Du 1er au 6 juin prochains, le collectif « Comité pour Clément - Besançon » organisera la deuxième édition du « Besac Antifa Fest ». Pendant une semaine, conférences, débats, mobilisation militante, village associatif et concerts se succéderont dans plusieurs lieux de Besançon autour des questions de discriminations, d’extrême droite et d’engagement citoyen.
Un festival né de l’hommage à Clément Méric
Le collectif bisontin s’inscrit dans la continuité des rassemblements organisés depuis 2013 après la mort de Clément Méric, jeune militant antifasciste tué à Paris par des militants néonazis.Toufik, membre du comité, rappelle la volonté de transformer ce rendez-vous commémoratif en un événement plus large et durable. Pour les organisateurs, le festival doit avant tout permettre « de construire quelque chose autour de la lutte contre les discriminations », à travers des échanges, des rencontres et des actions collectives.
Une semaine de conférences sur des sujets variés
Comme lors de la première édition organisée l’an dernier, le festival s’articulera autour d’une série de conférences ouvertes au public entre le 1er et le 5 juin. Les thèmes abordés seront multiples : violences psychiatriques, liberté de la presse face à l’extrême droite, guerre d’Algérie, situation en Palestine ou encore place des mouvements religieux conservateurs dans l’éducation. Parmi les intervenants annoncés figurent notamment l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, invité pour une conférence autour de la situation à Gaza et en Cisjordanie, ou encore le prête catholique Lucien Converset, qui reviendra sur son expérience d’appelé durant la guerre d’Algérie. La journaliste indépendante Jeanne Casez participera également à une rencontre consacrée à « l’extrême droite religieuse et l’éducation nationale ».
L'interview de la rédaction : Toufik de Planoise
Une inquiétude face à la progression de l’extrême droite
Au-delà de l’événement lui-même, le collectif assume une lecture politique du contexte actuel. Toufik évoque « un climat de plus en plus préoccupant » et estime que la progression des idées d’extrême droite dépasse largement le seul cadre électoral. Le militant cite notamment « une adhésion de plus en plus large » dans certains secteurs de la société et des médias. Dans ce contexte, le comité défend une stratégie reposant sur « l’éducation populaire », les échanges et la construction de collectifs locaux.
L'interview de la rédaction : Toufik de Planoise
Une mobilisation prévue le 6 juin
Le point culminant du festival se déroulera samedi 6 juin place Granvelle avec une mobilisation appelée par une soixantaine d’organisations issues du milieu associatif, syndical et militant. Un cortège doit parcourir le centre-ville avant l’ouverture d’un village associatif réunissant plusieurs structures locales engagées, librairies alternatives et animations militantes. La journée se terminera par plusieurs concerts et spectacles, dont un drag show, une programmation rap et un DJ-set. Les organisateurs insistent sur l’ouverture du festival « à toutes et tous » et rappellent que l’événement entend lutter contre « l’ensemble des phénomènes de discrimination, d’exclusion et d’ostracisme ». « Il n’y a pas que l’extrême droite électoraliste classique qui constitue cette réalité », souligne Toufik, qui revendique pleinement l’identité antifasciste du collectif.