Suite à l'attaque meurtrière survenue à Trappes et La Verrière — dont les premiers éléments évoquent un mobile raciste et islamophobe —, l'ensemble des élues et élus de la minorité municipale de Besançon a adressé ce jour un courrier à Ludovic Fagaut, Maire de Besançon. La minorité condamne avec force ces actes de haine et demande l'organisation d'un rassemblement ce lundi 26 octobre à 18h, devant la statue de Victor Hugo (place Granvelle).
« Afin de permettre aux habitantes et aux habitants d’exprimer leur solidarité avec les victimes et leurs proches et d’affirmer ensemble notre refus du racisme et des discours de haine » expliquent ses composantes : Les Écologistes, Génération.s et société civile , Socialiste et Citoyens , La France Insoumise et le Parti Communiste Français.
Le Parti communiste français (PCF) fait savoir qu’il organise un rassemblement statique ce samedi 24 octobre, de 14 h à 16 h, au parc des Glacis à Besançon. Par cette action, le parti entend défendre le droit de manifester et porter les revendications face au « ras-le-bol généralisé » des citoyens. Initialement prévu au centre-ville, l'événement a dû être délocalisé aux Glacis en raison d'une interdiction préfectorale de tout rassemblement dans l'hyper-centre. L'encadrement et la sécurité du site seront assurés par les militants communistes.
Présent ce lundi à Ornans aux côtés des élus et des habitants pour soutenir les communes touchées par les récentes violences, le sénateur du Doubs Jean-François Longeot a joint les actes à la parole. Défendant le droit fondamental de manifester pacifiquement, il vient de déposer un amendement — dans le cadre du projet de loi sur la réparation des dommages publics — visant à interdire de dissimuler son visage lors des manifestations. Une mesure forte destinée à prévenir les débordements et à faciliter l'identification des auteurs de dégradations, tout en protégeant les forces de l'ordre et les commerçants.
Les élections du Conseil départemental des jeunes viennent de s'achever dans 23 collèges du Jura. Au total, 46 élèves, dans une parité parfaite, ont été élus pour représenter la jeunesse du territoire. Ces nouveaux conseillers porteront les projets de leurs camarades et participeront à la vie locale. Après une journée d'intégration en novembre pour préparer leur rôle, leur toute première séance se tiendra en décembre. Une belle initiative saluée par le Département du Jura !
Sur sa page Facebook, la députée macroniste du Jura Danielle Brulebois est revenue sur les violences et pillages survenus après la mobilisation du 17 octobre. Évoquant les débats à l'Assemblée nationale, l'élue réclame une « tolérance zéro » contre les casseurs et apporte son soutien aux forces de l'ordre et aux sinistrés. Elle rappelle toutefois que la colère face à la vie chère est légitime et quotidienne dans le Jura, estimant qu'elle mérite des réponses sans être confisquée par la violence.
Après les violences urbaines des 17 et 18 octobre, le Gouvernement déploie plusieurs mesures exceptionnelles pour soutenir les commerces et entreprises victimes de dégradations. Parmi elles, la prise en charge intégrale de l’activité partielle par l’État, des reports de cotisations sociales jusqu’à douze mois et des facilités fiscales. Bpifrance proposera également des prêts à taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros sur trois ans. Un fonds de soutien spécifique est prévu pour les petites entreprises les plus touchées. Les commerçants pourront aussi bénéficier d’un délai de trente jours pour déclarer leurs sinistres aux assureurs. Un numéro national d’information est mis à leur disposition : le 0 806 807 807.
Dans le Jura, cinq jeunes hommes font l’objet de sanctions administratives pour consommation répétée de stupéfiants. Le préfet a décidé de suspendre pour six mois les permis de conduire de trois individus âgés de 20, 22 et 25 ans. Deux autres, de 20 et 22 ans, ne pourront pas obtenir leur permis pendant la même période. Le département figure parmi les premiers à appliquer la loi RIPOST, entrée en vigueur le 18 août dernier, qui autorise ces mesures même sans infraction au Code de la route.
Après les violences survenues samedi 17 octobre à Besançon, Séverine Veziès, élue bisontine de La France insoumise, livre son analyse de la crise sociale et politique qui traverse le pays. Dans un entretien, elle met en cause la politique d'Emmanuel Macron, dénonce la stratégie de maintien de l'ordre et appelle le gouvernement à répondre aux revendications de la jeunesse. L'élue critique également l'attitude du maire de Besançon, Ludovic Fagaut (LR), qu'elle accuse d'instrumentaliser les événements à des fins politiques. Tout en défendant la légitimité des mobilisations sociales, elle appelle à des manifestations pacifiques.
Une crise sociale profonde, conséquence selon elle de dix années de macronisme
Pour Séverine Veziès, les violences et les tensions sociales observées ces derniers jours ne peuvent être dissociées d'un malaise plus profond qui traverse la société française. L'élue de La France insoumise considère que la situation actuelle résulte directement des politiques conduites depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir. « C'est une crise qui est de toute façon très profonde et qui est le fruit finalement de dix années de macronisme », affirme-t-elle. Elle évoque une accumulation de difficultés sociales et un sentiment de colère qui s'exprime désormais dans la rue. À ses yeux, le gouvernement ne peut espérer une sortie de crise sans apporter de réponses concrètes aux revendications. Séverine Veziès dénonce notamment ce qu'elle qualifie de « stratégie de pourrissement de la situation », estimant que l'exécutif laisse les tensions s'installer plutôt que d'engager un véritable dialogue politique.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
Trois revendications prioritaires pour répondre à la colère de la jeunesse
L'élue insoumise identifie trois revendications majeures qui, selon elle, doivent constituer la base d'une réponse gouvernementale. Elle réclame tout d'abord un investissement supplémentaire de 10 milliards d'euros en faveur de la jeunesse et des lycées. Elle demande également la suppression de Parcoursup, dont le fonctionnement est contesté par une partie des jeunes mobilisés. Enfin, Séverine Veziès défend un blocage des prix pour répondre aux difficultés de pouvoir d'achat. « Les gens n'en peuvent plus et n'arrivent plus à faire leurs courses et sont complètement pris à la gorge », déclare-t-elle. Pour la représentante de La France insoumise, ces revendications traduisent des préoccupations sociales auxquelles le pouvoir politique doit apporter des réponses rapides. « La solution ne peut être que politique », insiste-t-elle.
Maintien de l'ordre : Séverine Veziès demande un changement de stratégie
Interrogée sur les affrontements qui ont marqué les manifestations, Séverine Veziès met directement en cause les méthodes de maintien de l'ordre. Elle estime que la réponse policière ne peut constituer l'unique réponse à la colère sociale. « On ne peut pas pendant des semaines ne pas les écouter, leur envoyer les forces de l'ordre pour les mater et espérer que tout ça s'apaise », affirme-t-elle. Selon l'élue, cette stratégie risque au contraire d'alimenter les tensions. « La violence amène à la violence », poursuit-elle, tout en affirmant la nécessité de préserver le caractère pacifique des mobilisations. Séverine Veziès appelle donc à une double évolution : un changement de doctrine dans la gestion des manifestations et une réponse politique aux revendications exprimées. Elle affirme également que des manifestants auraient été victimes de violences policières lors des événements de samedi à Besançon.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
Ludovic Fagaut accusé d'instrumentaliser les violences à des fins politiques
L'élue insoumise critique notamment l'appel au rassemblement lancé par le maire à la suite des violences, dans le prolongement de l'initiative de l'Association des maires de France. Elle estime que cette démarche, présentée comme un appel au rassemblement, a au contraire contribué à accentuer les divisions. « Je regrette finalement que l'appel à rassemblement qu'a initié Monsieur Fagaut suite à la demande de l'AMF était lui-même très clivant », déclare-t-elle. Pour Séverine Veziès, un rassemblement destiné à défendre les valeurs républicaines ne peut faire abstraction des revendications sociales portées par les jeunes manifestants. Elle reproche également au maire de mettre en cause La France insoumise plutôt que d'interroger la responsabilité du gouvernement dans la crise actuelle. « Il utilise ces événements pour des jeux politiciens locaux. C'est absolument irresponsable », affirme-t-elle.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
« Les véritables responsables sont à l'Élysée et au gouvernement »
Séverine Veziès élargit sa critique à certains responsables politiques bisontins, qu'elle accuse de chercher à tirer profit des événements. Selon elle, les réactions politiques locales détournent l'attention des causes profondes de la mobilisation. « Les véritables responsables de cette situation, ils sont à l'Élysée, ils sont au gouvernement », soutient-elle. L'élue estime que les revendications de la jeunesse sont légitimes et que l'absence de réponse politique contribue à entretenir la colère. Elle considère également que La France insoumise est particulièrement visée dans le débat politique local en raison de son opposition à la majorité municipale.
De nouvelles manifestations envisagées samedi prochain
Interrogée sur la possibilité de nouveaux rassemblements samedi 24 octobre, Séverine Veziès estime que la mobilisation sociale pourrait se poursuivre. « Je pense effectivement qu'il va y avoir d'autres rassemblements », indique-t-elle, sans confirmer l'organisation d'une manifestation précise. Elle rappelle que La France insoumise soutient les mouvements sociaux, mais ne revendique pas leur organisation. L'élue souhaite notamment que les syndicats prennent toute leur place dans l'encadrement des prochaines mobilisations, afin d'éviter de nouveaux débordements. « On compte sur les syndicats pour permettre finalement une mobilisation encadrée et faire en sorte que tout ceci se passe bien », explique-t-elle.
L'interview de la rédaction : Séverine Véziès
« La violence ne sert pas nos revendications, elle va les desservir »
Malgré ses critiques à l'encontre du gouvernement et des forces de l'ordre, Séverine Veziès affirme clairement son opposition aux violences qui pourraient accompagner les prochaines manifestations. « La violence ne sert pas nos revendications, elle va les desservir », reconnaît-elle. Elle plaide pour la poursuite d'un mouvement social pacifique, tout en renouvelant ses accusations concernant les méthodes policières employées lors des derniers rassemblements. Pour l'élue insoumise, la sortie de crise passe donc par une mobilisation encadrée, une évolution des pratiques de maintien de l'ordre et, surtout, une réponse gouvernementale aux revendications sociales.
La mobilisation citoyenne nationale initiée ce lundi par l'Association des Maires de France (AMF) a trouvé un écho au cœur de la ruralité. Dans le village de Touillon-et-Loutelet, situé dans le Haut-Doubs, la population s'est rassemblée autour de son maire, Sébastien Populaire, également membre du comité directeur de l’AMF.
Ce rassemblement républicain, organisé en réaction aux récentes émeutes, visait à condamner fermement les dégradations de biens publics et à réaffirmer l'importance du "vivre-ensemble". Par leur présence, les habitants et l'élu local ont tenu à rappeler que la défense des institutions publiques et la solidarité républicaine concernent l'ensemble du territoire, des métropoles jusqu'aux plus petites communes rurales.
Après les violences, les pillages et les dégradations survenus samedi 17 octobre à Besançon, le maire Ludovic Fagaut (LR) exprime sa colère. S’appuyant sur les images de vidéosurveillance municipales, l’élu met en cause des individus issus de l’ultragauche et dénonce le comportement de certains militants de La France insoumise et du Parti communiste. Il réclame des sanctions contre les auteurs des violences.
L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut
Une manifestation non déclarée qui a dégénéré
Ludovic Fagaut affirme avoir passé près de trois heures au centre de supervision urbain de Besançon, où il a suivi les événements de samedi grâce aux 183 caméras municipales. Les images l’ont profondément marqué. « J’ai honte de la France », déclare-t-il, en précisant viser les individus responsables des violences. Selon le maire, le caractère non déclaré de la manifestation a compliqué son encadrement. Sans organisateurs identifiés ni parcours défini, les forces de l’ordre auraient été confrontées à une situation difficile à anticiper. L’élu décrit des barricades dressées dans le centre-ville, des jets de projectiles contre les policiers et une tentative d’incendie visant une porte de la préfecture. Il distingue néanmoins les manifestants venus défendre des revendications sociales des individus déterminés à provoquer des affrontements.
L’ultragauche directement mise en cause
Pour Ludovic Fagaut, les violences ne relèvent pas uniquement de débordements spontanés. Il affirme que des individus appartenant à la mouvance de l’ultragauche, connus des services de renseignement territorial, étaient présents dans le cortège. Le maire indique tenir ces informations d’échanges avec les responsables de la police nationale. Selon lui, ces individus auraient entraîné d’autres participants dans une dynamique d’affrontements et de dégradations.
La France insoumise et le Parti communiste visés
Les critiques du maire prennent également une dimension politique. Ludovic Fagaut affirme avoir observé des personnes portant des drapeaux de La France insoumise et du Parti communiste à proximité d’individus lançant des projectiles contre les forces de l’ordre. Il assure également que certains militants applaudissaient lorsque des barricades étaient dressées, notamment dans le secteur de Chamars. « Je les ai vus de mes yeux », insiste-t-il. L’élu reproche à certains responsables politiques de minimiser les événements et considère que ces comportements témoignent d’une forme d’approbation des violences.
Des mineurs et des adultes parmi les participants
Ludovic Fagaut insiste sur la diversité des profils observés. Il évoque des adolescents de 12 ou 13 ans présents sur les barricades, mais aussi des jeunes adultes et des personnes plus âgées. Le maire refuse néanmoins de désigner une population particulière comme responsable des violences. Il estime notamment que les événements ne peuvent être attribués exclusivement aux habitants des quartiers prioritaires. Il revient également sur l’interruption du tramway décidée par le préfet, alors que des jeunes se déplaçaient, selon lui, depuis Planoise vers le centre-ville. La présence de mineurs l’amène par ailleurs à s’interroger sur la responsabilité des parents.
L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut
Des commerces pillés et d’importantes dégradations
Le maire fait état de deux commerces pillés, dont le magasin Lacoste, ainsi que de plusieurs vitrines endommagées. Il évoque également des dégâts sur du matériel de travaux publics, notamment un camion, un tractopelle et des canalisations destinées au réseau de chauffage. Des extincteurs provenant du parking de la mairie auraient aussi été utilisés pendant les incidents. Ludovic Fagaut condamne particulièrement les jets de projectiles contre les sapeurs-pompiers. Pour faciliter l’identification des auteurs, il indique avoir proposé au préfet et aux forces de l’ordre l’ensemble des enregistrements réalisés par les caméras municipales. Il souhaite que les responsables soient poursuivis et que les victimes puissent obtenir réparation.
Le droit de manifester ne justifie pas les violences
Pour Ludovic Fagaut, les événements de samedi ont largement dépassé le cadre d’une mobilisation sociale. Il s’interroge notamment sur la présence de slogans comme « Free Palestine » ou « ACAB », qu’il juge éloignés des revendications initiales. S’il reconnaît la légitimité du droit de manifester et de certaines revendications sociales, il refuse que celles-ci puissent justifier les pillages, les destructions ou les attaques contre les forces de l’ordre. Alors que de nouvelles mobilisations sont envisagées, le maire appelle à la vigilance. « On n’a pas à avoir peur quand on est élu », affirme-t-il.
Au-delà des accusations politiques, Ludovic Fagaut réclame désormais l’identification des auteurs des violences, des sanctions judiciaires et des moyens de sécurité adaptés pour prévenir de nouveaux affrontements.