À Grand Besançon Métropole, la nomination d’un vice-président issu du Rassemblement National en charge des déchets fait réagir. La CGT des territoriaux dénonce une décision « préoccupante », pointant un risque pour les valeurs du service public et une contradiction avec les engagements affichés par Ludovic Fagaut. Le syndicat appelle à la vigilance et se dit mobilisé pour défendre les agents et leurs missions.
À l’occasion du conseil d’installation de Grand Besançon Métropole, la désignation d’un représentant du Rassemblement National, en l’occurrence Franck Bernard, le Maire de Chevroz, au poste de vice-président, « ne peut être considérée comme une formalité technique », selon les élus socialistes, issus de l’opposition bisontine (Jean-Sébastien Leuba, Sylvie Wanlin et Abdel Ghezali). Ils appellent leurs collègues élus communautaires « à assumer pleinement la portée politique de ce vote ». « Il ne s’agit pas d’un simple ajustement de secteur, mais bien d’un choix structurant engageant les valeurs portées par notre collectivité », disent-ils.
Une charte qui ne saurait servir de caution
Et de poursuivre : « La charte de gouvernance, invoquée pour justifier cette nomination, ne possède aucune valeur juridique contraignante. Elle ne peut en aucun cas servir de paravent pour neutraliser le débat politique ou ignorer les appartenances lorsque celles-ci sont incompatibles avec les principes républicains. Si cette charte conduit à de telles dérives, alors elle doit être revue ».
Une incohérence politique assumée
Le trio dénonce « l’incohérence de la droite locale, qui agite la menace des extrêmes en période électorale tout en facilitant aujourd’hui l’accès du Rassemblement National à des responsabilités exécutives ». « Ce qui constituait hier une ligne rouge ne peut devenir aujourd’hui une simple zone grise ». « Il ne peut s’agir d’un simple vote technique de secteur mais d’un véritable vote structurant de valeurs. »
Sans réelle surprise, Ludovic Fagaut a été élu président de Grand Besançon Métropole (GBM), recueillant 97 voix sur les 122 conseillers communautaires. Une large majorité qui conforte l’ancrage politique du maire de Besançon à la tête de l’intercommunalité. Face à lui, l’élue bisontine insoumise Séverine Véziès n’a obtenu que huit suffrages, tandis que Jacques Adriasen en a récolté deux.
Une feuille de route axée sur le développement et l’attractivité
Dans son discours d’installation, le nouveau président a fixé les grandes orientations de sa mandature. Parmi ses priorités figurent : le développement économique du territoire, l’aménagement urbain, la sécurisation des entreprises, notamment celles du secteur du luxe, le renforcement des politiques culturelles, sportives et touristiques… . L’objectif affiché est clair : valoriser le territoire du Grand Besançon et renforcer son attractivité, y compris à l’international. Dans cette optique, Ludovic Fagaut a également insisté sur la nécessité de consolider les partenariats existants, en particulier avec la Suisse voisine.
Un exécutif installé conformément aux règles
Cette première assemblée a également permis de mettre en place l’exécutif de la nouvelle mandature. Au total, 15 vice-présidents et 17 conseillers délégués ont été élus. Catherine Barthelet accède au poste de première vice-présidente. Elle sera entourée notamment d’Anne Falga, Pascal Routier, Patrick Ayache, Patrick Jacques, Nathalie Bouvet, Jean-Paul Michad, Anthony Nappez, Laurence Mulot Césari, Pascal Dériot, Philippe Regenass, Pierre Charles Henry, Franck Monneur, Laurent Jeunet et Franck Bernard.

Catherine Barthelet
L’élection controversée de Franck Bernard
L’un des temps forts de cette installation reste l’élection de Franck Bernard, maire de Chevroz, au poste de quinzième vice-président. Soutenu par une partie de la majorité, cet élu, qui revendique son attachement aux valeurs du Rassemblement National, a remporté son duel face à Gérard Monnien avec 58 voix. Cette nomination a suscité de vives réactions. La gauche bisontine, appuyée par Patrick Ayache, maire de Pirey et pourtant membre de l’exécutif, a tenté en vain de faire barrage à sa candidature. Plusieurs élus ont exprimé leur inquiétude quant à l’entrée d’un représentant assumé de cette sensibilité politique au sein du bureau de GBM.

Franck Bernard

Gérard Monnien
Des tensions autour de la gouvernance
Malgré l’appel à une « présidence collégiale » lancé par Ludovic Fagaut, des voix discordantes se sont rapidement fait entendre. Séverine Véziès, Aline Chassagne, Anthony Poulin et Anne Vignot ont exprimé leurs réserves, dénonçant un manque d’ouverture. La contestation s’est cristallisée autour de la nomination de Franck Monneur comme 13 vice-président et dernier représentant du secteur bisontin. La gauche bisontine reproche notamment l’absence de représentants de l’opposition au sein du bureau, malgré des engagements initiaux du président. Ludovic Fagaut a justifié cette décision par la présence de La France Insoumise dans les rangs de l’opposition, provoquant une vive réaction des élus concernés. Séverine Véziès a fermement répondu, appelant le président à revoir son positionnement : « Il n’y a pas de sous-élus dans cette instance », a-t-elle déclaré, rappelant les 19 000 électeurs ayant soutenu la gauche à Besançon lors du scrutin municipal de mars.

Séverine Vézies

Aline Chassagne

Anthony Poulin
Une mandature qui débute sous tension
Si l’élection de Ludovic Fagaut ne faisait guère de doute, la mise en place de son exécutif révèle déjà des lignes de fracture politiques. Entre volonté affichée de rassemblement et critiques de l’opposition, la nouvelle gouvernance de Grand Besançon Métropole débute dans un climat contrasté.
Ludovic Fagaut a été élu ce lundi à la tête de Grand Besançon Métropole. Le maire de Besançon a recueilli 97 voix sur les 121 conseillers communautaires qui se sont exprimés. Deux autres candidats étaient en lice : Sévérine Véziès (La France Insoumise), qui obtient 8 voix, et Jacques Adriansen, Maire de Roset Fluans, crédité de 2 voix. On compte également 9 abstentions et 5 bulletins blancs.
Sévérine Véziès, élue bisontine de La France insoumise, réagit à l’éventuelle nomination de Frédéric Bernard, maire de Chevroz, proche des idées du Rassemblement National, comme 1er vice-président de Grand Besançon Métropole. L’élection de l’exécutif est prévue lundi 20 avril.
Quelle est votre réaction à la possible entrée d’un élu proche du Rassemblement National dans l’exécutif de Grand Besançon Métropole ?
Nous avons là un nouvel exemple de la recomposition politique des droites, qui s’allient avec l’extrême droite dans des exécutifs. Cela fait suite à des alliances plus ou moins assumées lors des élections, comme on a pu le voir à Besançon avec M. Fagaut, élu notamment grâce au Rassemblement National et avec le soutien du collectif Némésis. Cela illustre une porosité de plus en plus forte entre les droites et l’extrême droite.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
Certains parlent de démocratie. Vous, vous alertez sur les valeurs en jeu ?
Oui, tout à fait. Force est de constater que M. Fagaut, qui devrait être élu président de l’agglomération lundi selon la charte de gouvernance, a forcément son mot à dire dans les discussions qui ont permis de pré-désigner les vice-présidents. C’est un véritable problème qu’il assume aujourd’hui de gouverner le Grand Besançon avec le Rassemblement National. C’est une nouvelle digue qui saute. Et quand on l’entend dire que l’entrée de La France insoumise à la Ville de Besançon reviendrait à « faire entrer le loup dans la bergerie », on peut se demander si le loup n’est pas ailleurs. Il serait peut-être temps de s’interroger sur le fait de gouverner avec l’extrême droite, qui divise et attise la haine, alors que nous portons un projet humaniste et solidaire.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
Ce sont justement ces notions de haine et de division qui vous inquiètent ?
Oui. Le Rassemblement National porte un projet politique qui va à l’encontre des valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité. Nous devons donc nous y opposer de toutes nos forces. Nous refusons également la stratégie de dédiabolisation en cours, à laquelle ce type d’initiative participe. On assiste à une normalisation du RN dans des instances de gouvernance, y compris au niveau national, avec le soutien de la Macronie et de la droite. Nous dénonçons ces pratiques à tous les niveaux, local comme national, et nous ferons face à ces alliances que nous considérons comme contre nature et antirépublicaines.
Vous allez donc exprimer votre opposition lors du conseil communautaire ?
Oui, bien sûr. Nous ferons part de notre désaccord et de notre refus de normaliser un parti d’extrême droite qui ne défend pas les valeurs républicaines, mais s’y oppose. Il est essentiel de continuer à le rappeler.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
Selon vous, Ludovic Fagaut peut-il refuser cette nomination ?
Personne ne peut sérieusement croire que le futur président de l’agglomération n’a pas été impliqué dans les discussions en cours. Il a nécessairement eu son mot à dire dans ces choix.
À Besançon, le Parti communiste français, par un écrit d’Hasni Alem, s’oppose fermement à l’éventuelle entrée d’un élu du Rassemblement National au sein de l’exécutif de Grand Besançon Métropole, en l’occurrence Franck Bernard, maire de Chevroz. Dans un communiqué, il dénonce « une banalisation de l’extrême droite » et appelle « les élus à refuser cette nomination ». Le PCF évoque « un risque pour les valeurs républicaines, la cohésion territoriale et l’image de l’agglomération ».
À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, ENILEA et Grand Besançon Métropole se mobilisent ce samedi 21 mars pour sensibiliser le public aux enjeux liés à l’eau. Des animations pédagogiques sont proposées de 9h à 18h sur le parvis de Décathlon à Châteaufarine. Au programme : production d’eau potable, recherche de fuites ou encore traitement des eaux usées. Encadrés par leurs enseignants, les étudiants de l’ENILEA animeront ces ateliers. L’objectif : faire découvrir des métiers essentiels et valoriser les formations dans un secteur en forte demande.
Avis aux habitants d’Amagney : une coupure d’eau est prévue mercredi 4 mars de 8h à 16h sur l’ensemble de la commune. Cette interruption s’inscrit dans le cadre des travaux de modernisation du réseau d’eau potable menés par les services du Grand Besançon. « Tout sera mis en œuvre pour rétablir l’alimentation au plus tôt » fait savoir la collectivité.
Grand Besançon Métropole présentera et soumettra au vote son budget 2026 ce jeudi soir, lors d’une nouvelle assemblée communautaire, la dernière de la mandature. Le montant global s’élève à près de 388 millions d’euros, dont 129 millions consacrés à de nouveaux investissements. Le programme pluriannuel 2025-2029 atteint 570 millions d’euros. La collectivité met en avant un projet de territoire tourné vers la transition et l’attractivité, dans un contexte marqué par les contraintes de la loi de finances 2026.
Grand Besançon Métropole poursuit le déploiement de son plan de mobilité avec un nouveau projet structurant : la création d’un pôle d’échanges multimodal à la gare de Montferrand-le-Château. Le coût prévisionnel de cet investissement s’élève à 700.000 euros. Les recherches de subvention sont actées. Le début du chantier d’aménagement du pôle est prévu en 2027.
Favoriser l’intermodalité et le report modal
L’objectif est clair : encourager les habitants à diversifier leurs modes de déplacement et réduire la place de la voiture individuelle. En renforçant l’intermodalité — train, car, vélo et voiture — la collectivité entend faciliter le report modal et contribuer à la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Après les réalisations de Saint-Vit, Saône et Roche-lez-Beaupré entre 2023 et 2025, Montferrand-le-Château devient le quatrième site à bénéficier de ce type d’aménagement en périphérie bisontine.
Un site repensé autour de la gare
Le projet vise à concentrer en un lieu unique plusieurs solutions de transport. Autour de la gare, plusieurs aménagements sont envisagés : la création d’environ 45 places de stationnement, dont des emplacements réservés aux personnes à mobilité réduite ; une zone de dépose-minute ; des stationnements vélos sécurisés et des espaces désimperméabilisés pour limiter l’impact environnemental. L’objectif est d’adapter les infrastructures aux nouvelles pratiques de mobilité, tout en améliorant le confort des usagers.
Des cheminements sécurisés vers le centre-bourg
Le projet ne se limite pas au parvis de la gare. Il prévoit également la mise aux normes d’accessibilité des voiries reliant la gare au centre-bourg, à la mairie et aux commerces de proximité. La sécurisation des cheminements piétons constitue un axe fort du programme, afin de garantir des déplacements sûrs entre la gare et les principaux pôles d’intérêt de la commune. Avec ce nouveau pôle d’échanges, Grand Besançon Métropole confirme sa volonté de structurer un réseau de mobilités complémentaires à l’échelle du territoire et d’accompagner la transition vers des déplacements plus durables.