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Bourgogne-Franche-Comté : le moustique-tigre sous surveillance renforcée

Publié le 22 Mai. 2026 à 16:05
Tags: moustique tigre | Santé |
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Bourgogne-Franche-Comté : le moustique-tigre sous surveillance renforcée

La lutte contre le moustique-tigre devient un enjeu sanitaire majeur en Bourgogne-Franche-Comté. Désormais implanté dans les huit départements de la région, cet insecte potentiellement vecteur de maladies comme la dengue, le chikungunya ou le zika fait l’objet d’une surveillance renforcée de la part de l’Agence régionale de santé (ARS). Présent depuis plusieurs années dans les territoires d’Outre-mer et dans certaines zones tropicales, le moustique-tigre, ou Aedes albopictus, poursuit sa progression en métropole depuis le début des années 2000. Au 1er janvier 2026, 83 départements français sont colonisés.

Une présence désormais installée dans toute la région

En Bourgogne-Franche-Comté, la progression s’est accélérée ces dernières années. La Saône-et-Loire a été le premier département touché dès 2014, suivie de la Côte-d’Or et de la Nièvre en 2018. Le Doubs et le Jura ont été colonisés en 2020, puis le Territoire de Belfort et l’Yonne en 2023. La Haute-Saône a rejoint la liste en 2024. Pour suivre cette évolution, l’ARS s’appuie sur un réseau de pièges installés principalement dans les zones urbaines les plus peuplées. Des enquêtes de terrain peuvent également être déclenchées afin de confirmer l’implantation du moustique dans de nouvelles communes. Le phénomène prend de l’ampleur : plus de 200 communes étaient considérées comme colonisées en Bourgogne-Franche-Comté en 2025, contre seulement 27 en 2021.

Une menace sanitaire prise très au sérieux

Le moustique-tigre fait l’objet d’une surveillance prioritaire entre le 1er mai et le 30 novembre, période durant laquelle il est actif en métropole. L’objectif des autorités sanitaires est double : ralentir sa propagation et limiter les risques de transmission des virus qu’il peut véhiculer. Lorsqu’un cas de dengue, de chikungunya ou de zika est signalé, l’ARS déclenche une enquête entomologique autour des lieux fréquentés par le malade. Si la présence du moustique est confirmée, un traitement insecticide peut être engagé afin d’éviter une transmission locale. Car le risque est réel : un moustique peut s’infecter en piquant une personne malade puis transmettre ensuite le virus à d’autres habitants.

2025, une année record pour le chikungunya

L’année 2025 a marqué un tournant avec plus de 800 cas autochtones de chikungunya recensés en France métropolitaine et 81 foyers de transmission locale identifiés. Un niveau jamais atteint depuis la mise en place de la surveillance renforcée en 2006. Pour la première fois, la Bourgogne-Franche-Comté a également enregistré des cas autochtones de chikungunya, notamment à Dijon.

Des gestes simples pour limiter sa prolifération

L’ARS rappelle que chacun peut agir pour limiter la présence du moustique-tigre, notamment en supprimant les eaux stagnantes où les larves se développent. Il est conseillé de vider régulièrement les coupelles de pots de fleurs, les seaux ou les bâches, de couvrir les récupérateurs d’eau, d’entretenir les gouttières ou encore de ranger les objets pouvant retenir l’eau de pluie. Reconnaissable à sa petite taille et à ses rayures blanches sur les pattes et le thorax, le moustique-tigre pique principalement en journée.

Vigilance accrue pour les voyageurs et les professionnels de santé

Les autorités sanitaires recommandent également aux voyageurs revenant de zones à risque de continuer à se protéger des piqûres durant les trois semaines suivant leur retour et de consulter rapidement un médecin en cas de symptômes comme de la fièvre, des douleurs articulaires ou une éruption cutanée. Les professionnels de santé sont appelés à signaler rapidement tout cas confirmé de dengue, chikungunya ou zika auprès de l’ARS afin de permettre le déclenchement des mesures de lutte anti-vectorielle.