Les enseignants et personnels du collège Stendhal de Besançon ont cessé le travail ce jeudi 3 septembre. Cette mobilisation intervient après plusieurs incidents graves survenus durant la précédente année scolaire. Selon les équipes, une bande d’adolescents extérieurs à l’établissement a pénétré dans le collège pour retrouver et agresser un élève avec une arme blanche. Un autre individu a réussi à entrer dans une salle de classe afin d’interpeller violemment une enseignante devant ses élèves. Face à ces intrusions, les grévistes réclament un meilleur contrôle des accès ainsi que des moyens humains supplémentaires pour assurer la sécurité des élèves et des personnels.
Quelques jours seulement après la rentrée scolaire, les personnels du collège Stendhal ont choisi la grève pour alerter leurs autorités de tutelle. Cette mobilisation, décidée « très majoritairement », s’est déroulée dès 7 h 30 devant l’entrée de l’établissement, située au 25 avenue du Commandant-Marceau, à Besançon. Les grévistes dénoncent un « manque criant de moyens » et des difficultés anciennes pour assurer la sécurité des élèves comme celle des équipes. Ils expliquent avoir interpellé à plusieurs reprises le Conseil départemental du Doubs et avoir également rencontré le directeur académique des services de l’Éducation nationale. Selon eux, ces démarches n’ont débouché sur aucune affectation supplémentaire pour cette rentrée.
Une entrée partagée avec le lycée Jules Haag
Le collège Stendhal présente une configuration particulière puisqu’il partage son entrée et plusieurs espaces extérieurs avec l’antenne professionnelle du lycée Jules Haag. Les personnels du collège indiquent ainsi ne pas maîtriser totalement la gestion des entrées et des sorties. La cour, aménagée sur plusieurs niveaux, serait également difficile à surveiller malgré la mobilisation de l’ensemble des équipes. La présence simultanée de collégiens, dont certains sont âgés d’une dizaine d’années, et de lycéens multiplie par ailleurs les déplacements et complique le contrôle des accès.
« Il y a beaucoup d’entrées et de sorties. Les personnels sont sollicités en permanence et il n’y a pas de surveillance stricte », explique Bérenger Priouzeau, représentant du personnel. Les équipes demandent donc qu’une entrée autonome, exclusivement réservée au collège, soit remise en service afin de mieux filtrer les passages. Cette ancienne entrée permettrait également, selon eux, d’accueillir plus facilement les transports scolaires. Sollicité depuis plusieurs années, le Conseil départemental du Doubs aurait systématiquement refusé cette proposition, en avançant des arguments liés notamment à la circulation automobile. Des explications que les personnels jugent « peu logiques ».
Des intrusions qui ont marqué les équipes
Les grévistes reviennent sur les situations dangereuses survenues au cours de la précédente année scolaire. Selon leur témoignage, un groupe d’adolescents venu d’un autre établissement a pénétré dans l’enceinte du collège pour retrouver un élève et s’en prendre physiquement à lui. Les personnels évoquent des menaces graves et la présence d’une arme blanche. Une personne étrangère à l’établissement a également réussi à entrer dans une salle de classe pendant un cours. Elle aurait alors vivement interpellé une enseignante devant ses élèves pour lui « demander des comptes ». « Elle s’est trouvée face à face avec un ancien élève qui était venu lui reprocher des choses. C’était assez violent », rapporte le représentant du personnel. Certains collégiens ont directement assisté à cette intrusion. Pour les équipes, ces événements démontrent la nécessité d’un meilleur contrôle des accès. « Le pire est déjà arrivé. Nous sommes donc très inquiets », souligne-t-il. Les équipes souhaitent que tous les usagers puissent entrer dans l’établissement en sécurité et que les personnels puissent exercer leur métier sans craindre une nouvelle intrusion.
L'interview de la rédaction : Bérenger priouzeau
L'interview de la rédaction : Une enseignante

Trois demandes adressées à l’Éducation nationale
Face aux refus du Conseil départemental concernant l’aménagement des accès, les personnels se sont tournés vers l’Éducation nationale. Ils précisent ne pas réclamer de moyens d’enseignement supplémentaires, mais des renforts consacrés à l’encadrement et à la sécurité.
Leurs revendications portent sur trois mesures :
« Ce ne sont pas des demandes de confort, mais des demandes nécessaires pour assurer la sécurité de tous », insistent les grévistes. Une délégation avait été reçue au mois de juin par le directeur académique des services de l’Éducation nationale. Les personnels disent avoir été écoutés « avec bienveillance », mais estiment ne pas avoir été entendus puisqu’aucun moyen humain supplémentaire n’a été affecté au collège pour cette rentrée.

Une fatigue qui gagne les équipes
Au-delà des questions matérielles, les personnels décrivent un climat de travail éprouvant. Professeurs, surveillants et agents seraient tous concernés par les difficultés de surveillance et contraints de compenser quotidiennement le manque de moyens. « On fait face. On s’est habitués, mais c’est usant », témoigne leur représentant. Les équipes ont le sentiment de devoir lutter « à armes inégales » pour protéger les élèves et maintenir des conditions d’accueil satisfaisantes. Les parents d’élèves ont été informés de la mobilisation. Plusieurs d’entre eux auraient adressé des messages d’encouragement aux personnels, qui estiment leurs revendications largement partagées au sein de la communauté éducative.
Une rencontre envisagée avec le rectorat
À la suite de la mobilisation, le rectorat aurait commencé à prendre contact avec les représentants de l’établissement. Une rencontre avec le recteur ou des membres de son équipe pourrait désormais être organisée. Les grévistes demandent au recteur de venir constater directement la situation du collège et d’accorder rapidement les moyens de surveillance réclamés. Ils sollicitent également l’appui du maire de Besançon, en sa qualité de premier vice-président du Conseil départemental.
Les personnels espèrent désormais que cette grève permettra l’ouverture de discussions concrètes. Leur objectif reste inchangé : obtenir des aménagements et des moyens humains permettant de garantir durablement la sécurité des élèves, des enseignants et de l’ensemble des agents du collège Stendhal.