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Le CCAS de Morteau lance un appel à bénévoles afin de renforcer son Réseau Pass’âge, un dispositif créé en 2019 pour accompagner les personnes âgées isolées de la commune. Une dizaine de bénévoles assurent déjà des visites régulières, des temps d’échange, des promenades ou encore des activités conviviales selon les envies des bénéficiaires. Des rencontres hors domicile sont également organisées plusieurs fois par an pour maintenir le lien social. Le réseau joue aussi un rôle de veille renforcée lors des périodes de canicule ou de grand froid. Les personnes souhaitant rejoindre l’équipe ou signaler une situation peuvent contacter le CCAS de Morteau au 03 81 68 56 86.

À Pontarlier, France Travail a présenté les résultats de l’enquête Besoins en Main-d’Œuvre (BMO) 2026 aux côtés de plusieurs partenaires du réseau pour l’emploi. Une conférence de presse organisée pour dresser un état des lieux du marché du travail dans le Haut-Doubs et mettre en avant les actions engagées pour accompagner les entreprises et les demandeurs d’emploi dans un contexte économique plus incertain. Autour de la table figuraient notamment la Mission Locale, Cap Emploi et le Département du Doubs. Tous ont insisté sur l’importance du travail partenarial pour répondre aux besoins de recrutement et soutenir les publics les plus éloignés de l’emploi. « L’idée était de communiquer ensemble sur les actions que nous mettons en place en direction des entreprises, en faisant le lien avec l’enquête BMO », a expliqué Laurence Perrier, directrice de l’agence France Travail de Pontarlier

Un territoire encore dynamique malgré des signes de fragilité

Le Haut-Doubs conserve un taux de chômage inférieur à la moyenne départementale. Sur la zone d’emploi de Pontarlier, il s’établit à 5,5 % au quatrième trimestre 2025, contre 7,7 % dans l’ensemble du Doubs. Mais derrière ces chiffres relativement favorables, plusieurs indicateurs témoignent d’un ralentissement progressif du marché du travail. La demande d’emploi augmente légèrement sur un an dans les catégories A, B et C. Les catégories B et C regroupent les personnes exerçant une activité réduite, tandis que la catégorie A concerne les demandeurs d’emploi totalement sans activité.

Autre signal observé : les offres d’emploi collectées par France Travail sont en recul. Sur un an, 5.537 offres ont été enregistrées dans le Haut-Doubs, soit une baisse de 11 %. La diminution est particulièrement marquée pour les emplois durables. Les offres en CDI ou en CDD de plus de six mois chutent de 24 %. « Cela démontre bien que les entreprises ont du mal à se projeter », ont souligné les responsables de France Travail. Dans le même temps, l’emploi temporaire progresse d’environ 10 à 11 %, signe que les entreprises privilégient davantage l’intérim dans un contexte économique jugé plus fragile.

Des intentions d’embauche en baisse dans le Doubs

L’enquête BMO, réalisée chaque année par France Travail auprès des employeurs, permet d’anticiper les besoins de recrutement et les métiers en tension. Plus de 21.000 établissements ont répondu à cette édition 2026 en Bourgogne-Franche-Comté. Dans le Doubs, 15.430 projets de recrutement sont annoncés cette année, soit environ 1.140 de moins qu’en 2025. Après le fort rebond économique post-Covid, le marché de l’emploi retrouve progressivement un niveau plus proche de celui observé avant la crise sanitaire.

Besançon concentre 60 % des projets de recrutement du département, devant Montbéliard (19 %), Pontarlier (15 %) et Morteau (6 %). Les deux bassins du Haut-Doubs connaissent cependant des situations différentes. Pontarlier affiche 2.270 intentions d’embauche en 2026, contre 2.040 l’année précédente. À Morteau, les intentions tombent à 950 projets de recrutement. Le recours à l’emploi saisonnier reste plus marqué sur le secteur de Pontarlier, notamment dans le tourisme et certaines activités agroalimentaires.

L'interview de la rédaction : Delphine Rossi, directrice de France Travail à Morteau 

Les services et l’aide à la personne toujours sous tension

Comme ailleurs dans le département, les entreprises du secteur des services demeurent les principales recruteuses dans le Haut-Doubs. Elles représentent jusqu’à 68 % des projets de recrutement à Pontarlier et 50 % à Morteau. Les métiers de l’aide à la personne restent les plus recherchés et les plus difficiles à pourvoir. À Pontarlier, les aides à domicile et auxiliaires de vie arrivent largement en tête des recrutements envisagés. France Travail souligne surtout l’ampleur des tensions dans ces métiers. Les secteurs de l’hôtellerie-restauration et de la santé continuent également de rencontrer d’importantes difficultés. Les aides de cuisine, employés polyvalents de restauration, serveurs ou encore aides-soignants figurent parmi les professions les plus recherchées. À Morteau, les employeurs signalent aussi des tensions dans les métiers de l’assainissement et du traitement des déchets. Même si les difficultés de recrutement annoncées par les entreprises sont légèrement en baisse pour 2026, les responsables de France Travail restent prudents : plusieurs secteurs demeurent durablement sous tension, notamment la santé, les services à la personne ou le BTP.

L'interview de la rédaction : Delphine Rossi, directrice de France Travail à Morteau 

Une stratégie recentrée vers les TPE et PME

Face à ces difficultés, France Travail adapte son offre de services en direction des très petites entreprises et des PME. « Deux recrutements sur trois concernent des structures de moins de 50 salariés », ont rappelé les intervenants. Ces entreprises, souvent dépourvues de service ressources humaines, ont besoin d’un accompagnement spécifique pour recruter et améliorer leur attractivité. Pour répondre à ces enjeux, le réseau pour l’emploi s’appuie sur une coopération renforcée entre France Travail, la Mission Locale, Cap Emploi, le Département du Doubs et les intercommunalités du territoire. Les partenaires ont mis en avant le rôle des Comités Locaux pour l’Emploi (CLPE), chargés de définir les priorités d’action à l’échelle locale selon les besoins des entreprises et des territoires.

Une “task force entreprise” déployée dans le Haut-Doubs

Parmi les principaux outils présentés figure la création d’une « task force entreprise ». Cette cellule réunit régulièrement les partenaires du réseau pour l’emploi afin de coordonner les actions menées auprès des employeurs. L’objectif est de proposer un accompagnement personnalisé et simplifié aux entreprises grâce à un interlocuteur coordonné capable de mobiliser rapidement les différents dispositifs existants. Les actions sont adaptées selon les territoires du Haut-Doubs, qu’il s’agisse du Val de Morteau, des plateaux ou des secteurs frontaliers. « L’entreprise n’a pas besoin de répéter plusieurs fois le même discours », ont insisté les intervenants, qui souhaitent rendre le parcours plus fluide pour les employeurs.

L'interview de la rédaction : Laurence Perrier, directrice de France Travail à Pontarlier 

Le Département mise sur l’immersion et les réseaux d’entreprises

Le Département du Doubs a également détaillé plusieurs actions concrètes mises en place dans le cadre du retour à l’emploi des bénéficiaires du RSA. Parmi elles figure le dispositif « PLÉIADE », développé avec France Travail autour des métiers de l’aide à domicile. Le principe : proposer des immersions professionnelles afin de faire découvrir concrètement ces métiers et dépasser certaines idées reçues. « L’immersion permet d’être en situation réelle d’exercice du métier », ont expliqué les représentants du Département. Dans le Haut-Doubs, quatorze bénéficiaires du RSA ont déjà intégré ce dispositif, qui débouche régulièrement sur des embauches dans les structures d’aide à domicile confrontées à des pénuries de personnel.

Autre initiative présentée : la réactivation d’un club RH sur la bande frontalière, en partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie et la Chambre des métiers. Ce réseau réunit une quinzaine d’entreprises qui échangent sur leurs problématiques de recrutement, leurs pratiques RH et les solutions mises en œuvre localement. France Travail intervient également dans ces rencontres afin de mieux faire connaître ses dispositifs d’accompagnement des entreprises, encore parfois méconnus selon les partenaires présents. Tous les intervenants ont insisté sur la nécessité de construire « un écosystème le plus efficient possible » afin de fluidifier les relations entre les différents acteurs de l’emploi et répondre plus efficacement aux besoins du territoire.

Le CHU Besançon Franche-Comté propose jusqu’au 29 mai, dans le hall principal de l’hôpital Jean-Minjoz, la deuxième édition de l’exposition « Nos patients ont du talent ». Après l’initiative consacrée aux professionnels de santé, ce rendez-vous met cette fois en lumière les créations artistiques de patients du CHU. Les visiteurs peuvent découvrir les univers sensibles d’Anne-Charlotte Guilhé et de Sahman, qui abordent à travers leurs œuvres la maladie, le corps, le soin et le parcours de vie. Une exposition qui veut porter un regard profondément humain sur la fragilité et la création artistique.

Un rendez-vous gourmand et interculturel

L’association Association Miroirs du Monde organise la deuxième édition de son concours de cuisine amateur « Cuisine et Origine » mercredi 20 mai, de 15h à 18h, au sein de son café associatif, situé 1 place de l’Europe, dans le quartier de Planoise à Besançon. Depuis treize ans, l’association œuvre pour la valorisation des langues, des cultures et des parcours de vie. Depuis deux ans, elle anime également un café associatif devenu un lieu de rencontres interculturelles, d’échanges citoyens et de valorisation des talents locaux.

Huit participants venus de divers horizons

Inspiré des odeurs d’épices, des cuisines familiales et des traditions du monde, le concours « Cuisine et Origine » mettra à l’honneur huit participants issus de différents horizons culturels. Chaque candidat proposera un menu composé de trois plats : une entrée, un plat et un dessert. Les recettes devront refléter leurs origines, leur histoire personnelle ou leur attachement aux cuisines du monde. L’objectif affiché par l’association est de faire découvrir au public la richesse culturelle présente dans les quartiers à travers la gastronomie.

Un jury de professionnels pour départager les candidats

Les participants seront évalués par un jury composé de chefs cuisiniers. Trois critères seront particulièrement observés : le goût, la présentation et l’originalité des plats proposés. À l’issue du concours, les trois meilleures prestations seront récompensées lors d’une remise de prix. Le public pourra également prendre part à l’événement en votant pour sa table « coup de cœur », notamment en fonction de la décoration et du dressage des assiettes.

Musique, danse et convivialité au programme

Au-delà du concours culinaire, l’après-midi se veut festive et conviviale. Des animations musicales et dansantes rythmeront l’événement sur la place de l’Europe. Une buvette sera également proposée au public tout au long de la manifestation, afin de prolonger ce moment de partage et de découverte autour des saveurs du monde.

Une nouvelle journée d’action est organisée ce jeudi 7 mai au Centre de long séjour Bellevaux, à Besançon. Les agents sont appelés à se mobiliser dès 8h, avant un rassemblement prévu à 13h sur le parking de l’établissement. À l’appel des syndicats UNSA Santé et Sociaux et Force Ouvrière, les personnels dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail. Ils réclament notamment des recrutements massifs, le respect des temps de repos, des effectifs adaptés et davantage de moyens pour assurer les soins.

Ce lundi matin, une mobilisation nationale des salariés des laboratoires d’analyses médicales se tient  à l’appel de la CFDT. À Besançon, un rassemblement est organisé devant un site du groupe Biogroup, rue de Terre-Rouge, pour faire entendre leurs revendications.

Une mobilisation nationale relayée localement

« C’est un appel national à la grève qui concerne l’ensemble des laboratoires », explique Marie-Claire Massuyeau, secrétaire générale adjointe de la CFDT. À Besançon, le mouvement réunit  des salariés déterminés à dénoncer une situation qu’ils jugent de plus en plus difficile. Au cœur des revendications : l’absence de revalorisation salariale depuis janvier 2024. « Les trois quarts des salariés sont rémunérés au Smic », souligne la représentante syndicale. Les manifestants dénoncent également des suppressions de postes, des mobilités forcées et une charge de travail en forte augmentation. « La situation se dégrade pour les salariés, mais aussi pour les patients », insiste-t-elle.

L'interview de la rédaction : Marie-Claire Massuyeau, secrétaire générale adjointe de la CFDT



Une offre de proximité menacée

Autre inquiétude majeure : la réorganisation du secteur. Selon la CFDT, la concentration des plateaux techniques et la fermeture de certains sites participent à une « désertification de l’offre de biologie médicale de proximité ». Une évolution qui, selon les grévistes, impacte directement la qualité du service rendu.

Une mobilisation sans perspective immédiate de négociation

Sur place, les salariés ont prévu de rester mobilisés tout au long de la journée. Aucune rencontre avec les employeurs n’était toutefois programmée lors de notre contact avec les manifestants sur place. « On verra bien par la suite », indique Marie-Claire Massuyeau, laissant planer l’incertitude sur les suites du mouvement.

À ce stade, cette mobilisation, initiée par la CFDT, pourrait marquer le début d’un rapport de force appelé à se poursuivre dans les prochaines semaines.

À l’occasion du 1er Mai, plusieurs milliers de personnes ont manifesté en Franche-Comté. À Besançon, entre 2 300 manifestants selon la police et 3 500 selon les syndicats ont défilé. Ils étaient une cinquantaine à Pontarlier. Dans le Jura, près de 400 manifestants ont été recensés à Lons-le-Saunier, plus de 500 selon les syndicats, environ 300 à Dole, une soixantaine à Saint-Claude et environ 120 à Arbois.

Une mesure étendue à tous les étudiants

À partir de ce lundi  4 mai, tous les étudiants pourront bénéficier d’un repas à 1 euro dans les restaurants universitaires du Crous Bourgogne-Franche-Comté. Cette mesure, décidée par le gouvernement, sera déployée sur l’ensemble des structures de restauration universitaire de la région. Jusqu’ici réservé aux étudiants boursiers ou en situation de précarité, le tarif social sera désormais accessible à tous les étudiants titulaires d’une carte étudiante, y compris les apprentis, alternants, doctorants et volontaires en service civique. Pour en bénéficier, les usagers devront disposer d’un compte Izly (solution de paiement connecté des campus) actif pour justifier de leur statut

Un menu complet à prix réduit

Le repas à 1 euro sera proposé dans tous les restaurants universitaires du Crous BFC ainsi que dans certaines cafétérias situées à plus de dix minutes à pied d’un restaurant universitaire. Il comprendra un plat principal accompagné de deux éléments au maximum — entrée, dessert, fromage ou fruit — pour un total de dix points. Des suppléments resteront possibles au tarif de 0,65 euro par point supplémentaire. Le dispositif sera limité à un repas par service afin de permettre au plus grand nombre d’en profiter, aussi bien le midi que le soir sur les sites ouverts en soirée, notamment les restaurants universitaires Lumière à Besançon et Montmuzard à Dijon.

Maintenir une restauration de qualité

Le Crous Bourgogne-Franche-Comté assure vouloir maintenir une restauration de qualité malgré cette généralisation. L’établissement met en avant des produits bio, locaux et labellisés, cuisinés sur place par ses équipes. Selon une enquête menée en novembre 2025, 84 % des étudiants interrogés recommandent la restauration universitaire régionale, saluant notamment l’équilibre et la qualité gustative des repas proposés. L’ensemble des structures de restauration de la région est engagé dans la démarche « Mon Resto », qui vise à favoriser les approvisionnements locaux et bio, réduire le gaspillage alimentaire et améliorer l’accueil des étudiants.

Des moyens supplémentaires pour absorber l’affluence

Pour accompagner cette nouvelle organisation, six recrutements sont prévus grâce aux crédits supplémentaires accordés dans la loi de finances 2026. Une enveloppe de 75 000 euros sera également consacrée à des investissements urgents dans les équipements de restauration et au renforcement de la maintenance du matériel. Le Crous entend aussi fluidifier le passage en caisse en encourageant l’utilisation de l’application Izly, permettant un paiement quatre fois plus rapide.

Une fréquentation déjà très importante

En 2025, plus de 2,02 millions de repas ont été servis dans les structures gérées par le Crous Bourgogne-Franche-Comté. La moitié de ces repas concernait déjà des étudiants bénéficiant du tarif social à 1 euro. Les restaurants universitaires sont ouverts le midi entre 11h30 et 13h30, mais le Crous observe une très forte concentration de la fréquentation entre 12h et 13h, période durant laquelle plus de la moitié des passages en caisse sont enregistrés.

La France Insoumise à Besançon réagit à la situation de l’entreprise R. Bourgeois et apporte son soutien aux 450 salariés concernés. Le mouvement dénonce les conséquences d’un modèle économique fondé, selon lui, sur le libre-échange et la concurrence internationale, accusés de fragiliser l’industrie française.

Dans un communiqué, LFI critique les politiques menées depuis plusieurs années par les gouvernements successifs et appelle à une protection renforcée de la filière industrielle française. Le mouvement demande notamment l’extension des droits de douane sur certains produits importés, l’interdiction des délocalisations pour les entreprises aidées par l’État et un plan de sauvegarde de la filière électromécanique.

La France Insoumise plaide également pour une intervention publique afin de préserver les emplois et les savoir-faire industriels à Besançon.

Une entreprise historique fragilisée par la concurrence internationale

À Besançon, l’inquiétude grandit autour de R. BOURGEOIS. L’entreprise spécialisée dans les moteurs et les pièces métalliques traverse une crise majeure, conséquence directe de la concurrence asiatique et de la chute des prix dans la filière métallurgique. Pour la direction, la situation est devenue critique. Malgré des années d’efforts pour améliorer la productivité et maintenir la compétitivité du site, les résultats ne suffisent plus à compenser l’écart de concurrence avec certains producteurs étrangers. « Nous sommes arrivés à un point où notre destin n’est plus entre nos mains », résume la direction du groupe.

Des efforts internes devenus insuffisants

Depuis plusieurs années, l’entreprise a multiplié les plans d’amélioration, les investissements industriels et les gains de productivité afin de préserver son activité à Besançon. Mais selon les dirigeants, ces efforts sont aujourd’hui devenus insuffisants face à une concurrence jugée « faussée », alimentée par des coûts de production très inférieurs et des mécanismes de dumping qui fragilisent toute la chaîne européenne de transformation de l’acier. La direction souligne que le problème n’est plus lié à la performance industrielle du site, mais à un déséquilibre économique mondial contre lequel les industriels européens peinent à lutter. Cette situation provoque une profonde frustration parmi les salariés et les responsables de l’entreprise, qui constatent que les leviers traditionnels de compétitivité ne permettent plus de protéger l’activité.

Une mobilisation symbolique des salariés

Mardi, les salariés du site bisontin ont observé un arrêt de travail symbolique afin d’alerter les pouvoirs publics sur la gravité de la situation. Les employés redoutent une réduction progressive de l’activité, voire une délocalisation partielle de certaines productions dans les prochaines années si aucune mesure de protection n’est prise rapidement. L’entreprise appelle désormais l’État français et l’Union européenne à agir en urgence pour soutenir l’industrie métallurgique européenne face aux importations à bas coût.

Activité partielle et projets suspendus

Les difficultés économiques ont déjà des conséquences concrètes au sein de l’usine. Plusieurs projets de développement seraient actuellement gelés, faute de visibilité sur l’évolution du marché. Une partie des salariés des services, de l’assemblage et du bureau d’études a été placée en activité partielle à 50 %, avec une perte de revenus estimée à environ 30 % pour les personnels concernés. Pour les syndicats, ces premières mesures pourraient annoncer des difficultés plus profondes si la situation continue de se dégrader dans les prochains mois.

Bruxelles accusée d’agir trop lentement

Au cœur des inquiétudes figure également le délai d’instruction des éventuelles mesures de sauvegarde européennes. Selon la direction, une décision de Bruxelles pourrait nécessiter jusqu’à deux années de procédure, un calendrier jugé incompatible avec la réalité industrielle. « Deux ans, c’est une éternité pour notre secteur », estime Raymond Nicolas BOURGEOIS, le directeur général de R. BOURGEOIS à Besançon. « D’ici là, des pans entiers de la production européenne risquent d’avoir disparu. » La direction craint que cette attente ne provoque des dommages irréversibles non seulement pour R. BOURGEOIS, mais aussi pour l’ensemble des transformateurs d’acier européens et leurs sous-traitants.

L'interview de la rédaction : Raymond Nicolas BOURGEOIS, le directeur général de R. BOURGEOIS à Besançon.

Un enjeu majeur pour l’économie régionale

Avec plus de 1 100 salariés dans le monde, dont 450 à Besançon, R. BOURGEOIS demeure l’un des principaux acteurs industriels de la métropole bisontine. L’entreprise occupe une place stratégique dans une région historiquement liée aux métiers de la métallurgie et de la mécanique. Sa fragilisation inquiète autant les élus locaux que les représentants syndicaux.

Le ministre de l’Industrie ainsi que plusieurs responsables politiques régionaux ont affiché leur soutien à l’entreprise et appellent à des réponses rapides au niveau européen. Pour de nombreux observateurs, la situation de R. BOURGEOIS symbolise aujourd’hui les difficultés croissantes rencontrées par l’industrie européenne face à la mondialisation et à une concurrence internationale jugée déloyale.