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Vol d’or en Suisse : un réseau franco-suisse démantelé après un braquage à 550 000 euros

Publié le 22 Mai. 2026 à 19:05
Tags: Faits divers | justice |
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Vol d’or en Suisse : un réseau franco-suisse démantelé après un braquage à 550 000 euros

Une importante opération judiciaire menée conjointement par les autorités françaises et suisses a permis l’interpellation de sept personnes soupçonnées d’avoir participé au spectaculaire vol d’une cargaison d’or et de composants de montres de luxe en Suisse. L’affaire, révélée ce vendredi par le parquet de Besançon et la gendarmerie, met en lumière l’existence d’un réseau structuré opérant dans la région frontalière.

Un faux braquage organisé en Suisse

Les faits remontent au 11 septembre 2025, dans le village de Renan, dans le canton de Berne. Ce jour-là, un fourgon non blindé d’une entreprise suisse de luxe transportait plusieurs centaines de pièces détachées de montres haut de gamme ainsi que des plaquettes d’or brut destinées à l’horlogerie. Le préjudice total est estimé à près de 550 000 euros.  Selon le scénario initial présenté aux enquêteurs, un véhicule immatriculé en France aurait barré la route du fourgon sur une route isolée, près d’un cimetière. Des individus auraient alors menacé le conducteur avec une arme de poing avant de repartir avec la marchandise. Mais l’enquête a progressivement révélé une toute autre réalité. Le conducteur du fourgon, un salarié suisse d’une quarantaine d’années résidant en France, aurait lui-même participé à la mise en scène du braquage. Il est désormais considéré comme complice des faits et reconnaît partiellement son implication.

Une enquête franco-suisse de grande ampleur

Face à la dimension transfrontalière du dossier, une Équipe Commune d’Enquête (ECE) a été créée entre la France et la Suisse afin de coordonner les investigations. Une coopération qualifiée d’« exemplaire » par le procureur de la République de Besançon, Cédric Logelin.  Les investigations ont été confiées à la Section de recherches de Besançon, à l’Unité nationale d’investigation de la gendarmerie et à l’Unité nationale de police judiciaire, avec l’appui de la police cantonale bernoise. Les enquêteurs ont notamment exploité de nombreuses investigations techniques pour identifier les suspects.  Des déchets d’emballage en polystyrène retrouvés dans une forêt du Doubs, près de la frontière suisse, ont notamment permis de confirmer le retour des auteurs présumés sur le territoire français après le vol. La marchandise dérobée, en revanche, n’a jamais été retrouvée.

Sept interpellations en Franche-Comté

Le 20 mai dernier, une vaste opération judiciaire a été menée en Franche-Comté, principalement dans le Doubs, entre le pays de Montbéliard et Besançon. Plus de 80 militaires et trois équipes cynophiles ont été mobilisés pour interpeller les suspects.  Au total, sept personnes — six Français et un Suisse — ont été arrêtées. Les suspects sont âgés de 20 à 40 ans. À l’issue des gardes à vue, quatre hommes ont été mis en examen et placés en détention provisoire. Trois autres personnes ont été remises en liberté, même si l’une d’entre elles reste visée par l’enquête.

Les investigations se poursuivent désormais sous la direction de deux juges d’instruction pour des faits de vol en bande organisée, association de malfaiteurs et blanchiment. Les auteurs encourent jusqu’à quinze ans de réclusion criminelle.

Drogue, argent et matériel saisis

Lors des perquisitions, les enquêteurs ont découvert des produits stupéfiants, du numéraire, plusieurs sacs de luxe Louis Vuitton, une quinzaine de téléphones portables ainsi qu’un détecteur de balises permettant de vérifier si un véhicule fait l’objet d’une surveillance.   Pour les autorités judiciaires et les enquêteurs, cette affaire illustre une problématique devenue récurrente dans la région frontalière franco-suisse : les vols de métaux précieux et de marchandises de luxe commis par des groupes criminels organisés.

Au cours de cette conférence de presse, le commandant de la Section de recherches de Besançon, a d’ailleurs indiqué que 31 interpellations liées à des faits similaires avaient déjà été réalisées au cours des douze derniers mois dans la région.