Laurent Sénécat
Nouvel homme fort de l’ESBF, Laurent Sénécat mesure pleinement la responsabilité qui lui incombe à la tête du club bisontin. Après une première expérience comme secrétaire général, le président veut inscrire durablement l’équipe parmi les meilleures formations françaises et lui permettre de retrouver la scène européenne. Il évoque également la formation, l’engouement du public et la place du handball féminin en Franche-Comté.
Que représente pour vous le fait de présider l’ESBF, le club évoluant au plus haut niveau dans la région ?
C’est d’abord une grande fierté. L’ESBF possède une histoire importante et bénéficie d’un véritable attachement de la part des Bisontins et, plus largement, des Francs-Comtois. Cela représente aussi une lourde responsabilité : celle de conduire et de faire évoluer le club au cours des prochaines années.
Vous connaissiez déjà bien son fonctionnement avant d’en prendre la présidence ?
Oui. J’ai rejoint le bureau de l’ESBF il y a quelques années et j’y ai occupé les fonctions de secrétaire général. Cette expérience m’a permis de mieux connaître l’organisation et la structuration du club. Nous travaillons collectivement, avec les autres bénévoles, afin de faire rayonner l’ESBF dans la région, en France et au-delà .
Le sport féminin rencontre-t-il encore des difficultés pour s’imposer ?
À Besançon et en Franche-Comté, nous avons plutôt de la chance. Notre territoire est depuis longtemps une terre de handball, aussi bien masculin que féminin. L’ESBF bénéficie du soutien des collectivités et d’un public fidèle. Le handball est certainement l’un des sports collectifs féminins disposant de la plus grande visibilité dans la région.
Les difficultés sont davantage présentes au niveau de l’exposition audiovisuelle nationale et européenne. Pourtant, le handball féminin français possède de nombreux arguments, avec une équipe de France très titrée et des clubs comme Metz, Brest ou Dijon qui obtiennent d’excellents résultats.
L’objectif prioritaire de la saison est-il de retrouver une qualification européenne ?
Oui, clairement. Nous n’avons même pas eu besoin de le rappeler au staff et aux joueuses : tout le monde partage cette ambition. Une qualification européenne permettrait de faire rayonner Besançon et d’inscrire durablement l’ESBF dans le paysage continental. Elle renforcerait également notre attractivité auprès des joueuses et offrirait au groupe la possibilité d’affronter d’autres formes de handball. La concurrence sera néanmoins très forte. Derrière Brest et Metz, six ou sept équipes peuvent prétendre aux autres places qualificatives. Nous sommes motivés et nous mettons tout en œuvre pour atteindre cet objectif.
L'interview de la rédaction : Laurent Sénécat
Que retenez-vous de la défaite enregistrée à Brest lors de la première journée ?
Pour un premier match disputé à Brest, la prestation est plutôt encourageante. Nous avons vu de belles choses, notamment la combativité affichée par les joueuses en fin de rencontre pour réduire l’écart alors que l’issue du match semblait décidée. Nous avons également commis plusieurs erreurs et perdu trop de ballons. À ce niveau d’intensité, il est difficile de rester parfaitement concentré pendant soixante minutes. Brest reste une équipe très difficile à affronter, particulièrement sur son terrain.
L'interview de la rédaction : Laurent Sénécat
L’effectif possède-t-il les qualités nécessaires pour rivaliser avec les meilleures équipes ?
Nous pouvons rivaliser, même s’il sera toujours compliqué de battre des formations comme Brest ou Metz. Elles disposent de joueuses remarquables et d’une expérience européenne supérieure. L’essentiel sera de proposer un handball de qualité et de rester au contact le plus longtemps possible. De telles rencontres peuvent faire progresser le collectif et renforcer mentalement chaque joueuse. Elles doivent aussi nous aider à prendre le dessus sur nos concurrentes directes.
La nouvelle formule du championnat peut-elle favoriser les ambitions européennes de l’ESBF ?
Elle offre plusieurs possibilités. Une place parmi les quatre premières à la fin de la phase régulière assurerait directement une qualification européenne. Ce sera notre premier objectif, même si les deux places disponibles derrière Brest et Metz seront très disputées. Les équipes classées de la cinquième à la huitième place pourront également poursuivre leur saison lors des finalités. Celle qui terminera en tête de ce groupe, donc cinquième du classement définitif, décrochera aussi son billet européen. Cette formule devrait apporter davantage d’enjeu et proposer de véritables matchs couperets. Sur le papier, elle paraît séduisante. Quelle que soit notre position à l’issue de la phase régulière, l’objectif sera de terminer parmi les cinq premiers après les finalités. Retrouver l’Europe est vraiment l’ambition du club.
L'interview de la rédaction : Laurent Sénécat
La formation demeure-t-elle l’un des piliers du projet bisontin ?
Absolument. Le centre de formation de Besançon est reconnu depuis de très nombreuses années dans le monde du handball féminin. Il a permis à de nombreuses joueuses d’accéder au plus haut niveau. Prunelle Klingue illustre aujourd’hui la qualité de ce travail. Issue de la formation bisontine, elle a signé son premier contrat professionnel et doit prochainement participer à un stage avec l’équipe de France. Son parcours montre aux plus jeunes joueuses qu’il est possible de rejoindre le haut niveau. Le centre de formation joue également un rôle important dans la construction de l’effectif professionnel. Les jeunes peuvent assurer des rotations, se confronter progressivement à l’élite et poursuivre leur progression aux côtés de joueuses expérimentées.
L'interview de la rédaction : Laurent Sénécat
La préparation de l’après-carrière fait-elle aussi partie de cette mission ?
Oui. La carrière d’une sportive de haut niveau est relativement courte. Nous devons donc nous préoccuper de la vie des joueuses au-delà du terrain. Cela concerne les jeunes du centre de formation comme les professionnelles. Le suivi socioprofessionnel doit leur permettre de préparer leur avenir et de réussir ensuite leur insertion dans la vie active.
Besançon reste-t-elle une véritable terre de handball ?
C’est profondément ancré dans l’identité du territoire. Peu de départements français possèdent une telle densité de clubs évoluant à haut niveau. Entre l’ESBF, le GBDH et Palente, trois équipes bisontines sont engagées dans les divisions nationales les plus élevées. Nous pouvons également compter sur tout un bassin de clubs, notamment à Saône ou à Saint-Vit, avec lesquels nous travaillons régulièrement. En avançant ensemble, nous pouvons continuer à faire rayonner le handball bisontin et franc-comtois bien au-delà des frontières régionales.
L'interview de la rédaction : Laurent Sénécat
L’engouement du public constitue-t-il une autre force de l’ESBF ?
L'interview de la rédaction : Laurent Sénécat
Nous accueillons environ 2 000 spectateurs en moyenne au Palais des sports. La saison dernière, l’enceinte a dépassé les 3 000 personnes à trois reprises lors de grandes affiches. Nous disposons d’un public de connaisseurs, attaché au club et respectueux des adversaires comme de l’arbitrage. Ce sont des valeurs auxquelles nous tenons beaucoup. J’espère maintenant que nous terminerons troisièmes sur le plan sportif, comme nous l’avons été en matière d’affluence.