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Politique / Benoît Vuillemin : bilan et avenir après la mairie de Saône

Publié le 12 Mar. 2026 à 12:03
Tags: Politique | benoit vuillemin |
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Politique / Benoît Vuillemin : bilan et avenir après la mairie de Saône Benoît Vuillemin, maire sortant de Saône et vice-président de Grand Besançon Métropole durant cette mandature

Après six ans à la tête de la commune de Saône, le maire Benoît  Vuillemin ne briguera pas un nouveau mandat. Il estime avoir tenu ses engagements et souhaite passer le relais, tout en restant engagé dans la vie publique. Bilan de mandat, regard sur la politique locale et perspectives d’avenir : il répond à nos questions.

Pour commencer, dans quel état d’esprit êtes-vous à l’issue de ce mandat ? Vous avez tenu votre dernier conseil municipal mardi soir, je crois ?

Je suis dans un très bon état d’esprit. Celui de quelqu’un qui a le sentiment d’avoir accompli sa mission, d’avoir tenu 100 % de ses promesses et respecté son programme ainsi que ses engagements. Après un conseil municipal qui a duré deux heures et demie, au cours duquel nous avons voté le budget et diverses autres délibérations, je suis heureux aujourd’hui de terminer mon mandat sur cette note très positive.

L'interview de la rédaction : Benoît Vuillemin 

Pourquoi cette décision, Monsieur le Maire ? Vous qui êtes, il faut le reconnaître, un élu très engagé.

Je n’étais pas spécialement destiné à être maire de Saône, même si mon père l’avait été. Je n’étais pas non plus dans une logique de filiation, pas plus que je n’étais destiné à être vice-président de Grand Besançon Métropole, alors que mon père en est l’un des fondateurs. Toutefois, on m’a demandé de mettre mes compétences et mon poids politique au service de la ville où je suis né et où j’habite depuis de nombreuses années. J’ai donc accepté. Nous avons construit un projet, un programme, et je m’étais dit que si nous menions ce programme à son terme, je ne resterais pas pour le statut ou pour le titre. Je voulais simplement pouvoir dire : la mission est accomplie, le travail est terminé.

Aujourd’hui, j’ai fait tout ce que j’avais à faire. Je peux donc tenir ma parole et ne pas me représenter. Et puis n’oublions pas que j’étais candidat aux élections législatives de 2024. J’avais dit à l’époque que si j’étais élu député, je laisserais ma place de maire. Il aurait été un peu cavalier de dire aujourd’hui : puisque j’ai perdu les législatives, je reviens me présenter à Saône. J’ai aussi voulu faire un acte de sincérité et d’honnêteté. Je ne viens pas spécialement du monde politique. J’ai aussi un pied dans l’économie en tant que chef d’entreprise, et dans ce monde-là, la parole compte. Je pense que demain, en politique, la parole devra compter davantage.

L'interview de la rédaction : Benoît Vuillemin 

Quel regard portez-vous, avec toute votre expérience, sur la vie politique locale, et plus particulièrement sur la vie politique grand bisontine ?

Vous savez, c’est malheureusement un peu le même regard que celui que je porte sur la politique nationale. Vous connaissez tous ma proximité avec le président de la République. J’ai encore eu la chance de l’accompagner très récemment au Salon de l’agriculture. Je reste un élu proche de ses valeurs. Aujourd’hui, 90 % de la politique consiste à gérer le quotidien : c’est de la gestion, de l’organisation de notre société. Seulement 10 % relève du partisanisme. Pourtant, ces 10 % finissent par cannibaliser complètement les 90 % restants. On a parfois le sentiment qu’il n’y a que de la politique partisane. Or, la réalité est que la politique est utile tous les jours. Elle est présente partout et elle organise notre société.

À Grand Besançon, il y a un bilan. Et moi je dis que ce bilan est bon. La campagne électorale est aussi un moment où l’on doit défendre ce bilan. Franchement, nous avons fait de très bonnes choses à Grand Besançon Métropole. Au-delà de nos divergences politiques, nous avons su travailler ensemble. La présidente de Grand Besançon Métropole, qui est aussi maire de Besançon, n’est pas du même bord politique que moi, vous le savez. Pourtant, pendant ces six années, nous avons bien travaillé ensemble dans un seul intérêt : celui des habitants du Grand Besançon. Il faut remettre l’image de la politique à sa juste place : ces 90 % qui consistent simplement à gérer la cité.

L'interview de la rédaction : Benoît Vuillemin 

Une toute dernière question, Monsieur Vuillemin : l’avenir maintenant. Est-ce que vous faites une croix définitive sur la politique ou est-ce qu’on pourrait vous retrouver dans d’autres responsabilités ? On pense notamment aux sénatoriales, à la présidentielle ou aux législatives.

L'interview de la rédaction : Benoît Vuillemin 

J’ai exercé une politique du quotidien, celle d’être maire. C’était important pour moi d’effectuer ces six années. Cela m’a permis de voir ce qui fonctionne bien dans notre pays — car beaucoup de choses fonctionnent bien — mais aussi ce qui ne fonctionne pas. Et je crois que, comme beaucoup de Français, je constate que ce qui ne fonctionne pas très bien aujourd’hui, c’est le parlementarisme. Quand on regarde la séquence politique des deux dernières années, ce n’est pas très honorable pour la politique, et encore moins pour les parlementaires. Je pense que c’est aussi un véritable frein pour nos concitoyens.

Moi, je viens du monde de l’entreprise et j’ai désormais une expérience politique. J’ai envie d’agir avec ces deux regards : celui de l’homme de l’économie et celui de quelqu’un qui a été au contact direct de la politique du quotidien. Oui, il y a d’autres échéances. Il y a les sénatoriales, qui sont importantes car le Sénat est l’assemblée des territoires. Il y aura aussi une présidentielle, qui dessinera l’avenir de la France pour les années à venir. Et bien sûr, dans la foulée, des élections législatives. Il y a beaucoup de choses à changer dans le fonctionnement du Parlement en France.

Quoi qu’il arrive, je resterai engagé. Mes engagements continueront. Je suis passionné par la politique parce que je pense que c’est ce qui peut améliorer notre quotidien. Et donc je continuerai à m’engager

Dernière modification le jeudi, 12 mars 2026 13:05