À l’occasion de la rentrée scolaire 2026, le député du Doubs Laurent Croizier alerte sur les conséquences de la baisse démographique. Les écoles primaires du département accueillent près de 800 élèves de moins cette année et pourraient en perdre 1 000 par an durant les trois prochaines années.
Le parlementaire estime que cette évolution doit permettre de réduire les effectifs dans les classes, sans entraîner de diminution des moyens ni fragiliser les établissements ruraux. Il appelle également à renforcer l’apprentissage des savoirs fondamentaux et à mieux valoriser les filières professionnelles. Face à la crise des vocations, Laurent Croizier annonce enfin la présentation prochaine de 30 propositions destinées à améliorer l’attractivité du métier d’enseignant.
Des personnels du collège Stendhal, à Besançon, annoncent un mouvement de grève massif ce jeudi 3 septembre, à partir de 7 h 30. Ils dénoncent des problèmes de sécurité liés à l’entrée partagée avec l’antenne professionnelle du lycée Jules Haag et évoquent plusieurs intrusions dans l’établissement.
Malgré leurs démarches, ils regrettent l’absence de moyens supplémentaires pour cette rentrée. Ils réclament notamment un poste de principal adjoint, davantage de surveillants et un assistant de prévention et de sécurité. Un rassemblement est prévu devant le collège, avenue du Commandant-Marceau.
En cette rentrée scolaire, Plein Air s’intéresse à ces étudiants qui ont choisi de se tourner vers les métiers de l’éducation et qui, demain, feront eux aussi leur rentrée devant une classe. À Besançon, l’Université Marie‑et‑Louis‑Pasteur ouvre une nouvelle licence destinée à former les futurs professeurs des écoles. Conçue avec le rectorat de l’académie et l’INSPE, elle accueille une première promotion de 80 étudiants, sélectionnés parmi 966 candidats. Une licence qui a trouvé son public Le nombre élevé de candidatures confirme que cette nouvelle licence répond à une attente et à un réel besoin. Cette formation associe des savoirs disciplinaires et universitaires à des apprentissages pédagogiques. Sa conception repose sur une coopération étroite entre l’Université Marie et Louis Pasteur, l’INSPE et le rectorat.
L'interview de la rédaction : Pierre Moya
Une formation organisée sur cinq ans
Le parcours complet doit durer cinq années, réparties en deux étapes. Les étudiants suivront d’abord trois années de licence, puis deux années complémentaires davantage tournées vers la professionnalisation et les stages. Cette organisation doit leur permettre d’acquérir progressivement les connaissances et les méthodes indispensables à l’exercice du métier. Ils pourront observer des enseignants expérimentés, s’immerger dans des classes et apprendre à intervenir dans différentes situations scolaires. Une étape supplémentaire restera indispensable : la réussite au concours de recrutement de professeur des écoles. L’université, l’INSPE et le rectorat entendent accompagner les étudiants dans sa préparation.

Hugues Daussy ( président de l'université Marie et Louis Pasteur). Pierre Moya ( recteur de l'académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté)
Enseigner de la maternelle au CM2
La formation doit préparer les futurs professeurs à enseigner de la maternelle au CM2. Ils pourront travailler aussi bien dans une école urbaine comptant quatorze classes que dans un petit établissement rural composé de deux classes, parfois avec plusieurs niveaux réunis. Les étudiants devront donc apprendre à intervenir dans des environnements très différents.
Des bases disciplinaires solides
La maîtrise de la langue, des mathématiques et du raisonnement scientifique figure parmi les priorités de cette nouvelle licence. Pierre Moya, le recteur de l’académie de Besançon et de la région académique de Bourgogne Franche-Comté, a rappelé qu’un enseignant doit parfaitement connaître les notions qu’il devra ensuite transmettre à ses élèves. Les étudiants seront également formés aux méthodes d’apprentissage, à la gestion d’une classe et à l’accompagnement des enfants ayant des besoins particuliers, notamment ceux en situation de handicap. L’objectif est de leur fournir les outils nécessaires pour réagir aux différentes situations rencontrées dans une école.
L'interview de la rédaction : Hugues Daussy
Une pédagogie fondée sur la recherche
Le métier d’enseignant s’apprend et ne repose pas uniquement sur les connaissances disciplinaires. La licence présentera aux étudiants les pratiques pédagogiques dont l’efficacité a été observée et démontrée par la recherche. Le lien entre la formation et la recherche doit également permettre de former des professionnels capables d’analyser leurs pratiques, de prendre du recul et de comprendre les fondements des méthodes utilisées. Des dispositifs expérimentaux les placeront dans des situations proches de celles rencontrées en classe.
L’intelligence artificielle, un nouvel enjeu
Les transformations liées à l’intelligence artificielle seront également prises en compte. Les futurs professeurs devront apprendre à maîtriser ces outils, à comprendre leurs possibilités et leurs limites, puis à accompagner leurs élèves dans leur utilisation. « Son usage doit reposer sur de solides connaissances, une bonne maîtrise du langage et un véritable esprit critique ». Dans le cas contraire, ces technologies pourraient accentuer les inégalités entre ceux qui savent les utiliser et ceux qui les subissent.
Les enseignants font leur rentrée ce lundi 31 août, avant d’accueillir les élèves dès le lendemain. Dans l’académie de Besançon, 191.461 écoliers, collégiens et lycéens reprendront le chemin de l’école mardi 1er septembre. Cette traditionnelle journée de prérentrée permet aux équipes pédagogiques de préparer l’accueil des élèves, de prendre connaissance des effectifs définitifs et de régler les derniers détails organisationnels. Elle doit également leur permettre de partager les principales orientations fixées pour cette nouvelle année scolaire.
Plus de 20 500 personnels mobilisés
Dans l’académie de Besançon, 20.556 personnels travaillent dans l’enseignement scolaire. Ils exerceront au sein d’environ 1 200 structures, parmi lesquelles 992 écoles, 141 collèges et 65 lycées. Cette rentrée s’inscrit dans un contexte de baisse démographique. Le rectorat recense 1.753 élèves de moins dans les écoles publiques de l’académie. Le recul atteint notamment 543 enfants dans le Doubs et 337 dans le Jura.
La diminution concerne également le second degré. L’administration prévoit une baisse de 917 élèves dans les collèges, les lycées et les établissements régionaux d’enseignement adapté publics de Franche-Comté.
« Un professeur devant chaque classe »
Pierre Moya, recteur de l’académie de Besançon, assure qu’il y aura « un professeur devant chaque classe » à l’occasion de cette rentrée. Plusieurs priorités accompagneront également cette nouvelle année scolaire. L’encadrement de l’utilisation du téléphone portable au lycée, le déploiement d’un questionnaire consacré aux violences sexuelles, la protection du bien-être des élèves et la garantie d’un climat scolaire serein figurent notamment parmi les objectifs fixés par le ministère de l’Éducation nationale.
C’est l’une des nouveautés de la rentrée 2026 dans l’académie de Besançon. L’Éducation nationale expérimente dans le Doubs une planification de l’organisation des écoles à cinq ans. Cette « carte scolaire inversée » doit permettre d’anticiper les conséquences de la baisse démographique avec les élus et les services de l’État.
Sortir des décisions annuelles
Fermetures de classes, regroupements scolaires, transferts d’élèves : chaque préparation de rentrée suscite des inquiétudes dans les territoires. La nouvelle méthode consiste à présenter aux élus les prévisions démographiques à cinq ans, puis à réfléchir avec eux à l’avenir de chaque école. Une structure devenue trop petite pourra être réhabilitée, transformée ou rattachée à un pôle scolaire voisin. La distance, le temps de transport, les conditions d’accueil et la qualité pédagogique devront être pris en compte. L’administration assure qu’aucun modèle unique ne sera appliqué. Une attention particulière doit être accordée aux zones de montagne, aux communes isolées et aux établissements accueillant des publics spécifiques. L’objectif revendiqué est celui de l’équité territoriale, avec une réponse adaptée aux besoins locaux.
L'interview de la rédaction : Samuel Rouzet, directeur de l'inspection académique du Doubs
Préserver un service public de proximité
Dans les villages, l’école reste souvent l’un des derniers services publics. L’Éducation nationale défend ainsi le passage de « l’école de la commune » à « l’école pour la commune » : un regroupement pourrait continuer à servir un territoire même si les élèves ne sont plus accueillis dans leur village. Douze réunions ont déjà été organisées dans les communautés de communes du Doubs. Une phase de concertation et de contractualisation doit commencer en septembre. La première véritable « carte scolaire inversée » est annoncée pour la rentrée 2027. Si l’expérimentation est concluante, elle pourrait être généralisée à d’autres départements.
Vingt pôles mobiles pour accompagner les écoles
Autre nouveauté de cette rentrée : la création dans le Doubs de vingt pôles d’appui à la scolarité. Chacun réunira un enseignant spécialisé et un éducateur spécialisé. Ces équipes mobiles interviendront notamment auprès des élèves présentant des difficultés comportementales. Elles pourront également conseiller les familles, les orienter vers les structures médicales adaptées et accompagner les enseignants. L’Agence régionale de santé doit consacrer 1,7 million d’euros à la rémunération des éducateurs spécialisés.
Ces dispositifs sont lancés alors que le Doubs doit perdre 21 postes à la rentrée, sous réserve des derniers ajustements. Ils doivent permettre d’adapter le réseau scolaire à la baisse du nombre d’élèves, tout en maintenant une offre éducative de qualité dans les territoires doubistes.
L'interview de la rédaction : Samuel Rouzet, directeur de l'inspection académique du Doubs
L’académie de Besançon accueille 191.461 élèves à la rentrée 2026, soit 2.270 de moins que l’année précédente. Cette baisse démographique, qui devrait s’accentuer, impose une réorganisation progressive des écoles. Protection des enfants, interdiction du téléphone au lycée, santé mentale et adaptation aux fortes chaleurs figurent aussi parmi les dossiers prioritaires. Rencontre avec Pierre Moya, recteur de l’académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté
Une baisse démographique durable
Le nombre d’élèves continue de diminuer dans les quatre départements de l’académie de Besançon. Selon les projections du rectorat, 30 000 élèves supplémentaires pourraient disparaître des effectifs au cours des dix prochaines années. Cette baisse s’ajouterait aux 28 000 élèves déjà perdus durant la décennie précédente. L’Éducation nationale veut donc sortir des décisions prises année après année. Les prévisions démographiques doivent être partagées avec les élus et les services de l’État afin d’organiser le réseau scolaire sur plusieurs années. Les temps de transport, l’isolement des communes et l’accès aux autres services publics devront être pris en compte. « La diminution des effectifs a déjà permis d’alléger les classes dans le premier degré. Elles compteront en moyenne 20,7 élèves à cette rentrée. Dans les collèges et les lycées, la moyenne reste stable » nous dit-on. .
Une nouvelle méthode expérimentée dans le Doubs
Le Doubs fait partie des dix-huit départements choisis pour tester une « carte scolaire inversée ». Cette méthode consiste à réfléchir avec les élus à l’avenir des écoles avant de répartir les moyens, plutôt que de décider chaque année des ouvertures et des fermetures de classes. Un projet doit être construit à l’horizon 2031. Certaines petites écoles pourront être maintenues lorsque leur situation géographique, les difficultés de transport ou leur rôle dans une zone de montagne le justifient. D’autres pourront être regroupées dans des pôles scolaires plus importants, avec davantage d’enseignants et de services périscolaires. Des fermetures resteront possibles, mais elles devront être préparées et discutées avec les collectivités. La première véritable application de cette nouvelle carte scolaire est attendue en 2027.
Mieux repérer les violences subies par les enfants
La protection des élèves constitue un chantier majeur. Selon les estimations présentées par le rectorat, environ trois enfants par classe auraient subi des violences sexuelles, principalement dans le cadre familial. Un questionnaire national adapté à leur âge doit être proposé avant les vacances de la Toussaint, en même temps que celui consacré au harcèlement. Les personnels seront également davantage formés pour détecter les signes de mal-être, accueillir la parole d’un enfant et l’orienter vers les professionnels compétents.
L'interview de la rédaction : Pierre Moya, recteur de l'académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté
Le téléphone éteint et rangé au lycée
Après les écoles et les collèges, l’interdiction du téléphone portable doit s’appliquer dans les lycées. Les appareils devront être éteints et rangés pendant le temps scolaire. Chaque établissement pourra toutefois adapter la mesure. Des dérogations seront possibles lorsque le téléphone est nécessaire pour accéder à la cantine, effectuer un travail pédagogique ou répondre aux besoins des internes. Cette décision vise à améliorer la concentration des élèves et à réduire leur dépendance aux écrans.
L'interview de la rédaction : Pierre Moya, recteur de l'académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté
Préparer les écoles aux fortes chaleurs
Après les épisodes de canicule survenus au printemps et au début de l’été, le rectorat veut identifier les écoles et les collèges les plus exposés. Des travaux et des achats d’équipements doivent permettre de créer au moins quelques salles fraîches dans les établissements concernés. Les épreuves écrites et orales des examens seront organisées le matin afin d’éviter les heures les plus chaudes. Une semaine académique consacrée à l’éducation au développement durable est également annoncée pour mars 2027. Enfin, malgré les cyberattaques ayant touché le ministère pendant l’été, la préparation de la rentrée n’a pas été perturbée dans l’académie de Besançon. Un plan de formation à l’intelligence artificielle doit également être déployé durant l’année, afin d’aider les enseignants et les élèves à utiliser ces nouveaux outils avec discernement.
L'interview de la rédaction : Pierre Moya, recteur de l'académie de Besançon et de la région académique Bourgogne Franche-Comté
Pierre Moya a été nommé recteur de la région académique Bourgogne-Franche-Comté et de l’académie de Besançon, ainsi que chancelier des universités, lundi 27 juillet en Conseil des ministres. Il succède à Nathalie Albert-Moretti, en poste depuis mars 2022, qui rejoint la région académique Bretagne et l’académie de Rennes.
Professeur d’histoire-géographie de formation, Pierre Moya a commencé sa carrière dans l’enseignement en 1990. Il a ensuite occupé de nombreuses fonctions de direction et d’encadrement au sein de l’Éducation nationale, notamment dans les académies de Lille, Versailles, Rouen et Créteil, ainsi qu’au ministère. Recteur de l’académie d’Amiens depuis juillet 2023, il prend désormais la tête de la région académique Bourgogne-Franche-Comté.
Les premiers résultats du baccalauréat 2026 confirment une légère progression dans l'académie de Besançon. Sur les 11 449 candidats inscrits, 9 783 ont été admis à l'issue du premier groupe d'épreuves, soit un taux de réussite de 85,4 %, en hausse de 0,4 point par rapport à 2025. Au total, 930 candidats (8,1 %) pourront se présenter aux épreuves de rattrapage.
Dans le détail, le baccalauréat général enregistre un taux de réussite de 90 %, en léger recul de 0,5 point. Les filières technologique (79,5 %) et professionnelle (81,6 %) progressent respectivement de 1,3 et 1,4 point par rapport à la précédente session. Les candidats se répartissaient entre la voie générale (51 %), la voie technologique (20 %) et la voie professionnelle (29 %).
Une intersyndicale de l'Éducation nationale appelle les enseignants à recourir à la grève pour dénoncer des conditions de travail jugées « inacceptables ». Les organisations syndicales estiment que la santé des personnels et des élèves est mise en danger et mettent en cause la responsabilité du ministère de l'Éducation nationale, du gouvernement ainsi que des précédents exécutifs.
Alors que le Doubs est désormais placé en vigilance rouge canicule, le SNES-FSU dénonce l'absence de consignes claires du rectorat de Besançon. Le syndicat affirme que près de 80 fiches ont été référencés dans le registre santé et sécurité depuis le début de la canicule. Ils ont été remplies par des personnels de l'académie de Besançon. Le syndicat réclame des décisions harmonisées et un plan de rénovation thermique des établissements scolaires.