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La Banque de France dresse un tableau préoccupant de la situation économique en Bourgogne‑Franche‑Comté. Laurent Quinet, directeur local et responsable du pilotage des études régionales, a présenté les résultats de la dernière enquête semestrielle menée auprès de plus de 1 300 chefs d’entreprise. Un dispositif qui permet de mesurer, au plus près du terrain, l’évolution de l’activité dans la région et dans le Doubs.

Un contexte national et international marqué par l’imprévisibilité

Pour Laurent Quinet, l’un des principaux obstacles identifiés par les entreprises reste l’incertitude généralisée. Il évoque notamment : les tensions commerciales internationales, alimentées par l’usage stratégique des taxes douanières par les États‑Unis, la volatilité politique en France et la difficulté persistante à maîtriser les déficits publics. Selon l’enquête, les dirigeants interrogés pointent clairement le contexte politique français comme un frein majeur à leurs décisions d’investissement et de développement.

Une activité en recul dans tous les secteurs

Les résultats chiffrés confirment ce climat de prudence. En 2025, l’activité économique régionale affiche une baisse de 2 à 3 % en volume, tous secteurs confondus : industrie, services, commerce et BTP. La Bourgogne‑Franche‑Comté se distingue même comme la région enregistrant les plus mauvais résultats parmi celles étudiées par la Banque de France. Quelques nuances apparaissent néanmoins : l’agroalimentaire reste l’un des rares moteurs industriels, les services résistent mieux, mais la logistique, très dépendante de l’industrie, souffre nettement.

L'interview de la rédaction : Laurent Quinet 



Le Doubs fragilisé par la crise de l’automobile

Territoire industriel majeur, le Doubs est particulièrement exposé. La filière automobile, pilier historique de l’économie locale, traverse une période difficile, marquée par : une demande insuffisante, une baisse de l’activité et un recul des investissements. Pour Laurent Quinet, cette dépendance sectorielle accentue la vulnérabilité du département.

L'interview de la rédaction : Laurent Quinet 

 

Une région en attente de visibilité

Entre incertitudes politiques, tensions internationales et fragilités sectorielles, les entreprises de Bourgogne‑Franche‑Comté évoluent dans un environnement instable. La Banque de France appelle à suivre de près les prochains mois, déterminants pour mesurer la capacité de rebond d’un tissu économique fortement industriel et aujourd’hui en quête de visibilité.

Jusqu’au 6 février, l’Adie déploie une campagne nationale au cœur des quartiers prioritaires pour encourager et accompagner les entrepreneurs.

L’Adie organise en Bourgogne–Franche-Comté la Semaine de sensibilisation à la création d’entreprise dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Portée à l’échelle nationale, cette initiative vise à réduire les inégalités d’accès à l’entrepreneuriat en allant à la rencontre des habitants, dans des territoires qui comptent cinq fois moins d’entrepreneurs que la moyenne nationale, malgré une forte envie d’entreprendre. Rencontre avec Marion Caviale, directrice territoriale de l'Adie Bourgogne-Franche-Comté.

L'interview de la rédaction :  Marion Caviale, directrice territoriale de l'Adie Bourgogne-Franche-Comté.

Une semaine pour passer de l’idée au projet

Dans la région, les équipes de l’Adie proposent sept événements gratuits : ateliers pratiques, rendez-vous individuels et rencontres avec des entrepreneurs. Objectif : rappeler que l’entrepreneuriat est accessible à toutes et tous, faire connaître les solutions de financement et d’accompagnement de l’association, et lever les freins qui empêchent encore de nombreux talents de se lancer. Cette semaine est aussi l’occasion de dresser un premier bilan, un an après le renforcement de l’action de l’Adie dans les QPV de Bourgogne–Franche-Comté, « avec des résultats déjà significatifs et des perspectives ambitieuses ».

L'interview de la rédaction :  Marion Caviale, directrice territoriale de l'Adie Bourgogne-Franche-Comté.

Un engagement historique renforcé dans les quartiers

Depuis plus de 35 ans, l’Adie accompagne les personnes les plus éloignées des circuits bancaires et institutionnels. Présente en Hexagone et en Outre-mer avec 91 agences situées dans ou à proximité immédiate des QPV, l’association est aujourd’hui l’acteur associatif le plus implanté dans ces territoires. Depuis 2024, dans le cadre du programme national « Entrepreneuriat Quartiers 2030 » porté par Bpifrance, et avec son plan stratégique 2025-2027 qui fait des QPV l’un des trois piliers de son action, l’Adie a renforcé ses moyens humains et financiers. L’ambition est claire : doubler son impact dans les quartiers et financer 20 000 entrepreneurs d’ici 2027, en sécurisant durablement les parcours entrepreneuriaux.

L'interview de la rédaction :  Marion Caviale, directrice territoriale de l'Adie Bourgogne-Franche-Comté.

Bourgogne–Franche-Comté : un premier bilan très positif

Un an après l’intensification de son action, l’Adie Bourgogne–Franche-Comté affiche des résultats encourageants :

  • 734 entrepreneurs financés et accompagnés, dont 22 % en QPV ou à proximité immédiate
  • 3,8 millions d’euros de microcrédits octroyés, pour un montant moyen de 5 600 €
  • 26 prêts Jump attribués, pour une enveloppe de 101 500 €
  • 78 % des entrepreneurs des quartiers encore en activité à trois ans (étude d’impact Adie 2024)

Ces résultats reposent sur une présence de terrain renforcée : recrutement de trois conseillers dédiés aux QPV (Dijon, Besançon, Mâcon), développement d’actions de proximité et lancement du prêt Jump, un prêt à taux zéro complémentaire au microcrédit, assorti d’un accompagnement renforcé.

Cap sur 2026 : une ambition intacte

Pour 2026, l’objectif est clair : accompagner et financer 750 entrepreneurs en Bourgogne–Franche-Comté, en poursuivant le déploiement de l’action dans l’ensemble des QPV de la région.

Des rendez-vous gratuits au plus près des habitants

Parmi les temps forts de la semaine :

  • Doubs – Besançon
    Jeudi 5 février, de 10h à 12h
    Atelier “Accès aux droits” : comprendre ses droits et faciliter ses démarches en tant que porteur de projet ou entrepreneur.
    Centre d’affaires des Fabriques, 10 rue Pablo Picasso.
    En partenariat avec le SASTI.

Inscription : https://forms.gle/3fgkjQ1R4WPkkDJq7

  • Jura – Lons-le-Saunier
    Jeudi 5 février, de 10h à 12h
    L’Adie vient à votre rencontre : échanges avec l’équipe de l’Adie sur le marché pour transformer ses idées en projets concrets.
    Accueil sans rendez-vous.

Rendez-vous sur la marché de Lons-le-Saunier, place Bernard Deytieux.

À travers cette mobilisation, l’Adie réaffirme une conviction forte : les talents entrepreneuriaux sont partout, y compris – et surtout – dans les quartiers.

Le dernier point d’actualité consacré au travail frontalier confirme une tendance déjà bien installée : la Suisse demeure un pôle d’attraction majeur pour les salariés français. Romain Gibert, directeur comptable et financier et directeur des statistiques de l’URSAAF Franche-Comté, détaille les principaux enseignements.

L'interview de la rédaction : Romain Gibert, directeur comptable et financier et directeur des statistiques de l’URSAAF Franche-Comté

Une croissance continue du nombre de frontaliers

Selon les données présentées, le nombre de travailleurs frontaliers en Suisse poursuit sa progression. « Le travail frontalier demeure attractif puisqu’il y a toujours une croissance du nombre de travailleurs frontaliers », souligne Romain Gibert. Cette dynamique s’accompagne d’une stabilité dans le nombre de frontaliers affiliés à l’Assurance maladie en France. La répartition géographique reste, elle aussi, très marquée : la Haute-Savoie pour la partie Auvergne–Rhône-Alpes, et le Doubs pour la Franche-Comté concentrent toujours l’essentiel des flux.

Un revenu fiscal de référence élevé

Le revenu fiscal de référence des travailleurs frontaliers en Suisse atteint environ 58 000 euros par an, hommes et femmes confondus, pour les salariés actifs de moins de 65 ans. Un niveau qui confirme l’intérêt économique du statut, malgré les cotisations à prévoir côté français ou suisse. « Les revenus des activités en Suisse sont plus importants que ceux perçus en France. C’est ce qui explique l’attractivité de ce statut et le choix de se déplacer jusqu’en Suisse pour travailler », rappelle Romain Gibert.

L'interview de la rédaction : Romain Gibert, directeur comptable et financier et directeur des statistiques de l’URSAAF Franche-Comté

Des distances domicile–travail maîtrisées, mais parfois longues

Contrairement à certaines idées reçues, la majorité des frontaliers ne parcourent pas des distances extrêmes pour rejoindre leur emploi. La moyenne se situe autour de 30 kilomètres, avec des variations selon les départements. Cependant, un chiffre interpelle : 1 travailleur frontalier sur 5 parcourt plus de 50 kilomètres pour rejoindre son lieu de travail en Suisse.

Les candidatures pour le label Grand Pontarlier Excellence 2026 sont ouvertes du 2 février au 31 mars. Lancé par la Communauté de Communes du Grand Pontarlier, ce label distingue les entreprises locales innovantes, engagées et ancrées sur le territoire. Les lauréats bénéficient d’une forte visibilité, d’un kit de communication et d’occasions de développer leur réseau. Infos et dossier de candidature sur https://www.grandpontarlier.fr/label-entreprise-2/ 

 

Après le large écho médiatique suscité par la paire de lunettes Pacific S 01 portée récemment par Emmanuel Macron, l’entreprise Henry Jullien a reçu la visite du président d’ECLA Lons Agglomération, Claude Borcard, et du maire de Lons‑le‑Saunier, Jean‑Yves Ravier.

Accueillis par le PDG Stefano Fulchir et le responsable industriel, les élus ont parcouru un site qui emploie aujourd’hui dix salariés et revendique une identité singulière : associer savoir‑faire français et italien pour produire des lunettes haut de gamme, alliant précision industrielle et culture du design. Cette rencontre a aussi permis d’évoquer le récent coup de projecteur international autour du modèle porté par le Chef de l’état, fabriqué à Lons‑le‑Saunier.

Dans le Doubs et le Jura, l’interdiction du transit des poids lourds sur la RN83 entraîne une chute nette de fréquentation pour les restaurants routiers et les petits commerces. Privés des chauffeurs longue distance, essentiels à leur activité, plusieurs professionnels alertent sur la fragilité de leurs emplois. Ils appellent désormais les restaurateurs de la RN83 à se mobiliser et interpellent les élus. L’un d’eux écrit sur Facebook : « Aujourd’hui, la survie de nos commerces et de nos emplois est en jeu. Ensemble, faisons entendre notre réalité aux autorités. Élus, sachez que derrière chaque relais, il y a des équipes qui comptent sur vous. »

En France, les nouvelles lunettes d’Emmanuel Macron créent la controverse. Le président les porte depuis quelques jours après un souci de vue, mais un doute circule : sont‑elles vraiment fabriquées en France ?
La marque mise en cause assure que oui en partie : seules trois personnes travaillent encore sur le site historique de Lons‑le‑Saunier, mais une petite production y subsiste. Le reste des modèles est fabriqué là où se trouvent les machines nécessaires, affirme l’entreprise italienne. 

Les Urssaf Bourgogne et Franche‑Comté annoncent une nouvelle baisse de l’emploi privé au 3ᵉ trimestre 2025 : –1 590 salariés, soit –0,2 %, effaçant la reprise observée au trimestre précédent. La chute de l’intérim (–1,9 %, soit –610 postes) et le recul de l’emploi permanent (–980 postes) expliquent l’essentiel du repli, seul le commerce progressant légèrement.
Côté territoires, la Saône‑et‑Loire est le seul département en hausse (+0,1 %), tandis que les autres reculent, du Jura (–0,7 %) au Doubs (–0,1 %).

Selon une dernière enquête de l’Insee, malgré les incertitudes politiques, la France présente actuellement une croissance modérée. Néanmoins, en Bourgogne-Franche-Comté, la timide amélioration de l’activité économique au printemps ne se confirme pas au troisième trimestre 2025. Quel que soit le secteur d’activité, l’emploi salarié est stable ou en baisse. L’intérim et la construction perdent à nouveau des effectifs. L’emploi dans l’industrie continue de s’éroder. Le taux de chômage augmente sur un an. Toutefois le recours des entreprises à l’activité partielle est moins fréquent et les impayés de cotisations Urssaf sont à un niveau bas.

Le Conseil départemental du Jura a adopté son budget 2026, fixé à 382 millions d’euros (31 voix pour, 2 contre, 1 abstention). La moitié des crédits, soit 188,7 M€, est consacrée aux solidarités. Suivent les mobilités (60,4 M€), l’éducation et la jeunesse (38 M€), l’aménagement du territoire (27,3 M€), les fonctions supports (28,7 M€), l’agriculture et l’environnement (12,1 M€), le SDIS (11,4 M€) et la dette (15,5 M€).

Parmi les principaux investissements 2026 :

Routes et voirie : 22,5 M€ pour l’entretien et la modernisation des infrastructures.

Collèges et bâtiments : 13,2 M€ pour la rénovation et l’efficacité énergétique.

Habitat et aide à la pierre : 14,5 M€ pour la rénovation et le logement social.

Aides aux territoires : 4 M€ pour soutenir les projets locaux.

Remboursement de la dette : 10,6 M€ pour renforcer la soutenabilité financière.