française, 138 hectares de vignes étaient cultivés, principalement par de grands propriétaires. Le vignoble couvrait encore 135 hectares en 1875, avant d’amorcer un important déclin. Sa superficie est passée à 54 hectares en 1909, puis à seulement 31 hectares en 1916. L’année 1982 marque la fin de l’exploitation du vignoble de Lods. Cette disparition progressive peut notamment s’expliquer par les crises viticoles, l’évolution de l’agriculture et l’abandon de parcelles difficiles à travailler sur les coteaux.
Plusieurs cépages cultivés à Lods
Vers 1850, six plants de vigne étaient utilisés à Lods. Parmi les cépages rouges figuraient le pulsart, également appelé poulsard, et le noirien ou meunier, dérivé du pinot noir de Bourgogne. Les vignerons cultivaient également des variétés blanches, comme le bon blanc, dont le véritable nom est le savagnin, ainsi que le lausannois, également appelé chasselas. D’autres plants étaient considérés comme plus ordinaires. Il s’agissait notamment du gamay, dont il existait de nombreuses variétés, et du melon. Ce dernier ne doit pas être confondu avec le melon d’Arbois, nom autrefois donné au chardonnay. Le melon blanc avait d’ailleurs été interdit en 1567 par Philippe II d’Espagne.
Un musée né de la mobilisation des habitants
Le musée a été créé en 1969 à l’initiative de deux passionnés de patrimoine. À cette époque, les anciens du village ont largement participé à la constitution de ses collections en donnant des outils, des meubles et différents objets utilisés dans les vignes, les caves ou les maisons. « Ce sont eux qui, quelque part, ont fait ce musée », rappelle Yoko Mabille. Installé dans une authentique maison vigneronne construite en 1570, le lieu permet aujourd’hui de découvrir les conditions de vie et de travail des anciennes familles de Lods. La cuisine, le four à pain, le tuyé et les caves plongent les visiteurs dans le quotidien d’autrefois. Les collections retracent les différentes étapes de la culture de la vigne et de la fabrication du vin.
Le reportage de la rédaction : Yoko Mabille, présidente de l'association des amis du musée de la vigne et du vin
La mystérieuse cachette des Suédois
La pièce maîtresse du musée se dissimule dans la cave. Connue sous le nom de « cachette des Suédois », cette petite pièce secrète, aménagée dans la pierre derrière un placard, continue d’intriguer les visiteurs. À l’origine, elle aurait servi de coffre-fort à une famille relativement aisée. Les propriétaires pouvaient y mettre à l’abri leurs papiers, leurs meilleurs vins et leurs objets précieux. Protégée par une porte en pierre et une autre en métal, elle offrait également une protection contre les incendies, alors fréquents dans les villages.
Durant la guerre de Dix Ans, elle aurait changé de fonction. Des femmes et des enfants auraient trouvé refuge dans ce réduit lors du passage des soldats. Une fois la cache refermée, rien ne permettait de deviner que des personnes se trouvaient derrière la paroi. « Cette cachette intrigue énormément. Lorsque les soldats passaient devant cette pièce, rien ne laissait penser qu’il y avait de la vie derrière », explique Yoko Mabille. Ce type d’aménagement reste particulièrement rare. La présidente du musée indique n’en connaître que trois dans le village.
Le reportage de la rédaction : Yoko Mabille, présidente de l'association des amis du musée de la vigne et du vin
Des visites pendant tout l’été
Le musée de la Vigne et du Vin accueille les visiteurs durant les mois de juillet et d’août. Des visites peuvent également être organisées hors saison pour les groupes, sur réservation. Cette plongée dans une authentique maison vigneronne permet de mieux comprendre la place autrefois occupée par la vigne à Lods, mais aussi le rôle déterminant joué par les habitants dans la sauvegarde et la transmission de ce patrimoine.
Le musée est ouvert les mercredis, jeudi, samedis et dimanches de 14h à 18h.
Comme chaque été, le musée Courbet d'Ornans propose une grande exposition temporaire. Cette année, l'établissement met à l'honneur « Réalisme animal », une exposition visible jusqu'à la mi-novembre, qui réunit près de 80 œuvres – peintures, sculptures, dessins et photographies – prêtées par de prestigieuses institutions françaises et internationales. Pour Benjamin Foudral, directeur-conservateur du musée Courbet, cette exposition s'inscrit dans la tradition des grands rendez-vous estivaux de l'établissement. « Chaque été, nous présentons une exposition événement, tant par sa thématique que par l'importance des prêts obtenus auprès des plus grands musées nationaux et internationaux », explique-t-il.
Des chefs-d'œuvre exceptionnellement réunis
L'un des temps forts de cette exposition est la présentation du Labourage nivernais de Rosa Bonheur, prêt exceptionnel du musée d'Orsay. Habituellement visible à Paris, cette œuvre majeure est exceptionnellement exposée à Ornans pendant plusieurs mois. Au total, près de 80 prêts permettent au public de découvrir des œuvres rarement présentées ensemble, ainsi que des artistes aujourd'hui parfois méconnus, aux côtés de Gustave Courbet.
Quand l'animal devient un sujet artistique
L'exposition montre comment, au XIXe siècle, les artistes vont profondément renouveler leur manière de représenter le monde animal. Jusqu'alors souvent relégué au second plan, l'animal devient progressivement un sujet à part entière. Le parcours fait dialoguer les œuvres de Gustave Courbet avec celles de grands peintres animaliers de son époque. Il révèle comment ces artistes participent à un changement de regard sur le vivant et témoignent des évolutions de la société. Pour Benjamin Foudral, cette transformation artistique accompagne une prise de conscience plus large : l'animal est désormais considéré comme un être sensible, capable d'émotions, d'intelligence et de souffrance.

L'art, témoin des évolutions de la société
Cette évolution se déroule dans un contexte marqué par une nouvelle sensibilité à la condition animale, illustrée notamment par la création de la Société protectrice des animaux (SPA) en 1845. À travers leurs œuvres, les artistes rendent compte de cette mutation des mentalités. Ils montrent un rapport nouveau entre l'homme et l'animal et, plus largement, une réflexion sur la place du vivant dans la société. Selon Benjamin Foudral, l'exposition ne se limite pas à raconter le XIXe siècle. Elle entre aussi en résonance avec les préoccupations contemporaines. Les questions soulevées par ces œuvres – notre relation à l'animal, au vivant et à la nature – restent d'une grande actualité.
Une exposition qui parle aussi de notre époque
En réunissant des chefs-d'œuvre, des artistes célèbres et d'autres aujourd'hui moins connus, « Réalisme animal » invite les visiteurs à porter un regard nouveau sur une évolution majeure de l'histoire de l'art. Au-delà de l'intérêt patrimonial, l'exposition montre que les œuvres du XIXe siècle interrogent encore notre rapport au monde vivant et trouvent un écho dans les débats actuels sur la place de l'animal dans nos sociétés.*
L’exposition « Réalisme animal » est à découvrir tout au long de cet été, et jusqu’au 8 novembre prochain, au Musée Gustave Courbet d’Ornans.
À Ornans, le musée départemental Gustave Courbet propose l'une des grandes expositions culturelles de l'année. Jusqu'au 8 novembre 2026, « Réalisme animal » retrace l'essor spectaculaire de l'art animalier au XIXe siècle à travers plus de 120 œuvres exceptionnelles. Un parcours qui éclaire autant l'histoire de l'art que l'évolution du regard porté sur les animaux. Fruit de prêts prestigieux accordés par de nombreuses institutions, avec le soutien exceptionnel du musée d'Orsay, l'exposition réunit quelques-unes des figures majeures du mouvement : Gustave Courbet, Rosa Bonheur, Emmanuel Frémiet ou encore François Pompon. Tous témoignent, chacun à leur manière, de l'émancipation progressive du sujet animal dans la peinture et la sculpture, longtemps considéré comme secondaire face aux grandes scènes historiques ou religieuses.
De simple décor à sujet d'art
Le parcours montre comment le réalisme animalier trouve ses racines dans la redécouverte des maîtres hollandais du XVIIe siècle. L'arrivée à Paris, en 1795, du célèbre Jeune Taureau de Paul Potter bouleverse durablement les artistes français. L'observation fidèle de la nature devient alors une véritable source d'inspiration, ouvrant la voie au réalisme défendu quelques décennies plus tard par Gustave Courbet. À partir des années 1840, l'animal cesse progressivement d'être un simple élément de paysage pour devenir un sujet à part entière, reflet d'une société en pleine mutation.
L'art au service de la modernisation agricole
L'exposition rappelle également le rôle joué par l'art dans les grandes transformations agricoles du XIXe siècle. L'État encourage alors l'amélioration des races d'élevage et fait appel aux artistes pour valoriser cette modernisation. Figure incontournable de cette période, Rosa Bonheur participe à cette promotion avec des œuvres devenues emblématiques. Point d'orgue de l'exposition, Le Labourage nivernais, exceptionnellement prêté par le musée d'Orsay, illustre cette volonté de célébrer le travail agricole et l'excellence de l'élevage français.
Les premiers combats pour la cause animale
Mais le réalisme animal ne se limite pas à une célébration du monde rural. Au milieu du XIXe siècle, la création de la Société protectrice des animaux (SPA) en 1845 puis la loi Grammont de 1850 marquent les débuts de la protection animale en France. Les artistes s'emparent alors de ces nouveaux débats de société. Alfred Stevens peint la détresse des chiens abandonnés, tandis qu'Emmanuel Frémiet représente la souffrance des chevaux. Le regard change : il ne s'agit plus seulement d'admirer la puissance ou la beauté de l'animal, mais aussi de susciter l'empathie et de dénoncer les mauvais traitements.
Une exposition qui fait écho aux enjeux contemporains
Si l'exposition plonge le visiteur dans le XIXe siècle, elle entre en résonance avec les préoccupations actuelles. Sensibilité animale, industrialisation de l'élevage, protection des espèces ou rapport de l'homme au vivant trouvent aujourd'hui un nouvel écho face aux défis écologiques contemporains. En filigrane, « Réalisme animal » rappelle que les œuvres d'art ne racontent pas seulement leur époque : elles interrogent aussi notre présent.
Une programmation pour tous les publics
Le musée prolonge l'expérience avec une riche programmation culturelle : visites guidées, ateliers pour les enfants et les familles, conférences sur l'art et la cause animale, ateliers de danse inspirés des animaux, rencontres avec des spécialistes, animations lors des Journées européennes du patrimoine ou encore concerts. Le parcours se poursuit également hors les murs, à l'Atelier Courbet, où un mandrill naturalisé accueille les visiteurs dans un jeu de piste destiné aux familles, ainsi qu'à la ferme familiale de Flagey avec « Versatiles Résurgences », une installation monumentale du plasticien Paolo Boosten inspirée du bestiaire de Courbet.
Pratique
L'exposition « Réalisme animal » est présentée au musée départemental Gustave Courbet à Ornans jusqu'au 8 novembre 2026. Elle est ouverte depuis le 27 juin. Une programmation d'animations et de visites accompagne l'événement tout au long de l'été et de l'automne.
Du 8 juillet au 9 septembre, le Petit Kursaal accueille L'Été au cinéma, proposé par Les 2 Scènes. Chaque mercredi, à 18 h et 20 h 30 (sauf le 5 août), le public pourra découvrir un long métrage francophone précédé d'un court métrage. Cette huitième édition met à l'honneur la richesse et la diversité du cinéma d'auteur francophone, avec une programmation élaborée en collaboration avec les spectateurs du Café-ciné. Pour découvrir la programmation : www.les2scenes.fr
Du 7 juillet au 25 août, les Mardis des Rives feront à nouveau vibrer les communes du Grand Besançon Métropole. Pour cette 13ᵉ édition, sept concerts gratuits sont programmés dans des communes riveraines du Doubs, avec une affiche entièrement composée d'artistes régionaux. Un rendez-vous estival devenu incontournable, qui allie découverte musicale, convivialité et valorisation du territoire.
Un festival itinérant au cœur des communes
Chaque mardi de l'été, le Grand Besançon Métropole investira une commune située en bordure du Doubs pour proposer un concert gratuit en plein air. Un concept qui séduit un public toujours plus nombreux. Les Mardis des Rives, c'est un festival qui s'étale tout au long de l'été. Chaque mardi, nous proposons un concert dans l'une des communes du Grand Besançon située au bord du Doubs ou à proximité », explique Franck Monneur, vice-président de Grand Besançon Métropole en charge de la culture. Au-delà de la mise en valeur des communes, l'objectif est de rapprocher la culture des habitants. « Nous proposons essentiellement des musiques actuelles, festives, pensées pour les familles et les groupes d'amis. Nous tenons beaucoup à cet esprit convivial qui fait l'identité du festival », souligne l'élu.
Une fréquentation qui ne cesse de progresser
Treize éditions plus tard, le succès du festival ne se dément pas. Face à une affluence grandissante, Grand Besançon Métropole a dû adapter son organisation. Les concerts organisés dans les communes sont désormais limités à une jauge de 2 000 spectateurs, tandis que le concert de clôture, prévu à Besançon, pourra accueillir jusqu'à 4 000 personnes. « L'accès reste entièrement gratuit, mais nous conseillons au public d'arriver suffisamment tôt. Une fois la jauge atteinte, nous ne pourrons plus accueillir de nouveaux spectateurs », prévient Franck Monneur.
Une programmation éclectique portée par les artistes régionaux
La programmation 2026 fait la part belle à la diversité musicale.
Aucun concert n'est prévu le 14 juillet, en raison de la Fête nationale.
Plus de 150 candidatures pour seulement sept dates
L'ensemble des groupes programmés est issu de la scène musicale régionale. « Ce sont des artistes suivis par Le Bastion ou La Rodia. Nous sommes heureux de leur offrir cette visibilité », indique Franck Monneur. Chaque année, les deux structures culturelles lancent un appel à candidatures afin de sélectionner les artistes. Pour cette édition, plus de 150 groupes ont postulé. « Jouer devant 2 000 personnes représente une véritable opportunité pour ces formations régionales », souligne l'élu. Les communes participantes conservent également la possibilité de programmer leurs propres premières parties. Cinq des sept concerts proposeront ainsi une première partie assurée par des formations locales de petit format.
L'interview de la rédaction : Franck Monneur, élu grand bisontin, en charge de la culture
Des navettes gratuites et une accessibilité renforcée
Afin de faciliter l'accès aux différents sites, Grand Besançon Métropole renouvelle son partenariat avec Ginko. Deux navettes gratuites seront mises en place au départ de Besançon pour chaque concert. Elles seront accessibles sur réservation via le site internet des Mardis des Rives. Un dispositif spécifique est également prévu pour les personnes à mobilité réduite, avec un transport adapté sur réservation ainsi que des espaces réservés au plus près de la scène. « Nous voulons que ces concerts soient accessibles à toutes et à tous », insiste Franck Monneur. Avec une programmation éclectique, des artistes régionaux mis à l'honneur et une formule gratuite qui a largement fait ses preuves, les Mardis des Rives entendent une nouvelle fois faire de l'été un moment de découverte musicale et de convivialité sur les rives du Doubs.
L'interview de la rédaction : Franck Monneur, élu grand bisontin, en charge de la culture
Du 1er juillet au 29 août, le hall de l'hôtel de ville de Pontarlier accueille une exposition d'affiches de films consacrée à l'actrice suisse Ursula Andress. Organisée par le Centre de ressources iconographiques pour le cinéma des Amis du Musée de Pontarlier, cette rétrospective retrace le parcours de celle qui est devenue une icône du septième art après son rôle de première James Bond Girl dans James Bond 007 contre Dr. No. À travers une sélection d'affiches originales, le public est invité à redécouvrir les grands films d'une carrière marquée par des collaborations avec Sean Connery, Elvis Presley, Frank Sinatra ou encore Jean-Paul Belmondo.
Un avant-goût d'un projet ambitieux
Présenté en avant-première ce lundi matin, au Kursaal, à Besançon, le film « Juste à temps » de Rachid Bekhaled est encore en cours de finalisation. Le réalisateur précise que seule une version provisoire a été projetée, le long travail de post-production étant toujours en cours. « Nous sommes à 20 % des capacités du projet. La version définitive sera prête fin juillet », explique-t-il. Son ambition est de présenter le film au Festival international du film francophone d'Angoulême, avant de viser, à plus long terme, une sélection au Festival de Cannes, dans la catégorie Premier Regard.
Un récit construit autour des choix de vie
Le cœur du film repose sur une question simple : une seule décision peut-elle changer une existence ? À travers trois jeunes personnages, « Juste à temps » aborde la consommation de protoxyde d'azote, un sujet de santé publique particulièrement actuel. Le récit montre « l'avant, le pendant et l'après », afin de dépasser le simple message de prévention. « On ne peut pas faire de la pédagogie en trois minutes. Il fallait raconter une histoire », souligne Rachid Bekhaled. Le chef opérateur José Rosier insiste sur cette volonté de montrer « ce qui se passe réellement aujourd'hui » en confrontant les personnages aux conséquences de leurs choix.
Un film mêlant plusieurs registres
Loin d'être un simple documentaire de prévention, le réalisateur revendique un véritable film de cinéma. Le scénario mêle violence, science-fiction, suspense, histoire d'amour et surtout espoir. Le personnage principal, surnommé « Tic-Tac », incarne cette possibilité de rédemption malgré un parcours marqué par l'hyperviolence. « On a besoin d'espoir avec ce qu'on entend et ce qu'on voit aujourd'hui », résume le réalisateur.
De jeunes débutants devant la caméra
Le casting repose sur un équilibre entre acteurs expérimentés et jeunes issus des quartiers populaires. Rachid Bekhaled, déjà réalisateur de nombreux courts et moyens métrages consacrés aux problématiques de société, a repris plusieurs comédiens rencontrés lors de son précédent film consacré à la radicalisation, tout en recrutant de nouveaux talents grâce au bouche-à -oreille. Pendant six mois, les participants ont travaillé dans les studios de l'association RP Entertainment, à Besançon. « Certains étaient totalement débutants. Nous avons façonné le projet pendant six mois », explique-t-il. Le réalisateur cite notamment l'exemple d'un jeune acteur très réservé qui, grâce au travail de préparation, a progressivement pris confiance devant la caméra.
L'interview de la rédaction : Rachid Bekhaled, le réalisateur du film

Planoise, entre réalité sociale et résilience
Le film accorde une place importante au quartier de Planoise, où vivent le réalisateur et plusieurs jeunes comédiens. Interrogé sur le risque de donner une image négative du quartier, Rachid Bekhaled assume ce choix tout en rappelant que son objectif est de montrer autant les difficultés que les réussites. « En général, on retient le mal. Moi, je fais aussi apparaître le bien. »
Plusieurs spectateurs ont salué cette vision équilibrée, rappelant que Planoise est aussi un quartier familial où de nombreux jeunes construisent des parcours positifs malgré les difficultés. L'un d'eux a évoqué « une véritable histoire de résilience » qui dépasse largement les clichés habituellement associés au quartier.
Une coopération franco-suisse
Le projet s'inscrit également dans une démarche transfrontalière. Le scénario alterne entre les décors urbains de Planoise et les paysages de Suisse, notamment autour d'Yverdon ou Neuchâtel. Selon le réalisateur, cette alternance permet de faire coexister la dureté du quotidien et des espaces plus apaisés, tout en illustrant le vivre-ensemble entre les deux territoires.
Le protoxyde d'azote au cœur du message
Le choix de traiter le protoxyde d'azote est directement lié à une expérience personnelle du réalisateur. Il explique avoir perdu un voisin, décédé après avoir consommé ce gaz euphorisant. « C'est une drogue qui ne détruit pas immédiatement mais qui peut provoquer plus tard des paralysies ou des atteintes neurologiques graves ». Le film entend ainsi sensibiliser le public à un danger encore sous-estimé.
Une déception sur le financement français
Au cours des échanges, Rachid Bekhaled a également regretté l'absence de soutien financier des dispositifs bisontins de politique de la ville. Selon lui, le projet a obtenu des financements côté suisse dans le cadre de la coopération transfrontalière, mais n'a bénéficié d'aucune aide des dispositifs sollicités dans la cité comtoise, malgré plusieurs demandes. Il espère désormais que la future équipe municipale et les partenaires institutionnels accompagneront davantage ce type de projet de prévention.
L'interview de la rédaction : Rachid Bekhaled, le réalisateur du film
Une tournée de débats envisagée
Au-delà des festivals, le réalisateur souhaite faire vivre le film dans les établissements scolaires, les associations et les structures jeunesse. L'objectif est d'organiser des projections suivies de débats avec les jeunes afin d'échanger autour des conduites à risque, de la prévention et des choix de vie. « Si des associations veulent accueillir le film à la rentrée, nous répondrons présents », conclut-il.
L'interview de la rédaction : Rachid Bekhaled, le réalisateur du film
Dans le cadre du Contrat Local d'Éducation Artistique des Portes du Haut-Doubs, les élèves de Bouclans, Gonsans, Étalans, Naisey-les-Granges et Vercel-Villedieu-le-Camp ont participé cette année à la création d'un spectacle de théâtre musical. Accompagnés par les artistes Clotilde Moulin et Théo Lanatrix, de la compagnie Ofam, les enfants ont imaginé, écrit et interprété leur propre œuvre au cours de dix séances. Ce dispositif, porté par la Communauté de communes des Portes du Haut-Doubs, la DRAC et l'Éducation nationale, vise à favoriser l'accès à la culture pour tous les jeunes du territoire.
La Citadelle de Besançon annonce l’annulation de la soirée Panorama Sonore prévue le 10 juillet. Cette décision fait suite au forfait du groupe The Limiñanas, contraint d’annuler sa venue pour des raisons de santé. Les spectateurs en possession d’un billet recevront un courriel précisant les modalités de remboursement.
Le peintre valdahonnais Raphaël Pagaud présente jusqu'au 27 juin une exposition consacrée à l'art du portrait. Une vingtaine d'œuvres à l'huile sont à découvrir, mêlant tradition picturale et regard contemporain. L'artiste, dont le parcours a été marqué par plusieurs salons internationaux, propose également un univers nourri par l'écriture poétique. L'exposition est accessible aux horaires d'ouverture de la médiathèque et s'adresse à tous les publics.