Ludovic Fagaut, Maire de Besançon
Après les violences, les pillages et les dégradations survenus samedi 17 octobre à Besançon, le maire Ludovic Fagaut (LR) exprime sa colère. S’appuyant sur les images de vidéosurveillance municipales, l’élu met en cause des individus issus de l’ultragauche et dénonce le comportement de certains militants de La France insoumise et du Parti communiste. Il réclame des sanctions contre les auteurs des violences.
L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut
Une manifestation non déclarée qui a dégénéré
Ludovic Fagaut affirme avoir passé près de trois heures au centre de supervision urbain de Besançon, où il a suivi les événements de samedi grâce aux 183 caméras municipales. Les images l’ont profondément marqué. « J’ai honte de la France », déclare-t-il, en précisant viser les individus responsables des violences. Selon le maire, le caractère non déclaré de la manifestation a compliqué son encadrement. Sans organisateurs identifiés ni parcours défini, les forces de l’ordre auraient été confrontées à une situation difficile à anticiper. L’élu décrit des barricades dressées dans le centre-ville, des jets de projectiles contre les policiers et une tentative d’incendie visant une porte de la préfecture. Il distingue néanmoins les manifestants venus défendre des revendications sociales des individus déterminés à provoquer des affrontements.
L’ultragauche directement mise en cause
Pour Ludovic Fagaut, les violences ne relèvent pas uniquement de débordements spontanés. Il affirme que des individus appartenant à la mouvance de l’ultragauche, connus des services de renseignement territorial, étaient présents dans le cortège. Le maire indique tenir ces informations d’échanges avec les responsables de la police nationale. Selon lui, ces individus auraient entraîné d’autres participants dans une dynamique d’affrontements et de dégradations.
La France insoumise et le Parti communiste visés
Les critiques du maire prennent également une dimension politique. Ludovic Fagaut affirme avoir observé des personnes portant des drapeaux de La France insoumise et du Parti communiste à proximité d’individus lançant des projectiles contre les forces de l’ordre. Il assure également que certains militants applaudissaient lorsque des barricades étaient dressées, notamment dans le secteur de Chamars. « Je les ai vus de mes yeux », insiste-t-il. L’élu reproche à certains responsables politiques de minimiser les événements et considère que ces comportements témoignent d’une forme d’approbation des violences.
Des mineurs et des adultes parmi les participants
Ludovic Fagaut insiste sur la diversité des profils observés. Il évoque des adolescents de 12 ou 13 ans présents sur les barricades, mais aussi des jeunes adultes et des personnes plus âgées. Le maire refuse néanmoins de désigner une population particulière comme responsable des violences. Il estime notamment que les événements ne peuvent être attribués exclusivement aux habitants des quartiers prioritaires. Il revient également sur l’interruption du tramway décidée par le préfet, alors que des jeunes se déplaçaient, selon lui, depuis Planoise vers le centre-ville. La présence de mineurs l’amène par ailleurs à s’interroger sur la responsabilité des parents.
L'interview de la rédaction : Ludovic Fagaut
Des commerces pillés et d’importantes dégradations
Le maire fait état de deux commerces pillés, dont le magasin Lacoste, ainsi que de plusieurs vitrines endommagées. Il évoque également des dégâts sur du matériel de travaux publics, notamment un camion, un tractopelle et des canalisations destinées au réseau de chauffage. Des extincteurs provenant du parking de la mairie auraient aussi été utilisés pendant les incidents. Ludovic Fagaut condamne particulièrement les jets de projectiles contre les sapeurs-pompiers. Pour faciliter l’identification des auteurs, il indique avoir proposé au préfet et aux forces de l’ordre l’ensemble des enregistrements réalisés par les caméras municipales. Il souhaite que les responsables soient poursuivis et que les victimes puissent obtenir réparation.
Le droit de manifester ne justifie pas les violences
Pour Ludovic Fagaut, les événements de samedi ont largement dépassé le cadre d’une mobilisation sociale. Il s’interroge notamment sur la présence de slogans comme « Free Palestine » ou « ACAB », qu’il juge éloignés des revendications initiales. S’il reconnaît la légitimité du droit de manifester et de certaines revendications sociales, il refuse que celles-ci puissent justifier les pillages, les destructions ou les attaques contre les forces de l’ordre. Alors que de nouvelles mobilisations sont envisagées, le maire appelle à la vigilance. « On n’a pas à avoir peur quand on est élu », affirme-t-il.
Au-delà des accusations politiques, Ludovic Fagaut réclame désormais l’identification des auteurs des violences, des sanctions judiciaires et des moyens de sécurité adaptés pour prévenir de nouveaux affrontements.