Samedi soir, lors de la cérémonie de clôture du festival de Cannes, les frères Dardenne ont dédié leur victoire à Stéphane Ravacley, le boulanger bisontin. Les deux cinéastes se sont vu remettre le prix de cette 75è édition pour leur film Tori et Lorita. Ce long métrage raconte l’histoire de deux jeunes exilés.
Stéphane Ravacley, candidat dans la 2è circonscription du Doubs, avec les couleurs de la NUPES, avait fait une grève de la faim, d’une dizaine de jours, en 2020 pour protester contre l’expulsion de son apprenti guinéen et demander sa régularisation.
C’est une réalité, les salles des professeurs se vident. Les candidats aux concours d’enseignants se font de plus en plus rares en raison d’un manque d’attractivité vis-à -vis du métier. Face à cette crise des vocations, les congrès départemental du Doubs, qui s’est tenu le 20 mai dernier, et national, prévu en juin prochain à Mulhouse, s’interrogent sur le devenir du métier et veulent tirer la sonnette d’alarme auprès de leur ministère de tutelle.
La situation inquiète. A en croire, le nombre de candidats aux épreuves de sélection, le métier d’enseignant semble ne plus faire rêver. L’entrée tardive dans le métier en raison de la réforme concernant les formations, des conditions d’entrée dans le métier de plus en plus difficiles, la faible rémunération et les conditions de travail sont clairement dénoncées. Cette année, le nombre de candidats présents au concours est en nette diminution. Ce qui inquiète énormément les professionnels et leurs syndicats. A titre d’exemple, dans le second degré, dans l’académie de Besançon, en mathématiques, seuls 816 candidats sont admissibles pour 1035 postes. C’est-à -dire, deux fois moins qu’en 2021. Au CAPES d’allemand, il y a seulement 83 admissibles pour 215 postes. « Dans ces conditions, il est fort à parier que de nombreux postes resteront vacants » déplore-t-on dans les rangs du Snes FSU. Et de conclure : « si le gouvernement persiste à ne pas vouloir identifier les causes de la crise de recrutement que nous traversons actuellement, c’est l’existence même du service public d’éducation qui sera à terme menacée ».
Congrès National
Les principales lignes de conduite du congrès national s’articuleront sur les conditions de scolarisation des élèves, la difficulté scolaire, les situations de handicaps mais aussi de la situation alarmante des conditions de travail des enseignants. Seront également abordés : la lutte et les transformations sociales afin d’aspirer à un renouveau pour le secteur de l’éducation.
Pap Ndiaye, un nouveau ministre, porteur espoir ?
Énormément d’attentes et de besoins reposent sur les épaules de Pap Ndiaye, successeur de Jean-Michel Blanquer, à la tête du ministère de l’éducation. Malgré un parcours et une approche très différent de son prédécesseur, l’inquiétude persiste. Pap Ndiaye devra faire ses preuves. Les attentes sont élevées, les syndicats d’enseignants espèrent un changement radical avec une réelle prise en compte des enfants défavorisés, qui sont de plus en plus nombreux dans le pays.
Triste date anniversaire. Ce mardi marquait les trois mois du début de la guerre en Ukraine. A cette occasion, un rassemblement était organisé à Besançon sur la place du 8 septembre. Peu de personnes ont répondu à l’invitation du collectif Solidarité Ukraine de Besançon. La mobilisation de l’hiver dernier s’essouffle. Le constat est bien réel, le conflit et l’invasion du pays par Vladimir Poutine semblent malheureusement désormais faire partie du quotidien. D’ailleurs, la guerre a quasiment quitté les unes de la presse écrite et parlée nationale.
Pour les participants, le danger de banalisation est bien réel. D’où l’importance de poursuivre aussi régulièrement que possible ces rassemblements, même si pour certains ils ont peu d’impact. En attendant, le conflit se poursuit et des civiles perdent la vie face aux assauts du dictateur russe.
Le reportage de la rédaction
Environ 500 personnes, dont un maximum de jeunes, ont participé ce samedi après-midi à la grande marche contre l’homophobie qui s’est tenue à Besançon. A l’initiative de ce rassemblement, des associations engagées dans cette cause, soutenues notamment par la Ville de Besançon, qui, à l’occasion de cette semaine de lutte, avait déployé le drapeau à ses couleurs.

Les participants ne cachaient pas leur plaisir de pouvoir vivre collectivement ce combat. Cette ambiance festive fut également très appréciée. Ces jeunes gens reconnaissent que les choses évoluent, mais, en 2022 encore, il reste tellement à faire pour faire accepter son homosexualité et ses choix de vie. « Plus on est, plus on peut mieux s’affirmer » déclare l’un d’eux.

Trop nombreuses violences et insultes
Le combat est encore long. L’été dernier, des personnes ont été encore agressées et insultées à Besançon, notamment au parc Micaud, pour leur orientation sexuelle. La stigmatisation serait encore plus franche dans les milieux ruraux, selon les participants. Un conflit de génération, mais pas toujours. Une chose est certaine, tout le monde espère que la société saura se montrer « plus ouverte et tolérante ».
Le reportage de la rédaction
Comme chaque année à pareille époque, ce mercredi après-midi, dans le jardin de la préfecture du Doubs, s’est déroulée la cérémonie de remise des prix du concours national de la Résistance et de la Déportation. Tous les lauréats ont été récompensés et les meilleurs ont été retenus pour le grand rendez-vous national.
Cette année, les lycéens et les collégiens ont planché sur le thème : « la fin de la guerre. Les opérations, les répressions, les déportations et la fin du IIIè Reich ». Pour cette nouvelle édition, les organisateurs ont regretté le net recul du nombre de participants. Un constat exprimé car chacun juge utile que ce devoir de mémoire puisse perdurer. Ne rien oublier, pour ne pas reproduire les erreurs du passé. Comme l’a rappelé le représentant du Préfet du Doubs, « le contexte actuel nous oblige à être vigilants et à prôner la paix dans le monde ».

Des lycéens de Pergaud au Struthof

Mobilisée depuis de nombreuses années, Christine Chatot-Pieralli, enseignante en histoire géographie au lycée Louis Pergaud de Besançon a fait participer ses élèves. Des jeunes pour lesquels ce devoir de mémoire est des plus importants. Un travail avec une classe de Berlin et le Mémorial de Ravensbrück a été réalisée. La réflexion a porté sur le sujet des femmes déportées durant la Seconde Guerre Mondiale. Cette initiative pédagogique se clôturera mardi prochain par un déplacement au Mémorial du Struthof où les lycéens déposeront une gerbe de fleurs en hommage aux anciens déportés francs-comtois.
Le reportage de la rédaction : Christine Chtot-pieralli et ses élèves sont au micro de la rédaction
Un délégué à l’accompagnement des reconversions professionnelles est en poste dans le département du Doubs. Il est occupé par Nahim Guemazi. Sous l’autorité du Préfet, sa mission principale est d’accompagner les entreprises concernées par des mutations pour anticiper les évolutions des emplois et compétences. La crise sanitaire et économique a accéléré les mutations du marché du travail et fait émerger de nouveaux enjeux autour de la formation professionnelle. Pour joindre cet interlocuteur, il faut composer le 03.39.59.57.88
Depuis ce lundi 16 mai, le masque n’est plus obligatoire dans les transports en commun. Cet après-midi, à Besançon, aux arrêts de bus et de tram de la ville, la population était plutôt mitigée. Beaucoup ont décidé de continuer à le porter. La peur de contracter le virus, toujours en vigueur en France, est encore bien ancrée dans les têtes.
Jeune et moins jeunes restent méfiants. Certains n’ont pas l’intention d’appliquer les libertés qui leur ont été récemment accordées. La situation sanitaire du pays et la promiscuité dans les transports en commun n’inspirent pas confiance. « C’est un peu précipité » explique Adeline. Et de poursuivre : « Je pense que dans les transports en commun, c’est mieux de le porter ». « Pour le covid, comme pour les autres maladies, je me sens plus en sécurité avec le masque » ajoute Anna.
Antonin, jeune collégien, ne s’en séparera pas non plus. Il a constaté que ce lundi, dans les transports en commun bisontins, les comportements étaient très différents. Même constat pour Angélique, qui reste méfiante. « Certains ont peut-être le covid sans même le savoir. Alors, je préfère me protéger ». « J’ai une santé trop fragile » conclut-elle.
Le micro-trottoir de la rédaction
C’est le sujet de société et économique du moment. L’inflation est au cœur de toutes les préoccupations. Elle impacte durement le pouvoir d’achat des consommateurs, en rendant le coût de la vie de plus en plus cher. La rédaction a rencontré Xavier Monchois de l’Insee Bourgogne Franche-Comté.
Les chiffres sont têtus et parlent d’eux-mêmes. Depuis l’été 2021, l’inflation ne cesse de progresser. Les prix à la consommation, l’indicateur de référence, laissent apparaître une évolution franche entre janvier et avril derniers, passant de 3,6% à 4,8% sur un an. Les dernières estimations tablent désormais sur 5,7% en juin. M. Monchois rappelle que ces données sont loin d’être historiques puisque dans la période après-guerre et les années 70, et jusqu’au début des années 80, les taux d’inflation pouvaient atteindre jusqu’à 13, voire 14%.
Pourquoi une telle situation ?
Les explications sont toutes trouvées. La reprise de l’activité économique, l’automne dernier, à la sortie de la crise sanitaire, engendrant une forte demande en matière première et en énergie, conjuguée à la crise en Ukraine, provoquant une hausse significative de ces mêmes matières premières, ont contribué à l’augmentation des prix. Une situation que les dernières décisions gouvernementales, telles que le bouclier tarifaire et la remise à la pompe, ont permis de contrôler. « S’il n’y avait pas eu ces mesures, nous aurions enregistré deux points de plus d’inflation » ajoute M. Monchois.
Est-ce que cela va durer ?
Avec le contexte international actuel, les économistes ont bien du mal de se projeter. La situation en Ukraine et la stratégie « zéro Covid » en Chine sèment le trouble et inquiètent. Les difficultés d’approvisionnement peuvent perdurer et font l’objet de toutes les attentions. La dernière note conjoncturelle de l’Insee prévoit une croissance nulle au 2è trimestre, portant la croissance annuelle à 2,6% pour l’année 2022.
L'interview de la rédaction
Ce vendredi matin, un rassemblement s’est tenu devant le tribunal administratif de Besançon pour dire « non à l’expulsion des mineurs isolés du squat de Tarragnoz sans solution de relogement ». Environ 80 personnes étaient présentes. La décision de justice sera rendue dans trois semaines.
Depuis avril 2021, l’association Solmiré a réquisitionné un logement vacant pour y installer six jeunes , tous reconnus mineurs, originaires du continent africain. Une nouvelle procédure d’expulsion a été engagée ce jour par le propriétaire des lieux, Voies Navigables de France, devant la justice. Le collectif ne se fait pas trop d’illusion sur l’issue de la procédure. Il espère juste obtenir trois à quatre mois supplémentaires pour trouver une solution. Dans ces conditions, si rien n’est fait, le retour à la rue pourrait redevenir une réalité pour ces jeunes étrangers.
L’aide sociale à l’enfance
Face à l’inaction du conseil départemental du Doubs, qui a, politiquement, la responsabilité de cette action sociale, les militants ont décidé de faire entendre une nouvelle fois leur colère et leur inquiétude. Noëlle Ledeur de l’association Solmiré dénonce la politique mise en œuvre par la collectivité qui, selon elle, « fait un tri ». Il est notamment pointé « les décisions arbitraires qui sont prises ». Selon Mme Ledeur, l’autorité préfère, dans le doute, prendre une mauvaise décision, plutôt que d’attribuer la minorité à quelqu’un de majeur.
Inégalité de traitement
Solmiré aimerait également que la générosité actuellement accordée au peuple ukrainien, « bien légitime », bénéficie à d’autres populations en détresse. « Pourquoi ce qui a pu être fait pour les réfugiées ukrainiennes et leurs enfants ne pourrait-il pas l’être aussi pour des adolescents de Côte d’Ivoire, de Guinée ou de Sierra Leone, arrivés sur le sol français ? » s’insurge Mme Ledeur.
L'interview de la rédaction / Noëlle Ledeur
Ce mercredi 11 mai, a été inaugurée la voie Gisèle Halimi au quartier Viotte à proximité de la gare de Besançon. Son fils, Serge Halimi, était présent pour cet événement.
Gisèle Halimi, grande défenseuse du droit des femmes, célèbre avocate et femme politique décédée en juillet 2020 voit son nom inscrit sur la voie du quartier Viotte qui abrite les services de l’État et bientôt le Conseil Régional sur une surface de 27 000 mètres carrés. Cette inauguration s’est déroulée en présence de la maire de Besançon, Anne Vignot qui a réaffirmé sa fierté de nommer des noms de rues de femmes qui ont fait l’histoire locale et nationale. Elle a également rappelé que Gisèle Halimi représente : « 70 ans de combats, de passion et d’engagement pour la cause des femmes » et qu’elle s’est battue pour la peine de mort et pour que le viol soit reconnu comme un crime et non plus un délit.
« Sa vie furent des combats »
Serge Halimi, fils de Gisèle Halimi était présent pour honorer la mémoire de sa mère et pour rappeler son parcours et sa place dans la société. Depuis le décès de sa maman, M. Halimi et ses deux frères constatent que ce genre d’inauguration, en hommage à Gisèle Halimi, se fait de plus en plus : « Elle a acquis une notoriété encore plus importante que celle qu’elle avait de son vivant ». Il regrette cependant que ce soient toujours les mêmes informations qui tournent autour de sa mère. C’est pourquoi il rappelle, entre autres, qu’en 1966 Gisèle Halimi a été au Vietnam afin de mener une mission d’enquête contre les crimes de guerre américains ou encore sa solidarité avec la Palestine qui a été le dernier grand combat de sa vie. « Sa vie furent des combats » souligne son fils et précise : « Les hommages n’ont de sens que si on y présente son combat ».
L'interview de la rédaction / Serge Halimi