Le conseiller départemental Raphaël Krucien interpelle l'exécutif du Département du Doubs sur l'évolution du nombre de bénéficiaires du RSA. Dans une question orale transmise à la présidente du Département et qui sera examinée lors de l'assemblée départementale de ce lundi, il demande à Ludovic Fagaut, premier vice-président en charge des solidarités, de préciser les sources des chiffres qu'il avait présentés lors de la séance du 27 avril dernier.
Selon l'élu d'opposition, les données avancées par l'exécutif pour démontrer l'efficacité de sa politique d'insertion seraient en contradiction avec les statistiques officielles publiées par la Drees. Raphaël Krucien affirme notamment qu'en 2025, le nombre de bénéficiaires du RSA a progressé de 4,38 % dans le Doubs contre 0,47 % au niveau national. Il s'interroge également sur les écarts entre les chiffres communiqués par le Département et ceux de la Drees concernant le nombre d'allocataires.
Dans un communiqué, l'élu estime que les données mises en avant par la majorité départementale relèvent davantage de la communication politique que de la réalité statistique et reproche à Ludovic Fagaut d'avoir accusé ses opposants de mentir lors des débats. La majorité départementale devra répondre publiquement à ces interrogations lors de la séance de lundi.
La députée du Doubs Dominique Voynet appelle les enseignes de la grande distribution à faire évoluer leurs pratiques lors des collectes alimentaires organisées au profit des associations de solidarité. Dans un courrier adressé le 11 juin aux grandes surfaces, l'élue écologiste souligne ce qu'elle considère comme une anomalie dans le fonctionnement actuel de ces opérations. Chaque année, des millions de Français participent aux collectes organisées par la Banque alimentaire, les Restos du Cœur ou d'autres associations en achetant des produits qu'ils remettent ensuite aux bénévoles présents dans les magasins. Selon Dominique Voynet, si l'intention des donateurs est de soutenir pleinement ces associations, une partie de la valeur de leur achat reste aujourd'hui entre les mains des distributeurs sous forme de marge commerciale. Une situation qu'elle juge contestable au regard de l'objectif solidaire de ces collectes.
Faire du reversement des marges une règle
La parlementaire propose que les enseignes reversent intégralement les marges réalisées sur les produits achetés dans le cadre de ces opérations. Elle estime qu'une telle démarche permettrait non seulement d'augmenter les ressources des associations, mais également de renforcer la confiance des citoyens dans les dispositifs de don. Dominique Voynet rappelle qu'une proposition de loi transpartisane est actuellement en préparation afin d'inscrire ce principe dans la législation. En attendant une éventuelle évolution de la loi, elle invite les enseignes du bassin de vie de Besançon à s'engager volontairement dans cette démarche qu'elle présente comme un geste de générosité et de justice au bénéfice des plus démunis.
Face à des besoins toujours plus importants, l'Association Accueil Familial Bienveillant (AFB) lance un appel aux habitants de Franche-Comté prêts à consacrer un peu de leur temps à l'accueil d'enfants. L'objectif : offrir à des jeunes de 0 à 18 ans un cadre familial chaleureux le temps d'un week-end ou de vacances scolaires.
Une parenthèse loin du quotidien
Depuis plusieurs décennies, l'AFB accompagne des enfants qui ont besoin de sortir temporairement de leur environnement habituel. Certains vivent avec leurs parents, qui recherchent ponctuellement une solution de répit. D'autres sont accueillis dans des foyers ou des Maisons d'enfants à caractère social (MECS) et ont besoin de quitter, quelques jours, la vie en collectivité. « Ce sont des enfants qui ont besoin de retrouver une petite bouffée d'oxygène, de découvrir d'autres environnements et de partager des activités simples avec une famille », explique Alicia Ousella, directrice de l'association. Les accueils sont organisés uniquement durant les week-ends et les vacances scolaires, dans des familles réparties sur l'ensemble du territoire franc-comtois.
L'interview de la rédaction : Alicia Ousella
Des besoins en forte progression
L'association s'appuie aujourd'hui sur une soixantaine de familles accueillantes. Un réseau précieux mais qui ne suffit plus à répondre à toutes les demandes. « Les besoins sont de plus en plus importants et nous sommes constamment à la recherche de nouvelles familles », souligne Alicia Ousella. Les familles choisissent librement leur niveau d'engagement. Certaines accueillent un enfant quelques jours pendant les vacances, d'autres privilégient les week-ends. L'association adapte les propositions aux disponibilités de chacun.
Tous les profils peuvent candidater
Contrairement à certaines idées reçues, l'accueil n'est pas réservé aux couples avec enfants. « Quand nous parlons de familles, cela peut être des femmes seules, des hommes seuls, des retraités ou encore de jeunes adultes », précise la directrice. L'association compte par exemple parmi ses bénévoles une jeune femme de 23 ans qui accueille régulièrement des enfants durant les week-ends. Le principal critère concerne les conditions matérielles d'accueil. Chaque enfant doit disposer d'une chambre individuelle et le logement doit répondre à plusieurs exigences de sécurité.
L'interview de la rédaction : Alicia Ousella
Une sélection rigoureuse des familles
Avant toute validation, les candidats suivent un parcours précis. Un premier échange téléphonique est organisé, puis une visite à domicile permet d'évaluer les conditions d'accueil et d'échanger sur le projet de la famille. La candidature est ensuite examinée par une commission de l'association. En cas de besoin, une seconde visite peut être réalisée. Les contrôles réglementaires incluent également la vérification du casier judiciaire et la présentation d'une attestation d'honorabilité. « Nous avons une responsabilité importante lorsque nous confions un enfant à une famille », rappelle Alicia Ousella.
L'interview de la rédaction : Alicia Ousella
Une expérience enrichissante pour tous
Au-delà du bénéfice apporté aux enfants, l'accueil représente souvent une expérience humaine forte pour les bénévoles. « C'est un véritable échange. Les enfants trouvent un cadre familial où se poser et se confier. Des liens très forts peuvent se créer », constate la directrice. La plupart des familles accueillent d'ailleurs régulièrement le même enfant afin de construire une relation durable et rassurante. Si tous les âges peuvent être concernés, les demandes portent principalement sur des enfants âgés de 6 à 12 ans. L'association veille à adapter chaque accueil aux souhaits, aux capacités et aux préférences des familles volontaires.
Comment devenir famille accueillante ?
Les personnes intéressées peuvent contacter l'Association Accueil Familial Bienveillant pour obtenir davantage d'informations : AFB Besançon. Tel : 03 81 88 47 38. Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
L'association espère renforcer son réseau de familles afin de permettre à davantage d'enfants de bénéficier de ces parenthèses familiales qui constituent souvent un véritable repère dans leur parcours de vie.
Les groupes écologiste, insoumis, communiste et socialiste du conseil municipal de Besançon ont décidé de saisir le préfet du Doubs afin de contester l'arrêté anti-mendicité signé par le maire, Ludovic Fagaut, le 1er juin dernier. Dans un courrier commun, les élus demandent à l'État d'engager un déféré préfectoral devant le tribunal administratif et de solliciter en urgence la suspension du texte.
Un arrêté jugé disproportionné
Présenté par la municipalité comme un arrêté visant la « mendicité agressive », le texte interdit, du 1er juin au 15 octobre 2026, l'occupation prolongée de certaines parties de l'espace public entre 10 h et 20 h dans plusieurs secteurs du centre-ville de Besançon ainsi qu'à Châteaufarine. Pour les élus signataires, cette mesure va bien au-delà de la lutte contre les comportements agressifs. Ils estiment qu'elle cible de fait les personnes les plus précaires et porte atteinte à plusieurs libertés fondamentales. « Cet arrêté ne protège personne, il met les plus pauvres hors de vue », dénoncent-ils dans leur communiqué.
Des arguments juridiques avancés
Dans leur recours adressé au préfet, les groupes d'opposition développent plusieurs arguments juridiques. Ils considèrent notamment que l'arrêté porte une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir en raison de son périmètre étendu, de sa durée de plus de quatre mois et de son caractère général. Les élus invoquent également une atteinte à la liberté d'aider autrui dans un but humanitaire, reconnue au nom du principe de fraternité, ainsi qu'au droit au respect de la vie privée des personnes sans domicile fixe. Ils soulignent notamment que la rue Champrond, incluse dans le périmètre concerné, accueille plusieurs structures d'accompagnement social, dont l'accueil de jour Jeanne-Antide.
Une demande de suspension
Les groupes de gauche estiment également que plusieurs notions utilisées dans l'arrêté, comme « occupation prolongée » ou « sollicitations à l'égard des passants », manquent de précision et pourraient conduire à des interprétations arbitraires. Au regard de ces éléments, ils demandent au préfet du Doubs d'exercer son contrôle de légalité et de saisir le tribunal administratif avant l'expiration du délai légal. Ils sollicitent également une suspension en urgence du texte.
Un débat qui se poursuit
Cette nouvelle étape relance le débat autour de l'arrêté municipal, qui avait déjà suscité de vives réactions lors de son adoption. Alors que la municipalité défend une mesure destinée à préserver la tranquillité publique et à lutter contre certains comportements jugés problématiques, ses opposants dénoncent une réponse essentiellement répressive à des situations de précarité sociale. Le préfet devra désormais décider s'il donne suite ou non à cette demande de contrôle devant la justice administrative.
Le SE-Unsa de l'académie de Besançon appelle à une meilleure reconnaissance des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). Le syndicat souligne que 1 677 AESH, dont plus de 90 % de femmes, exercent actuellement dans l'académie, souvent à temps incomplet. Alors que le ministère travaille sur la création d'un statut de fonctionnaire pour ces personnels, le SE-Unsa demande qu'il bénéficie à l'ensemble des AESH volontaires et s'accompagne d'une revalorisation salariale, d'un accès au temps complet, d'une meilleure formation et de véritables perspectives de carrière. De nouvelles discussions sont prévues les 17 juin au ministère et le 3 juillet dans l'académie.
En raison du mouvement social national prévu mercredi 10 juin, le trafic ferroviaire sera perturbé en Bourgogne-Franche-Comté. SNCF Voyageurs annonce qu'environ deux trains Mobigo sur trois circuleront dans la région, avec une situation plus favorable en Bourgogne qu'en Franche-Comté. Les TGV assureront en moyenne deux circulations sur trois, tandis qu'un Intercités sur deux circulera sur l'axe Paris–Nevers–Clermont-Ferrand. Des substitutions routières sont prévues sur certaines lignes. Les voyageurs sont invités à consulter les horaires actualisés la veille à partir de 17 heures.
À l'appel de l'intersyndicale FSU, CGT Éduc'action et Sud Éducation, les assistants d'éducation (AED) se sont fortement mobilisés ce jeudi 2 juin pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail et une meilleure reconnaissance de leurs missions. Selon les organisations syndicales, près d'un quart des vies scolaires seraient fermées en France alors que la campagne de renouvellement des contrats est en cours.
Dans l'académie, plusieurs établissements ont été touchés par le mouvement. La vie scolaire était notamment à l'arrêt au collège Malraux de Pontarlier et au collège Stendhal de Besançon, tandis que le collège Camus fonctionnait de manière perturbée. Au lycée Pergaud, les internats des classes de seconde et de première sont restés fermés. Les syndicats rappellent le rôle essentiel des AED dans le fonctionnement quotidien des établissements et appellent l'Éducation nationale à renforcer les moyens consacrés à ces personnels.
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées ce lundi soir sur la place Pasteur, au centre-ville de Besançon, pour dénoncer l'arrêté municipal antimendicité récemment signé par le maire LR Ludovic Fagaut. À l'appel des élus de gauche du conseil municipal – écologistes, communistes, socialistes et insoumis –, les manifestants ont exprimé leur opposition à une mesure qu'ils jugent stigmatisante pour les personnes les plus précaires. Les participants ont dénoncé un texte qui cristallise les tensions politiques depuis plusieurs jours dans la capitale comtoise. Pour les opposants, l'arrêté ne vise pas seulement les comportements agressifs dénoncés par la municipalité mais s'attaque plus largement à la présence des personnes en situation de précarité dans le centre-ville.
« Un arrêté de la honte »
Présente lors du rassemblement, Séverine Véziès, élue municipale insoumise, a vivement critiqué la décision du maire. « C'est un arrêté de la honte. C'est un arrêté qui s'adresse aux personnes les plus fragiles », affirme-t-elle. Selon elle, malgré les explications fournies par la municipalité, le texte vise bel et bien les personnes qui pratiquent la manche. « Quand on regarde le texte, il est question des personnes debout, assises ou couchées qui entravent la circulation. En réalité, il s'agit bien d'un arrêté contre la mendicité. » L'élue accuse également Ludovic Fagaut de chercher à satisfaire une partie de son électorat. « Il continue à parler à son électorat en stigmatisant les pauvres et en les reléguant hors du centre-ville ». Elle a également dénoncé les déclarations du maire évoquant la possibilité « d'exfiltrer » certaines personnes des secteurs concernés. « Il oublie qu'il est le maire de tous les Bisontins et de toutes les Bisontines".
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
« On ne traite pas la pauvreté en cachant les pauvres »
Même tonalité du côté des écologistes. Pour Anthony Poulin, les difficultés rencontrées dans certains secteurs du centre-ville sont réelles, mais les outils juridiques existent déjà pour y répondre. « Qu'il y ait des problèmes de tranquillité publique, personne ne le nie. Mais il existe déjà dans la loi l'ensemble des dispositifs permettant de traiter ces situations ». L'élu écologiste estime que l'arrêté cible avant tout une population fragile. « Cet arrêté vient stigmatiser une partie de la population qui fait la manche et qui n'est pas agressive ». Et de poursuivre : « Les termes utilisés montrent bien que la cible, c'est ce qu'on ne veut plus voir dans la société. Or, on ne traite pas la pauvreté en cachant les pauvres ».
Anthony Poulin plaide pour une réponse davantage axée sur l'accompagnement social. « Il faut renforcer le suivi social de ces personnes et ouvrir le dialogue avec les habitants, les commerçants et les personnes concernées. Ce n'est pas en opposant les uns aux autres que l'on trouvera une solution durable ». Concernant les suites à donner, l'élu prévient : « Nous mènerons l'ensemble des actions nécessaires pour que cet arrêté ne s'applique pas. »
L'interview de la rédaction : Anthony Poulin

« Une mesure inefficace »
Pour Hasni Alem, élu communiste de l’opposition municipale, le débat dépasse largement la seule question morale. « La vraie question, c'est de savoir si cet arrêté est efficace. Et partout où ce type de mesure a été mis en place, cela n'a jamais réglé le problème ». Selon lui, l'arrêté ne ferait que déplacer les difficultés d'un quartier à un autre. « Cela chasse les pauvres de certains secteurs mais cela ne résout absolument rien ». L'élu accuse même la municipalité de poursuivre une logique d'image. « L'objectif est de créer des quartiers carte postale pour l'attractivité économique et touristique ».
Hasni Alem affirme comprendre l'exaspération de certains habitants et commerçants. « Je partage leur ras-le-bol. Il existe un vrai problème. Mais la question est de savoir quelle solution on apporte. Un arrêté antimendicité ne fait que déplacer le problème ailleurs. » Pour lui, la réponse doit passer par les politiques sociales, sanitaires et de médiation. « Nous avons développé des médiateurs sociaux, une halte addiction et d'autres dispositifs. Cela ne suffit pas toujours, mais notre rôle est d'accompagner les personnes en difficulté, pas de les exclure ». L'élu évoque également la possibilité d'un recours contre le texte. « Nous étudions les voies juridiques possibles avec des associations. Une pétition pourrait également être lancée pour demander l'abrogation de cet arrêté ».
L'interview de la rédaction : Hasni Alem

Des recours envisagés
Les opposants rappellent que plusieurs arrêtés similaires ont déjà été contestés devant les tribunaux administratifs dans différentes villes françaises. À Besançon, la gauche municipale envisage désormais de poursuivre la mobilisation sur deux fronts : politique, lors des prochains conseils municipaux, et juridique, à travers d'éventuels recours. Pour eux, la lutte contre la précarité ne peut pas passer par des mesures d'éloignement. « La pauvreté ne disparaît pas parce qu'on la rend invisible », résumaient plusieurs manifestants en quittant la place Pasteur.
L'arrêté municipal signé, ce vendredi, pour lutter contre la mendicité agressive et l'alcoolisation sur la voie publique à Besançon suscite de nouvelles réactions politiques. Dans un communiqué, les élus communistes bisontins dénoncent une mesure qu'ils jugent inefficace et contraire aux principes de solidarité. Selon eux, cet arrêté ne s'attaque pas aux causes de la précarité mais cherche avant tout à éloigner les personnes les plus vulnérables des secteurs les plus fréquentés du centre-ville. Ils estiment que la pauvreté est ainsi rendue moins visible sans être résolue.
Battant au cœur des inquiétudes
Les élus reconnaissent l'existence de difficultés réelles dans le quartier Battant : alcoolisation, mendicité, précarité et troubles à l'ordre public. Mais ils considèrent que les réponses apportées sont essentiellement répressives. Ils pointent notamment le projet de déplacement de la Boutique Jeanne Antide, structure d'accueil de jour installée rue Champrond. Selon les chiffres avancés dans le communiqué, l'établissement accueille chaque année près de 1 550 personnes différentes et distribue environ 16 000 repas chauds. Il propose également des douches, une laverie, une bagagerie et un accompagnement social et médical. Pour les élus communistes, éloigner cette structure du quartier reviendrait à fragiliser davantage les publics qu'elle accompagne.
Une autre vision de l'action sociale
Le communiqué met en avant les dispositifs développés sous la précédente municipalité : renforcement de la Boutique Jeanne Antide, travail du Service d'accueil et d'accompagnement social du CCAS et présence de médiateurs sociaux dans les rues du centre-ville. Selon les élus, ces actions reposaient sur une logique d'accompagnement, de prévention et de création de lien avec les personnes en difficulté, plutôt que sur une politique d'éviction.
Des critiques appuyées sur des avis extérieurs
Les élus communistes rappellent que le Comité européen des droits sociaux a récemment critiqué les arrêtés anti-mendicité, estimant qu'ils renforcent l'exclusion sociale. Ils citent également les réserves exprimées par des travailleurs sociaux et par la Ligue des droits de l'homme, qui considère ces mesures comme « inhumaines, inefficaces et dangereuses ».
« Combattre la pauvreté plutôt que la cacher »
Pour les signataires, la politique municipale vise davantage à améliorer l'image du centre-ville qu'à résoudre les difficultés sociales. Ils dénoncent la création de quartiers « carte postale » où la pauvreté serait simplement déplacée vers des secteurs moins visibles.
Les élus communistes appellent ainsi à privilégier une approche globale associant accompagnement social, accès au logement, lutte contre les addictions, prévention et développement économique local. Selon eux, les problèmes rencontrés dans le quartier Battant nécessitent des réponses de fond plutôt qu'une stratégie d'embellissement urbain.
La section bisontine de la France insoumise monte au créneau après la publication d'un arrêté anti-mendicité signé par l'adjoint au maire de Besançon, Ludovic Fagaut. La mesure concerne plusieurs secteurs du centre-ville ainsi que la zone commerciale de Châteaufarine. Dans un communiqué diffusé ce jeudi, les militants et élus insoumis dénoncent une décision qu'ils jugent « grave socialement et symboliquement ». Ils regrettent notamment l'absence de débat préalable au sein du conseil municipal et accusent la majorité municipale d'avoir agi sans véritable discussion publique.
« Une politique de stigmatisation »
Pour la France insoumise, cet arrêté ne constitue pas une réponse aux difficultés rencontrées dans l'espace public mais participe à une politique de « stigmatisation » des personnes les plus précaires. Le mouvement estime que la mesure vise davantage à éloigner la pauvreté des zones les plus fréquentées qu'à traiter les causes de la précarité. Les auteurs du communiqué rappellent que le Conseil de l'Europe a récemment critiqué les arrêtés anti-mendicité, considérés comme discriminatoires et contraires aux droits sociaux fondamentaux.
Des outils juridiques déjà existants
La France insoumise souligne que les comportements portant réellement atteinte à l'ordre public, comme les agressions, les menaces, l'ivresse publique ou la mendicité coercitive, peuvent déjà être sanctionnés par les dispositifs légaux existants. Selon le mouvement, l'arrêté municipal relève donc d'un choix politique davantage que d'une nécessité juridique ou sécuritaire.
Un recours envisagé
Les insoumis accusent également la municipalité de privilégier les réponses sécuritaires et la communication au détriment des politiques sociales de fond. Ils citent notamment les questions du logement, de la santé mentale, des addictions, du pouvoir d'achat ou encore de la lutte contre la précarité. La France insoumise annonce enfin qu'elle examinera le contenu précis de l'arrêté avec des juristes afin d'étudier d'éventuels recours. Elle indique également vouloir lancer un appel à la mobilisation citoyenne contre cette mesure qu'elle juge contraire à sa vision d'une ville « solidaire, digne et humaine ».