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Une polémique locale devenue affaire nationale

L’affaire Franck Bernard a franchi un nouveau cap. Après les révélations du média local Le Ch’ni et les enquêtes relayées par Mediapart, plusieurs grands médias nationaux, dont Le Monde, Libération et Franceinfo, se sont à leur tour emparés du dossier concernant le maire Rassemblement national de Chevroz et ancien vice-président de Grand Besançon Métropole.

Au cœur de la polémique : des publications racistes, sexistes et homophobes diffusées sous le compte Facebook anonyme « Seven FK », reconnu par l’élu lui-même lors du conseil communautaire. Une affaire qui provoque une onde de choc politique bien au-delà de l’agglomération bisontine.

Une démission sous pression politique

Vendredi 22 mai, Franck Bernard a annoncé sa démission de son poste de 15e vice-président de Grand Besançon Métropole, chargé notamment des déchets et de la propreté. Selon la presse locale et nationale, cette décision intervient après la demande explicite du président de l’agglomération et maire LR de Besançon, Ludovic Fagaut, qui lui avait demandé de « prendre ses responsabilités ». Lors du conseil communautaire, Ludovic Fagaut avait déclaré se « désolidariser totalement » des propos relayés sur ce compte Facebook, estimant que « ce type de publications n’a pas sa place dans le débat politique ni dans le débat public ». Franck Bernard avait alors reconnu être derrière le profil « Seven FK », tout en affirmant n’avoir fait que « relayer » certains contenus.

Des publications jugées racistes, sexistes et homophobes

Les contenus attribués au compte Facebook ont suscité une vive indignation parmi les élus locaux et nationaux. Plusieurs publications visaient les personnes LGBT, les femmes ou encore les populations africaines à travers des visuels et commentaires jugés ouvertement discriminatoires. Le quotidien Libération évoque notamment des publications partageant des théories racistes sur les « quotients intellectuels par pays », des visuels opposant familles traditionnelles et symboles LGBT, ainsi que des contenus issus de sphères médiatiques d’extrême droite.  L’élu communiste Hasni Alem a dénoncé « des propos extrêmement graves », évoquant des contenus considérant certaines populations comme « inférieures » ou contestant la normalité des personnes LGBT. De son côté, l’élue insoumise Séverine Véziès a rappelé que « le racisme n’est pas une opinion, le racisme est un délit », dénonçant toute « banalisation de l’extrême droite ».

Une défense qui ne convainc pas

Face aux accusations, Franck Bernard assure ne pas être raciste ni homophobe. Il affirme avoir seulement partagé des « publications privées » ou des « petits tacles » politiques visant notamment Anne Vignot et Séverine Véziès, à qui il a présenté des excuses. Mais plusieurs commentaires publics retrouvés sous des publications visibles par tous viennent fragiliser cette ligne de défense.  

Une affaire aux conséquences politiques et judiciaires possibles

Cette affaire ravive également les tensions politiques au sein de Grand Besançon Métropole. L’élection de Franck Bernard à la vice-présidence, en avril dernier, avait déjà provoqué une forte contestation des élus de gauche, qui dénonçaient l’entrée d’un représentant RN dans l’exécutif métropolitain. Aujourd’hui, plusieurs responsables politiques estiment que cette affaire dépasse le simple cadre d’une polémique sur les réseaux sociaux et pourrait désormais prendre une dimension judiciaire.

Alors que la presse nationale continue de suivre le dossier, cette affaire met en lumière les fractures politiques locales autour de la présence du Rassemblement national dans les exécutifs territoriaux et relance le débat sur les responsabilités publiques des élus dans leurs prises de parole numériques.

Le nom de Franck Bernard figure cette semaine dans un palmarès peu enviable publié par le journal La Tribune Dimanche. Le maire RN de Chevroz y apparaît après avoir été contraint de quitter le bureau exécutif de Grand Besançon Métropole. En cause : des publications racistes, sexistes et homophobes relayées sur les réseaux sociaux via un compte anonyme qu’il a reconnu utiliser. Une affaire qui continue de provoquer de fortes réactions politiques et médiatiques.

Le feuilleton politique autour de Franck Bernard a connu son dénouement ce jeudi matin. Le maire de Chevroz a annoncé sa démission de son poste de 15e vice-président de Grand Besançon Métropole, ainsi que son retrait de délégation, après la polémique provoquée par des publications relayées sur un compte Facebook anonyme dont il était l’auteur. Ce matin, le président de Grand Besançon Métropole, Ludovic Fagaut, avait demandé à l’élu de « prendre ses responsabilités » à l’issue du conseil communautaire particulièrement tendu de jeudi soir. « Ce vendredi, le président de l’agglomération a reçu un SMS de Franck Bernard officialisant sa décision de quitter l’exécutif communautaire » nous certifie-t-o,n à Grand Besançon Métropole. Un communiqué de presse doit être envoyé aux rédaction.  

Des révélations qui ont fragilisé l’exécutif

Depuis plusieurs jours, la polémique ne cessait de prendre de l’ampleur après les révélations de Mediapart et du média local Le Ch’ni concernant des publications jugées racistes, islamophobes et haineuses diffusées via un compte anonyme attribué à l’élu proche du Rassemblement national. Cette affaire a profondément secoué la majorité communautaire et placé l’exécutif sous forte pression politique. Lors du conseil communautaire de jeudi soir, plusieurs élus avaient publiquement demandé le départ du vice-président dans un climat particulièrement tendu. Les explications apportées par Franck Bernard avaient alors suscité de vives réactions dans l’assemblée.

L"interview de la rédaction : Séverine Vézies 

Séverine Véziès : « Il n’avait pas d’autre choix »

Parmi les premières réactions politiques ce jeudi matin, l’élue bisontine de La France insoumise, Séverine Véziès, a salué « la fin de cet épisode », tout en estimant que cette situation aurait pu être évitée bien plus tôt. « Dès le 20 avril, lors du conseil communautaire d’installation, nous avions dénoncé sa candidature », rappelle-t-elle. Selon l’élue insoumise, « il est hors de question qu’un élu du Rassemblement national siège au sein de l’exécutif de GBM ». Mme Véziès considère également que Ludovic Fagaut « n’avait pas d’autre choix » face à « une pression devenue beaucoup trop forte ». Tout en saluant le retrait de Franck Bernard, elle critique le soutien initial apporté à sa candidature : « Ce caillou dans la chaussure, c’est lui-même qui se l’est mis ". 

L"interview de la rédaction : Séverine Vézies 

« Attention à la banalisation de l’extrême droite »

Séverine Véziès souligne également le rôle joué par les révélations médiatiques dans ce dénouement. « Je salue le travail d’investigation mené », explique-t-elle, estimant que cette affaire doit servir « d’alerte contre la banalisation de l’extrême droite ». L’élue insoumise estime que les publications reprochées à Franck Bernard ne sont pas une surprise au regard de son engagement politique. « Derrière le vernis, on retrouve le vrai visage du Rassemblement national », affirme-t-elle, dénonçant « un fonds de commerce raciste, islamophobe, homophobe et sexiste ». Elle appelle enfin les élus et les citoyens à « rester vigilants » face à la progression des idées d’extrême droite dans les institutions locales.

L"interview de la rédaction : Séverine Vézies 

L’affaire Franck Bernard continue de secouer Grand Besançon Métropole. Après les révélations publiées par Mediapart et le média local « Le Chni » autour de publications diffusées sur un compte Facebook attribué au vice-président de l’agglomération, les appels à sa démission se multiplient dans la classe politique locale.

Maire de Chevroz et 15e vice-président de Grand Besançon Métropole depuis avril dernier, Franck Bernard ne cache pas sa proximité avec les idées du Rassemblement national. Mais les contenus relayés sur ce compte Facebook — évoquant notamment des publications anti-LGBT, des références au QI des populations africaines ou encore des propos jugés discriminatoires — ont provoqué une vive onde de choc dans l’exécutif communautaire.

 

Jean-Sébastien Leuba réclame son départ

Parmi les voix les plus offensives figure désormais le socialiste Jean-Sébastien Leuba. L’élu estime que Ludovic Fagaut aurait dû agir immédiatement. « En tant que président de l’agglomération, Ludovic Fagaut aurait dû annoncer son retrait de délégation », affirme-t-il, dénonçant les hésitations de l’exécutif face à une situation qu’il juge incompatible avec les valeurs de l’institution. L’élu socialiste reproche notamment au président de Grand Besançon Métropole d’avoir laissé Franck Bernard s’exprimer longuement en séance avant toute prise de position claire. « Une fois que cet élu assume ses propos, nécessairement, Ludovic Fagaut aurait dû agir immédiatement », insiste-t-il.

L'interview de la rédaction : Jean Sébastien Leuba 

Des propos jugés incompatibles avec les valeurs républicaines

Jean-Sébastien Leuba évoque des contenus « insidieux » et « dangereux » pour le débat public. Il cite notamment des publications concernant les familles LGBT ou des références à Richard Lynn, psychologue britannique régulièrement accusé de théories racistes et eugénistes. « Le racisme n’est pas une opinion », martèle l’élu socialiste, qui estime que ces publications alimentent des discours de division dans la société française. L’opposition rappelle également l’existence de la charte des élus adoptée par Grand Besançon Métropole en 2018. Ce document rappelle les principes d’exercice des mandats locaux autour des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, de dignité et d’intégrité. Selon Jean-Sébastien Leuba, Franck Bernard ne respecterait plus aujourd’hui ces engagements. « On lui demande de démissionner, il ne l’a pas souhaité. Monsieur Fagaut ne lui a même pas demandé de démissionner », regrette-t-il.

L'interview de la rédaction : Jean Sébastien Leuba 

Une majorité fragilisée

Au sein même de l’agglomération, la situation semble évoluer rapidement. Plusieurs élus communautaires, jusque-là plus prudents, s’interrogent désormais ouvertement sur le maintien de Franck Bernard au sein de l’exécutif. Durant le conseil communautaire, Ludovic Fagaut a indiqué vouloir consulter les services juridiques avant toute décision. Une position jugée trop attentiste par l’opposition. Jean-Sébastien Leuba estime au contraire que des mesures immédiates étaient possibles. « Ludovic Fagaut peut très bien prendre un arrêté dès aujourd’hui », affirme-t-il, évoquant également la possibilité d’un signalement au titre de l’article 40.

Une crise politique désormais ouverte

Cette affaire dépasse désormais largement le seul cas personnel de Franck Bernard. Elle révèle les profondes fractures politiques apparues depuis l’arrivée de la nouvelle majorité de droite à la tête de Grand Besançon Métropole. L’élection, en avril dernier, d’un élu assumant sa proximité avec le Rassemblement national au sein du bureau exécutif avait déjà provoqué une forte polémique. Les révélations de ces derniers jours amplifient encore la pression sur l’exécutif communautaire.

Alors que certains vice-présidents auraient menacé de quitter leurs fonctions en cas d’inaction, Ludovic Fagaut se retrouve désormais confronté à un choix politique délicat : préserver l’équilibre de sa majorité ou écarter un élu devenu hautement controversé. Dans les prochains jours, la décision du président de Grand Besançon Métropole pourrait avoir des conséquences importantes sur la cohésion de l’exécutif et sur le climat politique de l’agglomération bisontine.

L'interview de la rédaction : Jean Sébastien Leuba 

Le climat reste particulièrement tendu à Grand Besançon Métropole. Lors du conseil communautaire de ce jeudi 21 mai, l’affaire Franck Bernard s’est imposée au cœur des débats politiques, quelques jours après les révélations de Mediapart sur des publications Facebook attribuées au vice-président de l’agglomération. Même si le dossier ne figurait pas officiellement à l’ordre du jour, les échanges ont largement été dominés par les interrogations autour du maintien de l’élu au sein de l’exécutif communautaire. Élu en avril dernier 15e vice-président de Grand Besançon Métropole, Franck Bernard, maire de Chevroz et identifié comme proche du Rassemblement national, cristallise depuis plusieurs semaines les tensions au sein de la nouvelle majorité conduite par Ludovic Fagaut.

Des révélations qui mettent l’exécutif sous pression

Dans son édition récente Mediapart et le pure player local « le Chni »  évoquent plusieurs contenus publiés sur un compte Facebook attribué à Franck Bernard. Les deux  médias parlent de publications à caractère raciste, homophobe et anti-LGBT+, provoquant immédiatement une vague de réactions dans les rangs de la gauche et des écologistes. Dès l’ouverture du conseil communautaire, Ludovic Fagaut a pris la parole pour évoquer le sujet. Le président LR de Grand Besançon Métropole a reconnu la gravité des éléments révélés tout en indiquant ne pas cautionner les contenus évoqués. Il a néanmoins appelé à prendre le temps d’examiner la situation avant toute décision. Dans l’assemblée, plusieurs élus communautaires ont réclamé des mesures fortes. Certains ont évoqué des propos « incompatibles » avec les responsabilités exercées au sein de la métropole. D’autres ont dénoncé une banalisation de l’extrême droite dans l’exécutif communautaire.

Une élection déjà très contestée

L’élection de Franck Bernard comme vice-président, le 20 avril dernier, avait déjà suscité une forte polémique. Pour la première fois, un élu identifié au RN intégrait le bureau exécutif de Grand Besançon Métropole. A gauche, plusieurs élus avaient alors parlé d’« une ligne rouge franchie ». Les écologistes et les élus communistes dénonçaient une recomposition politique inquiétante au sein de l’agglomération bisontine après la perte de la présidence par Anne Vignot et la victoire de la droite menée par Ludovic Fagaut. La majorité défendait au contraire une logique de représentation territoriale des communes de l’agglomération, estimant que la désignation de Franck Bernard relevait davantage des équilibres géographiques que d’un accord politique avec le RN.

Franck Bernard se défend

Invité à s’exprimer durant la séance, Franck Bernard a reconnu que le compte Facebook évoqué était bien le sien, tout en contestant les accusations portées contre lui. L’élu affirme ne pas être raciste ni anti-LGBT et estime être devenu « l’homme à abattre » depuis son élection au sein de l’exécutif métropolitain. Ses explications n’ont toutefois pas suffi à apaiser les tensions. Plusieurs élus ont continué à réclamer son retrait du bureau communautaire ou sa démission.

Une majorité fragilisée

Pour Ludovic Fagaut, le dossier devient désormais hautement sensible politiquement. Car au-delà du cas personnel de Franck Bernard, cette affaire symbolise les nouvelles fractures politiques qui traversent Grand Besançon Métropole depuis l’alternance de 2026. La droite contrôle désormais l’agglomération après plusieurs années de gouvernance écologiste. Mais l’entrée d’un élu RN dans l’exécutif métropolitain ouvre un débat inédit sur les alliances locales et sur la place de l’extrême droite dans les institutions intercommunales.

Dans ce contexte, les prochains conseils communautaires pourraient continuer d’être marqués autant par les grands dossiers métropolitains — transports, urbanisme, finances ou environnement — que par cette crise politique persistante autour de Franck Bernard.

À Besançon, le ton est donné. Un mois et demi après la prise de fonctions du maire Ludovic Fagaut, les élus communistes et le collectif À Gauche Citoyen ont présenté un premier bilan critique lors d’une conférence de presse.

L'interview de la rédaction : Aline Chassagne

Une opposition unie pour “tirer un premier bilan”

Autour des élus d’opposition Aline Chassagne et Hasni Alem et de représentants du collectif  A Gauche Citoyens, ont voulu analyser les premières décisions de la nouvelle majorité. “Il y a beaucoup de communication, mais aussi des axes très clairs qui se dessinent”, résument-ils.  Au cœur des critiques : une orientation jugée rétrograde. L’opposition dénonce une série de mesures perçues comme des reculs, qu’il s’agisse du fleurissement, de l’éclairage de la Citadelle ou encore du stationnement gratuit, au centre-ville, entre 12h et 14h. “On voit bien que des éléments du programme sont mis en œuvre, mais avec une logique de retour en arrière”, souligne Aline Chassagne. “Il défait ce qui a été construit ».

L'interview de la rédaction : Aline Chassagne

L'interview de la rédaction : Asni Halem 

Une ligne politique jugée idéologique

Les intervenants voient dans les premières décisions de la majorité une orientation marquée à droite. “Ils reprennent tous les repères de la droite, et même d’une droite ancienne”, est-il avancé. L’engagement de Ludovic Fagaut dans une nouvelle formation politique, Nouvelle Energie du maire de Cannes David Lisnard,  est également évoqué comme révélateur d’une ligne “ultralibérale”, selon l’opposition. Face à cette orientation, les élus affirment leur rôle :
“Nous avons été élus démocratiquement, nous ferons notre travail d’opposition. Ils annoncent une vigilance particulière sur plusieurs sujets jugés absents des priorités actuelles : la question sociale, les droits des femmes et plus largement les politiques de solidarité.  L’opposition regrette notamment un recul en matière de parité au sein de l’agglomération, avec une baisse du nombre de femmes dans les instances exécutives.

L'interview de la rédaction : Hasni Alem 

Des inquiétudes sur les politiques concrètes

Au-delà des symboles, les élus attendent des réponses sur des enjeux du quotidien : rénovation des écoles, tarification de la restauration scolaire, mobilités et logement. “Les habitants attendent des mesures concrètes, pas seulement des symboles”, insiste Aline Chassagne. Autre sujet d’inquiétude : la gestion financière. L’opposition redoute un retour à des pratiques budgétaires qu’elle juge dépassées. “On a l’impression de revoir des politiques d’un autre temps, où l’on pouvait se permettre de creuser la dette”, est-il avancé. Une critique renforcée par le contexte d’incertitudes économiques récentes.

Un appel à “entrer dans le XXIe siècle”

En conclusion, l’opposition appelle la majorité à changer de cap : “Nous sommes au XXIe siècle. Il faut arrêter de penser comme au XXe siècle. Elle insiste notamment sur la faculté d’intégrer pleinement les enjeux climatiques, sociaux et scientifiques dans les politiques publiques locales. Cette conférence de presse marque une première étape dans le positionnement de l’opposition bisontine. Face à une majorité qui revendique une rupture, le débat politique local s’installe déjà dans un rapport de confrontation assumé.

 

À l’occasion du conseil d’installation de Grand Besançon Métropole, la désignation d’un représentant du Rassemblement National, en l’occurrence Franck Bernard, le Maire de Chevroz,  au poste de vice-président,  « ne peut être considérée comme une formalité technique », selon les élus socialistes, issus de l’opposition bisontine (Jean-Sébastien Leuba, Sylvie Wanlin et Abdel Ghezali).  Ils appellent  leurs collègues élus communautaires « à assumer pleinement la portée politique de ce vote ». « Il ne s’agit pas d’un simple ajustement de secteur, mais bien d’un choix structurant engageant les valeurs portées par notre collectivité », disent-ils.

Une charte qui ne saurait servir de caution

Et de poursuivre : « La charte de gouvernance, invoquée pour justifier cette nomination, ne possède aucune valeur juridique contraignante. Elle ne peut en aucun cas servir de paravent pour neutraliser le débat politique ou ignorer les appartenances lorsque celles-ci sont incompatibles avec les principes républicains. Si cette charte conduit à de telles dérives, alors elle doit être revue ».

Une incohérence politique assumée

Le trio dénonce « l’incohérence de la droite locale, qui agite la menace des  extrêmes  en période électorale tout en facilitant aujourd’hui l’accès du Rassemblement National à des responsabilités exécutives ». « Ce qui constituait hier une ligne rouge ne peut devenir aujourd’hui une simple zone grise ». « Il ne peut s’agir d’un simple vote technique de secteur mais d’un véritable vote structurant de valeurs. »

Sans réelle surprise, Ludovic Fagaut a été élu président de Grand Besançon Métropole (GBM), recueillant 97 voix sur les 122 conseillers communautaires. Une large majorité qui conforte l’ancrage politique du maire de Besançon à la tête de l’intercommunalité. Face à lui, l’élue bisontine insoumise Séverine Véziès n’a obtenu que huit suffrages, tandis que Jacques Adriasen en a récolté deux.

Une feuille de route axée sur le développement et l’attractivité

Dans son discours d’installation, le nouveau président a fixé les grandes orientations de sa mandature. Parmi ses priorités figurent : le développement économique du territoire, l’aménagement urbain,  la sécurisation des entreprises, notamment celles du secteur du luxe, le renforcement des politiques culturelles, sportives et touristiques…  . L’objectif affiché est clair : valoriser le territoire du Grand Besançon et renforcer son attractivité, y compris à l’international. Dans cette optique, Ludovic Fagaut a également insisté sur la nécessité de consolider les partenariats existants, en particulier avec la Suisse voisine.

Un exécutif installé conformément aux règles

Cette première assemblée a également permis de mettre en place l’exécutif de la nouvelle mandature. Au total, 15 vice-présidents et 17 conseillers délégués ont été élus. Catherine Barthelet accède au poste de première vice-présidente. Elle sera entourée notamment d’Anne Falga, Pascal Routier, Patrick Ayache, Patrick Jacques, Nathalie Bouvet, Jean-Paul Michad, Anthony Nappez, Laurence Mulot Césari, Pascal Dériot, Philippe Regenass, Pierre Charles Henry, Franck Monneur, Laurent Jeunet et Franck Bernard.

CATHERINE Barthelet GBM

                                                                                                                                                            Catherine Barthelet 

L’élection controversée de Franck Bernard

L’un des temps forts de cette installation reste l’élection de Franck Bernard, maire de Chevroz, au poste de quinzième vice-président. Soutenu par une partie de la majorité, cet élu, qui revendique son attachement aux valeurs du Rassemblement National, a remporté son duel face à Gérard Monnien avec 58 voix. Cette nomination a suscité de vives réactions. La gauche bisontine, appuyée par Patrick Ayache, maire de Pirey et pourtant membre de l’exécutif, a tenté en vain de faire barrage à sa candidature. Plusieurs élus ont exprimé leur inquiétude quant à l’entrée d’un représentant assumé de cette sensibilité politique au sein du bureau de GBM.

francke bernard GBM

                                                                                                                                                            Franck  Bernard 

 

GERARD Monnien GBM

                                                                                                                                                              Gérard Monnien 

 

Des tensions autour de la gouvernance

Malgré l’appel à une « présidence collégiale » lancé par Ludovic Fagaut, des voix discordantes se sont rapidement fait entendre. Séverine Véziès, Aline Chassagne, Anthony Poulin et Anne Vignot ont exprimé leurs réserves, dénonçant un manque d’ouverture. La contestation s’est cristallisée autour de la nomination de Franck Monneur comme 13 vice-président et dernier représentant du secteur bisontin. La gauche bisontine reproche notamment l’absence de représentants de l’opposition au sein du bureau, malgré des engagements initiaux du président. Ludovic Fagaut a justifié cette décision par la présence de La France Insoumise dans les rangs de l’opposition, provoquant une vive réaction des élus concernés. Séverine Véziès a fermement répondu, appelant le président à revoir son positionnement : « Il n’y a pas de sous-élus dans cette instance », a-t-elle déclaré, rappelant les 19 000 électeurs ayant soutenu la gauche à Besançon lors du scrutin municipal de mars.

Séverine Vezies GBM

                                                                                                                                                 Séverine Vézies 

 

Aline Chassagne GBM

                                                                                                                                                     Aline Chassagne 

 

ANTHONY poulin GBM

                                                                                                                                                          Anthony Poulin 

Une mandature qui débute sous tension

Si l’élection de Ludovic Fagaut ne faisait guère de doute, la mise en place de son exécutif révèle déjà des lignes de fracture politiques. Entre volonté affichée de rassemblement et critiques de l’opposition, la nouvelle gouvernance de Grand Besançon Métropole débute dans un climat contrasté.