Martin Méllion. Séverine Véziès. Hénène Magien Faysot.
Les élus bisontins de La France insoumise Séverine Véziès, Hélène Magnien-Faysot et Martin Méllion ont présenté, ce vendredi 4 septembre, leur plan consacré à l’école. Rénovation des bâtiments, adaptation aux canicules, gratuité progressive de la restauration scolaire, inclusion des enfants en situation de handicap et démocratie scolaire figurent parmi leurs principales propositions.
À l’occasion d’une conférence de presse organisée ce vendredi à Besançon, La France insoumise a souhaité apparaître comme une « force de proposition ». Les conseillers municipaux d’opposition Séverine Véziès, Hélène Magnien-Faysot et Martin Méllion ont dévoilé un plan consacré aux écoles bisontines, élaboré à partir de leur programme municipal puis enrichi durant l’été avec des militants disposant de connaissances professionnelles ou associatives dans le domaine éducatif.
Présenté comme un « contre-plan de rentrée », ce projet entend montrer les mesures qui auraient été engagées si La France insoumise avait dirigé la Ville. Certaines propositions pourraient, selon ses représentants, être appliquées rapidement, tandis que les investissements les plus importants seraient échelonnés sur les six prochaines années. Le plan s’articule autour de trois axes : les actions relevant directement des compétences municipales, l’intervention de la Ville auprès de l’État et de l’Éducation nationale, et la participation des enfants, des familles et des personnels au fonctionnement des écoles.
L'interview de la rédaction : Hélène Magnien Faysot. Martin Méllion
Des mesures pour combattre les inégalités sociales
Pour justifier l’urgence de son plan, le groupe insoumis met en avant la situation sociale de nombreuses familles bisontines. Selon les chiffres communiqués pendant la conférence de presse, 23 % de la population de Besançon vivrait sous le seuil de pauvreté. Cette proportion pourrait atteindre 50 % dans certains quartiers populaires. Les élus proposent ainsi la gratuité des fournitures scolaires et une prise en charge immédiate des repas de cantine pour les familles les plus modestes. Ces foyers, qui représenteraient 42 % des familles utilisatrices, bénéficient actuellement du repas à un euro. Le dispositif serait progressivement étendu pour parvenir à une restauration scolaire gratuite pour tous les enfants au cours du mandat. À compter de la rentrée 2027, La France insoumise souhaite également proposer un petit-déjeuner et un goûter dans les écoles. Le coût de la gratuité totale de la restauration, incluant ces repas supplémentaires, est évalué par le groupe à 2,7 millions d’euros sur l’ensemble du mandat. Le plan prévoit par ailleurs une augmentation des aides aux voyages scolaires et aux associations assurant de l’accompagnement aux devoirs. Une collecte de fournitures scolaires a également été organisée par les militants bisontins. Son contenu doit être remis à une association locale, dont l’identité n’a pas été rendue publique.
132 millions d’euros envisagés pour les écoles
Le deuxième grand volet concerne la rénovation des établissements et leur adaptation au changement climatique. Après cinq épisodes caniculaires durant l’été, Séverine Véziès a notamment évoqué la situation de l’école Bourgogne, où la température aurait dépassé les 40 degrés à la fin du mois de juin. Le programme initial d’investissement dans les écoles est estimé par le groupe à 120 millions d’euros sur le mandat. La France insoumise propose de l’augmenter de 10 %, soit 12 millions d’euros supplémentaires, pour porter l’enveloppe totale à 132 millions d’euros.
Ces investissements concerneraient les bâtiments comme les espaces extérieurs. Ils permettraient notamment de financer l’isolation des façades, des planchers et des plafonds, le remplacement des fenêtres par du double ou du triple vitrage, l’amélioration de l’accessibilité et la sécurisation des abords des établissements. Les élus défendent également la création de « cours oasis », davantage végétalisées, permettant une meilleure gestion des eaux de pluie et pouvant accueillir des potagers pédagogiques. Ils souhaitent revoir leur organisation. L’objectif est de concevoir des cours mieux partagées entre les filles et les garçons.
Repenser l’organisation scolaire face aux canicules
Concernant les périodes de fortes chaleurs, le groupe distingue les mesures d’urgence, comme l’installation de brasseurs d’air, de voiles d’ombrage ou la climatisation ponctuelle de certains locaux, des investissements structurels consacrés à l’isolation et à la végétalisation. Les élus estiment toutefois que l’adaptation des bâtiments ne suffira pas. Ils souhaitent engager une réflexion plus large sur le fonctionnement de l’école pendant les canicules. Ils évoquent notamment la possibilité de modifier ponctuellement les horaires, de concentrer les cours durant la matinée ou d’organiser davantage d’activités à l’extérieur lorsque les conditions le permettent. Selon eux, inviter les familles à garder leurs enfants à domicile lors des journées les plus chaudes peut aussi renforcer les inégalités. Les conditions ne sont pas les mêmes pour un enfant vivant dans une maison avec un jardin et pour celui qui réside dans un appartement surchauffé.
La municipalité accusée d’avoir manqué d’anticipation
Séverine Véziès, Hélène Magnien-Faysot et Martin Méllion ont vivement critiqué la préparation de la rentrée par la majorité municipale conduite par Ludovic Fagaut. Ils estiment que le plan de 300 000 euros annoncé par le maire pour lutter contre la chaleur dans les écoles repose principalement sur des équipements d’urgence et ne répond pas aux enjeux de long terme. Les élus insoumis reprochent également au maire de ne pas avoir exposé sa vision de l’école lors du dernier conseil municipal organisé avant l’été. Ils mettent cette enveloppe en parallèle avec les 250 000 euros consacrés au fleurissement de la ville et dénoncent les autres priorités budgétaires de la majorité, parmi lesquelles la vidéosurveillance, l’armement de la police municipale ou les installations du marché de Noël. Les représentants de La France insoumise considèrent cependant qu’un plan d’urgence reste nécessaire et se félicitent de certaines mesures annoncées par la municipalité. Ils reconnaissent également comme une avancée le fait que 99 % des familles puissent désormais bénéficier d’une place à la cantine. Ils attribuent toutefois en partie ce résultat aux actions engagées sous le précédent mandat d’Anne Vignot.
L'interview de la rédaction : Hélène Magnien Faysot. Martin Méllion
Donner davantage de pouvoir aux enfants
Le dernier axe du plan porte sur la démocratie scolaire. Martin Méllion propose la création d’un conseil éducatif local dans chaque école. Cette instance pourrait associer les enseignants, les agents municipaux, les services techniques, les parents, les élus et des habitants du quartier. Une assemblée d’enfants, dotée d’un budget participatif, permettrait également aux élèves de prendre part aux décisions concernant leur établissement. Pour le conseiller municipal, cette participation constituerait une première expérience concrète de la citoyenneté et de la vie démocratique. La France insoumise souhaite enfin ouvrir davantage les bâtiments scolaires aux associations pendant les soirées, les week-ends et les vacances.
Avec ce « contre-plan », Séverine Véziès, Hélène Magnien-Faysot et Martin Méllion entendent défendre une école sociale, écologique, inclusive et davantage ouverte sur les quartiers. Ils demandent désormais au maire de Besançon de présenter sa propre vision de l’école publique pour les six années de son mandat.