Arthur Schoonderwoerd, au piano.
Le festival Via Musica fera son retour du 3 au 7 juin à Besançon et dans plusieurs communes du territoire. À travers la musique ancienne, baroque ou contemporaine, l’événement défend depuis plus de vingt ans une vision ouverte de la culture. Entre transmission, pédagogie et dialogue entre les arts et les publics, les organisateurs revendiquent une musique accessible à tous.
« La musique appartient à tous »
À Besançon, le festival poursuit son ambition : faire de la musique un espace de dialogue plutôt qu’un lieu de séparation. Lors de la présentation de cette 21e édition, Arthur Schoonderwoerd, le directeur de l’évènement, a insisté sur cette idée forte : opposer tradition et modernité n’a pas de sens dans le domaine musical. « Une œuvre n’efface jamais une autre œuvre. Elle lui répond, elle la prolonge, elle la transforme », explique le directeur artistique. Selon lui, une musique du XVIIe siècle peut dialoguer naturellement avec une création contemporaine, tout comme une tradition populaire peut rencontrer une écriture plus savante. Le festival refuse ainsi l’image d’un rendez-vous réservé aux spécialistes. « La musique appartient à tous. Chacun peut y entrer par une émotion, une histoire ou une rencontre », poursuit-il.
La musique comme apprentissage de l’écoute
Au cœur du projet figure également une forte dimension pédagogique. Les organisateurs défendent l’enseignement musical comme un outil essentiel d’apprentissage collectif. « La musique nous apprend à écouter avant de répondre », souligne le directeur artistique. Une idée qui dépasse largement le cadre artistique : jouer ensemble impose d’écouter les autres voix, d’accepter les différences et les tensions.
Le discours prend aussi une dimension plus politique et sociétale. Les organisateurs rappellent que certains régimes autoritaires ont historiquement cherché à imposer une culture unique en faisant taire les voix dissonantes. « L’harmonie n’est pas l’absence de différences. C’est la capacité à faire vivre ensemble des voix qui ne sont pas identiques », affirme-t-il. Le festival entend ainsi défendre une culture du dialogue dans une époque jugée très polarisée.
Plus de 50 bénévoles mobilisés
L’événement repose également sur un important réseau de bénévoles. Chaque année, plus d’une cinquantaine de personnes participent à l’organisation des concerts et à l’accueil du public. « Un festival ne concerne jamais seulement les artistes qui montent sur scène », rappelle l’équipe organisatrice. Installation des lieux, accueil, logistique ou transport : les bénévoles constituent une part essentielle de cette aventure culturelle.
Des lieux patrimoniaux investis à Besançon
Depuis 21 ans, Via Musica investit plusieurs lieux emblématiques ou méconnus de Besançon et de ses environs. Cette année encore, concerts et créations prendront place dans des espaces chargés d’histoire. Parmi eux : l’ancienne chapelle des Carmes, le grand salon de l’université, la chapelle de la Sainte-Famille ou encore le temple du Saint-Esprit. Des lieux choisis autant pour leur acoustique que pour leur dimension patrimoniale. « Quand on entre dans ces espaces, on n’écoute pas seulement de la musique. On entre dans une histoire qui nous précède », estime le directeur artistique.
Entre musique ancienne, jazz et créations originales
La programmation mêlera musique médiévale, baroque, Renaissance et créations plus contemporaines. Plusieurs rendez-vous originaux sont annoncés, comme un « concert promenade » baptisé Le Chemin d’Arcadie, alternant marche et séquences musicales dans différents lieux. Le public pourra également découvrir une relecture jazz des sonates de Scarlatti par la pianiste sud-coréenne Yooni, ou encore assister à une masterclass donnée par le claveciniste et pianofortiste belge Jos van Immerseel au Conservatoire à rayonnement régional du Grand Besançon. Des concerts participatifs, un repas médiéval et plusieurs temps de médiation culturelle complètent la programmation.
L'interview de la rédaction : Arthur Schoonderwoerd, directeur du festival.
Soutenu par la Ville de Besançon, la Région, la DRAC, Grand Besançon Métropole et plusieurs partenaires privés et associatifs, Via Musica poursuit ainsi son objectif : faire de la musique un espace de rencontre, de transmission et d’ouverture. Pour de plus amples informations : https://festivallaviamusica.com