Ce lundi matin, une mobilisation nationale des salariés des laboratoires d’analyses médicales se tient à l’appel de la CFDT. À Besançon, un rassemblement est organisé devant un site du groupe Biogroup, rue de Terre-Rouge, pour faire entendre leurs revendications.
Une mobilisation nationale relayée localement
« C’est un appel national à la grève qui concerne l’ensemble des laboratoires », explique Marie-Claire Massuyeau, secrétaire générale adjointe de la CFDT. À Besançon, le mouvement réunit des salariés déterminés à dénoncer une situation qu’ils jugent de plus en plus difficile. Au cœur des revendications : l’absence de revalorisation salariale depuis janvier 2024. « Les trois quarts des salariés sont rémunérés au Smic », souligne la représentante syndicale. Les manifestants dénoncent également des suppressions de postes, des mobilités forcées et une charge de travail en forte augmentation. « La situation se dégrade pour les salariés, mais aussi pour les patients », insiste-t-elle.
L'interview de la rédaction : Marie-Claire Massuyeau, secrétaire générale adjointe de la CFDT
Une offre de proximité menacée
Autre inquiétude majeure : la réorganisation du secteur. Selon la CFDT, la concentration des plateaux techniques et la fermeture de certains sites participent à une « désertification de l’offre de biologie médicale de proximité ». Une évolution qui, selon les grévistes, impacte directement la qualité du service rendu.
Une mobilisation sans perspective immédiate de négociation
Sur place, les salariés ont prévu de rester mobilisés tout au long de la journée. Aucune rencontre avec les employeurs n’était toutefois programmée lors de notre contact avec les manifestants sur place. « On verra bien par la suite », indique Marie-Claire Massuyeau, laissant planer l’incertitude sur les suites du mouvement.
À ce stade, cette mobilisation, initiée par la CFDT, pourrait marquer le début d’un rapport de force appelé à se poursuivre dans les prochaines semaines.
À l’occasion du 1er Mai, plusieurs milliers de personnes ont manifesté en Franche-Comté. À Besançon, entre 2 300 manifestants selon la police et 3 500 selon les syndicats ont défilé. Ils étaient une cinquantaine à Pontarlier. Dans le Jura, près de 400 manifestants ont été recensés à Lons-le-Saunier, plus de 500 selon les syndicats, environ 300 à Dole, une soixantaine à Saint-Claude et environ 120 à Arbois.
Une mesure étendue à tous les étudiants
À partir de ce lundi 4 mai, tous les étudiants pourront bénéficier d’un repas à 1 euro dans les restaurants universitaires du Crous Bourgogne-Franche-Comté. Cette mesure, décidée par le gouvernement, sera déployée sur l’ensemble des structures de restauration universitaire de la région. Jusqu’ici réservé aux étudiants boursiers ou en situation de précarité, le tarif social sera désormais accessible à tous les étudiants titulaires d’une carte étudiante, y compris les apprentis, alternants, doctorants et volontaires en service civique. Pour en bénéficier, les usagers devront disposer d’un compte Izly (solution de paiement connecté des campus) actif pour justifier de leur statut
Un menu complet à prix réduit
Le repas à 1 euro sera proposé dans tous les restaurants universitaires du Crous BFC ainsi que dans certaines cafétérias situées à plus de dix minutes à pied d’un restaurant universitaire. Il comprendra un plat principal accompagné de deux éléments au maximum — entrée, dessert, fromage ou fruit — pour un total de dix points. Des suppléments resteront possibles au tarif de 0,65 euro par point supplémentaire. Le dispositif sera limité à un repas par service afin de permettre au plus grand nombre d’en profiter, aussi bien le midi que le soir sur les sites ouverts en soirée, notamment les restaurants universitaires Lumière à Besançon et Montmuzard à Dijon.
Maintenir une restauration de qualité
Le Crous Bourgogne-Franche-Comté assure vouloir maintenir une restauration de qualité malgré cette généralisation. L’établissement met en avant des produits bio, locaux et labellisés, cuisinés sur place par ses équipes. Selon une enquête menée en novembre 2025, 84 % des étudiants interrogés recommandent la restauration universitaire régionale, saluant notamment l’équilibre et la qualité gustative des repas proposés. L’ensemble des structures de restauration de la région est engagé dans la démarche « Mon Resto », qui vise à favoriser les approvisionnements locaux et bio, réduire le gaspillage alimentaire et améliorer l’accueil des étudiants.
Des moyens supplémentaires pour absorber l’affluence
Pour accompagner cette nouvelle organisation, six recrutements sont prévus grâce aux crédits supplémentaires accordés dans la loi de finances 2026. Une enveloppe de 75 000 euros sera également consacrée à des investissements urgents dans les équipements de restauration et au renforcement de la maintenance du matériel. Le Crous entend aussi fluidifier le passage en caisse en encourageant l’utilisation de l’application Izly, permettant un paiement quatre fois plus rapide.
Une fréquentation déjà très importante
En 2025, plus de 2,02 millions de repas ont été servis dans les structures gérées par le Crous Bourgogne-Franche-Comté. La moitié de ces repas concernait déjà des étudiants bénéficiant du tarif social à 1 euro. Les restaurants universitaires sont ouverts le midi entre 11h30 et 13h30, mais le Crous observe une très forte concentration de la fréquentation entre 12h et 13h, période durant laquelle plus de la moitié des passages en caisse sont enregistrés.
La France Insoumise à Besançon réagit à la situation de l’entreprise R. Bourgeois et apporte son soutien aux 450 salariés concernés. Le mouvement dénonce les conséquences d’un modèle économique fondé, selon lui, sur le libre-échange et la concurrence internationale, accusés de fragiliser l’industrie française.
Dans un communiqué, LFI critique les politiques menées depuis plusieurs années par les gouvernements successifs et appelle à une protection renforcée de la filière industrielle française. Le mouvement demande notamment l’extension des droits de douane sur certains produits importés, l’interdiction des délocalisations pour les entreprises aidées par l’État et un plan de sauvegarde de la filière électromécanique.
La France Insoumise plaide également pour une intervention publique afin de préserver les emplois et les savoir-faire industriels à Besançon.
Une entreprise historique fragilisée par la concurrence internationale
À Besançon, l’inquiétude grandit autour de R. BOURGEOIS. L’entreprise spécialisée dans les moteurs et les pièces métalliques traverse une crise majeure, conséquence directe de la concurrence asiatique et de la chute des prix dans la filière métallurgique. Pour la direction, la situation est devenue critique. Malgré des années d’efforts pour améliorer la productivité et maintenir la compétitivité du site, les résultats ne suffisent plus à compenser l’écart de concurrence avec certains producteurs étrangers. « Nous sommes arrivés à un point où notre destin n’est plus entre nos mains », résume la direction du groupe.
Des efforts internes devenus insuffisants
Depuis plusieurs années, l’entreprise a multiplié les plans d’amélioration, les investissements industriels et les gains de productivité afin de préserver son activité à Besançon. Mais selon les dirigeants, ces efforts sont aujourd’hui devenus insuffisants face à une concurrence jugée « faussée », alimentée par des coûts de production très inférieurs et des mécanismes de dumping qui fragilisent toute la chaîne européenne de transformation de l’acier. La direction souligne que le problème n’est plus lié à la performance industrielle du site, mais à un déséquilibre économique mondial contre lequel les industriels européens peinent à lutter. Cette situation provoque une profonde frustration parmi les salariés et les responsables de l’entreprise, qui constatent que les leviers traditionnels de compétitivité ne permettent plus de protéger l’activité.
Une mobilisation symbolique des salariés
Mardi, les salariés du site bisontin ont observé un arrêt de travail symbolique afin d’alerter les pouvoirs publics sur la gravité de la situation. Les employés redoutent une réduction progressive de l’activité, voire une délocalisation partielle de certaines productions dans les prochaines années si aucune mesure de protection n’est prise rapidement. L’entreprise appelle désormais l’État français et l’Union européenne à agir en urgence pour soutenir l’industrie métallurgique européenne face aux importations à bas coût.
Activité partielle et projets suspendus
Les difficultés économiques ont déjà des conséquences concrètes au sein de l’usine. Plusieurs projets de développement seraient actuellement gelés, faute de visibilité sur l’évolution du marché. Une partie des salariés des services, de l’assemblage et du bureau d’études a été placée en activité partielle à 50 %, avec une perte de revenus estimée à environ 30 % pour les personnels concernés. Pour les syndicats, ces premières mesures pourraient annoncer des difficultés plus profondes si la situation continue de se dégrader dans les prochains mois.
Bruxelles accusée d’agir trop lentement
Au cœur des inquiétudes figure également le délai d’instruction des éventuelles mesures de sauvegarde européennes. Selon la direction, une décision de Bruxelles pourrait nécessiter jusqu’à deux années de procédure, un calendrier jugé incompatible avec la réalité industrielle. « Deux ans, c’est une éternité pour notre secteur », estime Raymond Nicolas BOURGEOIS, le directeur général de R. BOURGEOIS à Besançon. « D’ici là , des pans entiers de la production européenne risquent d’avoir disparu. » La direction craint que cette attente ne provoque des dommages irréversibles non seulement pour R. BOURGEOIS, mais aussi pour l’ensemble des transformateurs d’acier européens et leurs sous-traitants.
L'interview de la rédaction : Raymond Nicolas BOURGEOIS, le directeur général de R. BOURGEOIS à Besançon.
Un enjeu majeur pour l’économie régionale
Avec plus de 1 100 salariés dans le monde, dont 450 à Besançon, R. BOURGEOIS demeure l’un des principaux acteurs industriels de la métropole bisontine. L’entreprise occupe une place stratégique dans une région historiquement liée aux métiers de la métallurgie et de la mécanique. Sa fragilisation inquiète autant les élus locaux que les représentants syndicaux.
Le ministre de l’Industrie ainsi que plusieurs responsables politiques régionaux ont affiché leur soutien à l’entreprise et appellent à des réponses rapides au niveau européen. Pour de nombreux observateurs, la situation de R. BOURGEOIS symbolise aujourd’hui les difficultés croissantes rencontrées par l’industrie européenne face à la mondialisation et à une concurrence internationale jugée déloyale.
Au 1er trimestre 2026, la Bourgogne-Franche-Comté compte en moyenne 231 690 personnes inscrites à France Travail en catégories A, B, C, D et E, hors personnes en attente d’orientation ou engagées dans un parcours social.
La Ville de Besançon, avec le CCAS et le Centre des Finances publiques, propose un accompagnement gratuit pour aider à remplir les déclarations papier d’impôt sur le revenu. Des permanences auront lieu à la Maison des Seniors (8 rue Pasteur) les 29-30 avril, du 5 au 7 mai, les 12-13 mai et du 19 au 22 mai, de 9h à 12h et de 14h à 16h30. Les usagers doivent se munir de leurs documents fiscaux. La date limite de dépôt papier est fixée au 19 mai, et au 28 mai pour la déclaration en ligne dans le Doubs.
À Besançon, deux mobilisations sont programmées. Un premier cortège se tiendra vendredi 1er mai à 10h30, au départ de l’esplanade des Droits de l’Homme, près de la statue de Victor Hugo. Organisée par l’intersyndicale (CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA), cette manifestation s’inscrit dans la tradition du 1er mai pour la justice sociale et la défense de la paix. Les syndicats entendent démontrer que « le 1er mai doit rester férié et chômé ». Un second rassemblement aura lieu samedi 2 mai à 14h, place du 8 Septembre, dans le cadre d’un rendez-vous mensuel de soutien à la Palestine et à Gaza, au centre-ville bisontin.
À l’occasion de la Fête du travail, le réseau de transport Ginko fonctionnera en service réduit. Seules les lignes Ginko Proxi TGV 1 à 4, ainsi que Ginko Gare, Ginko Citadelle, Ginko Hôpital et Ginko Cliniques, seront assurées. Les autres lignes ne circuleront pas ce jour-là .
Ce jeudi 23 avril, les personnels du centre de long séjour de Bellevaux, à Besançon, se sont mobilisés pour dénoncer leurs conditions de travail. Depuis la fusion avec le CHU, effective au 1er janvier 2026, les inquiétudes se sont accentuées. « Le CHU n’a pas de connaissance du secteur médico-social. Nous ne sommes pas un hôpital, mais un lieu de vie pour les résidents », explique Cindy Voinson, aide-soignante et secrétaire du syndicat UNSA à Bellevaux.
L'interview de la rédaction : Cindy Voinson, aide-soignante et secrétaire du syndicat UNSA à Bellevaux.
Un manque de personnel dénoncé
Au cœur de la mobilisation : le manque de soignants. Selon les équipes, les recrutements ne suivent pas les besoins du terrain. « On ne peut pas travailler dans ces conditions, il nous manque du personnel », alerte la représentante syndicale. En cause notamment, un désaccord entre la direction du CHU et l’établissement sur le nombre de postes à financer. « Ils ne s’entendent pas sur les effectifs, donc les recrutements sont bloqués », précise-t-elle. Si quelques arrivées sont annoncées, elles sont jugées insuffisantes et trop tardives, notamment à l’approche des congés d’été, période déjà sous tension.

Des conditions de travail sous pression
Malgré la grève, un service minimum est assuré pour garantir les soins aux résidents. Mais pour les équipes, la situation devient difficilement tenable. « On enchaîne les prises en charge, parfois avec une douzaine de patients par agent. On n’a plus le temps nécessaire pour un accompagnement de qualité », déplore Cindy Voinson. Les soignants rappellent que les résidents, souvent âgés et fragiles, nécessitent un rythme et une attention incompatibles avec une organisation calquée sur un fonctionnement hospitalier.
L'interview de la rédaction : Cindy Voinson, aide-soignante et secrétaire du syndicat UNSA à Bellevaux.
Des revendications anciennes
Pour les professionnels, cette mobilisation s’inscrit dans une problématique plus large et ancienne. « Cela fait près de 15 ans que nous alertons sur la situation des EHPAD. Les salaires ont été revalorisés, mais cela ne règle pas le manque de personnel », souligne la syndicaliste.
Penser les établissements de demain
Au-delà de l’urgence, les soignants appellent à repenser le modèle d’accompagnement des personnes âgées. « Les EHPAD de demain ne seront pas ceux d’hier. Les besoins évoluent, il faut anticiper et adapter les moyens », estime Cindy Voinson. Le site de Bellevaux accueille environ 300 personnes, entre hébergement, accueil de jour et services à domicile. Un établissement d’envergure, aujourd’hui confronté à des défis majeurs, que les personnels espèrent voir pris en compte rapidement par leur direction.