Une prise de fonction dans la continuité
Nouvellement élue présidente de la communauté de communes du Plateau du Russey, Valérie Pagnot a rapidement trouvé ses repères. Déjà vice-présidente lors du précédent mandat, la maire de Bonnétage connaissait bien les équipes et les dossiers. « J’ai pris mes marques sans difficulté », confie-t-elle, saluant l’accompagnement des services et des élus.
Une fonction qu’elle souhaitait pleinement occuper, convaincue du rôle essentiel de l’intercommunalité, notamment en milieu rural.
L’intercommunalité, levier pour les petites communes
Pour l’élue, la communauté de communes est avant tout un outil au service des territoires. « On met en place des projets qu’on ne pourrait pas porter seuls », insiste-t-elle. Dans un territoire composé de 17 communes aux profils très variés — de quelques dizaines à plus de 2 500 habitants — elle défend une gouvernance équilibrée. Loin des débats observés ailleurs, notamment à Pontarlier ou Lons-le-Saunier sur la place des centres-bourgs, Valérie Pagnot rappelle que l’histoire locale repose sur l’alternance. « Chacun a sa place autour de la table », affirme-t-elle, plaidant pour une prise en compte équitable de tous les habitants.
L'interview de la rédaction : Valérie Pagnot
Une méthode : le collectif avant tout
Forte de 17 années d’engagement politique, la nouvelle présidente entend gouverner de manière collégiale. Elle souhaite co-construire un plan de mandat avec les 34 élus de l’intercommunalité, afin de définir ensemble les priorités. « Quand on emmène les gens avec soi, on avance plus efficacement », résume-t-elle. Une approche qui vise à renforcer la cohésion entre les communes et à porter un projet commun sur l’ensemble du territoire.
L'interview de la rédaction : Valérie Pagnot
Des services publics au plus près des habitants
Parmi ses priorités : rapprocher les services publics des administrés. Qu’il s’agisse de structures comme France Services ou d’initiatives itinérantes, l’objectif est clair : garantir un accès équitable sur l’ensemble du territoire, y compris dans les communes les plus rurales.
Une réponse concrète aux enjeux d’attractivité et de maintien de la population. Côté projets, la fin de chantier d’une déchetterie-ressourcerie, menée avec le Val de Morteau, figure parmi les premières échéances du mandat. Mais les défis sont nombreux : maintien des écoles, développement de la petite enfance, accès aux soins ou encore mobilités douces.
« Ce sont des problématiques communes à beaucoup de territoires ruraux », souligne-t-elle, tout en affirmant la capacité du Plateau du Russey à y répondre collectivement.
L'interview de la rédaction : Valérie Pagnot
Développement et transition écologique
Située au cœur d’un environnement naturel préservé, l’intercommunalité entend concilier développement et respect de l’environnement. La gestion de l’eau, l’assainissement — compétence récemment prise — ou encore la réduction de l’impact des aménagements figurent parmi les priorités. « Il faut penser les conséquences de nos actions à long terme », insiste la présidente, évoquant la nécessité de territoires plus résilients face aux défis à venir.
L'interview de la rédaction : Valérie Pagnot
Redonner du sens à la politique
Seule femme à la tête d’une intercommunalité dans le Doubs, Valérie Pagnot regrette encore la faible représentation féminine dans les exécutifs locaux, tout en montrant que des équilibres sont possibles. Au-delà , elle défend une vision apaisée de la politique : « La politique, c’est parler du bien commun ». Un appel à dépasser les clivages et à réconcilier les citoyens avec l’engagement public, dans un esprit de dialogue et de construction collective.
L'interview de la rédaction : Valérie Pagnot
Jean Raquin, ancien président du Conseil général du Jura et conseiller général du canton de Bletterans pendant près de vingt ans, est décédé. Figure respectée de la vie politique jurassienne, il avait présidé l’assemblée départementale de 2008 à 2011 dans un contexte inédit d’égalité parfaite entre gauche et droite. Reconnu pour son sens du dialogue, son attachement à l’intérêt général et son engagement au service du Jura, il laisse le souvenir d’un élu de consensus, profondément dévoué à ses concitoyens.
À l’issue de l’assemblée départementale du 27 avril 2026, la majorité du conseil départemental du Doubs, composée de l’Union de la Droite, du Centre et de représentants de la société civile, a publié un communiqué pour défendre son bilan et réaffirmer ses priorités politiques. Dans un contexte marqué par les critiques de l’opposition de gauche ces derniers jours, l’exécutif départemental met en avant une ligne directrice centrée sur « la vitalité des territoires » et le soutien aux communes, aux associations et aux acteurs économiques.
Soutien aux aides à domicile face à la hausse des carburants
La majorité souligne les mesures prises en faveur des aides à domicile, confrontées à l’augmentation du coût des déplacements. Le Département indique avoir mobilisé près de 700.000 euros pour compenser les frais kilométriques des professionnels intervenant auprès des personnes fragiles. Les élus ont également voté une enveloppe supplémentaire de 168.000 euros destinée à l’acquisition de véhicules électriques pour les services d’aide à domicile.
Protection de l’enfance et politique du logement
Le communiqué insiste également sur « la mobilisation totale » du Département concernant la protection des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance. Sur le logement, la majorité affirme vouloir obtenir davantage de marges de manœuvre de la part de l’État afin de renforcer les politiques locales d’habitat. Une référence à la volonté du Département de devenir Autorité Organisatrice de l’Habitat.
32 millions d’euros pour le SDIS
Autre dossier mis en avant : le soutien au Service départemental d’incendie et de secours du Doubs. La convention de partenariat votée lors de cette séance prévoit une contribution départementale de 31 millions d’euros pour 2026. Le Département annonce également un soutien exceptionnel d’un million d’euros destiné au financement de véhicules, d’équipements et d’infrastructures pour les sapeurs-pompiers.
Plus d’un million d’euros pour les associations
La majorité départementale rappelle aussi le vote de plus d’un million d’euros d’aides en faveur de près de 200 associations du Doubs, notamment dans les domaines du sport, de la culture, du social et du handicap. Elle met également en avant son soutien à plusieurs entreprises locales à travers différents projets économiques ou touristiques.
Une réponse aux critiques de l’opposition
Dans son communiqué, la majorité départementale répond indirectement aux attaques formulées récemment par l’opposition de gauche, qui dénonçait notamment la gestion de l’eau, du Fort Griffon ou encore certaines politiques sociales. Les élus de la majorité assurent que leur action est « reconnue » par les élus locaux, les associations et les acteurs économiques. Ils citent également deux récents rapports de la Chambre régionale des comptes saluant, selon eux, la gestion financière du Département. « Les dossiers adoptés lors de cette séance sont une réponse concrète à ceux qui caricaturent l’action départementale », conclut la majorité.
Le groupe d’opposition « Doubs Solidaire Écologique et Social » (DSES) a vivement critiqué la politique menée par la majorité départementale lors de la dernière assemblée du conseil départemental du Doubs. Dans un communiqué, les élus de gauche dénoncent à la fois une baisse importante des investissements consacrés à l’eau potable et à l’assainissement, mais aussi l’absence de stratégie claire concernant l’avenir du Fort Griffon à Besançon.
Des aides divisées par trois sur la question de l’eau
L’opposition accuse le Département d’avoir fait de la politique de l’eau une « variable d’ajustement budgétaire ». Selon les chiffres avancés par DSES, les subventions accordées aux collectivités pour les réseaux d’eau potable et d’assainissement auraient été divisées par trois ces dernières années. Le groupe pointe notamment le nouvel accord-cadre du 12e programme de l’Agence de l’eau, qui prévoit une enveloppe départementale de 3,2 millions d’euros par an jusqu’en 2030, contre 7 millions d’euros annuels dans le précédent programme couvrant la période 2020-2024.
Une lecture contestée des données environnementales
Les élus de gauche critiquent également la présentation des données sur la qualité des cours d’eau diffusées par le site départemental de l’eau. Ils estiment que plusieurs stations de mesure jugées défavorables auraient disparu entre 2024 et 2025, ce qui donnerait une image artificiellement améliorée de l’état écologique des rivières du Doubs. DSES cite notamment l’exemple du Cusancin, classé en « bon état écologique » sur les documents départementaux, un classement jugé contestable par l’opposition. Le groupe rappelle également que la France a récemment été mise en demeure par l’Union européenne concernant son interprétation du « bon état écologique » des cours d’eau.
Le Fort Griffon au cœur des critiques
Autre dossier dénoncé : celui du Fort Griffon, à Besançon. L’opposition reproche au Département un manque d’entretien du site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Selon DSES, une enveloppe de 3 millions d’euros destinée à la rénovation des remparts aurait été supprimée dès 2015. Les dépenses d’entretien engagées entre 2018 et 2023 ne s’élèveraient qu’à 141 000 euros. Le coût de réfection des remparts est désormais estimé à près de 9,7 millions d’euros, contre 6,2 millions en 2018. À cela s’ajouteraient plusieurs millions d’euros nécessaires à la réhabilitation globale du site.
Une vente encore très floue
Le Département prévoit de lancer en 2026 un appel à manifestation d’intérêt afin de trouver un repreneur pour tout ou partie du Fort Griffon. Mais pour l’opposition, de nombreuses interrogations demeurent : qui financera les travaux ? Quel sera le modèle économique retenu ? Quelle place pour la Ville de Besançon dans le projet ? Les élus de gauche réclament également des garanties sur le maintien de l’accès public aux remparts et aux terrasses du fort.
Une stratégie habitat jugée incohérente
Enfin, DSES s’interroge sur la volonté du Département de devenir Autorité Organisatrice de l’Habitat (AOH) sans associer Grand Besançon Métropole ni Pays de Montbéliard Agglomération. Pour l’opposition, cette démarche apparaît davantage comme un moyen de pression politique vis-à -vis de l’État qu’une véritable stratégie départementale du logement.
Le groupe d’opposition de gauche « Doubs Solidaire Écologique et Social » (DSES) au conseil départemental du Doubs a vivement critiqué Ludovic Fagaut dans un communiqué diffusé ce vendredi. Les élus pointent notamment le cumul de ses responsabilités politiques, son bilan au Département et certaines prises de position jugées contradictoires.
Un cumul de responsabilités pointé du doigt
Le premier vice-président du Département, chargé du retour à l’emploi, de l’insertion et du logement social, bénéficie toujours du soutien de la présidente du conseil départemental, Christine Bouquin. Une confiance que conteste l’opposition, qui estime que l’élu cumule déjà de nombreuses fonctions publiques.
47 mandats annexes au sein du Département
Selon DSES, Ludovic Fagaut exercerait, au sein du Département du Doubs, 47 mandats annexes, dont 35 en qualité de titulaire et 12 comme suppléant. Le groupe s’interroge également sur sa capacité à concilier ses différentes responsabilités politiques, évoquant notamment ses fonctions de maire de Besançon et de président de Grand Besançon Métropole.
Des critiques sur le bilan et la gestion départementale
L’opposition revient aussi sur plusieurs dossiers déjà dénoncés lors de la campagne municipale bisontine : la salle multimodale de la Saline Royale, le projet Musicampus, les politiques d’insertion ou encore la gestion de certaines subventions associatives.
Le dossier du RSA au cœur des contestations
Les élus contestent également des chiffres avancés récemment par Ludovic Fagaut concernant l’évolution du nombre de bénéficiaires du RSA, estimant que les données évoquées en assemblée départementale ne correspondent pas à celles publiées par les organismes nationaux.
Une campagne municipale qui continue de peser
Dans son communiqué, DSES critique également plusieurs engagements pris lors de la campagne municipale à Besançon, notamment sur les questions de sécurité, de soutien aux associations ou encore sur certains projets patrimoniaux.
Des attaques sur le positionnement politique de Ludovic Fagaut
Le groupe de gauche évoque aussi l’appartenance de l’élu au parti « Nouvelle Énergie » ainsi que certains soutiens reçus durant la campagne municipale. Les élus dénoncent un positionnement politique qu’ils jugent ambigu.
La remise d’une médaille qui suscite aussi la polémique
Enfin, les élus de gauche réagissent à la remise, mercredi 29 avril, de la médaille d’honneur de l’Assemblée nationale à la présidente du Département par le député Mathieu Bloch. Une distinction dont ils disent ne « vouloir en aucun cas être associés ».
La France Insoumise à Besançon réagit à la situation de l’entreprise R. Bourgeois et apporte son soutien aux 450 salariés concernés. Le mouvement dénonce les conséquences d’un modèle économique fondé, selon lui, sur le libre-échange et la concurrence internationale, accusés de fragiliser l’industrie française.
Dans un communiqué, LFI critique les politiques menées depuis plusieurs années par les gouvernements successifs et appelle à une protection renforcée de la filière industrielle française. Le mouvement demande notamment l’extension des droits de douane sur certains produits importés, l’interdiction des délocalisations pour les entreprises aidées par l’État et un plan de sauvegarde de la filière électromécanique.
La France Insoumise plaide également pour une intervention publique afin de préserver les emplois et les savoir-faire industriels à Besançon.
Après l’élection de Nicolas Barbe, le maire de Chaffois, à la présidence de la Communauté de communes du Grand Pontarlier, les réactions se multiplient dans le paysage politique pontissalien. Mise en cause par Patrick Comte, suite à son échec le 22 avril dernier, l’élue d’opposition Bénédicte Hérard assume pleinement son choix et rejette toute responsabilité dans la défaite du maire de Pontarlier. Elle défend une position « fidèle à ses engagements » et estime que le candidat battu n’a pas réussi à rassembler les communes du territoire autour de sa candidature. Rappelons que Nicolas Barbe est arrivé en tête avec 19 voix, 16 voix pour le Maire de Pontarlier.
Vous êtes mise en cause par Patrick Comte, qui estime que c’est aussi à cause de vous qu’il n’est pas devenu président de la Communauté de communes du Grand Pontarlier. Que lui répondez-vous ?
Je lui réponds d’abord que s’il n’est pas président du Grand Pontarlier, c’est avant tout de sa responsabilité. Le travail de rassemblement des maires autour de sa candidature lui revenait, pas à moi. J’ai été son opposante pendant toute la campagne municipale. J’ai toujours défendu l’idée de dissocier les fonctions de maire de Pontarlier et de président de la Communauté de communes du Grand Pontarlier. Je reste fidèle aux engagements que j’ai pris. Je n’ai trahi ni mes électeurs, ni mes convictions.
Est-ce dommage, selon vous, que la présidence échappe à la ville de Pontarlier ?
Cela dépend du point de vue. Le mien n’est pas celui-là . Si l’on regarde les intercommunalités en France, elles ne sont pas toutes présidées par le maire de la ville-centre. Il existe de nombreux exemples autour de nous. À la Communauté de communes des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs, par exemple, la présidence était longtemps à Mouthe et elle revient aujourd’hui à Métabief.
Je pense sincèrement qu’à Pontarlier, nous n’avons pas le monopole des compétences. D’autres maires du territoire sont expérimentés, connaissent les dossiers et sont parfaitement capables d’assumer cette responsabilité.
Pour bien comprendre : Patrick Comte a obtenu 16 voix contre 19 pour Nicolas Barbe. Cela signifie qu’il a obtenu les voix de sa majorité et seulement deux soutiens supplémentaires. Il n’a donc pas réussi à convaincre les maires des petites communes ?
Effectivement, il n’a pas réussi à fédérer les maires des autres communes. Il n’a obtenu le soutien que d’un seul maire extérieur à Pontarlier. Or, dans ce type d’élection, le travail de préparation se fait entre les exécutifs des communes et les élus des listes victorieuses. C’est à eux de construire une majorité et une dynamique collective. Si M. Comte n’a pas su convaincre davantage de maires, ce n’est pas de mon fait. C’est sa responsabilité politique.
Des personnes disent aujourd’hui à Pontarlier que vous êtes restée fidèle à votre ligne de conduite.
Exactement. J’ai respecté les engagements que j’avais pris pendant la campagne et les objectifs que je m’étais fixés. Je suis opposée au mensonge et à la trahison. Et je rappelle aussi que j’étais l’adversaire de M. Comte lors des élections municipales. À un moment, il faut rester cohérent : est-ce que lui-même aurait voté pour moi ? Est-ce qu’il l’a fait pendant les municipales ? Je ne le crois pas.
Vous avez donc choisi de voter pour un élu qui habite le territoire, dites- vous
Oui. J’ai voté pour un maire investi dans la communauté de communes depuis plusieurs années. Lors du précédent mandat, il avait choisi de venir observer et apprendre le fonctionnement de l’intercommunalité, sans même demander de vice-présidence. Aujourd’hui, c’est quelqu’un qui maîtrise les dossiers et qui a démontré sa capacité à fédérer les communes du territoire. La preuve : il a réussi à rassembler tout le monde autour de lui, à l’exception de Pontarlier, ce qui est assez logique dans le contexte actuel.
Dernière question : avec une mutualisation importante des services entre la Ville de Pontarlier et la Communauté de communes du Grand Pontarlier, la cohabitation entre un maire et un président différents risque-t-elle d’être compliquée ?
Je pense qu’il suffit de travailler intelligemment et dans l’intérêt du territoire. Les élus devront avancer ensemble sur les dossiers communs. Au conseil communautaire, nous sommes avant tout des conseillers communautaires, au-delà des fonctions de chacun. Il faudra donc trouver un mode de fonctionnement constructif. C’est une situation nouvelle, certes, mais je rappelle que M. Comte avait lui-même appelé au changement. Aujourd’hui, le changement est là . Il faut désormais s’y adapter.
À l’occasion de l’assemblée plénière des 29 et 30 avril du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, le président socialiste Jérôme Durain a livré un long plaidoyer en faveur de l’action régionale, dans un contexte marqué par les tensions internationales, la hausse des coûts de l’énergie et les restrictions budgétaires imposées aux collectivités. Entre défense du pouvoir d’achat, critiques du désengagement de l’État et annonces sur la formation, l’agriculture ou encore la sécurité, l’exécutif régional a tenté d’affirmer sa ligne politique : celle d’une « protection concrète » des habitants.
Un discours placé sous le signe de la crise énergétique
Dès les premières minutes de son intervention, Jérôme Durain a évoqué « une situation internationale très dégradée », pointant notamment les conséquences géopolitiques de la crise au Moyen-Orient et du blocage du détroit d’Ormuz. Selon lui, la flambée des prix de l’énergie affecte directement les finances régionales, notamment dans les secteurs des transports et des lycées. Le président régional a également dénoncé ce qu’il qualifie « d’inflation démagogique », visant implicitement certains responsables politiques accusés d’exploiter la crise énergétique à des fins électorales.
Le pouvoir d’achat comme axe central
Face à cette conjoncture, le chef de l’exécutif régional a cherché à démontrer que la Région agit déjà comme un amortisseur social. Il a détaillé une série de dispositifs présentés comme des mesures structurelles de soutien au pouvoir d’achat. Parmi les principales politiques mises en avant : la gratuité des ressources pédagogiques pour les lycéens, les aides à la restauration et à l’hébergement scolaire, la gratuité des transports scolaires dans les territoires où la Région est compétente, les tarifs TER et bus maintenus à un niveau jugé « attractif » et le soutien aux étudiants boursiers et aux stagiaires des filières sanitaires et sociales. Jérôme Durain a notamment insisté sur le coût réel des repas scolaires, expliquant qu’un repas facturé entre 3,69 et 5 euros aux familles représente en réalité une dépense moyenne de 10 euros pour la collectivité. Autre annonce politique notable : la Région souhaite désormais « sanctuariser » les premiers paliers tarifaires des TER, afin d’éviter toute hausse sur les trajets du quotidien empruntés par les travailleurs.
Une charge frontale contre l’État
Le ton s’est durci lorsqu’il a été question des finances publiques. Le président régional accuse l’État d’avoir imposé à la collectivité une perte de 80 millions d’euros en deux ans. Selon lui, les régions paient le prix d’une politique budgétaire nationale qui fragilise leurs capacités d’action, tout particulièrement dans le domaine de la formation professionnelle. Le désengagement de l’État sur ce volet constitue l’un des points les plus offensifs du discours. Jérôme Durain a dénoncé une baisse de 25 millions d’euros des financements consacrés à la formation professionnelle, entraînant la suppression annoncée d’environ 1 700 places de formation. Dans le même temps, il affirme vouloir maintenir un soutien ciblé aux territoires ruraux ; aux secteurs en tension comme l’industrie, le BTP ou l’hôtellerie-restauration et aux publics les plus fragiles et les moins qualifiés.
Agriculture, eau et souveraineté territoriale
L’assemblée régionale devait également examiner une convention de partenariat avec la Chambre régionale d’agriculture. Le président a annoncé un engagement régional de 150 millions d’euros sur la période 2026-2028 pour accompagner le secteur agricole. Dans son discours, il a insisté sur les enjeux de souveraineté alimentaire, de renouvellement des générations agricoles et d’adaptation au changement climatique. La question de l’eau a occupé une place importante dans son intervention. Jérôme Durain a évoqué les épisodes de sécheresse dans le Haut-Doubs, mais aussi les inondations ayant frappé plusieurs départements ces dernières années. Il a défendu une stratégie régionale articulée autour de quatre axes : la préservation des milieux aquatiques, l’amélioration de la ressource, la végétalisation urbaine et la sensibilisation des populations.
Sécurité et cybersécurité : de nouveaux chantiers
Autre priorité affichée : la sécurité. Jérôme Durain a annoncé avoir confié à l’ARNIA, l’agence régionale du numérique et de l’intelligence artificielle, une mission stratégique en matière de cybersécurité. L’objectif : protéger les services publics régionaux et accompagner les collectivités face à la multiplication des cyberattaques. Il a également confirmé l’ouverture d’un chantier consacré aux addictions dans les lycées, en lien avec les rectorats, les autorités sanitaires et la préfecture de région. Une dizaine d’établissements pilotes ont déjà été identifiés. Par ailleurs, une convention entre la Région, la SNCF et la Gendarmerie nationale est en préparation afin de renforcer la sécurité dans les TER.
Industrie : vigilance sur Stellantis, satisfaction autour d’Arabelle Solutions
Sur le terrain économique, le président régional s’est montré préoccupé par plusieurs dossiers industriels sensibles, notamment ceux de Gemdoubs et de Stellantis. Il a évoqué avec inquiétude les menaces pesant sur le site de Vesoul après l’annonce d’un transfert d’activité pouvant fragiliser près de 190 emplois.
Transparence et éthique : une réponse à la défiance
En conclusion, Jérôme Durain a annoncé un renforcement des dispositifs de contrôle éthique au sein de la collectivité régionale. Parmi les mesures évoquées : le renouvellement du comité d’éthique ; la création d’un dispositif indépendant de signalement et un partenariat avec Transparency International. Une manière, selon lui, de répondre à « la défiance réelle entre certains citoyens et les élus ». À travers cette intervention très politique prononcée lors de l’assemblée plénière régionale des 29 et 30 avril 2026, le président de Région aura cherché à installer une ligne de crête : défendre les services publics régionaux, dénoncer les arbitrages budgétaires de l’État et affirmer le rôle protecteur des collectivités dans une période de fortes tensions économiques et sociales.
Une élection serrée à la Communauté de Communes du Grand Pontarlier
À l’issue de l’élection du président de la Communauté de Communes du Grand Pontarlier (CCGP), organisée le 22 avril dernier, le maire de Pontarlier, Patrick Comte, publie un communiqué dans lequel il revient sur sa défaite face à Nicolas Barbe. Rappelons que le scrutin s’est conclu par une victoire serrée du Maire de Chaffois, élu président avec 19 voix contre 16. Patrick Comte dit « prendre acte » de ce résultat démocratique, tout en exprimant une « profonde déception » quant à son issue.
Une candidature portée au nom de la stabilité
Dans son message adressé aux habitants de Pontarlier, le maire explique avoir présenté sa candidature après l’échec des discussions entre les dix maires du territoire visant à construire une candidature commune. Selon lui, son projet reposait sur la volonté d’assurer une « gouvernance solide » pour accompagner les projets structurants engagés lors du précédent mandat. Il estime également que Pontarlier, par son poids démographique et institutionnel, dispose de la légitimité nécessaire pour porter les dossiers du territoire auprès des partenaires publics et financiers. Patrick Comte défendait aussi une réorganisation du fonctionnement intercommunal, avec davantage de dialogue entre les communes et une meilleure coordination entre la Ville de Pontarlier et l’intercommunalité, notamment dans les domaines administratifs et des ressources humaines.
Des critiques envers certains élus et la nouvelle gouvernance
Le maire de Pontarlier regrette par ailleurs le choix de deux élus municipaux d’opposition pontissaliens d’avoir soutenu la candidature de Nicolas Barbe, estimant que cette décision a contribué à un résultat « défavorable aux intérêts » de la ville. Il critique également les premières orientations prises par le nouveau président de la CCGP, notamment : l’absence d’un élu pontissalien à la première vice-présidence et le refus de créer une dixième vice-présidence dédiée aux ressources humaines et à l’administration générale. Pour Patrick Comte, cette délégation aurait pourtant été essentielle face aux enjeux actuels de gestion et d’organisation des services mutualisés.
« Une mobilisation totale » pour Pontarlier
Malgré cette défaite, le maire affirme rester pleinement engagé pour défendre les intérêts de Pontarlier au sein de la Communauté de Communes du Grand Pontarlier, aux côtés des vice-présidents pontissaliens élus. Dans la conclusion de son communiqué, Patrick Comte assure les habitants de sa « mobilisation totale au service de la ville et du territoire », affirmant vouloir poursuivre son action au sein de l’intercommunalité malgré le changement de gouvernance.
Un mois après l’élection de Ludovic Fagaut à la tête de Besançon, les Écologistes de Besançon et du Grand Besançon dressent un bilan très critique des premières décisions prises par le nouvel exécutif municipal. Dans un communiqué, ils dénoncent « une rupture politique qui efface sans discernement les acquis du mandat précédent » et pointent des choix jugés régressifs sur les plans écologique, démocratique et social.
Un recul sur la finance responsable
Parmi les principales critiques figure la suppression de la grille d’analyse extra-financière utilisée dans l’attribution des prêts bancaires de la collectivité. Pour les écologistes, cet outil permettait d’intégrer des critères liés à l’engagement climatique, à la transparence des investissements ou encore à la responsabilité sociale des établissements bancaires. Son abandon traduirait, selon eux, « un retour à une gestion strictement comptable », au détriment des enjeux environnementaux et éthiques.
Des décisions jugées contraires aux enjeux écologiques
Les écologistes pointent également plusieurs décisions prises ces dernières semaines concernant l’environnement. Ils dénoncent notamment l’allumage de la Citadelle en pleine période de nidification, malgré les réserves formulées par des spécialistes de la biodiversité. Selon eux, cette décision a interrompu un projet d’éclairage innovant, conçu pour concilier mise en valeur du site UNESCO et protection du vivant.
Autre sujet de mécontentement : le retour à un fleurissement traditionnel par massifs de fleurs annuelles. Le collectif estime que ce choix représente un « recul environnemental et budgétaire », alors que de nombreuses collectivités privilégient désormais des solutions moins coûteuses, moins gourmandes en eau et plus favorables à la biodiversité.
Des choix politiques et financiers contestés
Le communiqué critique également l’augmentation des indemnités du maire et du président du Grand Besançon dans un contexte économique jugé difficile pour les habitants. Le cumul des fonctions de maire, président de Grand Besançon Métropole et vice-président du Département est également pointé du doigt.
Une inquiétude sur le fonctionnement démocratique
Les Écologistes de Besançon dénoncent enfin une « dégradation préoccupante du débat démocratique » au sein des conseils municipal et communautaire. Ils évoquent notamment des limitations dans l’expression de l’opposition ainsi qu’un non-respect des engagements de représentativité au sein du bureau de Grand Besançon Métropole.
Le collectif s’inquiète aussi de l’élection d’un élu du Rassemblement National au conseil communautaire, estimant qu’elle contrevient au « cordon sanitaire républicain » défendu pendant la campagne municipale.
« Une rupture sans projet »
Pour les écologistes, ce premier mois de mandat traduit avant tout une volonté « d’effacer méthodiquement les politiques écologiques, sociales et démocratiques du mandat précédent ». Ils assurent toutefois rester mobilisés aux côtés des élus d’opposition « pour défendre une ville durable, solidaire, démocratique et ambitieuse ».