Gérard Deque, maire de Métabief, a été élu président de la Communauté de communes Lacs et Montagnes du Haut‑Doubs (CCLMHD). Il succède à Jean‑Marie Saillard, qui a choisi de se retirer de la vie publique à l’issue des municipales de mars. Sur les 49 délégués communautaires représentant les 32 communes du territoire, 46 ont pris part au vote. À noter : faute de candidats, les élections municipales n’ont pas encore pu se tenir à Rochejean et La Planée. Dès son discours d’introduction, Gérard Deque a posé les bases d’un mandat qu’il veut collégial, ouvert et pragmatique, avec une volonté affichée d’associer l’ensemble des conseillers communautaires aux décisions.
Développer et maintenir les services dans un territoire rural
Le nouveau président place au cœur de son action la nécessité de faire vivre les services publics dans un territoire rural qu’il connaît bien. L’objectif : lutter contre l’isolement des communes éloignées des grands centres urbains. Cela passe, selon lui, par un soutien renforcé aux maires et aux équipes municipales, tant dans la gestion quotidienne que dans les domaines plus techniques : appels d’offres, montage de dossiers, recherche de subventions. Des compétences devenues indispensables pour obtenir des financements et mutualiser les moyens.
L'interview de la rédaction : Gérard Dèque
Santé : une priorité absolue
La santé constitue l’un des piliers de la feuille de route du nouveau président. Gérard Deque rappelle l’inauguration prochaine de la maison de santé d’Oye‑et‑Pallet, l’agrandissement d’un autre équipement sur le secteur de Mouthe et la nécessité de relancer un troisième projet de maison de santé aux Hôpitaux‑Neufs, toujours d’actualité. Face aux départs annoncés de médecins, il alerte sur la fragilité du territoire et insiste sur l’urgence de maintenir les services existants.
L'interview de la rédaction : Gérard Dèque
Mobilité : un enjeu quotidien pour les habitants
Autre axe majeur : la mobilité, notamment pour les nombreux travailleurs frontaliers. Gérard Deque souhaite renforcer l’offre ferroviaire, soutenir les mobilités douces, améliorer les services à la population et accompagner les évolutions en cours aux postes douaniers, en particulier celui de Vallorbe.
L'interview de la rédaction : Gérard Dèque
Tourisme : consolider l’attractivité quatre saisons
Le tourisme reste un moteur économique essentiel pour le Haut‑Doubs. Le président entend poursuivre la dynamique engagée et développer une attractivité quatre saisons. Il a confié à son premier vice‑président un portefeuille associant économie et tourisme, signe de l’importance stratégique de ce secteur pour l’emploi local.
L'interview de la rédaction : Gérard Dèque
Un bureau élargi pour une gouvernance plus collective
Fidèle à sa volonté de collégialité, Gérard Deque a constitué un bureau ouvert et représentatif, composé de 18 délégués et 9 vice‑présidents, dont plusieurs expérimentés sur des dossiers clés : ordures ménagères, tourisme, eau, etc. Trois vice‑présidents ne sont pas maires, certains édiles n’ayant pas la disponibilité nécessaire. Depuis son élection, le président a entamé un tour des services communautaires, saluant leur engagement. La nouvelle équipe travaille désormais à établir la liste des projets en cours, des urgences, et à définir une méthode de travail renouvelée.
L'interview de la rédaction : Gérard Dèque
Au lendemain d’un basculement politique inédit, Nicolas Bodin met en garde contre le déni. L’ancien élu socialiste bisontin estime indispensable d’analyser en profondeur les causes de la défaite pour éviter un affaiblissement durable de la gauche locale.
Une réaction de votre part, en tant qu’homme de gauche et ancien élu à la Ville de Besançon et Grand Besançon Métropole, sur le résultat des élection municipales à Besançon ?
Oui, il me paraissait important de m’exprimer. Je ne l’ai pas fait pendant la campagne. Désormais, les résultats sont acquis, les exécutifs sont en train de se mettre en place, tant au niveau de la ville que de l’agglomération. Il me semble donc utile, en ce début de mandat, de donner une version des faits, mais surtout de se projeter vers l’avenir.
Quel est votre constat ? Cette défaite était-elle évitable ? Comment l’expliquez-vous ?
La possibilité d’un basculement de Besançon à droite ne date pas d’hier. La question s’était déjà posée en 2014, avec une victoire très serrée face à Jacques Grosperrin. Elle s’est reposée en 2020 avec la victoire d’Anne Vignot, également très courte — environ 500 voix — dans un contexte particulier lié au Covid. Dès 2020, je considérais que cette ville pouvait basculer à droite. Le mandat 2020-2026 a été complexe, notamment en raison des deux premières années fortement marquées par la crise sanitaire. Au final, la défaite est assez nette. Ce que je regrette, c’est qu’à gauche, on donne parfois l’impression que rien ne s’est passé. Or, un changement de majorité après 73 ans de gestion socialiste et écologiste n’est pas un fait anodin. Il faut analyser sans tabou ce qui s’est passé.
Cette défaite aurait-elle pu être évitée ? Probablement en partie. Il y a des sujets majeurs à réaborder clairement : le logement, la sécurité, l’économie. Ce sont des thèmes sur lesquels je me suis beaucoup exprimé durant le mandat précédent, parfois au prix de critiques. Aujourd’hui, il faut ouvrir un vrai débat. Sinon, nous risquons de rester durablement dans l’opposition, avec des conséquences importantes sur les politiques menées localement.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin
Comment vivez-vous cette situation ? Avec tristesse, amertume, colère ?
C’est un mandat qui ne sera pas de six ans mais de sept ans, dans un contexte politique national très structuré par l’élection présidentielle. À un an du scrutin, la montée du Rassemblement national est très préoccupante. Si une victoire de l’extrême droite devait se produire, cela entraînerait sans doute une recomposition politique, notamment à gauche. Mais, à minima, nous devons faire localement un travail d’analyse sérieux.
Par exemple, la sécurité est un sujet majeur qui préoccupe tout le monde. La gauche doit s’en saisir. Ce n’est pas un thème réservé à la droite ou à l’extrême droite. Ne pas le faire serait une erreur. Même chose pour l’économie, qui renvoie directement à l’emploi. Si les Bisontins ne trouvent pas suffisamment d’emplois localement, ce sera très préjudiciable pour le territoire.
Nous devons nous réapproprier ces sujets avec notre vision, en intégrant les enjeux environnementaux et de transition écologique. Il faut aussi s’interroger : que signifie le social au XXIᵉ siècle, sans tomber dans l’assistanat ? Nous avons beaucoup de chantiers devant nous. On ne peut pas simplement dire : « c’est une défaite » et repartir comme si de rien n’était. Il faut analyser les dix dernières années, comprendre pourquoi une partie de l’électorat de gauche s’est détournée ou a basculé.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin
Peut-on dire que le départ de l’ancien maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret, vers La République En Marche a joué un rôle ?
Oui, son départ en 2017 a été un événement politique dont on n’a pas suffisamment mesuré l’importance. Beaucoup de Bisontins de sensibilité sociale-démocrate, centre gauche ou centriste ne se sont pas retrouvés dans la politique menée ou dans l’alliance avec La France Insoumise. Certains se sont abstenus, d’autres ont voté pour Ludovic Fagaut. Cela pose la question du centre de gravité politique de la ville, qui n’était plus représenté.
Par ailleurs, le macronisme, que j’ai toujours considéré comme une parenthèse, semble aujourd’hui en train de se déliter. Il y a donc un espace à reconstruire autour d’une social-démocratie modernisée, y compris à Besançon. Cela implique de se remettre en question, de lever les tabous et de répondre aux préoccupations des citoyens, qui se désengagent de plus en plus. L’abstention est d’ailleurs un fait marquant de cette élection : elle atteint un niveau inédit pour des municipales, pourtant censées être les élections locales les plus mobilisatrices.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin
Peut-on dire que l’électorat bisontin a durablement basculé à droite ?
Pas nécessairement. Il faudra observer l’action de la nouvelle majorité. Nous sommes dans une période de bouleversements profonds — locaux, nationaux et internationaux. Entre les crises géopolitiques, la présidentielle à venir et les enjeux climatiques, les élus font face à des transformations majeures. Je ne pense pas que le basculement soit définitif. Il existe un véritable électorat de gauche à Besançon. À nous de travailler pour être prêts et crédibles lors des prochaines échéances.
Peut-on attribuer cette défaite uniquement à Anne Vignot ?
Non, ce serait beaucoup trop simple. Bien sûr, en tant que maire, elle porte une responsabilité plus importante, mais la situation est bien plus complexe. J’ai pu avoir des désaccords politiques avec elle, notamment sur la sécurité ou l’économie, mais on ne peut pas résumer cette défaite à sa seule personne. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, on évite parfois le débat de fond. On se contente de dire : « ce n’était pas la bonne candidate, pas la bonne alliance », et on passe à autre chose. Or, il faut analyser les politiques menées : correspondaient-elles aux attentes des Bisontins ? Qu’ont-ils ressenti ? Qu’aurions-nous pu faire mieux ? Si l’on se contente de désigner un responsable, on prépare les défaites futures. Il faut comprendre les causes profondes.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin
Souhaitez-vous participer à ce travail d’analyse ?
Oui, absolument. Je veux contribuer à ce travail de réflexion et de bilan. J’ai moi-même été élu entre 2014 et 2026, je suis donc comptable de ce bilan. Il y a sans doute des choses que j’aurais pu faire mieux. Il faut l’analyser sereinement, sans tabou, avec honnêteté. Cela implique d’accepter que nous ayons pu commettre des erreurs. Les Bisontins le méritent, et nous ne pourrons rebondir sans cet exercice, même s’il peut être difficile.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin
Avez-vous définitivement tourné le dos à la vie politique ?
Non. La politique reste pour moi une véritable passion intellectuelle. J’ai été élu pendant plusieurs années, je suis aujourd’hui militant, et l’avenir dira la suite. Je souhaite en tout cas contribuer à un débat sincère, afin que les générations futures puissent rebondir et continuer à porter des idées progressistes, sociales et écologiques, ici ou ailleurs.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin
A la suite des élections municipales et l’installation des conseils municipaux, le conseil communautaire de la Communauté de communes du Plateau du Russey se réunit ce mercredi 8 avril à 19 h 30, à la Maison des services, 17 avenue de Lattre de Tassigny, au Russey.
À l’ordre du jour, l’élection du nouvel exécutif communautaire.
Le député Éric Liégeon a interpellé ce matin le ministre de l’Action et des Comptes publics à l’Assemblée nationale au sujet de l’indemnité de résidence, une aide versée aux fonctionnaires pour compenser le coût de la vie selon les territoires.
En décembre 2023, 61 communes de l’Ain et de la Haute‑Savoie ont été ajoutées au dispositif. Le Doubs, pourtant frontalier de la Suisse et confronté à une forte hausse des loyers, à des difficultés de recrutement et à une pression immobilière comparable, n’a pas été retenu.
Pour le député, cette décision crée « une rupture d’égalité » entre agents publics placés dans des situations similaires et renforce le sentiment d’abandon dans le Haut‑Doubs.
Il a demandé au Gouvernement si l’extension de l’indemnité de résidence aux fonctionnaires du Doubs pourrait être prochainement envisagée.
À Besançon, l’association Alternatiba a adressé une lettre ouverte au maire après le rétablissement de l’éclairage de la Citadelle. L’association relaie les alertes de scientifiques, de la LPO et de France Nature Environnement sur les risques pour les oiseaux nicheurs et les chauves‑souris, en pleine période de protection du biotope. Elle rappelle qu’un nouvel éclairage LED, plus respectueux de la biodiversité, était à l’étude. Alternatiba demande au maire de préciser sa position et d’apporter une réponse aux interpellations reçues.
Après la victoire nette de la droite menée par Ludovic Fagaut à Besançon le 22 mars dernier, Place publique appelle à une recomposition de la gauche. Le mouvement social-démocrate estime que la défaite s’explique en partie par « une radicalisation des positions de l’équipe sortante ».
« Dans une ville historiquement ancrée à gauche », Place publique appelle désormais à bâtir une coalition « réaliste, républicaine et laïque » en vue des prochaines échéances nationales. Des réunions publiques et débats seront organisés dans les mois à venir. Une première conférence sur l’immigration et le travail est annoncée pour mai 2026, avec la participation du député Sacha Houllié.
Un comité local de soutien à la candidature de Raphaël Glucksmann pour la présidentielle de 2027 sera également lancé à cette occasion.
Besançon, les élus communistes interpellent le maire. Face à la hausse des prix du carburant, ils proposent de développer davantage le télétravail pour les agents municipaux. Objectif : soulager le budget des salariés contraints d’utiliser leur voiture pour venir travailler, parfois depuis plusieurs dizaines de kilomètres. Les élus estiment que cette mesure, applicable lorsque les missions le permettent, serait un soutien concret au pouvoir d’achat, sans nuire à la qualité du service public.
Le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, est en déplacement ce vendredi à Lons-le-Saunier, dans le Jura. Il doit y signer la première charte « Ville Commerçante », aux côtés du maire Cyrille Brero et de commerçants locaux. Cette initiative s’inscrit dans le plan gouvernemental « Lever le Rideau », lancé en novembre dernier pour soutenir la redynamisation des centres-villes. Le ministre poursuivra sa visite par une rencontre avec les acteurs économiques du territoire.
Le sénateur du Doubs Jean‑François Longeot appelle le gouvernement à agir rapidement sur le dossier du protoxyde d’azote. Après avoir alerté l’Assemblée nationale et le ministère de l’Intérieur, il rappelle qu’une proposition de loi qu’il porte a déjà été adoptée à l’unanimité au Sénat. Il demande qu’elle soit entérinée sans attendre, pour répondre à l’urgence des risques liés aux usages détournés du produit.
Une alerte sur la future carte scolaire
La députée du Doubs Dominique Voynet exprime son soutien aux enseignantes et enseignants mobilisés contre les réductions de postes prévues à la rentrée de septembre 2026. Elle rappelle que, malgré les engagements affichés lors des discussions budgétaires, le gouvernement avait assuré qu’aucune suppression de postes n’aurait lieu cette année. « La réalité est toute autre », estime-t-elle. Selon les projections de la nouvelle carte scolaire, 21 postes pourraient être supprimés dans le Doubs, et 53 au total dans l’académie. L’élue souligne les conséquences déjà observées l’an dernier : 12 suppressions budgétaires avaient entraîné 77 fermetures de classes.
Des écoles fragilisées dans plusieurs communes
Dominique Voynet cite plusieurs établissements concernés : Saône, Fontain, l’école Courbet d’Ornans, l’école Viotte à Besançon, entre autres. Elle alerte sur les effets concrets de ces fermetures : groupes plus chargés, projets pédagogiques annulés, accompagnement des élèves dégradé, équipes fragilisées.
Des effectifs déjà parmi les plus élevés d’Europe
L’élue rappelle également les comparaisons internationales : 22 élèves en moyenne dans les classes élémentaires françaises, contre 19 dans l’Union européenne et 26 élèves en moyenne au collège, contre 21 ailleurs en Europe. Elle souligne aussi que les enseignants français sont moins bien rémunérés que leurs homologues européens.
Un appel à revoir les arbitrages
Pour Dominique Voynet, ces suppressions de postes, présentées comme des « redéploiements » ou des « gels », s’inscrivent dans une logique de réduction continue des moyens humains de l’école. Elle dénonce une « duplicité du discours gouvernemental » et des « arbitrages comptables à courte vue ». La députée conclut en appelant à un changement de cap : « L’école mérite mieux. Il est encore temps de faire autrement. »