Figure incontournable de Serre‑les‑Sapin et pilier historique de l’intercommunalité, Gabriel Baulieu a annoncé son retrait de la vie politique locale à l’issue des prochaines élections municipales de mars prochain. Après près de quatre décennies à la tête de la commune et trente‑trois ans de responsabilités au sein de Grand Besançon Métropole, l’élu estime que « l’heure est venue de tourner la page ». Un départ mûri, empreint d’émotion, mais assumé avec lucidité.
Un engagement de longue durée
37 ans à la mairie
Élu maire en 1987, Gabriel Baulieu aura traversé les mandats, les réformes territoriales et les évolutions démographiques sans jamais perdre son ancrage local. En mars prochain, il aurait atteint 37 ans de fonction, un record de stabilité dans le paysage politique du Grand Besançon.
33 ans au sein de l’intercommunalité
Vice‑président de l’intercommunalité depuis 33 ans. Il a accompagné la transformation de l’agglomération, du district urbain, dès 1993, sous Robert Schwint, à la Communauté d’agglomération du Grand Besançon, en 2001, jusqu’à Grand Besançon Métropole, en 2019. Son rôle, souvent discret mais constant, a contribué à structurer les politiques publiques locales.
Une décision personnelle, réfléchie et assumée
Gabriel Baulieu ne cache pas la difficulté de ce choix. Il confie que ses capacités « intellectuelles et physiques » lui permettraient de poursuivre, mais qu’il juge « sage » de s’arrêter maintenant. L’idée d’un passage de relais semble avoir pesé dans sa réflexion. Il insiste sur le fait que cette décision n’est liée à aucune contrainte extérieure. Certains y voyant des désaccords avec l’actuelle présidente de Grand Besançon Métropole, l’écologiste Anne Vignot. Une chose est certaine, son retrait laissera un vide politique évident, mais aussi un héritage solide sur lequel ses successeurs pourront s’appuyer.
L'interview de la rédaction : Gabriel Baulieu
L’heure des transitions personnelles
Avec ce départ, c’est une page importante de la vie politique locale bisontine et grand bisontine qui se tourne. Après 37 ans de mandat municipal et 33 ans d’engagement intercommunal, il laisse derrière lui une trajectoire rare par sa longévité et sa constance. Reste désormais à savoir comment il choisira de s’investir dans cette nouvelle étape qu’il aborde avec prudence, mais sans amertume.
Le débat d’orientation budgétaire (DOB) de Grand Besançon Métropole se tiendra ce jeudi soir lors de l’avant-dernière assemblée communautaire du mandat. À quelques mois des élections municipales, l’exercice revêt une dimension particulière. Rencontre avec Gabriel Baulieu, premier vice-président de Grand Besançon Métropole (GBM), en charge des finances, pour décrypter les grandes orientations budgétaires 2026 et le contexte financier contraint dans lequel elles s’inscrivent.
Un niveau d’investissement historiquement élevé
Malgré un environnement financier de plus en plus tendu, Grand Besançon Métropole affiche une politique d’investissement soutenue. En 2025, l’investissement intercommunal a atteint 112 millions d’euros réalisés et payés,. Sur la période 2025-2029, la collectivité s’est dotée d’un programme pluriannuel d’investissement (PPI) de 570 millions d’euros, confirmant son rôle moteur dans le développement du territoire. « L’investissement public local reste un levier essentiel pour l’économie et l’attractivité », rappelle Gabriel Baulieu.
L'interview de la rédaction : Gabriel Baulieu
Un contexte financier national de plus en plus contraignant
Cette dynamique se heurte toutefois à un contexte national jugé préoccupant. Les contraintes budgétaires de l’État se traduisent par un effort accru demandé aux collectivités. Le projet de loi de finances 2026 prévoit une contribution globale de près de 2 milliards d’euros, dont une part significative pèsera sur les intercommunalités. Parmi les mesures les plus impactantes figure celle concernant le fonds de compensation de la TVA (FCTVA), avec un report d’un an du remboursement de la TVA sur les investissements. Pour Grand Besançon Métropole, cela représente un décalage de trésorerie de plus de 6 millions d’euros. À cela s’ajoute la réforme de la fiscalité des entreprises industrielles : l’État transfère 20 % de la charge aux collectivités, générant pour GBM un manque à gagner estimé à 1 million d’euros. Pour Gabriel Baulieu, ces choix traduisent une incohérence des politiques publiques nationales : « L’État prélève sur les Régions et les intercommunalités, qui sont pourtant les moteurs de l’économie locale. Cela accroît notre dépendance aux dotations et réduit notre autonomie financière".
L'interview de la rédaction : Gabriel Baulieu
Une fiscalité globalement stable en 2026
Malgré ces contraintes, les orientations budgétaires pour 2026 s’inscrivent dans une logique de stabilité fiscale. Les taux d’imposition seront maintenus. Seule une revalorisation légale des bases de 0,8 % entraînera une hausse mécanique de l’impôt, complétée par un ajustement limité à 0,1 % de la Contribution Foncière des Entreprises (CFE). Le budget consolidé 2026 est estimé à 386,3 millions d’euros, hors subventions inter-budgets. Les dépenses de fonctionnement atteindraient 242 millions d’euros, tandis que 128 millions d’euros seraient consacrés aux investissements nouveaux.
Des projets structurants pour préparer l’avenir
Le budget 2026 s’articule autour de plusieurs axes stratégiques.
Un débat à forte portée politique
À l’approche des municipales, ce débat d’orientation budgétaire dépasse la seule technique financière. Il marque l’avant-dernier rendez-vous d’un mandat qui aura dû conjuguer ambition territoriale et contraintes nationales croissantes. Le débat de demain soir s’annonce donc déterminant, tant pour dresser le bilan que pour esquisser les priorités de la prochaine mandature.