Choix du secteur :
Se connecter :

Grand Besançon : polémique autour d’une possible entrée de l’extrême droite dans l’exécutif

Publié le 14 Avr. 2026 à 15:04
Tags: Politique | grand besancon metropole | severine vezies | ludovic fagaut |
Lecture: min
Grand Besançon : polémique autour d’une possible entrée de l’extrême droite dans l’exécutif Séverine Veziès

Sévérine Véziès, élue bisontine de La France insoumise, réagit à l’éventuelle nomination de Frédéric Bernard, maire de Chevroz, proche des idées du Rassemblement National, comme 1er vice-président de Grand Besançon Métropole. L’élection de l’exécutif est prévue lundi 20 avril.

Quelle est votre réaction à la possible entrée d’un élu proche du Rassemblement National dans l’exécutif de Grand Besançon Métropole ?

Nous avons là un nouvel exemple de la recomposition politique des droites, qui s’allient avec l’extrême droite dans des exécutifs. Cela fait suite à des alliances plus ou moins assumées lors des élections, comme on a pu le voir à Besançon avec M. Fagaut, élu notamment grâce au Rassemblement National et avec le soutien du collectif Némésis. Cela illustre une porosité de plus en plus forte entre les droites et l’extrême droite.

L'interview de la rédaction : Séverine Véziès 

Certains parlent de démocratie. Vous, vous alertez sur les valeurs en jeu ?

Oui, tout à fait. Force est de constater que M. Fagaut, qui devrait être élu président de l’agglomération lundi selon la charte de gouvernance, a forcément son mot à dire dans les discussions qui ont permis de pré-désigner les vice-présidents. C’est un véritable problème qu’il assume aujourd’hui de gouverner le Grand Besançon avec le Rassemblement National. C’est une nouvelle digue qui saute. Et quand on l’entend dire que l’entrée de La France insoumise à la Ville de Besançon reviendrait à « faire entrer le loup dans la bergerie », on peut se demander si le loup n’est pas ailleurs. Il serait peut-être temps de s’interroger sur le fait de gouverner avec l’extrême droite, qui divise et attise la haine, alors que nous portons un projet humaniste et solidaire.

L'interview de la rédaction : Séverine Véziès 

Ce sont justement ces notions de haine et de division qui vous inquiètent ?

Oui. Le Rassemblement National porte un projet politique qui va à l’encontre des valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité. Nous devons donc nous y opposer de toutes nos forces. Nous refusons également la stratégie de dédiabolisation en cours, à laquelle ce type d’initiative participe. On assiste à une normalisation du RN dans des instances de gouvernance, y compris au niveau national, avec le soutien de la Macronie et de la droite. Nous dénonçons ces pratiques à tous les niveaux, local comme national, et nous ferons face à ces alliances que nous considérons comme contre nature et antirépublicaines.

Vous allez donc exprimer votre opposition lors du conseil communautaire ?

Oui, bien sûr. Nous ferons part de notre désaccord et de notre refus de normaliser un parti d’extrême droite qui ne défend pas les valeurs républicaines, mais s’y oppose. Il est essentiel de continuer à le rappeler.

L'interview de la rédaction : Séverine Véziès 

Selon vous, Ludovic Fagaut peut-il refuser cette nomination ?

Personne ne peut sérieusement croire que le futur président de l’agglomération n’a pas été impliqué dans les discussions en cours. Il a nécessairement eu son mot à dire dans ces choix.

Dernière modification le mardi, 14 avril 2026 16:08