La fréquentation dans les restaurants universitaires du CROUS a augmenté.
La généralisation du repas à un euro, le recrutement de référents dans les restaurants et les résidences ainsi que l’amélioration de l’information étudiante marquent la rentrée du CROUS Bourgogne–Franche-Comté. Face à une fréquentation en forte hausse, l’établissement ajuste progressivement son organisation.
Environ 85 000 étudiants dans la région
Le CROUS Bourgogne–Franche-Comté accompagne environ 85.000 étudiants, dont près de 20.000 boursiers. Ce dernier chiffre devrait rester relativement stable en 2026-2027, même si les données définitives ne seront connues qu’à la fin de l’année. À ce jour, 10.879 étudiants ont déjà reçu un versement de leur bourse. L’établissement gère également 6 500 logements et sert habituellement plus de deux millions de repas chaque année. Son action concerne aussi l’accompagnement social, l’emploi et la vie étudiante. Plus de 2 000 jeunes ont été reçus par le service social au cours de l’année précédente. Le CROUS emploie par ailleurs environ 400 étudiants et a organisé près de 900 animations en 2025-2026.
Un repas complet pour un euro
Depuis le 1er mai 2026, tous les étudiants peuvent bénéficier d’un repas à un euro dans les restaurants universitaires. Ce tarif était auparavant réservé aux boursiers et aux jeunes dont la situation de précarité avait été reconnue par le service social. Les autres étudiants payaient 3,30 euros. Le CROUS assure que cette baisse du prix ne se traduit pas par une diminution de la qualité ou des quantités. Le repas reste composé d’un plat principal et de deux accompagnements. Les plats continuent également d’être préparés sur place par les cuisiniers. Le coût réel d’un repas est évalué à 9,56 euros. La différence est prise en charge par le CROUS et par une subvention de l’État, en complément de l’euro versé par l’étudiant.
Une fréquentation en forte progression
La généralisation de ce tarif a immédiatement produit des effets. Entre mai et juin, le CROUS Bourgogne–Franche-Comté a enregistré une augmentation de 30 % du nombre de repas servis le midi et de 50 % le soir. Selon sa direction, tous les étudiants ont pu être accueillis durant cette première période de test. Depuis le 1er septembre, la fréquentation des restaurants universitaires de la région progresse d’environ 16,2 % à midi et de 27 à 28 % le soir, par rapport à la même période de l’année précédente. À Besançon, le restaurant « Petit Bouloie » connaît la hausse la plus importante, avec une progression de plus de 50 % le midi. Ces premières données restent provisoires, toutes les formations n’ayant pas encore repris.

Murielle Baldi, directrice du CROUS Bourgogne Franche-Comté
Un risque de saturation aux heures de pointe
Le CROUS reconnaît que les capacités d’accueil des restaurants universitaires ne sont pas extensibles. Un risque de saturation existe donc si tous les étudiants se présentent au même moment. Des échanges ont été engagés avec les établissements d’enseignement supérieur. L’Université Marie et Louis Pasteur a notamment invité ses différentes composantes à décaler, lorsque cela est possible, les horaires de sortie des cours. Précisons qu’à Besançon, le restaurant Lumière, situé sur le campus de la Bouloie, est ouvert tous les soirs. Il peut accueillir les étudiants du campus, du pôle santé et du centre-ville.
Six postes supplémentaires pour la restauration
L’État a accordé six postes supplémentaires au CROUS Bourgogne–Franche-Comté. Quatre ont été affectés aux services du soir et deux à ceux du midi. Une enveloppe de 75 000 euros a également été attribuée pour acheter ou renouveler du matériel. Ces moyens suffisent actuellement à absorber l’augmentation de la fréquentation, selon la direction. Des ajustements dans l’organisation des équipes pourraient toutefois être nécessaires au cours des prochains mois. Le CROUS reconnaît également que la mesure constitue un défi économique. Il précise néanmoins que les crédits destinés à la rénovation des résidences et aux autres investissements sont séparés du financement de la restauration. Un premier bilan financier ne pourra être dressé qu’après plusieurs mois de fonctionnement.
Quinze référents dans les résidences universitaires
La rentrée est également marquée par la création de quinze postes de référents étudiants dans les résidences universitaires : six à Dijon, cinq à Besançon et quatre dans le Nord Franche-Comté. Ces référents sont eux-mêmes des étudiants logés dans une résidence du CROUS. Inscrits au minimum en troisième année de licence, ils possèdent déjà une expérience de la vie universitaire et peuvent ainsi accompagner les nouveaux arrivants. Leur mission consiste à aller à la rencontre des résidents, notamment en faisant du porte-à -porte. Ils doivent vérifier que les jeunes disposent des bonnes informations, leur présenter les services et les animations disponibles et les orienter lorsqu’ils rencontrent une difficulté.
Lutter contre l’isolement et le non-recours aux droits
Les référents peuvent intervenir pour des problèmes très concrets, comme une panne dans un logement ou une démarche administrative. Ils peuvent aussi repérer un étudiant isolé, en difficulté ou ne sachant pas vers quel service se tourner. Les situations préoccupantes seront transmises à un responsable du CROUS, qui pourra saisir le service social ou un autre professionnel. Les référents n’ont pas vocation à remplacer les assistants sociaux ou les psychologues. Ils constituent un relais humain entre les étudiants et les services compétents. Le dispositif vise notamment à lutter contre l’isolement, à prévenir les difficultés de santé mentale et à limiter le non-recours aux aides existantes.
Remettre du contact humain
Pour le CROUS, les aides et les services existent, mais les informations ne parviennent pas toujours jusqu’aux étudiants. Les courriels, les sites internet et les notifications numériques ne suffisent donc pas toujours. Les référents doivent répondre à ce besoin de proximité et de contact humain exprimé par les jeunes.
Une nouvelle consultation des étudiants
Ces mesures répondent en partie aux attentes exprimées lors d’une consultation menée en 2022. Une nouvelle enquête doit être organisée auprès des 85 000 étudiants de Bourgogne–Franche-Comté. Une consultation en ligne est annoncée entre la fin octobre et la mi-novembre, avant des rencontres territoriales au mois de mars. L’objectif sera d’actualiser leurs attentes et d’adapter les politiques de vie étudiante aux nouveaux besoins.