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Ce jeudi 23 avril, les personnels du centre de long séjour de Bellevaux, à Besançon, se sont mobilisés pour dénoncer leurs conditions de travail. Depuis la fusion avec le CHU, effective au 1er janvier 2026, les inquiétudes se sont accentuées.  « Le CHU n’a pas de connaissance du secteur médico-social. Nous ne sommes pas un hôpital, mais un lieu de vie pour les résidents », explique Cindy Voinson, aide-soignante et secrétaire du syndicat UNSA à Bellevaux.

L'interview de la rédaction : Cindy Voinson, aide-soignante et secrétaire du syndicat UNSA à Bellevaux.

Un manque de personnel dénoncé

Au cœur de la mobilisation : le manque de soignants. Selon les équipes, les recrutements ne suivent pas les besoins du terrain. « On ne peut pas travailler dans ces conditions, il nous manque du personnel », alerte la représentante syndicale. En cause notamment, un désaccord entre la direction du CHU et l’établissement sur le nombre de postes à financer. « Ils ne s’entendent pas sur les effectifs, donc les recrutements sont bloqués », précise-t-elle. Si quelques arrivées sont annoncées, elles sont jugées insuffisantes et trop tardives, notamment à l’approche des congés d’été, période déjà sous tension.

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Des conditions de travail sous pression

Malgré la grève, un service minimum est assuré pour garantir les soins aux résidents. Mais pour les équipes, la situation devient difficilement tenable. « On enchaîne les prises en charge, parfois avec une douzaine de patients par agent. On n’a plus le temps nécessaire pour un accompagnement de qualité », déplore Cindy Voinson. Les soignants rappellent que les résidents, souvent âgés et fragiles, nécessitent un rythme et une attention incompatibles avec une organisation calquée sur un fonctionnement hospitalier.

L'interview de la rédaction : Cindy Voinson, aide-soignante et secrétaire du syndicat UNSA à Bellevaux.

Des revendications anciennes

Pour les professionnels, cette mobilisation s’inscrit dans une problématique plus large et ancienne. « Cela fait près de 15 ans que nous alertons sur la situation des EHPAD. Les salaires ont été revalorisés, mais cela ne règle pas le manque de personnel », souligne la syndicaliste.

Penser les établissements de demain

Au-delà de l’urgence, les soignants appellent à repenser le modèle d’accompagnement des personnes âgées. « Les EHPAD de demain ne seront pas ceux d’hier. Les besoins évoluent, il faut anticiper et adapter les moyens », estime Cindy Voinson. Le site de Bellevaux accueille environ 300 personnes, entre hébergement, accueil de jour et services à domicile. Un établissement d’envergure, aujourd’hui confronté à des défis majeurs, que les personnels espèrent voir pris en compte rapidement par leur direction.