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Haut-Doubs : un collectif interpelle les élus sur l’avenir des liaisons ferroviaires

Publié le 12 Mar. 2026 à 16:03
Tags: transports ferroviaires |
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Haut-Doubs : un collectif interpelle les élus sur l’avenir des liaisons ferroviaires

À l’approche des élections municipales, le Collectif Mobilités du Haut-Doubs publie une lettre ouverte adressée aux élus nationaux, au préfet de Bourgogne-Franche-Comté, au président de la Région, aux candidats aux municipales ainsi qu’aux habitants du territoire. L’objectif : alerter sur le manque de liaisons ferroviaires et proposer des solutions pour améliorer les mobilités dans le Haut-Doubs et ses relations transfrontalières.

Un collectif né dans le contexte des municipales

Créé dans le cadre de la campagne des élections municipales, le Collectif Mobilités du Haut-Doubs rassemble plusieurs associations engagées dans les questions de transport, dont la FNAUT (Fédération nationale des associations d’usagers des transports). Le collectif explique vouloir promouvoir des mobilités plus rationnelles et plus sûres, organisées à l’échelle de l’ensemble du Pays du Haut-Doubs. Cette prise de parole intervient également pour « faire une mise au point » après la diffusion d’informations jugées erronées dans certains médias et sur les réseaux sociaux concernant les liaisons ferroviaires du territoire.

Selon le collectif, la réflexion sur les mobilités doit dépasser le cadre communal et associer les communautés de communes, la Région Bourgogne-Franche-Comté, les entreprises de transport ferroviaire françaises et étrangères, ainsi que les autorités françaises et suisses. Les différentes offres de transport — trains internationaux, TER, bus Mobigo et bus TransN suisses — doivent être pensées de manière complémentaire et coordonnée, en intégrant également les mobilités actives comme le vélo et la marche.

Six propositions pour améliorer les liaisons ferroviaires

Dans sa lettre ouverte, le collectif formule six propositions concrètes pour renforcer les dessertes ferroviaires. La première concerne le retour d’un quatrième TGV Lyria entre Paris et Lausanne. Le collectif estime que cette circulation devrait permettre une correspondance efficace à Frasne vers Neuchâtel via Pontarlier.

Deuxième proposition : créer un TER Bourgogne-Franche-Comté au départ de Pontarlier, permettant une correspondance à Dole avec le TGV de 6 heures afin d’arriver à Paris avant 9 heures. Cette solution offrirait en outre une tarification plus accessible. Le collectif souhaite sa mise en place dès 2027, au plus tard en 2028.

Concernant les relations transfrontalières, il propose que le deuxième train de retour de Vallorbe le soir ait son terminus à Pontarlier, et non plus à Frasne, dès le service annuel 2027. Le TER Pontarlier-Dole de 18 h 19 devrait néanmoins être maintenu pour conserver une correspondance avec le TGV vers Paris.

Désengorger la N57 et faciliter les déplacements des frontaliers

Le collectif insiste également sur la nécessité de renforcer les liaisons ferroviaires pour désengorger la nationale 57, régulièrement saturée aux heures de pointe. Il propose ainsi la mise en place d’au moins trois allers-retours quotidiens entre Pontarlier et Vallorbe, le matin entre 5 h et 8 h et le soir entre 17 h et 19 h, afin de répondre aux besoins des travailleurs frontaliers se rendant vers Lausanne ou la Vallée de Joux.

Le collectif pointe aussi le manque de liaisons le week-end : aujourd’hui, aucun train ne circule entre Pontarlier et Vallorbe du vendredi matin au lundi matin, une situation jugée pénalisante pour les étudiants et le tourisme. Enfin, il demande la mise en place de liaisons ferroviaires Pontarlier – Travers – Neuchâtel, permettant un accès direct au réseau ferroviaire suisse.

Un enjeu pour la transition écologique et la qualité de vie

Pour le collectif, ces améliorations sont indispensables dans un territoire où la qualité de vie est « fortement impactée par des bouchons devenus insupportables ». Les associations souhaitent ainsi sensibiliser les États, les autorités organisatrices de la mobilité, la Région Bourgogne-Franche-Comté, les élus locaux et les citoyens au manque de liaisons ferroviaires régionales et transfrontalières.

Selon elles, le développement du rail constitue un levier essentiel pour la transition énergétique, la vitalité économique du territoire et l’amélioration du quotidien des habitants du Haut-Doubs.