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Grand Besançon Métropole : la polémique Franck Bernard ravive les fractures politiques

Publié le 22 Mai. 2026 à 07:05
Tags: Politique | franck bernard | grand besancon metropole |
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Grand Besançon Métropole : la polémique Franck Bernard ravive les fractures politiques Franck Bernard

Le climat reste particulièrement tendu à Grand Besançon Métropole. Lors du conseil communautaire de ce jeudi 21 mai, l’affaire Franck Bernard s’est imposée au cœur des débats politiques, quelques jours après les révélations de Mediapart sur des publications Facebook attribuées au vice-président de l’agglomération. Même si le dossier ne figurait pas officiellement à l’ordre du jour, les échanges ont largement été dominés par les interrogations autour du maintien de l’élu au sein de l’exécutif communautaire. Élu en avril dernier 15e vice-président de Grand Besançon Métropole, Franck Bernard, maire de Chevroz et identifié comme proche du Rassemblement national, cristallise depuis plusieurs semaines les tensions au sein de la nouvelle majorité conduite par Ludovic Fagaut.

Des révélations qui mettent l’exécutif sous pression

Dans son édition récente Mediapart et le pure player local « le Chni Â»  Ã©voquent plusieurs contenus publiés sur un compte Facebook attribué à Franck Bernard. Les deux  médias parlent de publications à caractère raciste, homophobe et anti-LGBT+, provoquant immédiatement une vague de réactions dans les rangs de la gauche et des écologistes. Dès l’ouverture du conseil communautaire, Ludovic Fagaut a pris la parole pour évoquer le sujet. Le président LR de Grand Besançon Métropole a reconnu la gravité des éléments révélés tout en indiquant ne pas cautionner les contenus évoqués. Il a néanmoins appelé à prendre le temps d’examiner la situation avant toute décision. Dans l’assemblée, plusieurs élus communautaires ont réclamé des mesures fortes. Certains ont évoqué des propos « incompatibles » avec les responsabilités exercées au sein de la métropole. D’autres ont dénoncé une banalisation de l’extrême droite dans l’exécutif communautaire.

Une élection déjà très contestée

L’élection de Franck Bernard comme vice-président, le 20 avril dernier, avait déjà suscité une forte polémique. Pour la première fois, un élu identifié au RN intégrait le bureau exécutif de Grand Besançon Métropole. A gauche, plusieurs élus avaient alors parlé d’« une ligne rouge franchie ». Les écologistes et les élus communistes dénonçaient une recomposition politique inquiétante au sein de l’agglomération bisontine après la perte de la présidence par Anne Vignot et la victoire de la droite menée par Ludovic Fagaut. La majorité défendait au contraire une logique de représentation territoriale des communes de l’agglomération, estimant que la désignation de Franck Bernard relevait davantage des équilibres géographiques que d’un accord politique avec le RN.

Franck Bernard se défend

Invité à s’exprimer durant la séance, Franck Bernard a reconnu que le compte Facebook évoqué était bien le sien, tout en contestant les accusations portées contre lui. L’élu affirme ne pas être raciste ni anti-LGBT et estime être devenu « l’homme à abattre » depuis son élection au sein de l’exécutif métropolitain. Ses explications n’ont toutefois pas suffi à apaiser les tensions. Plusieurs élus ont continué à réclamer son retrait du bureau communautaire ou sa démission.

Une majorité fragilisée

Pour Ludovic Fagaut, le dossier devient désormais hautement sensible politiquement. Car au-delà du cas personnel de Franck Bernard, cette affaire symbolise les nouvelles fractures politiques qui traversent Grand Besançon Métropole depuis l’alternance de 2026. La droite contrôle désormais l’agglomération après plusieurs années de gouvernance écologiste. Mais l’entrée d’un élu RN dans l’exécutif métropolitain ouvre un débat inédit sur les alliances locales et sur la place de l’extrême droite dans les institutions intercommunales.

Dans ce contexte, les prochains conseils communautaires pourraient continuer d’être marqués autant par les grands dossiers métropolitains — transports, urbanisme, finances ou environnement — que par cette crise politique persistante autour de Franck Bernard.