Des personnes, âgées de 16 à 41 ans, ont été interpellées samedi 24 octobre à Besançon, en marge des manifestations qui ont donné lieu à des tensions avec les forces de l’ordre. Port d’armes de catégorie D, participation à un attroupement après sommation de se disperser, violences sur les forces de l’ordre, outrages et infractions liées aux stupéfiants figurent parmi les faits reprochés. Plusieurs personnes ont reconnu une partie des faits, tandis que d’autres contestent les accusations. Les gardes à vue sont terminées et différentes suites judiciaires ont été décidées.
Des premières interpellations dès le début de l’après-midi
Les premières interpellations sont intervenues peu avant 14 heures, dans le centre-ville de Besançon.
Rue des Granges, un homme de 32 ans a été contrôlé avec une bombe lacrymogène, du sérum physiologique, des gants et un masque de protection dans son sac à dos. Il a expliqué avoir oublié la présence de l'aérosol et assuré ne pas avoir l'intention de provoquer des troubles. Il a été convoqué devant un délégué du procureur le 17 décembre, dans le cadre d'un classement sans suite sous condition prévoyant une contribution citoyenne de 150 euros.
Quelques minutes plus tard, place de la Révolution, un homme de 28 ans a été interpellé avec un couteau et quatre grammes de cannabis. Il a affirmé rentrer chez lui après avoir aidé un ami à déménager. Une contribution citoyenne de 300 euros est prévue dans le cadre d'une procédure de classement sous condition, avec une convocation le 3 décembre.
Rue Goudimel, un adolescent de 16 ans a également été contrôlé en possession de plusieurs outils et de huit grammes d'herbe de cannabis. Il a expliqué utiliser ces outils pour réparer sa moto, régulièrement en panne. Il a reconnu détenir les stupéfiants. Une convocation devant un délégué du procureur est fixée au 16 décembre, avec une contribution citoyenne de 200 euros envisagée.
Des tensions avec les forces de l'ordre en fin de journée
Les interpellations se sont poursuivies dans l'après-midi et en soirée, notamment dans les secteurs de la rue de Dole, de Battant et du quai de Strasbourg.
Rue de Dole, un homme de 24 ans a été arrêté à 16h25 pour participation à un attroupement après sommation de se disperser, avec le visage dissimulé. Une contribution citoyenne de 150 euros est prévue.
Rue d'Arènes, un homme de 21 ans, porteur d'un masque de chantier à cartouche, a reconnu avoir renvoyé des grenades lacrymogènes au sol, tout en contestant avoir lancé d'autres projectiles. Il devra se présenter devant un délégué du procureur le 7 janvier 2027.
Rue Battant, une femme de 41 ans a été interpellée pour participation à un attroupement, outrage et rébellion. Elle conteste l'ensemble des faits. Elle affirme avoir dissimulé son visage à cause du froid et déclare avoir été malmenée par les forces de l’ordre lors de son interpellation. Elle est convoquée devant la justice le 30 avril 2027.
Des jets de projectiles reconnus par plusieurs manifestants
Les faits les plus directement liés aux affrontements ont été relevés en soirée, notamment quai de Strasbourg.
À 18h35, un jeune homme de 19 ans a été interpellé alors qu'il lançait, selon les éléments de procédure, des projectiles en direction des forces de l'ordre. Il a reconnu avoir ramassé des palets de grenades lacrymogènes pour les renvoyer vers les forces de l’ordre. Il détenait également 3,20 grammes de cannabis, destinés, selon ses déclarations, à sa consommation personnelle.
Un autre adolescent de 16 ans a reconnu avoir lancé un caillou vers les forces de l'ordre après avoir consommé de l'alcool dans un bar du quartier Battant. Les deux intéressés font l'objet de procédures de classement sous condition, avec une contribution citoyenne de 300 euros chacun.
Au pont Battant, un homme de 18 ans a reconnu avoir insulté des gendarmes. Il est convoqué le 8 avril 2027 dans le cadre d'une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, avec une convocation devant le tribunal également prévue le 23 juin 2027.
Deux nouvelles interpellations au pont Battant
Vers 19h50, deux autres personnes ont été interpellées au niveau du pont Battant, dans le quartier de la Madeleine.
Une jeune femme de 18 ans était notamment en possession de ciseaux, de désinfectant, de sérum physiologique et de gants. Elle est convoquée devant un délégué du procureur le 7 janvier 2027, avec une contribution citoyenne de 300 euros envisagée.
Un homme de 22 ans, venu de Dole, a également été contrôlé avec plusieurs équipements de protection, dont une cagoule intégrale et un masque respiratoire à cartouche. Il a reconnu être venu participer à la manifestation et s'être équipé en prévision d'une confrontation avec les forces de l'ordre, sans déclarer vouloir s'en prendre directement à elles. Lors de son audition, il a également admis avoir participé aux troubles survenus à Besançon le 17 octobre. Il est convoqué devant un délégué du procureur le 28 janvier 2027.
Ces procédures apportent un éclairage sur les incidents qui ont marqué la journée du samedi 24 octobre à Besançon, une semaine après les précédents troubles du 17 octobre.