Quatre lynx boréaux, trois mâles et une femelle recueillis cet hiver dans le massif du Jura, ont été remis en liberté ces derniers jours après plusieurs mois de soins au centre Athénas. Les félins, retrouvés notamment à Baume-les-Dames, Premiers-Sapins et Morteau, ont été relâchés sur les secteurs de Mont-sous-Vaudrey, Valdahon, Saint-Laurent-en-Grandvaux et Baume-les-Dames. L’un des jeunes avait survécu après la mort de sa mère, percutée par un véhicule. Espèce strictement protégée, le lynx boréal reste fortement menacé par les collisions routières et le braconnage.
Face à la progression du loup dans le massif jurassien et aux inquiétudes du monde agricole, l’association FERUS poursuit le développement de son programme PastoraLoup-Massif du Jura. Lancé en 2023, ce dispositif de soutien aux éleveurs repose sur l’intervention de bénévoles chargés d’assurer une surveillance nocturne des troupeaux dans les secteurs exposés à la prédation. Depuis plus de vingt-cinq ans, l’association mène ce type d’actions dans les Alpes et en région PACA. Plus de 800 bénévoles se sont succédé sur les alpages depuis 1999. Dans le Jura, plus de 150 personnes ont déjà été formées et mobilisées depuis le lancement du programme.
Une présence humaine pour sécuriser les troupeaux
La mission de ces bénévoles consiste à passer la nuit à proximité des troupeaux afin de détecter et faire fuir le prédateur en cas d’approche. « Le tout, c’est justement d’être assez réactif et réveillé à ce moment-là pour faire fuir le loup », explique Natacha Bigan, bénévole au sein de l’association. Elle rappelle toutefois que cette présence humaine ne constitue pas une solution permanente. « L’idée, c’est que ce soit une aide relativement temporaire pour soulager les éleveurs, le temps qu’ils trouvent une solution plus pérenne », précise-t-elle.
L'interview de la rédaction : Natacha Bigan
Des résultats jugés encourageants
Selon FERUS, les résultats obtenus jusqu’à présent sont très positifs. En 2025, les bénévoles ont assuré 238 nuits de garde entre la mi-mai et la fin octobre, sans qu’aucune prédation ne soit constatée pendant leur présence. « Les bénévoles ont pourtant vu des loups à plusieurs reprises, parfois d’assez près », souligne Natacha Bigan. Une quinzaine d’éleveurs ont fait appel au dispositif l’an dernier, un chiffre en augmentation constante. Certains exploitants quittent ensuite le programme après avoir mis en place d’autres moyens de protection, comme des chiens de protection ou des parcs de nuit adaptés. « Quand l’éleveur nous confie ses bêtes, l’idée, c’est qu’il puisse dormir sur ses deux oreilles », résume la bénévole.
L'interview de la rédaction : Natacha Bigan
Deux nouvelles formations prévues dans le Jura
Pour faire face à la demande croissante, l’association organise deux nouvelles sessions de formation en 2026 : les 23 et 24 mai à Lajoux dans le Haut-Jura et les 6 et 7 juin dans le Haut-Doubs. Les futurs bénévoles doivent ensuite s’engager à assurer au minimum deux nuits de garde entre mai et octobre. « Ce n’est pas énorme, même si certains bénévoles très investis réalisent jusqu’à vingt nuits durant l’été », souligne Natacha Bigan.
Une formation centrée sur la sécurité et les troupeaux
Contrairement aux idées reçues, les formations ne portent pas uniquement sur le loup. « Ce qu’on apprend surtout, c’est à gérer les bovins », explique la bénévole. Le programme comprend une présentation sur le comportement du loup et sa présence dans le massif jurassien, mais aussi des ateliers pratiques : installation d’un bivouac, déplacements de nuit dans les pâtures, approche des troupeaux en sécurité ou encore gestion du stress des animaux. « Faire fuir un loup, ça consiste surtout à taper dans les mains et crier un coup. Ce n’est pas ça la difficulté », sourit-elle.
Une méthode déjà éprouvée
Le dispositif développé par FERUS s’inspire des gardes de troupeaux mises en place dans les Alpes. L’association fait figure de pionnière dans ce domaine en France. Aujourd’hui, d’autres structures appliquent des méthodes similaires, notamment Opale en Suisse ou Vigie Jura dans le Doubs. En parallèle, FERUS poursuivra également en 2026 son programme « Parole de Patou », destiné à sensibiliser les randonneurs au rôle des chiens de protection et aux comportements à adopter lors des rencontres sur les sentiers du massif jurassien.
L'interview de la rédaction : Natacha Bigan
Pour de plus amples informations : https://www.ferus.fr/benevolat/parole-de-patou#utm_source=newsletter_157&utm_medium=email&utm_campaign=communique-pastoraloup-massif-du-jura-saison-2026
La Communauté de communes du Val de Morteau lance un nouveau service gratuit de prêt de « Mallette Énergie » destiné aux habitants du territoire. L’objectif : permettre aux particuliers d’analyser les consommations énergétiques de leur logement et de repérer les sources de déperdition de chaleur.
Le kit comprend notamment une caméra thermique, des wattmètres, un thermomètre-hygromètre ainsi que des outils pour mesurer la consommation d’eau. La mallette peut être empruntée gratuitement pendant une semaine par les habitants des huit communes du Val de Morteau.
Les réservations se font auprès de l’espace France Services Val de Morteau, avec dépôt d’un dossier et d’un chèque de caution de 800 euros.
Le groupe d’opposition « Doubs Solidaire Écologique et Social » (DSES) a vivement critiqué la politique menée par la majorité départementale lors de la dernière assemblée du conseil départemental du Doubs. Dans un communiqué, les élus de gauche dénoncent à la fois une baisse importante des investissements consacrés à l’eau potable et à l’assainissement, mais aussi l’absence de stratégie claire concernant l’avenir du Fort Griffon à Besançon.
Des aides divisées par trois sur la question de l’eau
L’opposition accuse le Département d’avoir fait de la politique de l’eau une « variable d’ajustement budgétaire ». Selon les chiffres avancés par DSES, les subventions accordées aux collectivités pour les réseaux d’eau potable et d’assainissement auraient été divisées par trois ces dernières années. Le groupe pointe notamment le nouvel accord-cadre du 12e programme de l’Agence de l’eau, qui prévoit une enveloppe départementale de 3,2 millions d’euros par an jusqu’en 2030, contre 7 millions d’euros annuels dans le précédent programme couvrant la période 2020-2024.
Une lecture contestée des données environnementales
Les élus de gauche critiquent également la présentation des données sur la qualité des cours d’eau diffusées par le site départemental de l’eau. Ils estiment que plusieurs stations de mesure jugées défavorables auraient disparu entre 2024 et 2025, ce qui donnerait une image artificiellement améliorée de l’état écologique des rivières du Doubs. DSES cite notamment l’exemple du Cusancin, classé en « bon état écologique » sur les documents départementaux, un classement jugé contestable par l’opposition. Le groupe rappelle également que la France a récemment été mise en demeure par l’Union européenne concernant son interprétation du « bon état écologique » des cours d’eau.
Le Fort Griffon au cœur des critiques
Autre dossier dénoncé : celui du Fort Griffon, à Besançon. L’opposition reproche au Département un manque d’entretien du site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Selon DSES, une enveloppe de 3 millions d’euros destinée à la rénovation des remparts aurait été supprimée dès 2015. Les dépenses d’entretien engagées entre 2018 et 2023 ne s’élèveraient qu’à 141 000 euros. Le coût de réfection des remparts est désormais estimé à près de 9,7 millions d’euros, contre 6,2 millions en 2018. À cela s’ajouteraient plusieurs millions d’euros nécessaires à la réhabilitation globale du site.
Une vente encore très floue
Le Département prévoit de lancer en 2026 un appel à manifestation d’intérêt afin de trouver un repreneur pour tout ou partie du Fort Griffon. Mais pour l’opposition, de nombreuses interrogations demeurent : qui financera les travaux ? Quel sera le modèle économique retenu ? Quelle place pour la Ville de Besançon dans le projet ? Les élus de gauche réclament également des garanties sur le maintien de l’accès public aux remparts et aux terrasses du fort.
Une stratégie habitat jugée incohérente
Enfin, DSES s’interroge sur la volonté du Département de devenir Autorité Organisatrice de l’Habitat (AOH) sans associer Grand Besançon Métropole ni Pays de Montbéliard Agglomération. Pour l’opposition, cette démarche apparaît davantage comme un moyen de pression politique vis-à-vis de l’État qu’une véritable stratégie départementale du logement.
Un mois après l’élection de Ludovic Fagaut à la tête de Besançon, les Écologistes de Besançon et du Grand Besançon dressent un bilan très critique des premières décisions prises par le nouvel exécutif municipal. Dans un communiqué, ils dénoncent « une rupture politique qui efface sans discernement les acquis du mandat précédent » et pointent des choix jugés régressifs sur les plans écologique, démocratique et social.
Un recul sur la finance responsable
Parmi les principales critiques figure la suppression de la grille d’analyse extra-financière utilisée dans l’attribution des prêts bancaires de la collectivité. Pour les écologistes, cet outil permettait d’intégrer des critères liés à l’engagement climatique, à la transparence des investissements ou encore à la responsabilité sociale des établissements bancaires. Son abandon traduirait, selon eux, « un retour à une gestion strictement comptable », au détriment des enjeux environnementaux et éthiques.
Des décisions jugées contraires aux enjeux écologiques
Les écologistes pointent également plusieurs décisions prises ces dernières semaines concernant l’environnement. Ils dénoncent notamment l’allumage de la Citadelle en pleine période de nidification, malgré les réserves formulées par des spécialistes de la biodiversité. Selon eux, cette décision a interrompu un projet d’éclairage innovant, conçu pour concilier mise en valeur du site UNESCO et protection du vivant.
Autre sujet de mécontentement : le retour à un fleurissement traditionnel par massifs de fleurs annuelles. Le collectif estime que ce choix représente un « recul environnemental et budgétaire », alors que de nombreuses collectivités privilégient désormais des solutions moins coûteuses, moins gourmandes en eau et plus favorables à la biodiversité.
Des choix politiques et financiers contestés
Le communiqué critique également l’augmentation des indemnités du maire et du président du Grand Besançon dans un contexte économique jugé difficile pour les habitants. Le cumul des fonctions de maire, président de Grand Besançon Métropole et vice-président du Département est également pointé du doigt.
Une inquiétude sur le fonctionnement démocratique
Les Écologistes de Besançon dénoncent enfin une « dégradation préoccupante du débat démocratique » au sein des conseils municipal et communautaire. Ils évoquent notamment des limitations dans l’expression de l’opposition ainsi qu’un non-respect des engagements de représentativité au sein du bureau de Grand Besançon Métropole.
Le collectif s’inquiète aussi de l’élection d’un élu du Rassemblement National au conseil communautaire, estimant qu’elle contrevient au « cordon sanitaire républicain » défendu pendant la campagne municipale.
« Une rupture sans projet »
Pour les écologistes, ce premier mois de mandat traduit avant tout une volonté « d’effacer méthodiquement les politiques écologiques, sociales et démocratiques du mandat précédent ». Ils assurent toutefois rester mobilisés aux côtés des élus d’opposition « pour défendre une ville durable, solidaire, démocratique et ambitieuse ».
À l’Université Marie et Louis Pasteur, la recherche polaire est à l’honneur jusqu’au 29 avril à l’occasion des 22ᵉ Journées scientifiques du Comité National Français des Recherches Arctiques et Antarctiques. Organisé à la Maison des Sciences Humaines et environnementales Ledoux, l’événement réunit chercheurs, doctorants et spécialistes autour des grands enjeux liés aux régions polaires, avec pour thème cette année : « Mondes polaires, mondes vulnérables ? ». Au programme : échanges interdisciplinaires sur le climat, la biodiversité ou encore les dynamiques sociales.
Une soirée ouverte au public est également prévue ce mardi 28 avril, de 20h à 21h, avec une lecture musicale de Bérengère Cournut, accompagnée du musicien Samuel Thézé. Rendez-vous à la salle des conférences. L’entrée est gratuite.
À Flagey, la Ferme Courbet accueille ce dimanche 26 avril une journée dédiée à la biodiversité. De 11h à 19h, le public pourra participer à de nombreuses animations : troc de graines, ateliers sensoriels, découverte historique du jardin et rencontres avec des naturalistes. Au programme également, une balade avec la Ligue de protection des oiseaux, un atelier de fabrication de mangeoires et la projection d’un film sur le renard. Un rendez-vous gratuit pour sensibiliser à la faune et la flore locales.
À Besançon, la première Fête de la Morille se tiendra ce samedi 25 avril, de 10h à 19h, place de la Révolution. Dédié à ce champignon emblématique du printemps, l’événement proposera dégustations gourmandes — dont une croûte géante aux morilles —, rencontres avec des mycologues et découvertes autour de sa culture. Animations, dédicaces d’ouvrages, concours de la « Morille d’or » et activités pour enfants rythmeront la journée, avec également des créations originales, comme des chocolats à la morille et des sculptures sur bois réalisées en direct.
Depuis 2019, la population de chamois fait l’objet d’un suivi précis dans le département du Doubs. Coordonné par la Fédération Départementale des Chasseurs du Doubs, ce protocole scientifique repose sur l’observation de terrain menée par des chasseurs volontaires. Chaque samedi du mois d’avril, à l’aube ou à la tombée de la nuit, ces derniers se postent sur l’un des 453 points d’observation répartis sur le territoire. À l’œil nu ou à la jumelle, ils recensent les chamois, seuls ou en groupe, en les classant selon leur sexe et leur âge.
Une méthode basée sur l’échantillonnage
Chaque poste d’observation constitue une « placette échantillon », surveillée à quatre reprises durant le mois. Les données collectées sont ensuite centralisées et analysées statistiquement. Si ce dispositif ne permet pas de connaître avec exactitude le nombre total d’individus, il offre en revanche une vision fiable de l’évolution de la population au fil des années, comparable à celle d’un sondage.
Un outil d’aide à la décision
Les résultats issus de ces comptages alimentent les travaux de la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage. Ils viennent compléter les éléments pris en compte par le préfet pour fixer les quotas de prélèvement annuels. L’objectif : assurer un équilibre entre préservation de l’espèce et gestion durable de la faune sauvage.
Des résultats attendus dans un contexte de baisse
Les données recueillies ce printemps sont particulièrement scrutées. Elles permettront d’évaluer les effets des décisions prises ces deux dernières saisons, marquées par une réduction significative des plans de chasse : -33 %, puis -24 %. Ces mesures avaient été adoptées face à un constat de diminution de la population de chamois dans le département.
Un enjeu de biodiversité
Au-delà de la régulation cynégétique, ce suivi s’inscrit dans une démarche plus large de connaissance et de préservation de la biodiversité locale. Espèce emblématique des reliefs jurassiens, le chamois constitue un indicateur précieux de l’état des milieux naturels.
Les conclusions de cette campagne 2026 pourraient ainsi orienter durablement les politiques de gestion de la faune dans le Doubs.
À Besançon, le projet de réouverture du pont de la République aux voitures suscite une vive opposition. Dans un communiqué, les associations Vélo Besançon et Trottoirs Libres dénoncent une « régression » et appellent la municipalité à maintenir l’actuel aménagement réservé au tramway, aux piétons et aux cyclistes.
Elles mettent en avant des enjeux de sécurité, rappelant la difficulté de faire cohabiter tous les usages sur cet ouvrage, ainsi que des questions d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite. Les associations évoquent également un contre-sens écologique, dans un contexte d’urgence climatique, et pointent le coût d’un éventuel réaménagement récent.
Enfin, elles préviennent qu’elles resteront vigilantes et pourraient engager des recours si le projet devait se concrétiser.