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Une quarantaine d’étudiants en pharmacie se sont mobilisés ce mardi après-midi à l’UFR Santé de Besançon. Ils ont été rejoints par une petite délégation en provenance de Dijon. Leurs revendications ? Faire avancer une réforme qui stagne depuis 7 ans sur les bancs de l’Assemblée nationale.

 

C’est une manifestation nationale. Les 24 facultés de de pharmacie de France se mobilisaient ce mardi 21 novembre pour répondre à l’appel l’ANEPF, l’association nationale des étudiants en pharmacie de France. En 2 semaines, les membres de l’association sont allés dans les villes comportant une faculté de pharmacie pour sensibiliser les étudiants à la cause de la réforme du troisième cycle des études pharmaceutiques et les appeler à se mobiliser. « Il fallait s’y attendre, au bout de 7 ans, les étudiants en pharmacie allaient forcément devoir aller plus loin pour se faire entendre, car non, ça n’est pas comme ça que l’on traite les soignants de demain » explique l’ANEPF.

 

Parmi leurs revendications :

 

  • Le doublement de l’indemnité de stage des étudiants de 550€/mois à 1250€/mois net sur les 12 mois de DES au lieu des 6 mois de stage actuels (avec modèle « d’alternance » stages/enseignements).

 

  • La création d’indemnités forfaitaires de transport pour les étudiants exerçant loin de leur UFR/domicile (130€ bruts/mois si exercice à +15km de l’UFR/domicile).

 

  • La création d’indemnités d’hébergement en zone sous-dense (300€ bruts/mois si exercice en zone sous-dense et logement onéreux pour l’étudiant). Ainsi, les étudiants pourront être aidés pour exercer en zone sous-dense et l’alternance enseignements/stages sera plus facile.

 

  • La revalorisation du statut étudiant en statut public qui va de pair avec la revalorisation des indemnités de stage.

 

  • La création du statut de maître de stage universitaire (MSU) pour les maîtres de stage.

 

Témoignage de Lucie, en 5ème année de pharmacie filière industrie, et Rémi, en quatrième année filière officine : 

 

 

Ce mercredi 11 octobre était inaugurée la nouvelle filière odontologie à l’UFR Santé de Besançon. En décembre 2021, Jean Castex, le Premier ministre, avait annoncé la création de nouveaux sites universitaires pour pallier une densité trop faible de praticiens sur certains territoires. En Franche-Comté, le nombre de chirurgiens-dentistes par habitant est inférieur dans tous les départements à la moyenne nationale. Elle était de 64 professionnels pour 100.000 habitants en 2019. 25 premiers étudiants ont fait leur rentrée en odontologie l’année dernière au sein de cette filière, et 36 cette année.

 

Cette nouvelle formation s'inscrit dans une démarche nationale et résulte d'un travail engagé depuis plusieurs années par les acteurs de l'éducation et de la santé en Bourgogne-Franche-Comté, avec le soutien des collectivités territoriales. Avec une filière qui a également ouvert à Dijon, elle permettra une meilleure implantation des professionnels sur le territoire. Auparavant, les étudiants en première année de médecine à l'université de Franche-Comté qui souhaitaient devenir chirurgiens-dentistes étaient envoyé à Nancy et Strasbourg. Désormais, ils poursuivent leur formation à Besançon à l'UFR Santé, grâce à l'ouverture de cette filière. 25 étudiants ont fait pour la première fois leur rentrée en filière d'odontologie à l'UFR Sciences de la Santé et de l'université en Franche-Comté il y a un an, en septembre 2022. Cette année, ce sont 36 nouveaux étudiants qui sont concernés. 59 au total suivent désormais cette formation, en alternant cours théoriques médicaux et enseignements spécifiques à l’UFR Santé, avec une partie des cours pratiques au CFA Hilaire de Chardonnay à Besançon.

 

 

Une pénurie de chirurgiens-dentistes dans la région ?

Il y a un peu plus de 2 ans maintenant, le 2 décembre 2021, Jean Castex annonçait la création de nouveaux sites universitaires en odontologie, pour résoudre la problématique d’une densité trop faible de chirurgiens-dentistes sur certains territoires. La densification des villes au détriment des communes rurales accentue les inégalités d'accès aux soins et les installations des professionnels à l'étranger ne cessent d'augmenter. En Franche-Comté, le nombre de chirurgiens-dentistes par habitant est inférieur dans tous les départements à la moyenne nationale, qui était en 2019, de 64 professionnels pour 100.000 habitants. Dans le Doubs, elle est de 48 chirurgiens-dentistes pour 100.000 habitants. Ce nouveau cursus permettra de maintenir une offre de soins et de chirurgie dentaire sur le territoire dans les années à venir. Les UFR Sciences de la Santé de Besançon et de Dijon ont été accrédités en même temps, ont d'ailleurs élaboré leur programme d'enseignement en commun, et bénéficient des mêmes équipements.

 

Le Professeur Edouard Euvrard, chirurgien-dentiste et vice-doyen du département d’odontologie de l’UFR Santé : 

 

L’établissement français du sang et le Lions Club Bisontins organisent, pour la 5ème année consécutive, une collecte de sang qui se tient sur le campus de la Bouloie, sous un chapiteau près du restaurant universitaire. Sur place, tout est prévu pour que cette collecte se passe dans les meilleures conditions. Des collations et repas de qualité seront servis aux étudiants, le tout dans une ambiance chaleureuse. 500 donateurs sont souhaités sur ces trois jours.

 

Des besoins toujours très élevés

Les réserves sont encore bien trop basses. Et pour rappel, un don peut sauver trois vies. Toute l’année, des campagnes de don du sang s’organisent partout en France. L’EFS, l’établissement français du sang, souligne « un besoin énorme ». C’est en collaboration avec le Lions Club Bisontins, cette association qui mène des actions caritatives sur le territoire, qu’une collecte de sang a démarré à Besançon sur le campus de la Bouloie depuis ce mardi. Et cette première journée fut un véritable succès. « L’EFS ravi. C’est la première fois que l’on réussi à attirer autant de jeunes pour une première journée. C’est vraiment une bonne chose, nous en avons tellement besoin » indique Anna Cupillard, du Club Besançon Lumière, présidente de Sang pour Sang Campus, qui fait partie du Lions Club International. « Et nous nous sommes donnés un objectif cette année : il nous faudrait au minimum 500 étudiants pour les 3 jours. C’est ce que nous faisons en temps habituel. Entre 500 et 600 » ajoute Anna Cupillard.

 

« Le volume de sang prélevé par don est compris entre 400 ml et 500 ml. Il est inférieur ou égal à 13% du volume sanguin estimé à partir du poids et de la taille du donneur »

 

Un accueil chaleureux pour les étudiants

Sur place, tout est prévu pour que cette collecte se passe dans les meilleures conditions. A l’entrée du chapiteau, plusieurs médecins accueillent les étudiants, avant qu’ils ne soient pris en charge par d’autres médecins ou infirmier.e.s à l’intérieur. Dès leur arrivée, une première collation leur est offerte. « Un monsieur très généreux nous offre les viennoiseries pour les jeunes. 200 tous les jours. Lorsqu’ils arrivent, ils ont cette viennoiserie et une bouteille d’eau. C’est très important d’avoir une première collation en arrivant » explique Anna Cupillard. Ensuite, direction un petit box isolé afin de remplir les formulaires traditionnels et répondre aux questions qui précédent le prélèvement. Après une dizaine de minutes, le donneur peut ensuite rejoindre l’espace convivial installé au fond du chapiteau, où un repas chaud préparé par Cuisine Mode d’Emploi et la Maison Courbet leur est servi. Au menu pendant ces trois jours : poulet avec gratin de pomme de terre, pizza ou encore pâtes au saumon ! « Nous avons des personnes extraordinaires, exceptionnelles, de très belles personnes. Et nous les accueillons comme nous devons le faire. Le Lions Club c’est le don de soi, et c’est aider les personnes qui sont en précarité. Surtout au niveau des étudiants. Malheureusement à Besançon, nous intervenons tous les trois mois pour faire des distributions. Ces jeunes nous le rendent, parce qu’ils sont d’une gentillesse sans égal. Mais c’est donnant donnant. Nous sommes là pour les aider et les accompagner. J’ai des étudiants qui viennent nous aider à servir, et dès que je leur demande, ils sont présents » explique la présidente de Sang pour Sang Campus.

 

 

C’est une alliance inédite. Une centaine d’associations, de syndicats et de partis politiques défileront ensemble ce samedi 23 septembre 2023 contre les violences policières et le racisme systémique. Des mobilisations qui se tiendront dans toute la France. A Besançon, le rendez­-vous se tiendra à 14h sur le parking Battant.

Lutter contre le racisme systémique, les violences policières, et pour la garantie des libertés publiques : tels sont les objectifs affichés par plus d’une centaine d’organisations qui se réuniront dans toute la France ce samedi. Une fois de plus, la jeunesse sera pleinement mobilisée. Les milliers d’étudiants et de lycéens qui sont descendus dans la rue après l’application du 49.3 et la réforme des retraites répondront une fois encore à cet appel national. « La jeunesse a particulièrement été victime de violences policières, sans parler de l'ensemble de la répression qui a pu toucher le mouvement social sur ces dernières années. Que ce soient les gilets jaunes ou alors les différentes manifestations, avec comme témoin Sainte-Soline. Pour nous, les syndicats étudiants et les organismes de jeunesse, l’idée c’est aussi de participer à cette marche pour dénoncer le racisme systémique » indique Timo Lecki, président de l’AEB, l'Alternative Etudiante Besançon. « On a eu la panique réactionnaire du gouvernement sur cette rentrée qui cherchait à faire diversion par rapport aux grands sujets de précarité qui touchent l'éducation nationale et l'enseignement supérieur. Et puis, selon moi, ce gouvernement a tenté de récupérer une partie de l'électorat d'extrême droite au sein d'un programme qui est clairement réactionnaire, avec l'interdiction de l’abaya dans les lycées, qui se base sur du racisme systémique. La différence entre une robe longue et une abaya, pour l’Education nationale ou pour les policiers qui ont été mis devant certains lycées en France, c'est simplement la couleur de peau où l'appartenance religieuse qui va être attribuée. Une Charlotte ou une Pauline aura sûrement une robe longue, alors qu’une Imane aura une abaya. C'est la preuve d'un racisme systémique. Derrière cette grande marche, on souhaite aussi dénoncer cette panique réactionnaire du gouvernement » poursuit Timo Lecki.

 

Cette manifestation revêt un caractère particulier, puisqu’il s’agit du premier rassemblement qui intervient après la révolte des quartiers populaire, qui ont suivi la mort de Nahel, ce jeune de 17 ans tué par un policier lors d’un contrôle routier le 27 juin à Nanterre. « Cette marche a pour but de réunir l'ensemble des organisations progressistes de France pour faire en sorte de combattre efficacement, et de lutter contre le racisme systémique et contre les violences policières qui ont absolument occupés l'ensemble de l'espace médiatique durant ces dernières semaines de lutte. A la fois dans les quartiers populaires, ici même à Besançon et à Planoise, et à la fois sur les scènes médiatiques avec les images de violence qu’on a pu voir tourner sur les chaînes d'information » ajoute Timo Lecki. Parmi les organisations soutenant la marche, des collectifs de quartiers populaires, des victimes de violences policières, des ONG comme Attac, les Amis de la Terre, des mouvements comme Extinction Rébellion, des partis de gauche tels que LFI et ELLV ainsi que les syndicats CGT, FSU ou encore Solidaires.

 

Une refonte totale de la police ?

C’est une proposition qui ressort en tout cas régulièrement du débat. La députée LFI, Aurélie Trouvé, l’a d’ailleurs suggéré récemment, lors d’une conférence de presse organisée à Paris, en indiquant souhaiter une « refonte totale de la police et des plans d’investissements publics ambitieux dans tous les quartiers populaires ». Des propos soutenus et qui vont dans le sens des revendications de l’Alternative Etudiante Besançon. « La police on y a été confronté. Ce n'est plus une police républicaine qu’on a en face de nous, ce n'est plus la police du peuple, mais c'est plutôt une police du pouvoir qui est simplement là pour garantir l'application des réformes qui ont été décidées par un pouvoir à bout de souffle, celui de la 5ème République. Nous appelons bien évidemment à une refonte globale, de la cave au grenier de la police, pour remettre en place des codes de déontologie et des pratiques qui soient républicaines, qui soient justes envers le peuple, et abolir de manière totale les violences policières et le caractère raciste de certaines mesures » affirme Timo Lecki.

Deux rendez-vous se tiendront prochainement à Besançon. D’abord ce samedi 23 septembre, à 14h au parking Battant pour une grande marche qui sera aussi déclinée à Paris, contre le racisme systémique, les violences policières et pour les libertés publiques. Et puis le 13 octobre prochain, avec une marche contre l'austérité du gouvernement, qui défendra « les services publics, l'éducation nationale ou encore l'enseignement supérieur ».

 

Timo Lecki, président de l’AEB, Alternative Etudiante Besançon : 

 

Durant ces premières semaines de rentrée, l’université de Franche-Comté et le bureau des étudiants organisent l’opération « bienvenue aux étudiants ». Durant ces quatre  jours, l’évènement s’est tenu à Besançon. Il se tiendra ensuite à Belfort et Lons-le-Saunier. L’université de Franche-Comté accueille cette année 24.000 étudiants, répartis sur six sites.

A travers cette manifestation, les organisateurs se sont fixés comme objectifs : d’accueillir  tous les étudiants, de leur faire découvrir les différents lieux, équipements et services qui font désormais partie de leur quotidien et  transmettre des valeurs liées à la vie sociale et professionnelle.   C’est également un moment de partage et de lien social durant lequel les jeunes font connaissance avec d’autres étudiants et les adultes qui les accompagneront durant leur parcours universitaire. « C’est la manifestation de l’implication de toute l’université pour leur réussite » explique Carole Mayeur Carpentier, Vice-présidente vie étudiante et maître de conférence en droit public.

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Pour l’université de Franche-Comté, ces instants ludiques collectifs n’empêchent pas l’excellence et l’exigence. « On partage le même objectif de réussite avec nos étudiants. Par le jeu, on peut porter un regard et un point de vue différents. Cela peut être bénéfique  dans la prise de recul, dans sa réflexion et progression personnelles et dans bien d’autres domaines » explique Mme Mayeur Carpentier. Et de poursuivre : « ces petits groupes de jeu deviendront des groupes de travail.  C’est aussi l’opportunité de voir se créer un certain nombre de liens consolidés vers la réussite ».

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Les étudiants francs-comtois, qu’ils soient Doubistes et Jurassiens,  vont également pouvoir vivre d’autres instants festifs, culturels et formateurs grâce aux évènements prévus dans le cadre des 600 ans de l’université de Franche-Comté.

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L'interview de la rédaction / Carole Mayeur Carpentier, Vice-présidente vie étudiante et maître de conférence en droit public.

Depuis le 11 septembre, et jusqu’au 14 septembre, l’université de Franche-Comté organise la traditionnelle opération « Bienvenue aux Etudiants » à Besançon. Durant cette semaine, de nombreuses animations sont proposées. Ce mardi, une troc party se tiendra sur le parvis de la bibliothèque universitaire Proudhon à la Bouloie.

Rendez-vous également au restaurant universitaire Lumière, où un village étudiants animera les lieux  ces mardi et mercredi. Également au programme : cinéma en plein air, éco-party, olympiades et un concert pour clôturer les festivités à la Gare d’Eau, de 19h à 1h du matin ce jeudi soir.

Les Restos du Cœur sont en difficulté. Une situation qui inquiète. L’association de Coluche a vu ses coûts de fonctionnement augmenter ainsi que le nombre de ses bénéficiaires. Il lui manque 35 millions d’euros pour clore l’année 2023 à l’équilibre. Dans ces conditions, l’état  a décidé de lui ovtroyer une aide spécifique de 15 millions d’euros. Tout comme le milliardaire Bernard Arnault qui a annoncé verser une aide de 10 millions d’euros.

La précarité alimentaire est telle en France que personne ne souhaite voir l’association disparaitre. Durant l’exercice 2022/2023, la structure a distribué 170 millions de repas, contre 142 millions l’année précédente. Parmi les bénéficiaires, de nombreux étudiants font appel à ses services pour subvenir à leur besoin les plus primaires. « Cette situation nous préoccupe énormément. Les étudiants font partie des catégories de la population qui vont le plus recourir à l’aide que procurent les Restos du Cœur » explique Timo président de l’AEB, le 1er syndicat étudiant à Besançon. Et de poursuivre : « C’est un grand appui d’avoir les Restos du Cœur pour pouvoir fournir les premières denrées de nécessité aux étudiants. Si les Restos du Cœur sont dans une situation qui est défavorable, nous savons que ce sont les bénéficiaires qui le seront aussi, et donc les étudiantes et les étudiants ».

L’aide de Bernard Arnault ?

« Ca lui donne bonne conscience. Il va pouvoir dormir sur son oreiller en soie » explique l’étudiant. Timo accuse Bernard Arnault d’être « responsable » de la situation de précarité actuelle. « Ces gens sont les premiers responsables de cette crise. Cela vient de leur gestion extrêmement bourgeoise et capitaliste. Ils ne peuvent pas d’un côté créer une inflation de toute pièce en augmentant les prix et rendre la vie impossible aux citoyens et, de l’autre, venir faire les beaux, en faisant des dons. Ils se nourrissent sans cesse de la misère des gens ».

La rentrée universitaire ? 

Cette année encore les étudiants ne sont pas épargnés par la précarité. Besançon, comme de nombreuses villes françaises, connaît une tension locative pour les logements étudiants. Alors que 25% des étudiants bisontins sont boursiers, le Crous Bourgogne Franche-Comté n’est pas en mesure de répondre à leurs besoins en termes d’hébergement. « Cela représente 10 étudiants boursiers pour un logement Crous » précise le responsable syndical. L’alimentation est également un vrai problème. « Le repas à un euro pour toutes et tous nous a été retiré. Ce dispositif coûte 90 millions d’euros par an à l’état. Les profits de Total pour l’année 2022/2023 représentent 36 milliards. Avec une année de profits de Total, on finance 400 ans de repas à un euro. De Molière jusqu’à nous, tous les étudiants de France auraient pu manger le repas à un euro » conclut l’étudiant bisontin.

L'interview de la rédaction / Timo, président de l'AEB, premierr syndicat étudiant à Besançon

Le constat est inquiétant. Cette année, le coût de la rentrée dépasse le montant alarmant des 3000€. Pour la majorité des étudiants et étudiantes, la rentrée universitaire est une étape qui risque de se révéler insurmontable sans le soutien financier de leur famille ou un emploi parallèlement à leurs études. Cette réalité affecte particulièrement les jeunes issus de familles modestes, compromettant ainsi leur accès au diplôme et augmentant les risques de décrochage.

 

L’inflation qui s’élève à 7.1 % en janvier 2023 (contre 3.3% en janvier 2022), conséquence directe de la guerre en Ukraine qui continue d’impacter l’économie depuis février 2022, exacerbe la précarité étudiante. Cette situation peut s’avérer éprouvante pour un étudiant ou une étudiante. La FAGE, Fédération des associations générales étudiantes, et à l’échelle de notre territoire, la BAF, Fédération des Etudiants Franc-Comtois, établissent désormais depuis plusieurs années l’indicateur du coût de la rentrée, dans le but de mettre en évidence les dépenses imputées à un étudiant ou une étudiante. Cette année encore, la BAF et son réseau réalisent le même constat : le coût de la rentrée universitaire ne cesse d’augmenter chaque année. En 2023, le coût de la rentrée pour un étudiant Franc-Comtois s’élève à 2754,39€ contre 2658,12€ en 2022. Cela correspond à une augmentation de 3,50 % de dépense par rapport à l’année 2022. Ce chiffre, calculé pour les étudiants et étudiantes de Besançon, se rapproche fortement des chiffres que l’on peut obtenir à Belfort ou Montbéliard. Les étudiants et étudiantes devront dépenser 2612,39€ à Belfort, tandis qu’à Montbéliard il faudra déverser 2577,89€ en début d’année.

 

L’indicateur du coût de la rentrée de la BAF permet d’exposer deux types de frais de rentrée.

 

Les frais spécifiques de rentrée, qui correspondent à des frais uniques dépensés en début d’année universitaire :

  • Les frais d’inscription en Licence
  • Les frais de CVEC (Contribution de Vie Etudiant et du Campus)
  • Les frais d’agence et du dépôt de garantie pour la location d’un appartement
  • Les frais liés à l’achats du matériel pédagogique (fournitures et manuels scolaires)
  • Les frais liés à une complémentaire santé
  • Les frais liés à l’assurance logement

 

Les frais de vie courante, qui correspondent aux dépenses mensuelles qu’a un étudiant ou étudiante pour vivre, se nourrir, se loger, se déplacer :

  • Le loyer et les charges locatives
  • 20 repas consommés au restaurant universitaire
  • Les courses alimentaires
  • L’achat d’équipements divers (produits d’hygiène et d’entretien des vêtements)
  • Les loisirs
  • Les transports
  • Les frais de téléphonie et d’internet.
  • Les frais modulaires, qui concernent une partie des étudiants en provenance des DOM- COM.

L’ensemble de cet indicateur et de ces axes détaillent le coût que représente la rentrée universitaire dans de bonnes conditions pour un étudiant de 20 ans, non boursier, s’inscrivant en cursus de licence à l’université en Franche-Comté et ne vivant plus au domicile familial.

 

Une augmentation des frais spécifiques de rentrée

Cette année les frais spécifiques de rentrée s’élèvent à 1603,73€ à Belfort1588,79€ à Montbéliard et 1676,29€ à Besançon. Soit une augmentation de 2,18 % par rapport à l’année 2022. Les principaux facteurs d’augmentation de ces frais sont l’augmentation de la CVEC, dont la quittance a atteint le prix symbolique de 100€, soit une augmentation de 5% en un an. Contrairement aux frais d’inscriptions qui sont gelés pour l’année universitaire 2023-2024, la CVEC est quant à elle indexé avec l’inflation et continue donc d’augmenter. Le montant peut être remboursé en totalité pour les étudiants boursiers. Néanmoins, selon les chiffres publiés par l’Université de Franche-Comté, en 2020, 43% des étudiants et étudiantes ne bénéficient pas d’une bourse d’étude. Cette augmentation est aussi soulignée par l’augmentation des frais de l’assurance habitation et du dépôt de garanti, ainsi que du coût de la complémentaire santé.

 

frais_rentrée_2023.png

 

Une augmentation des frais de vie courante en lien avec l’inflation

Cette année, les frais de vie courante s’élèvent à 1078,10€ à Besançon, soit une augmentation de 5,54% en comparaison à 2022. Seuls les repas dans les restaurants universitaires au prix de 3€30 restent inchangés. A Montbéliard ces frais s’élèvent à 989,1€ et 1008,6€ à Belfort. Les principaux facteurs d’augmentation des frais de vie courante sont l’achat d’équipement essentiels tels que les produits d’hygiène, des vêtements ou encore des produits d’entretien. Les dépenses liées à l’achat des denrées alimentaires représentent une augmentation de 13,30% en un an.

L’argent déboursé pour l’achat de produits essentiels pour se nourrir, se vêtir et assurer une hygiène correcte représente 341,81€ en 2023 soit environ 31,70% des frais de vie courante pour un étudiant Franc-comtois. À cela s’ajoutent le loyer, les transports ou encore les frais de téléphonie mobile et d’internet qui augmentent de 16% et qui sont essentiels pour assurer les enseignements à distance, bien ancrés dans le système d’enseignement depuis la crise sanitaire. À ces dépenses s’ajoutent les frais liés aux protections et anti-douleurs que débourse mensuellement une personne menstruée, soit 9,58€.

 

frais_de_vie_courante_2023.png

 

Des étudiants venus de toute la France pour poursuivre leurs études à Morteau recherchent un logement. Tous sont retenus pour des formations proposées au sein du lycée Edgard Faure autour de la joaillerie, des microtechniques ou encore de l’horlogerie. L’accès au logement pour ces jeunes est un vrai défi, les coûts et le manque d’appartements sont de réels freins. La ville de Morteau et son CCAS ont mis en ligne en 2022 une plateforme numérique afin de favoriser les rencontres entre bailleurs et étudiants.

Cette plateforme s’adresse :


– aux propriétaires qui souhaitent louer leur logement uniquement à des étudiants ou stagiaires (seul pour studio ou T1 ou organisation d’une colocation dans un appartement plus grand),
– aux étudiantsapprentisstagiaires, eux-mêmes qui recherchent un logement ou des colocataires.

 

Lien de la plateforme :

https://services.morteau.org/annonces/

Ce lundi matin, l’intersyndicale tenait une conférence de presse à la Maison des syndicats de Besançon afin de dénoncer les pratiques des forces de l’ordre lors de la manifestation du 1er mai, et plus globalement depuis l’instauration du 49.3. Des jeunes et des manifestants plus âgés étaient invités à livrer leurs témoignages devant la presse. Interpellations préventives et abusives, violences verbales et physiques, conditions de détention déplorables, non-respect des droits liés à la garde à vue : nombreuses sont les accusations reprochées aux forces de l’ordre. Une procédure judiciaire est envisagée par les victimes.

 

« Merci d’être présent aujourd’hui, de relayer nos témoignages, car l’heure est grave » indique les membres de l’intersyndicale en s’adressant aux médias présents ce lundi matin au 4B rue de Léonard de Vinci. « Parce qu’à longueur de journées, dans les grands médias, on entend parler de violences sur les policiers ou de dégradations dans la rue. Mais ils oublient une tout autre réalité. Celle des manifestants, pacifiques, injustement gazés, violentés et enfermés. Et ici, à Besançon, cela prend des proportions alarmantes » ajoute l’intersyndicale. Ce 1er mai 2023, plus de 10.000 personnes ont défilé dans les rues de la cité comtoise, afin de dénoncer la réforme des retraites, mais également pour exprimer les difficultés sociales qu’elles rencontrent au quotidien. Une manifestation qui a connu quelques affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre, débouchant sur 33 gardes à vue. Alors que selon Noëlle Ledeur, de l’intersyndicale, « il n’y a pas eu de violences de manifestants, mais bien des violences policières […] L’ambiance du cortège n’était pas à l’agressivité, on a vu des groupes de personnes se faire pourchasser, tabasser par la police ». Des propos soutenus par Amélie Lapprand du syndicat FSU, qui dénonce l’attitude du gouvernement, qui tente de « museler la colère par la force ».

 

De très nombreux témoignages

Aux côtés des représentants syndicaux, de nombreuses victimes, jeunes pour la plupart, venues témoigner devant les médias présents. Adrien, 18 ans, est le premier à prendre place face aux journalistes. Il raconte avoir été l’un des 13 premiers manifestants interpellés juste après les heurts de Granvelle. On lui reproche notamment d’avoir été tout de noir vêtu, tenue attribuée aux black-blocs, et d’avoir poussé du pied une bombe lacrymogène. Il est alors arrêté par les forces de l’ordre. « J’étais dans le cortège, et j’ai entendu une personne derrière moi indiquer qu’elle avait peur. Je me rends compte qu’elle est sur le point de faire une crise de panique. Je l’approche, je la tire vers moi parce que je vois la foule qui commence à s’agiter et se mettre à courir dans tous les sens. Et d’un coup, un policier en civil, portant seulement un casque, arriver par derrière et me projette au sol, puis m’encastre dans une porte. Avec un autre policier qui va venir planter son coude dans mon torse ». Adrien sera conduit en garde à vue avec 13 autres personnes, et y passera 6h dans des conditions déplorables. « On n’a pas eu le droit au médecin, ni à l’avocat, ni aux appels, on n’avait pas le droit d’aller aux toilettes, je n’ai même pas eu le droit de me laver les mains » raconte le jeune homme. « On était 7 entassés dans une cellule d’à peine 7m², et 4 d’entre nous étaient blessés avec des plaies et du sang. Et quand tu vois l’état des cellules, au niveau de l’hygiène, ça fait peur. Du sang, des déjections sur les murs, de l’urine par terre. J’ai dû aller me faire dépister quelques jours plus tard » ajoute Adrien. « Les droits des gardes à vues n’ont pas du tout été respectés" dénonce l’intersyndicale.

 

Témoignage complet d’Adrien : 

 

Autre témoin, Camille, 17 ans, qui participait à sa première manifestation sauvage. Il n’a pas été arrêté et a pu s’enfuir après quelques coups de matraque« Je me suis pris un coup au niveau de l’entre-jambe, et j’étais terrifié par les CRS derrière moi qui n’hésitaient pas à frapper alors qu’on n’avait rien de dangereux. Je me mets à courir, et c’est là que je commence à voir des CRS partout, à plus savoir où courir pour m’enfuir. Je me prends plusieurs coups dans le dos amortis par mon sac, et un beaucoup plus violent au niveau de l’épaule qui m’a laissé une marque et m’a fait très mal dans les jours qui ont suivi."

 

 

Témoignage de la mère d'un mineur interpellé : 

 

Témoignage de Steve, un manifestant qui jouait du tambour en tête de cortège : 

 

 

Une procédure judiciaire envisagée

Au total, 33 gardes à vue dans la même journée à Besançon, dont 6 mineurs. Selon les manifestants et l’intersyndicale, les jeunes étaient particulièrement ciblés, notamment ceux habillés en noir dont le visage était masqué. Evidemment, le rapprochement a été fait avec les regroupements des manifestants cagoulés de l’ultradroite à Paris ces derniers jours, largement dénoncée mais non réprimée. « Deux poids deux mesures » déplore Noëlle Ledeur. Dans les prochains jours, une procédure judiciaire est envisagée par les syndicats et les victimes « pour dénoncer les violences de l’Etat et essayer de les faire condamner ». Un dossier est actuellement en train d’être constitué avec le rassemblement de nombreuses pièces justificatives.