Le sénateur du Doubs Jean‑François Longeot alerte une nouvelle fois le gouvernement sur les fermetures de classes en milieu rural. Dans un communiqué et plusieurs questions écrites adressées aux ministres, il dénonce un décalage entre les annonces nationales — notamment les 50 millions d’euros prévus pour préserver 4 000 postes d’enseignants — et la réalité du terrain, où des fermetures restent envisagées dans plusieurs communes du département. Le sénateur demande davantage de marges de manœuvre pour les DASEN et un réexamen des seuils d’ouverture et de fermeture, estimant que l’avenir des écoles rurales conditionne la cohésion sociale et l’attractivité des territoires.
Journée de mobilisation aujourd’hui dans l’éducation nationale. À Besançon, la colère monte face aux fermetures de classes. 27 suppressions de classes sont annoncées dans la ville, et 109 dans l’ensemble du Doubs. Les élus insoumis dénoncent une situation « inacceptable », liée notamment à la suppression de postes d’enseignants prévue dans la loi de finances 2026.
Ils alertent sur des conséquences concrètes : classes surchargées, conditions d’apprentissage dégradées et affaiblissement de l’école publique. Les élus demandent à la mairie d’intervenir auprès de l’Éducation nationale pour empêcher certaines fermetures, notamment dans les quartiers les plus fragiles.
A la veille d’une journée nationale d’action, les syndicats enseignants du premier degré se préparent à une mobilisation d’ampleur. Dans le Doubs, le syndicat FSU‑SNUipp, premier syndicat du primaire, alerte sur les conséquences de la future carte scolaire. –21 postes sont annoncés pour la rentrée 2026, un chiffre qui suscite colère et inquiétude.
« Une centaine de fermetures de classes possibles »
Amélie Lapprand, co‑secrétaire départementale de la FSU‑SNUipp du Doubs, ne cache pas son inquiétude : « Cela représente une centaine de fermetures de classes pour seulement une trentaine d’ouvertures possibles dans le département. Les prévisions de l’inspection académique vont clairement dans ce sens ». Si le rectorat a récemment laissé entendre que les chiffres étaient « définitifs », la syndicaliste nuance : « Les moyens attribués sont figés, oui. Mais l’académie conserve une marge de manœuvre pour décider où ouvrir ou fermer. Nous espérons encore des ajustements. »
La démographie en baisse… mais un argument contesté
La baisse du nombre d’élèves, particulièrement marquée en Bourgogne‑Franche‑Comté, est régulièrement avancée pour justifier les suppressions de postes. Un argument que la FSU‑SNUipp ne rejette pas, mais qu’elle refuse de voir utilisé comme un prétexte. « Oui, nous perdons des élèves, c’est une réalité. Mais c’est justement l’occasion de réduire les effectifs par classe, de renforcer les remplacements, de recréer des postes spécialisés pour les élèves en difficulté. La France reste l’un des pays européens avec les classes les plus chargées. Pourquoi ne pas profiter de cette baisse démographique pour améliorer l’école plutôt que l’affaiblir ? »
L'interview de la rédaction : Amélie Lapprand
Rural comme urbain : tout le monde touché
Aucun territoire n’est épargné. « Cette année, les fermetures touchent autant les zones rurales que les grandes communes. Cela va créer des situations humaines très difficiles : des enseignants en poste depuis 10, 15 ou 20 ans dans une école vont devoir partir faute de poste. Et dans certains secteurs, il n’y a tout simplement pas d’autre école à proximité. » La syndicaliste insiste sur la fragilité du monde rural : « Le rural est le grand oublié des cartes scolaires depuis des années. Une fermeture de classe, c’est parfois la première étape vers la fermeture de l’école. »
Un rassemblement devant le rectorat
La mobilisation de ce mardi 31 mars s’annonce importante. La FSU‑SNUipp appelle enseignants, parents et citoyens à se rassembler à 10h30 devant le rectorat de Besançon. « Ce sont les enfants qui seront les premiers touchés. Nous devons nous faire entendre », conclut Amélie Lapprand.
La colère monte à l’école du village. Depuis plusieurs jours, parents d’élèves et élus se mobilisent contre un projet de fermeture de classe décidé par le rectorat, dans le cadre de la nouvelle carte scolaire.
Une décision récente et mal vécue
La nouvelle est tombée il y a seulement deux semaines : une classe de l’école de Frambouhans pourrait être supprimée à la rentrée prochaine. Une annonce tardive, selon les parents et la municipalité, qui disent avoir été pris de court. « Nous l’avons appris très récemment, ce qui nous laisse peu de temps pour réagir », explique Mme Girardot, parent d’élèves.
Une mobilisation visible et déterminée
Depuis le début de la semaine, la contestation s’organise sur le terrain. Chaque matin, des parents se rassemblent devant l’établissement pour marquer leur opposition : blocage symbolique de l’entrée de l’école, installation de banderoles et présence quotidienne jusqu’à l’ouverture des classes « On reste mobilisés toute la semaine », affirment les parents, bien décidés à maintenir la pression.
L'interview de la rédaction : Mme Girardot, parent d'élèves
Des classes surchargées et multi-niveaux redoutées
Au cœur des inquiétudes : les conditions d’apprentissage des élèves. À la rentrée, l’école compterait environ 90 élèves, répartis en classes dites « triple niveaux », mêlant : grandes sections de maternelle, CP et CE1. Avec environ 25 élèves par classe, une organisation jugée inadaptée. « Les grandes sections n’ont pas la même capacité de concentration que des élèves de CP ou CE1. Les regrouper risque de pénaliser tout le monde », s’inquiète Mme Girardot.
Une démographie pourtant en hausse
Autre argument avancé : le développement du village. Une trentaine de nouvelles habitations sont en construction dans le secteur, ce qui pourrait entraîner l’arrivée de nouveaux élèves dans les prochaines années. Pour les familles, cette fermeture apparaît donc en contradiction avec l’évolution démographique locale.
Une pétition et des discussions en cours
En parallèle, des actions sur le terrain, une pétition en ligne a été lancée sur la plateforme Change.org pour soutenir le maintien de la classe. Les parents espèrent également faire entendre leur voix lors d’une rencontre prévue avec les autorités éducatives.
Une mobilisation appelée à durer
Malgré l’absence de réponse concrète pour l’instant, les parents restent déterminés. « On continuera tant qu’on n’aura pas de réponse », préviennent-ils. La semaine de mobilisation pourrait donc n’être qu’un début dans ce bras de fer entre familles, élus locaux et rectorat.
Dans le cadre de la prochaine carte scolaire, qui n’épargne pas le secteur du Haut-Doubs, une mobilisation est programmée ce lundi à l’école primaire du Centre à Villers-le-Lac. Des parents d’élèves appellent à se rassembler à 16h15 pour protester contre une possible fermeture de classe. Ils invitent les familles à venir « faire du bruit », casseroles et ustensiles à la main, afin d’alerter l’Éducation nationale. Une action symbolique pour défendre le maintien des effectifs et la qualité d’accueil des élèves.
À Champagnole, la fermeture annoncée d’une classe à l’école Jules Ferry à la rentrée prochaine suscite une vive inquiétude chez les parents d’élèves. Si cette décision repose sur des effectifs jugés « globalement stables », de nombreuses familles estiment qu’elle ne reflète pas la réalité du terrain.
Des besoins éducatifs en forte évolution
Les parents soulignent une transformation du profil des élèves accueillis. L’école compte aujourd’hui davantage d’enfants à besoins éducatifs particuliers : troubles de l’apprentissage, difficultés de concentration ou situations de handicap. Ces élèves nécessitent un accompagnement spécifique et une attention accrue. La suppression de la cinquième classe entraînerait mécaniquement une augmentation du nombre d’élèves par classe. Une situation jugée incompatible avec les objectifs d’inclusion scolaire. « On parle d’inclusion, mais comment sera-t-elle possible avec des classes plus chargées ? » s’interroge un parent.
Un risque pour la réussite des élèves
Au-delà de l’organisation immédiate, les familles alertent sur les conséquences à long terme. Elles craignent que certains enfants, notamment les plus fragiles, ne bénéficient plus du suivi nécessaire. Risque de décrochage, perte de confiance et difficultés durables sont redoutés. Les parents évoquent également une dégradation du cadre scolaire. Des classes plus nombreuses signifient moins de disponibilité pour chaque élève, mais aussi davantage de bruit, de fatigue et de tensions. Pour les enfants les plus vulnérables, ces conditions pourraient devenir un frein à leur progression.
Maintenir une école de qualité
Pour les familles, l’enjeu dépasse la simple organisation. Elles rappellent que la qualité des apprentissages repose sur des effectifs raisonnables et un environnement serein. Maintenir la cinquième classe apparaît ainsi comme essentiel pour garantir la réussite de tous les élèves. Face à cette situation, les parents appellent à un réexamen de la décision. Ils entendent se mobiliser « pour défendre une école capable d’accompagner chaque enfant selon ses besoins et de lui offrir de réelles perspectives d’avenir ».
Une pétition est en ligne et chacun est invité à venir la soutenir : lien petition
La mobilisation s’organise à l’école maternelle de Montlebon, où une classe est menacée de fermeture dans le cadre de la prochaine carte scolaire. Une situation qui s’inscrit dans un contexte plus large : dans le Doubs, 109 classes pourraient être supprimées à la rentrée.
Une inquiétude face à la dégradation des conditions d’apprentissage
Parents d’élèves et enseignants dénoncent une décision qui aurait des conséquences directes sur le quotidien des enfants. « Supprimer une classe, c’est augmenter les effectifs et réduire l’attention portée à chacun », alertent Sébastien, parent d’élèves délégué à l’école maternelle, et Christelle Ardouin, parent délégué des écoles maternelle et primaire de Montlebon. Ils redoutent notamment une dégradation des conditions d’apprentissage et un accompagnement moins adapté, en particulier pour les élèves les plus fragiles.
L'interview de la rédaction : Christelle et Sébastien, parents d'élèves délégués mobilisés
Une inclusion scolaire en danger
L’école de Montlebon présente une spécificité : elle accueille une unité liée à la Fondation Plurielle, dédiée à des enfants atteints de troubles du spectre autistique. Ces élèves bénéficient d’un dispositif d’inclusion au sein des classes ordinaires. Un fonctionnement salué par les familles, qui y voient une richesse à la fois pour les enfants concernés et pour leurs camarades. « Cela permet de développer la tolérance et la bienveillance », souligne Christelle. Mais avec des classes surchargées, ce modèle pourrait être fragilisé. « Ces enfants sont sensibles au bruit et à l’agitation. Une hausse des effectifs compromettrait leur inclusion », préviennent les parents.
Une mobilisation collective et constructive
Face à cette menace, la mobilisation s’organise. Une pétition a été lancée et des échanges sont en cours avec les élus, les enseignants et les familles. « L’objectif n’est pas de s’opposer pour s’opposer, mais de faire entendre la réalité du terrain », expliquent les parents. Tous espèrent désormais être entendus par l’Éducation nationale et obtenir le maintien de la classe. « On ne défend pas un confort, mais un droit fondamental : celui d’offrir à chaque enfant les meilleures conditions d’apprentissage », conclut Sébastien.
L'interview de la rédaction : Christelle et Sébastien, parents d'élèves délégués mobilisés
À Arbois, la mobilisation s’organise contre un projet de fermeture de classe à l’école publique. Parents d’élèves et élus de plusieurs communes dénoncent une décision jugée incohérente au regard de la hausse des effectifs et des nombreux dispositifs d’inclusion présents dans l’établissement. Ils pointent aussi un manque de concertation avec les collectivités. Un rassemblement est prévu ce samedi matin, à 10h, devant l’école, tandis qu’une pétition est lancée pour tenter de faire reculer l’Éducation nationale : https://www.change.org/p/non-%C3%A0-la-fermeture-d-une-classe-%C3%A0-l-%C3%A9cole-publique-d-arbois
Un rassemblement de parents d’élèves est annoncé pour ce lundi 30 mars, à Pontarlier, devant l’école Cordier, pour dénoncer un projet de fermeture de classe. Une décision doit être rendue le lendemain, mardi 31 mars, par les autorités académiques. Les familles redoutent une hausse des effectifs par classe et une diminution du temps de direction, déjà jugé insuffisant cette année. Une pétition accompagnera cette mobilisation.
Un rassemblement devant l’inspection académique à Besançon
Ce mardi à la mi-journée, plusieurs enseignants du premier degré se sont rassemblés devant l’inspection académique de Besançon. À l’appel du syndicat FSU-SNUipp, cette mobilisation, sans grève, coïncidait avec la tenue du groupe de travail consacré à la carte scolaire. « Nous avons appelé les collègues à se rassembler car aujourd’hui, l’inspecteur d’académie présente son projet de répartition des postes », explique Marjorie Breney, co-secrétaire départementale du syndicat. Une première étape avant une grande journée de grève le 31 mars prochain, qui touchera également le second degré.
L'interview de la rédaction : Marjorie Breney, co-secrétaire départementale du syndicat FSU/SNUIPP
21 postes supprimés dans le Doubs
Au cœur des inquiétudes : la suppression annoncée de 21 postes d’enseignants dans le département du Doubs, dans le cadre d’une réduction nationale de 1 891 postes dans le premier degré. Mais derrière ce chiffre se cache une réalité plus large. Selon les documents de travail transmis aux syndicats, ces suppressions pourraient entraîner la fermeture de 109 classes, pour moins de 30 ouvertures. « Il faut bien comprendre que ce ne sont pas seulement 21 classes qui ferment. Avec les postes hors classe ou de remplacement, cela représente bien plus sur le terrain », souligne Marjorie Breney.
L'interview de la rédaction : Marjorie Breney, co-secrétaire départementale du syndicat FSU/SNUIPP
Une baisse démographique contestée
L’administration justifie ces suppressions par une baisse du nombre d’élèves. Dans le Doubs, celle-ci est estimée à environ 800 élèves en moins pour 400 écoles. Un argument que conteste le syndicat : « Cela représente en moyenne deux élèves en moins par école. Et pour ça, on supprimerait plus de 100 classes ? Ce n’est pas acceptable. » Pour la FSU-SNUipp, cette évolution démographique devrait au contraire être une opportunité pour améliorer les conditions d’apprentissage.
Des conditions d’enseignement jugées dégradées
Les représentants syndicaux alertent sur une dégradation continue des conditions de travail des enseignants et d’accueil des élèves. « Nous avons aujourd’hui des classes très hétérogènes, dans une école inclusive où tous les élèves sont accueillis. On ne peut plus travailler comme il y a dix ans avec les mêmes moyens », insiste Marjorie Breney. Le syndicat demande donc une répartition plus équitable des postes supprimés et espère infléchir le projet lors des discussions avec l’administration.

Les territoires ruraux particulièrement touchés
Certaines zones apparaissent plus fragilisées, à l’image du secteur de Morteau et Maîche, où plus d’une dizaine de fermetures de classes sont envisagées. Dans ces territoires ruraux, les difficultés sont accrues : accès limité aux soins, manque de spécialistes (orthophonistes, psychologues), éloignement des services. « La ruralité accentue les inégalités. Ces suppressions vont encore aggraver les conditions d’apprentissage », alerte la syndicaliste.
L'interview de la rédaction : Marjorie Breney, co-secrétaire départementale du syndicat FSU/SNUIPP

Des négociations encore ouvertes
Le projet présenté reste à ce stade provisoire. Les syndicats entendent peser dans les discussions pour limiter l’impact des suppressions. « Nous allons défendre nos revendications pour obtenir une marge de manœuvre et une meilleure répartition », conclut Marjorie Breney. Les décisions finales sur la carte scolaire sont attendues dans les prochaines semaines.