Plusieurs organisations politiques, syndicales et associatives se sont réunies ce mercredi 27 mai devant le tribunal judiciaire de Besançon pour soutenir la maire écologiste Anne Vignot, à l’occasion du procès pour diffamation visant une militante locale du collectif identitaire Némésis. Le rassemblement, organisé à 12h45, intervient après une plainte déposée par l’élue à la suite d’une action menée lors des vœux aux agents municipaux en 2025. Les organisateurs, dont l’élu écologiste bisontin Anthony Poulin, ont expliqué que des militantes du collectif ont interrompu la cérémonie en diffusant une banderole et un tract associant une photographie de la maire à la mention : « Soutien au violeur étranger Anne Vignot ». Le message avait ensuite été largement relayé sur les réseaux sociaux.
L'interview de la rédaction : Amélie Lapprand de l’intersyndicale féministe du Doubs
Une mobilisation contre « les discours de haine »
Au micro, Anthony Poulin, le porte-parole d’une partie des collectifs mobilisés, ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une stratégie de « stigmatisation » et de « banalisation du racisme » portée par l’extrême droite. Les soutiens de la maire estiment que cette affaire dépasse le seul cadre judiciaire et pose la question des limites de la liberté d’expression dans le débat public. « On ne peut pas considérer cela comme un simple débat d’idées », ont affirmé les intervenants, dénonçant « une entreprise de terreur symbolique contre une femme élue » ainsi qu’une volonté « d’attiser les peurs » en désignant les étrangers comme boucs émissaires. Les organisateurs ont également insisté sur la nécessité de préserver « une libre discussion des affaires publiques dans le respect d’autrui et sur une base factuelle partagée ».
L'interview de la rédaction : Amélie Lapprand de l’intersyndicale féministe du Doubs
De nombreuses organisations signataires
L’appel au rassemblement a été cosigné par plusieurs structures locales et nationales, parmi lesquelles : les Écologistes du Grand Besançon, le Parti socialiste du Doubs, La France insoumise, le Parti communiste, le Parti de Gauche, le comité de vigilance antifasciste de Besançon, Ligue des droits de l'Homme, SOS Racisme, Solidarité Femmes Besançon ou encore l’Union syndicale Solidaires. Dans leur déclaration commune, les participants ont affirmé vouloir « condamner la haine, la diffamation et le harcèlement » et rappeler que « la liberté d’expression ne justifie jamais les appels à la haine raciste ».
L'interview de la rédaction : Anthony Poulin, élu bisontin écologiste, porte parole des nombreuses associations et mouvements politiques mobilisés*
Un procès très suivi à Besançon
Le procès de la militante poursuivie pour diffamation s’est tenu ce mercredi au tribunal judiciaire de Besançon. Cette affaire intervient dans un contexte de fortes tensions locales autour des actions menées par le collectif identitaire dans l’agglomération bisontine ces dernières années. À travers ce rassemblement, les organisateurs disent vouloir envoyer « un message fort » face aux discours identitaires et défendre « les valeurs républicaines et les lois antiracistes ».