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Assemblée plénière des 29 et 30 avril 2026 : Jérôme Durain défend le « bouclier régional » face aux crises et aux coupes de l’État

Publié le 29 Avr. 2026 à 18:04
Tags: Politique | jerome durain | conseil regional bourgogne franchecomte |
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Assemblée plénière des 29 et 30 avril 2026 : Jérôme Durain défend le « bouclier régional » face aux crises et aux coupes de l’État Jerôme Durain, président de la région Bourgogne Franche-Comté

À l’occasion de l’assemblée plénière des 29 et 30 avril du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, le président socialiste Jérôme Durain a livré un long plaidoyer en faveur de l’action régionale, dans un contexte marqué par les tensions internationales, la hausse des coûts de l’énergie et les restrictions budgétaires imposées aux collectivités. Entre défense du pouvoir d’achat, critiques du désengagement de l’État et annonces sur la formation, l’agriculture ou encore la sécurité, l’exécutif régional a tenté d’affirmer sa ligne politique : celle d’une « protection concrète » des habitants.

Un discours placé sous le signe de la crise énergétique

Dès les premières minutes de son intervention, Jérôme Durain a évoqué « une situation internationale très dégradée », pointant notamment les conséquences géopolitiques de la crise au Moyen-Orient et du blocage du détroit d’Ormuz. Selon lui, la flambée des prix de l’énergie affecte directement les finances régionales, notamment dans les secteurs des transports et des lycées. Le président régional a également dénoncé ce qu’il qualifie « d’inflation démagogique », visant implicitement certains responsables politiques accusés d’exploiter la crise énergétique à des fins électorales.

Le pouvoir d’achat comme axe central

Face à cette conjoncture, le chef de l’exécutif régional a cherché à démontrer que la Région agit déjà comme un amortisseur social. Il a détaillé une série de dispositifs présentés comme des mesures structurelles de soutien au pouvoir d’achat. Parmi les principales politiques mises en avant : la gratuité des ressources pédagogiques pour les lycéens, les aides à la restauration et à l’hébergement scolaire, la gratuité des transports scolaires dans les territoires où la Région est compétente, les tarifs TER et bus maintenus à un niveau jugé « attractif » et le soutien aux étudiants boursiers et aux stagiaires des filières sanitaires et sociales. Jérôme Durain a notamment insisté sur le coût réel des repas scolaires, expliquant qu’un repas facturé entre 3,69 et 5 euros aux familles représente en réalité une dépense moyenne de 10 euros pour la collectivité. Autre annonce politique notable : la Région souhaite désormais « sanctuariser » les premiers paliers tarifaires des TER, afin d’éviter toute hausse sur les trajets du quotidien empruntés par les travailleurs.

Une charge frontale contre l’État

Le ton s’est durci lorsqu’il a été question des finances publiques. Le président régional accuse l’État d’avoir imposé à la collectivité une perte de 80 millions d’euros en deux ans. Selon lui, les régions paient le prix d’une politique budgétaire nationale qui fragilise leurs capacités d’action, tout particulièrement dans le domaine de la formation professionnelle. Le désengagement de l’État sur ce volet constitue l’un des points les plus offensifs du discours. Jérôme Durain a dénoncé une baisse de 25 millions d’euros des financements consacrés à la formation professionnelle, entraînant la suppression annoncée d’environ 1 700 places de formation. Dans le même temps, il affirme vouloir maintenir un soutien ciblé  aux territoires ruraux ; aux secteurs en tension comme l’industrie, le BTP ou l’hôtellerie-restauration  et aux publics les plus fragiles et les moins qualifiés.

Agriculture, eau et souveraineté territoriale

L’assemblée régionale devait également examiner une convention de partenariat avec la Chambre régionale d’agriculture. Le président a annoncé un engagement régional de 150 millions d’euros sur la période 2026-2028 pour accompagner le secteur agricole. Dans son discours, il a insisté sur les enjeux de souveraineté alimentaire, de renouvellement des générations agricoles et d’adaptation au changement climatique. La question de l’eau a occupé une place importante dans son intervention. Jérôme Durain a évoqué les épisodes de sécheresse dans le Haut-Doubs, mais aussi les inondations ayant frappé plusieurs départements ces dernières années. Il a défendu une stratégie régionale articulée autour de quatre axes : la préservation des milieux aquatiques, l’amélioration de la ressource, la végétalisation urbaine et la sensibilisation des populations.

Sécurité et cybersécurité : de nouveaux chantiers

Autre priorité affichée : la sécurité. Jérôme Durain a annoncé avoir confié à l’ARNIA, l’agence régionale du numérique et de l’intelligence artificielle, une mission stratégique en matière de cybersécurité. L’objectif : protéger les services publics régionaux et accompagner les collectivités face à la multiplication des cyberattaques. Il a également confirmé l’ouverture d’un chantier consacré aux addictions dans les lycées, en lien avec les rectorats, les autorités sanitaires et la préfecture de région. Une dizaine d’établissements pilotes ont déjà été identifiés. Par ailleurs, une convention entre la Région, la SNCF et la Gendarmerie nationale est en préparation afin de renforcer la sécurité dans les TER.

Industrie : vigilance sur Stellantis, satisfaction autour d’Arabelle Solutions

Sur le terrain économique, le président régional s’est montré préoccupé par plusieurs dossiers industriels sensibles, notamment ceux de Gemdoubs et de Stellantis. Il a évoqué avec inquiétude les menaces pesant sur le site de Vesoul après l’annonce d’un transfert d’activité pouvant fragiliser près de 190 emplois.

Transparence et éthique : une réponse à la défiance

En conclusion, Jérôme Durain a annoncé un renforcement des dispositifs de contrôle éthique au sein de la collectivité régionale. Parmi les mesures évoquées : le renouvellement du comité d’éthique ; la création d’un dispositif indépendant de signalement  et un partenariat avec Transparency International.  Une manière, selon lui, de répondre à « la défiance réelle entre certains citoyens et les élus ». À travers cette intervention très politique prononcée lors de l’assemblée plénière régionale des 29 et 30 avril 2026, le président de Région aura cherché à installer une ligne de crête : défendre les services publics régionaux, dénoncer les arbitrages budgétaires de l’État et affirmer le rôle protecteur des collectivités dans une période de fortes tensions économiques et sociales.