Ludovic Fagaut
Après plus de 70 ans de gestion à gauche, Besançon bascule. Le candidat de la droite et du centre, Ludovic Fagaut, s’est imposé largement au second tour des élections municipales, créant la surprise et mettant fin à des décennies de domination de la gauche à l’hôtel de ville. Porté par une campagne de terrain axée sur le quotidien des habitants, il devient le nouvel homme fort de la vie politique locale. Entre volonté de changement, mobilisation des électeurs et recomposition politique, Ludovic Fagaut revient sur sa victoire et ses priorités pour la capitale comtoise.
Une réaction par rapport aux résultats d’hier soir : avez-vous le sentiment d’être entré dans l’histoire ?
Je ne sais pas si je suis entré dans l’histoire. En tout cas, ce que nous avons fait avec l’équipe, avec les colistières et les colistiers, cette union de la social-démocratie, du centre et de la droite républicaine, marque bien sûr le paysage bisontin. Mais c’est surtout le projet que nous portons qui compte, avec une véritable attente exprimée par les électrices et les électeurs bisontins, qui ont souhaité le changement et l’ont concrétisé hier dans les urnes.
On a constaté que le vote populaire vous a également apporté son soutien. Ce n’est pas très “à droite”, finalement ?
Je ne sais pas vraiment ce qui est “à droite” ou pas. En tout cas, il y avait une attente des Bisontines et des Bisontins, quels que soient les quartiers, pour un vrai changement. Ils attendaient qu’on leur parle du quotidien. C’est ce que nous avons fait, avec des propositions très concrètes et opérationnelles. Quand on parle de sécurité, de circulation ou encore de la vie quotidienne, avec des problématiques comme les trottoirs, nous avons vraiment parlé aux habitants de ce qu’ils vivent et de ce que nous allons leur apporter pour améliorer leur quotidien. Et c’est cela, aujourd’hui, qui a fait la différence. Dans tous les quartiers, pas seulement les plus populaires, les habitants voulaient ce changement, et ils vont l’avoir avec notre équipe.
Aucun sondage ne vous donnait avec un tel avantage. Avez-vous été surpris ?
J’ai surtout constaté que, sur le terrain, lors du porte-à-porte quotidien, les habitants nous disaient : “On n’en peut plus, on veut que ça change.” Il y avait une réelle nécessité de faire évoluer les choses. Je ne sais pas si l’on peut parler de surprise, mais en tout cas, nous le sentions très fortement sur le terrain.
Plus 13 points entre le premier et le second tour : vous avez trouvé les réserves de voix nécessaires pour gagner la ville ?
Oui, parce que nous avons su mobiliser. Il y a aussi des abstentionnistes qui sont certainement venus voter. Nous avons été au cœur des préoccupations des habitants de Besançon, et c’est cela qui a fait la différence. Nous avons parlé d’un projet, un projet pour les habitants, centré uniquement sur Besançon et leurs préoccupations. Et nous allons continuer à le faire et à le défendre au quotidien.
L’installation du conseil municipal a lieu vendredi soir, c’est bien cela ?
Oui, vendredi soir à 17 heures.
Ensuite, il faudra s’attaquer à Grand Besançon Métropole ?
Oui, cela va se mener en parallèle. Il faut retrouver une stabilité au sein de Grand Besançon Métropole, un climat apaisé entre la périphérie et la ville centre, ainsi qu’une confiance renouvelée avec les élus. Nous devrons donc mener ces deux chantiers de front.
Anne Vignot est toujours maire de Besançon jusqu’à vendredi soir ?
Oui, jusqu’à l’installation du conseil municipal.
Qu’en est-il de votre mandat départemental ?
Pour l’instant, j’ai été élu au département jusqu’en 2028. Nous prendrons le temps d’échanger avec la présidente du département sur la situation. Les deux fonctions ne sont pas incompatibles. Nous allons d’abord assurer une certaine stabilité, puis nous verrons ensuite comment faire évoluer les choses.