Les groupes écologiste, insoumis, communiste et socialiste du conseil municipal de Besançon ont décidé de saisir le préfet du Doubs afin de contester l'arrêté anti-mendicité signé par le maire, Ludovic Fagaut, le 1er juin dernier. Dans un courrier commun, les élus demandent à l'État d'engager un déféré préfectoral devant le tribunal administratif et de solliciter en urgence la suspension du texte.
Un arrêté jugé disproportionné
Présenté par la municipalité comme un arrêté visant la « mendicité agressive », le texte interdit, du 1er juin au 15 octobre 2026, l'occupation prolongée de certaines parties de l'espace public entre 10 h et 20 h dans plusieurs secteurs du centre-ville de Besançon ainsi qu'à Châteaufarine. Pour les élus signataires, cette mesure va bien au-delà de la lutte contre les comportements agressifs. Ils estiment qu'elle cible de fait les personnes les plus précaires et porte atteinte à plusieurs libertés fondamentales. « Cet arrêté ne protège personne, il met les plus pauvres hors de vue », dénoncent-ils dans leur communiqué.
Des arguments juridiques avancés
Dans leur recours adressé au préfet, les groupes d'opposition développent plusieurs arguments juridiques. Ils considèrent notamment que l'arrêté porte une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir en raison de son périmètre étendu, de sa durée de plus de quatre mois et de son caractère général. Les élus invoquent également une atteinte à la liberté d'aider autrui dans un but humanitaire, reconnue au nom du principe de fraternité, ainsi qu'au droit au respect de la vie privée des personnes sans domicile fixe. Ils soulignent notamment que la rue Champrond, incluse dans le périmètre concerné, accueille plusieurs structures d'accompagnement social, dont l'accueil de jour Jeanne-Antide.
Une demande de suspension
Les groupes de gauche estiment également que plusieurs notions utilisées dans l'arrêté, comme « occupation prolongée » ou « sollicitations à l'égard des passants », manquent de précision et pourraient conduire à des interprétations arbitraires. Au regard de ces éléments, ils demandent au préfet du Doubs d'exercer son contrôle de légalité et de saisir le tribunal administratif avant l'expiration du délai légal. Ils sollicitent également une suspension en urgence du texte.
Un débat qui se poursuit
Cette nouvelle étape relance le débat autour de l'arrêté municipal, qui avait déjà suscité de vives réactions lors de son adoption. Alors que la municipalité défend une mesure destinée à préserver la tranquillité publique et à lutter contre certains comportements jugés problématiques, ses opposants dénoncent une réponse essentiellement répressive à des situations de précarité sociale. Le préfet devra désormais décider s'il donne suite ou non à cette demande de contrôle devant la justice administrative.
Le SE-Unsa de l'académie de Besançon appelle à une meilleure reconnaissance des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH). Le syndicat souligne que 1 677 AESH, dont plus de 90 % de femmes, exercent actuellement dans l'académie, souvent à temps incomplet. Alors que le ministère travaille sur la création d'un statut de fonctionnaire pour ces personnels, le SE-Unsa demande qu'il bénéficie à l'ensemble des AESH volontaires et s'accompagne d'une revalorisation salariale, d'un accès au temps complet, d'une meilleure formation et de véritables perspectives de carrière. De nouvelles discussions sont prévues les 17 juin au ministère et le 3 juillet dans l'académie.
En raison du mouvement social national prévu mercredi 10 juin, le trafic ferroviaire sera perturbé en Bourgogne-Franche-Comté. SNCF Voyageurs annonce qu'environ deux trains Mobigo sur trois circuleront dans la région, avec une situation plus favorable en Bourgogne qu'en Franche-Comté. Les TGV assureront en moyenne deux circulations sur trois, tandis qu'un Intercités sur deux circulera sur l'axe Paris–Nevers–Clermont-Ferrand. Des substitutions routières sont prévues sur certaines lignes. Les voyageurs sont invités à consulter les horaires actualisés la veille à partir de 17 heures.
À l'appel de l'intersyndicale FSU, CGT Éduc'action et Sud Éducation, les assistants d'éducation (AED) se sont fortement mobilisés ce jeudi 2 juin pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail et une meilleure reconnaissance de leurs missions. Selon les organisations syndicales, près d'un quart des vies scolaires seraient fermées en France alors que la campagne de renouvellement des contrats est en cours.
Dans l'académie, plusieurs établissements ont été touchés par le mouvement. La vie scolaire était notamment à l'arrêt au collège Malraux de Pontarlier et au collège Stendhal de Besançon, tandis que le collège Camus fonctionnait de manière perturbée. Au lycée Pergaud, les internats des classes de seconde et de première sont restés fermés. Les syndicats rappellent le rôle essentiel des AED dans le fonctionnement quotidien des établissements et appellent l'Éducation nationale à renforcer les moyens consacrés à ces personnels.
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées ce lundi soir sur la place Pasteur, au centre-ville de Besançon, pour dénoncer l'arrêté municipal antimendicité récemment signé par le maire LR Ludovic Fagaut. À l'appel des élus de gauche du conseil municipal – écologistes, communistes, socialistes et insoumis –, les manifestants ont exprimé leur opposition à une mesure qu'ils jugent stigmatisante pour les personnes les plus précaires. Les participants ont dénoncé un texte qui cristallise les tensions politiques depuis plusieurs jours dans la capitale comtoise. Pour les opposants, l'arrêté ne vise pas seulement les comportements agressifs dénoncés par la municipalité mais s'attaque plus largement à la présence des personnes en situation de précarité dans le centre-ville.
« Un arrêté de la honte »
Présente lors du rassemblement, Séverine Véziès, élue municipale insoumise, a vivement critiqué la décision du maire. « C'est un arrêté de la honte. C'est un arrêté qui s'adresse aux personnes les plus fragiles », affirme-t-elle. Selon elle, malgré les explications fournies par la municipalité, le texte vise bel et bien les personnes qui pratiquent la manche. « Quand on regarde le texte, il est question des personnes debout, assises ou couchées qui entravent la circulation. En réalité, il s'agit bien d'un arrêté contre la mendicité. » L'élue accuse également Ludovic Fagaut de chercher à satisfaire une partie de son électorat. « Il continue à parler à son électorat en stigmatisant les pauvres et en les reléguant hors du centre-ville ». Elle a également dénoncé les déclarations du maire évoquant la possibilité « d'exfiltrer » certaines personnes des secteurs concernés. « Il oublie qu'il est le maire de tous les Bisontins et de toutes les Bisontines".
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
« On ne traite pas la pauvreté en cachant les pauvres »
Même tonalité du côté des écologistes. Pour Anthony Poulin, les difficultés rencontrées dans certains secteurs du centre-ville sont réelles, mais les outils juridiques existent déjà pour y répondre. « Qu'il y ait des problèmes de tranquillité publique, personne ne le nie. Mais il existe déjà dans la loi l'ensemble des dispositifs permettant de traiter ces situations ». L'élu écologiste estime que l'arrêté cible avant tout une population fragile. « Cet arrêté vient stigmatiser une partie de la population qui fait la manche et qui n'est pas agressive ». Et de poursuivre : « Les termes utilisés montrent bien que la cible, c'est ce qu'on ne veut plus voir dans la société. Or, on ne traite pas la pauvreté en cachant les pauvres ».
Anthony Poulin plaide pour une réponse davantage axée sur l'accompagnement social. « Il faut renforcer le suivi social de ces personnes et ouvrir le dialogue avec les habitants, les commerçants et les personnes concernées. Ce n'est pas en opposant les uns aux autres que l'on trouvera une solution durable ». Concernant les suites à donner, l'élu prévient : « Nous mènerons l'ensemble des actions nécessaires pour que cet arrêté ne s'applique pas. »
L'interview de la rédaction : Anthony Poulin

« Une mesure inefficace »
Pour Hasni Alem, élu communiste de l’opposition municipale, le débat dépasse largement la seule question morale. « La vraie question, c'est de savoir si cet arrêté est efficace. Et partout où ce type de mesure a été mis en place, cela n'a jamais réglé le problème ». Selon lui, l'arrêté ne ferait que déplacer les difficultés d'un quartier à un autre. « Cela chasse les pauvres de certains secteurs mais cela ne résout absolument rien ». L'élu accuse même la municipalité de poursuivre une logique d'image. « L'objectif est de créer des quartiers carte postale pour l'attractivité économique et touristique ».
Hasni Alem affirme comprendre l'exaspération de certains habitants et commerçants. « Je partage leur ras-le-bol. Il existe un vrai problème. Mais la question est de savoir quelle solution on apporte. Un arrêté antimendicité ne fait que déplacer le problème ailleurs. » Pour lui, la réponse doit passer par les politiques sociales, sanitaires et de médiation. « Nous avons développé des médiateurs sociaux, une halte addiction et d'autres dispositifs. Cela ne suffit pas toujours, mais notre rôle est d'accompagner les personnes en difficulté, pas de les exclure ». L'élu évoque également la possibilité d'un recours contre le texte. « Nous étudions les voies juridiques possibles avec des associations. Une pétition pourrait également être lancée pour demander l'abrogation de cet arrêté ».
L'interview de la rédaction : Hasni Alem

Des recours envisagés
Les opposants rappellent que plusieurs arrêtés similaires ont déjà été contestés devant les tribunaux administratifs dans différentes villes françaises. À Besançon, la gauche municipale envisage désormais de poursuivre la mobilisation sur deux fronts : politique, lors des prochains conseils municipaux, et juridique, à travers d'éventuels recours. Pour eux, la lutte contre la précarité ne peut pas passer par des mesures d'éloignement. « La pauvreté ne disparaît pas parce qu'on la rend invisible », résumaient plusieurs manifestants en quittant la place Pasteur.
L'arrêté municipal signé, ce vendredi, pour lutter contre la mendicité agressive et l'alcoolisation sur la voie publique à Besançon suscite de nouvelles réactions politiques. Dans un communiqué, les élus communistes bisontins dénoncent une mesure qu'ils jugent inefficace et contraire aux principes de solidarité. Selon eux, cet arrêté ne s'attaque pas aux causes de la précarité mais cherche avant tout à éloigner les personnes les plus vulnérables des secteurs les plus fréquentés du centre-ville. Ils estiment que la pauvreté est ainsi rendue moins visible sans être résolue.
Battant au cœur des inquiétudes
Les élus reconnaissent l'existence de difficultés réelles dans le quartier Battant : alcoolisation, mendicité, précarité et troubles à l'ordre public. Mais ils considèrent que les réponses apportées sont essentiellement répressives. Ils pointent notamment le projet de déplacement de la Boutique Jeanne Antide, structure d'accueil de jour installée rue Champrond. Selon les chiffres avancés dans le communiqué, l'établissement accueille chaque année près de 1 550 personnes différentes et distribue environ 16 000 repas chauds. Il propose également des douches, une laverie, une bagagerie et un accompagnement social et médical. Pour les élus communistes, éloigner cette structure du quartier reviendrait à fragiliser davantage les publics qu'elle accompagne.
Une autre vision de l'action sociale
Le communiqué met en avant les dispositifs développés sous la précédente municipalité : renforcement de la Boutique Jeanne Antide, travail du Service d'accueil et d'accompagnement social du CCAS et présence de médiateurs sociaux dans les rues du centre-ville. Selon les élus, ces actions reposaient sur une logique d'accompagnement, de prévention et de création de lien avec les personnes en difficulté, plutôt que sur une politique d'éviction.
Des critiques appuyées sur des avis extérieurs
Les élus communistes rappellent que le Comité européen des droits sociaux a récemment critiqué les arrêtés anti-mendicité, estimant qu'ils renforcent l'exclusion sociale. Ils citent également les réserves exprimées par des travailleurs sociaux et par la Ligue des droits de l'homme, qui considère ces mesures comme « inhumaines, inefficaces et dangereuses ».
« Combattre la pauvreté plutôt que la cacher »
Pour les signataires, la politique municipale vise davantage à améliorer l'image du centre-ville qu'à résoudre les difficultés sociales. Ils dénoncent la création de quartiers « carte postale » où la pauvreté serait simplement déplacée vers des secteurs moins visibles.
Les élus communistes appellent ainsi à privilégier une approche globale associant accompagnement social, accès au logement, lutte contre les addictions, prévention et développement économique local. Selon eux, les problèmes rencontrés dans le quartier Battant nécessitent des réponses de fond plutôt qu'une stratégie d'embellissement urbain.
La section bisontine de la France insoumise monte au créneau après la publication d'un arrêté anti-mendicité signé par l'adjoint au maire de Besançon, Ludovic Fagaut. La mesure concerne plusieurs secteurs du centre-ville ainsi que la zone commerciale de Châteaufarine. Dans un communiqué diffusé ce jeudi, les militants et élus insoumis dénoncent une décision qu'ils jugent « grave socialement et symboliquement ». Ils regrettent notamment l'absence de débat préalable au sein du conseil municipal et accusent la majorité municipale d'avoir agi sans véritable discussion publique.
« Une politique de stigmatisation »
Pour la France insoumise, cet arrêté ne constitue pas une réponse aux difficultés rencontrées dans l'espace public mais participe à une politique de « stigmatisation » des personnes les plus précaires. Le mouvement estime que la mesure vise davantage à éloigner la pauvreté des zones les plus fréquentées qu'à traiter les causes de la précarité. Les auteurs du communiqué rappellent que le Conseil de l'Europe a récemment critiqué les arrêtés anti-mendicité, considérés comme discriminatoires et contraires aux droits sociaux fondamentaux.
Des outils juridiques déjà existants
La France insoumise souligne que les comportements portant réellement atteinte à l'ordre public, comme les agressions, les menaces, l'ivresse publique ou la mendicité coercitive, peuvent déjà être sanctionnés par les dispositifs légaux existants. Selon le mouvement, l'arrêté municipal relève donc d'un choix politique davantage que d'une nécessité juridique ou sécuritaire.
Un recours envisagé
Les insoumis accusent également la municipalité de privilégier les réponses sécuritaires et la communication au détriment des politiques sociales de fond. Ils citent notamment les questions du logement, de la santé mentale, des addictions, du pouvoir d'achat ou encore de la lutte contre la précarité. La France insoumise annonce enfin qu'elle examinera le contenu précis de l'arrêté avec des juristes afin d'étudier d'éventuels recours. Elle indique également vouloir lancer un appel à la mobilisation citoyenne contre cette mesure qu'elle juge contraire à sa vision d'une ville « solidaire, digne et humaine ».
Le rendez-vous organisé à La Rodia sera l’occasion de mettre en lumière plusieurs projets d’action artistique qui seront présentés lors de la soirée du festival A DO MI CI LE, prévue le 2 juin prochain. Depuis plus de quinze ans, ce festival singulier fait entendre « des voix que l’on écoute trop rarement ». L’événement est devenu au fil des années un espace où la création artistique rejoint les réalités sociales, où les parcours de vie rencontrent la scène et où la musique devient un outil de lien social, d’expression et de dignité.
Trois créations présentées au public
Pour cette nouvelle édition organisée à La Rodia, trois projets artistiques seront proposés au public lors d’un concert gratuit ouvert à toutes et tous le mardi 2 juin prochain. Le premier projet, intitulé « De la rue à la rime », a été mené avec l’artiste bisontin Primate et des personnes sans domicile fixe accompagnées par la Boutique Jeanne Antide. Soutenu par la Fondation pour le Logement et la SACEM, ce projet a été construit en seulement trois semaines à travers une dizaine d’ateliers d’écriture et de répétitions.
Le deuxième projet, « Voix de femmes », réunit des femmes victimes de violences et de grande précarité autour d’une chorale animée par le musicien Jordan Teixeira. Certaines participantes sont engagées parallèlement dans des démarches d’insertion ou de reconstruction personnelle. Enfin, le public retrouvera le spectacle de Maggy Bolle avec les Novil’arts rois, un groupe composé de patients et de soignants du centre hospitalier spécialisé de Novillars. Créée il y a quatre ans, cette aventure artistique revient sur la scène bisontine dans quelques jours.
L'interview de la rédaction : l'artiste bisontin Primate
Une aventure humaine avant tout
Pour les organisateurs, ces projets demandent un important travail d’accompagnement. Les répétitions se déroulent dans les mêmes conditions que celles d’artistes professionnels accueillis à La Rodia. Pendant que certains groupes préparent les Eurockéennes ou le Hellfest dans les autres salles, les participants de « De la rue à la rime » construisent eux aussi leur spectacle. « Le plus difficile, c’est souvent d’amener les personnes jusqu’au projet et de réussir à maintenir le groupe », expliquent les équipes. Certains participants vivent encore dans la rue, d’autres traversent des situations administratives, sociales ou familiales très compliquées. Mais les organisateurs constatent aussi des effets très concrets au fil des années. Plusieurs anciens participants ont retrouvé un emploi, un logement ou renoué des liens familiaux grâce à ces expériences artistiques.
L'interview de la rédaction : un participant

Changer le regard sur la précarité
Au-delà du spectacle, les porteurs du projet défendent une autre vision de l’action sociale. Pour eux, la culture ne doit pas arriver uniquement « après » l’insertion, mais peut devenir un moteur de reconstruction. À travers cette soirée du 2 juin, la Rodia et ses partenaires souhaitent avant tout montrer que derrière les parcours de précarité existent aussi des artistes, des talents et des histoires capables de rassembler un large public.
Le groupe des élus Communistes, Républicains et Citoyens de Besançon a adressé un courrier à Ludovic Fagaut, maire de la ville et président du conseil de surveillance du CHU, pour l’alerter sur la situation au centre gérontologique de Bellevaux. Ils soutiennent les personnels en grève depuis le 23 avril et dénoncent un manque chronique d’effectifs, des rappels sur congés et une dégradation des conditions de travail. Ils demandent une intervention rapide de la direction du CHU afin que les revendications des soignants soient entendues et que des moyens supplémentaires soient engagés.
Placée en liquidation judiciaire, la distillerie Pernot, implantée à La Cluse-et-Mijoux, va finalement poursuivre son activité. La distillerie Guy, basée à Pontarlier, a officialisé la reprise de l’entreprise et de ses marques emblématiques. Une opération validée ce mardi matin par le tribunal de commerce de Besançon et qui permet de sauvegarder les quatre emplois encore présents sur le site, tout en préservant une partie du patrimoine historique des spiritueux du Haut-Doubs. « Nous venons d’être attribués pour reprendre la distillerie Pernot par le tribunal de commerce de Besançon pas plus tard que ce matin », a confirmé Laurent Féry, président de la distillerie Guy.
Sauvegarder un héritage régional
À travers cette reprise, Laurent Féry explique vouloir avant tout défendre « un bel héritage régional ». « Émile Pernot est une société qui compte pour la région. L’objectif est de faire perdurer certains produits et de conserver ce savoir-faire », souligne-t-il. Le dirigeant affirme avoir rapidement trouvé un terrain d’entente avec les équipes de la distillerie Pernot. « On s’est mis dans le projet avec plaisir et les équipes nous ont rapidement rejointes », précise-t-il. Pour la distillerie Guy, cette reprise dépasse le simple cadre économique. L’objectif affiché est aussi de préserver une partie de l’identité du territoire pontissalien et de maintenir vivantes des recettes historiques liées à l’histoire des spiritueux du Haut-Doubs.
Les quatre emplois conservés
La reprise permet également de maintenir les quatre salariés encore présents au sein de la distillerie Pernot. Ces derniers intégreront désormais les effectifs de la distillerie Guy. Au total, 22 collaborateurs travailleront désormais sous le giron de la société pontissalienne, répartis sur les deux sites. « On va dépasser les 20 personnes. Nous serons 22 permanents dans l’ensemble des deux distilleries », indique Laurent Féry. Le président insiste sur l’importance d’avoir conservé l’ensemble des salariés encore présents au sein de la société placée en liquidation judiciaire. Une manière, selon lui, de préserver aussi les compétences et le savoir-faire liés à la fabrication des produits historiques de la maison Pernot.
Des marques historiques relancées
L’objectif affiché par la distillerie Guy est désormais de redonner un second souffle à plusieurs produits emblématiques du territoire. Parmi eux figurent notamment des absinthes reconnues comme Junod, mais aussi des liqueurs et eaux-de-vie traditionnelles. « Il y a des produits très complémentaires à ce que fait déjà la distillerie Guy aujourd’hui », explique Laurent Féry, évoquant notamment les recettes à base de gentiane et plusieurs spécialités historiques du Haut-Doubs. Le président précise toutefois qu’un travail de sélection sera mené parmi les nombreuses références accumulées au fil du temps par Émile Pernot. Parmi les produits qui ont particulièrement motivé cette reprise figurent notamment les recettes de gentiane, certaines absinthes historiques, mais aussi plusieurs marques anciennes profondément ancrées dans le patrimoine régional.
Une nouvelle étape pour la distillerie Guy
Pour Laurent Féry, cette reprise représente une étape importante dans le développement de la distillerie Guy. « C’est effectivement une marche importante. Mais j’ai très confiance dans les équipes de la distillerie Guy, qui ont déjà su assurer une belle continuité ces dernières années », affirme-t-il. Le dirigeant entend désormais remettre progressivement la distillerie Pernot sur pied tout en consolidant les activités des deux structures. Cette reprise ouvre également la voie à une activité complémentaire entre les deux sites de production. Certains produits développés par Pernot viennent enrichir une gamme déjà portée par la distillerie Guy.
Préserver le savoir-faire du Haut-Doubs
Au-delà de l’aspect économique, Laurent Féry insiste surtout sur la dimension patrimoniale de cette reprise. « Notre objectif de fond, c’est de faire partie de l’héritage de la région, du savoir-vivre et du savoir-faire de la Franche-Comté », explique-t-il. Cette opération marque également un rapprochement historique entre les deux maisons. Certaines marques détenues par Émile Pernot entretiennent en effet des liens anciens avec l’histoire même de la distillerie Guy. Le dirigeant rappelle notamment que la marque Cousin Florentin, autrefois détenue par Émile Pernot, a joué un rôle historique dans la formation de la famille Guy avant la création de la distillerie pontissalienne. « C’est rajouter un maillon à cette belle histoire », conclut le président de la distillerie pontissalienne.