Au lendemain d’un basculement politique inédit, Nicolas Bodin met en garde contre le déni. L’ancien élu socialiste bisontin estime indispensable d’analyser en profondeur les causes de la défaite pour éviter un affaiblissement durable de la gauche locale.
Une réaction de votre part, en tant qu’homme de gauche et ancien élu à la Ville de Besançon et Grand Besançon Métropole, sur le résultat des élection municipales à Besançon ?
Oui, il me paraissait important de m’exprimer. Je ne l’ai pas fait pendant la campagne. Désormais, les résultats sont acquis, les exécutifs sont en train de se mettre en place, tant au niveau de la ville que de l’agglomération. Il me semble donc utile, en ce début de mandat, de donner une version des faits, mais surtout de se projeter vers l’avenir.
Quel est votre constat ? Cette défaite était-elle évitable ? Comment l’expliquez-vous ?
La possibilité d’un basculement de Besançon à droite ne date pas d’hier. La question s’était déjà posée en 2014, avec une victoire très serrée face à Jacques Grosperrin. Elle s’est reposée en 2020 avec la victoire d’Anne Vignot, également très courte — environ 500 voix — dans un contexte particulier lié au Covid. Dès 2020, je considérais que cette ville pouvait basculer à droite. Le mandat 2020-2026 a été complexe, notamment en raison des deux premières années fortement marquées par la crise sanitaire. Au final, la défaite est assez nette. Ce que je regrette, c’est qu’à gauche, on donne parfois l’impression que rien ne s’est passé. Or, un changement de majorité après 73 ans de gestion socialiste et écologiste n’est pas un fait anodin. Il faut analyser sans tabou ce qui s’est passé.
Cette défaite aurait-elle pu être évitée ? Probablement en partie. Il y a des sujets majeurs à réaborder clairement : le logement, la sécurité, l’économie. Ce sont des thèmes sur lesquels je me suis beaucoup exprimé durant le mandat précédent, parfois au prix de critiques. Aujourd’hui, il faut ouvrir un vrai débat. Sinon, nous risquons de rester durablement dans l’opposition, avec des conséquences importantes sur les politiques menées localement.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin
Comment vivez-vous cette situation ? Avec tristesse, amertume, colère ?
C’est un mandat qui ne sera pas de six ans mais de sept ans, dans un contexte politique national très structuré par l’élection présidentielle. À un an du scrutin, la montée du Rassemblement national est très préoccupante. Si une victoire de l’extrême droite devait se produire, cela entraînerait sans doute une recomposition politique, notamment à gauche. Mais, à minima, nous devons faire localement un travail d’analyse sérieux.
Par exemple, la sécurité est un sujet majeur qui préoccupe tout le monde. La gauche doit s’en saisir. Ce n’est pas un thème réservé à la droite ou à l’extrême droite. Ne pas le faire serait une erreur. Même chose pour l’économie, qui renvoie directement à l’emploi. Si les Bisontins ne trouvent pas suffisamment d’emplois localement, ce sera très préjudiciable pour le territoire.
Nous devons nous réapproprier ces sujets avec notre vision, en intégrant les enjeux environnementaux et de transition écologique. Il faut aussi s’interroger : que signifie le social au XXIᵉ siècle, sans tomber dans l’assistanat ? Nous avons beaucoup de chantiers devant nous. On ne peut pas simplement dire : « c’est une défaite » et repartir comme si de rien n’était. Il faut analyser les dix dernières années, comprendre pourquoi une partie de l’électorat de gauche s’est détournée ou a basculé.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin
Peut-on dire que le départ de l’ancien maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret, vers La République En Marche a joué un rôle ?
Oui, son départ en 2017 a été un événement politique dont on n’a pas suffisamment mesuré l’importance. Beaucoup de Bisontins de sensibilité sociale-démocrate, centre gauche ou centriste ne se sont pas retrouvés dans la politique menée ou dans l’alliance avec La France Insoumise. Certains se sont abstenus, d’autres ont voté pour Ludovic Fagaut. Cela pose la question du centre de gravité politique de la ville, qui n’était plus représenté.
Par ailleurs, le macronisme, que j’ai toujours considéré comme une parenthèse, semble aujourd’hui en train de se déliter. Il y a donc un espace à reconstruire autour d’une social-démocratie modernisée, y compris à Besançon. Cela implique de se remettre en question, de lever les tabous et de répondre aux préoccupations des citoyens, qui se désengagent de plus en plus. L’abstention est d’ailleurs un fait marquant de cette élection : elle atteint un niveau inédit pour des municipales, pourtant censées être les élections locales les plus mobilisatrices.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin
Peut-on dire que l’électorat bisontin a durablement basculé à droite ?
Pas nécessairement. Il faudra observer l’action de la nouvelle majorité. Nous sommes dans une période de bouleversements profonds — locaux, nationaux et internationaux. Entre les crises géopolitiques, la présidentielle à venir et les enjeux climatiques, les élus font face à des transformations majeures. Je ne pense pas que le basculement soit définitif. Il existe un véritable électorat de gauche à Besançon. À nous de travailler pour être prêts et crédibles lors des prochaines échéances.
Peut-on attribuer cette défaite uniquement à Anne Vignot ?
Non, ce serait beaucoup trop simple. Bien sûr, en tant que maire, elle porte une responsabilité plus importante, mais la situation est bien plus complexe. J’ai pu avoir des désaccords politiques avec elle, notamment sur la sécurité ou l’économie, mais on ne peut pas résumer cette défaite à sa seule personne. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, on évite parfois le débat de fond. On se contente de dire : « ce n’était pas la bonne candidate, pas la bonne alliance », et on passe à autre chose. Or, il faut analyser les politiques menées : correspondaient-elles aux attentes des Bisontins ? Qu’ont-ils ressenti ? Qu’aurions-nous pu faire mieux ? Si l’on se contente de désigner un responsable, on prépare les défaites futures. Il faut comprendre les causes profondes.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin
Souhaitez-vous participer à ce travail d’analyse ?
Oui, absolument. Je veux contribuer à ce travail de réflexion et de bilan. J’ai moi-même été élu entre 2014 et 2026, je suis donc comptable de ce bilan. Il y a sans doute des choses que j’aurais pu faire mieux. Il faut l’analyser sereinement, sans tabou, avec honnêteté. Cela implique d’accepter que nous ayons pu commettre des erreurs. Les Bisontins le méritent, et nous ne pourrons rebondir sans cet exercice, même s’il peut être difficile.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin
Avez-vous définitivement tourné le dos à la vie politique ?
Non. La politique reste pour moi une véritable passion intellectuelle. J’ai été élu pendant plusieurs années, je suis aujourd’hui militant, et l’avenir dira la suite. Je souhaite en tout cas contribuer à un débat sincère, afin que les générations futures puissent rebondir et continuer à porter des idées progressistes, sociales et écologiques, ici ou ailleurs.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bodin
Le Forum Jobs d’été revient ce vendredi 10 avril, de 13 h 30 à 17 h, à la salle des fêtes – espace Christian‑Genevard de Morteau. Organisé par Info Jeunes Val de Morteau, en partenariat avec le CRIJ, la Ville de Morteau et la Mission Locale, l’événement rassemblera une douzaine d’employeurs des secteurs de l’animation, de la restauration, du tourisme, des services à la personne ainsi que plusieurs agences d’intérim.
Ouvert aux jeunes dès 16 ans, ce forum permettra de rencontrer directement les recruteurs, tester sa motivation et décrocher un job pour l’été. Les visiteurs pourront aussi bénéficier des conseils de la Mission Locale pour optimiser CV et lettre de motivation, et échanger avec France Services et les acteurs jeunesse du territoire.
A la suite des élections municipales et l’installation des conseils municipaux, le conseil communautaire de la Communauté de communes du Plateau du Russey se réunit ce mercredi 8 avril à 19 h 30, à la Maison des services, 17 avenue de Lattre de Tassigny, au Russey.
À l’ordre du jour, l’élection du nouvel exécutif communautaire.
Durant cette première semaine de vacances, le Val de Morteau poursuit son « Printemps de la sécurité routière ». Deux actions, destinées aux enfants et aux seniors, sont à venir.
Actuellement, les 8‑10 ans participent à un stage « Savoir rouler à vélo » : 18 heures de formation assurées par l’école de VTT pour apprendre à circuler en ville en toute sécurité. Le stage, limité à 12 enfants, se déroule à l’école Pergaud de Morteau.
À partir du 27 avril, l’association AGIR Solidarité proposera un stage de révision du code de la route destiné aux seniors : quatre séances de deux heures, le matin à Villers‑le‑Lac et l’après‑midi à Morteau. Au programme : rappel de la signalisation, révision des panneaux, circulation dans les ronds‑points, mais aussi appréhension des nouvelles technologies embarquées dans les véhicules. Une mise à jour utile pour reprendre la route en toute confiance.
Ces actions sont organisées avec le soutien de la Direction départementale des Territoires.
Le député Éric Liégeon a interpellé ce matin le ministre de l’Action et des Comptes publics à l’Assemblée nationale au sujet de l’indemnité de résidence, une aide versée aux fonctionnaires pour compenser le coût de la vie selon les territoires.
En décembre 2023, 61 communes de l’Ain et de la Haute‑Savoie ont été ajoutées au dispositif. Le Doubs, pourtant frontalier de la Suisse et confronté à une forte hausse des loyers, à des difficultés de recrutement et à une pression immobilière comparable, n’a pas été retenu.
Pour le député, cette décision crée « une rupture d’égalité » entre agents publics placés dans des situations similaires et renforce le sentiment d’abandon dans le Haut‑Doubs.
Il a demandé au Gouvernement si l’extension de l’indemnité de résidence aux fonctionnaires du Doubs pourrait être prochainement envisagée.
Durant quatre jours, les terrains d’Ornans et du Russey résonnent d’un accent inhabituel : celui de la Catalogne. L’Espanyol de Barcelone, club historique de Liga et référence européenne en matière de formation, y conduit un stage intensif de perfectionnement destiné aux jeunes footballeurs et footballeuses francs‑comtois. Une initiative portée par Thibaut Prost, responsable de l’organisation pour l’Occitanie et la Franche‑Comté.
Quatre jours pour comprendre le jeu
« Ce n’est pas un tournoi, mais un stage de perfectionnement », insiste d’emblée Thibaut Prost. L’objectif : transmettre les méthodologies de travail catalanes, réputées pour leur exigence, leur intensité et leur capacité à former des joueurs complets. L’Espanyol, souvent dans l’ombre du Barça, n’en demeure pas moins l’un des meilleurs clubs formateurs d’Europe. Le club déploie ces stages sur plusieurs continents — Asie, Amérique, Europe — et actuellement en Franche‑Comté. Une opportunité rare pour les clubs locaux.
L'interview de la rédaction : Thibaut Prost
Des jeunes de 8 à 15 ans, filles et garçons, plongés dans la culture catalane
Les bénéficiaires sont les enfants des clubs hôtes et des alentours, âgés de 8 à 15 ans. « Tout le monde est convié, encore plus les filles », souligne Thibaut Prost. Un clin d’œil appuyé à Ornans, un des clubs hôtes, où la féminisation du football est un axe fort de développement. Chaque session est encadrée par Thibaut Prost lui‑même, éducateur diplômé, et par deux entraîneurs catalans issus du centre de formation de l’Espanyol ou membres du réseau international du club. Une immersion linguistique, culturelle et sportive.
Huit séances, seize heures d’entraînement : l’équivalent d’un mois en club
Le stage s’étale sur quatre jours, avec deux entraînements quotidiens. « On a beaucoup de temps, ce qui nous permet d’expliquer chaque situation, de travailler la compréhension du jeu, puis d’appliquer avec intensité », détaille l’organisateur. Contrairement à l’image parfois associée aux stages techniques, ici, le jeu prime. Les éducateurs multiplient les séquences de jeu, les arrêts sur image, les analyses de situations. Une approche très catalane : « En Catalogne, la culture du foot est différente. L’intensité, l’esprit de compétition, la compréhension du jeu sont travaillés très tôt ».
L'interview de la rédaction : Thibaut Prost
Une progression thématique et un suivi sur quatre jours
Les mêmes enfants participent à l’ensemble du stage. Les inscriptions se font plusieurs semaines à l’avance, et chaque journée aborde une thématique précise. L’objectif : qu’ils repartent avec une meilleure maîtrise des situations de match et une capacité accrue à s’adapter. L’essentiel reste sur le terrain.
L'interview de la rédaction : Thibaut Prost
À Besançon, une jeune conductrice de 18 ans a été interpellée samedi avenue Île‑de‑France. Elle venait de franchir un feu rouge lorsqu’un contrôle a permis de découvrir sur elle un sachet contenant 0,5 gramme de cocaïne et 8 grammes d’héroïne. Elle a indiqué qu’elle devait livrer ces produits dans les quartiers Orchamps et Palente. La jeune femme n’était par ailleurs pas titulaire du permis de conduire. Placée en garde à vue, elle a été remise en liberté avec une convocation en justice en novembre.
À Besançon, un refus d’obtempérer a eu lieu dimanche après‑midi boulevard Churchill. Les policiers de la BAC ont tenté de contrôler un scooter TMAX avec deux personnes à bord, mais le conducteur a pris la fuite. Les deux individus ont été retrouvés puis interpellés en sécurité. Le conducteur, 30 ans, non titulaire du permis, est convoqué en justice en novembre. La passagère, âgée de 20 ans, n’a pas été poursuivie et son argent, saisi lors du contrôle, lui a été restitué.