Invité de l'émission Vélo Club sur France Télévisions ce samedi, le Bisontin Romain Grégoire s'est livré avec beaucoup de sincérité sur son début de Tour de France difficile. Éprouvé physiquement et moralement, le champion de France reconnaît le poids du maillot tricolore, mais refuse de céder au découragement. Son objectif reste intact : retrouver de meilleures sensations et aller chercher une victoire d'étape.
Des images difficiles
Après une première semaine compliquée, Romain Grégoire n'a pas caché sa détresse. Les images de son arrivée au sommet du Tourmalet, en larmes après avoir terminé à plus de 42 minutes de Tadej Pogacar, ont marqué les téléspectateurs. « Ce sont des images que j'aurais préféré que personne ne voie. Ce sont des moments qu'on préfère vivre seul. Mais ça fait partie du Tour de France. Il n'y a pas que les vainqueurs, il y a aussi beaucoup de coureurs qui galèrent derrière », confie-t-il.
Le Bisontin explique avoir vécu « un enfer » lors de cette étape de montagne. « Quand on n'est pas à 100 %, une journée avec autant de dénivelé est extrêmement difficile. Je n'ai pas l'habitude de me retrouver dans le dernier groupe. Se battre simplement pour rester dans les délais, ce n'est vraiment pas facile ». Pour autant, il assure vouloir rapidement tourner la page. « Maintenant, c'est derrière moi et j'espère que l'avenir sera plus beau. »
Le poids du maillot de champion de France
Sacré champion de France quelques semaines avant le départ du Tour, Romain Grégoire reconnaît que porter le maillot bleu-blanc-rouge représente une pression supplémentaire. « Bien sûr que je me dis que ma place n'est pas là. J'ai beau essayer de me convaincre que ce maillot ne me met pas plus de pression, inconsciemment il y en a quand même un peu. Je ne l'ai peut-être pas très bien gérée sur ce début de Tour. » Le Franc-Comtois estime toutefois commencer à mieux vivre avec ce nouveau statut. « Je commence à m'habituer au poids du maillot et je vais essayer de rebondir. »
La domination de Pogacar
Le coureur de Groupama-FDJ reconnaît également que la domination de Tadej Pogacar et de l'équipe UAE Emirates peut peser sur le moral du peloton. « Forcément, ça met un petit coup au moral. Mais aujourd'hui tout le monde est habitué. Il faut accepter qu'il y ait plus fort que soi. Le cyclisme reste un sport où la tactique peut faire la différence. Il faudra saisir les opportunités quand elles se présenteront. »
Le rêve reste intact
Malgré cette première semaine éprouvante, Romain Grégoire ne renonce pas à son ambition. « J'avais deux rêves : devenir champion de France et gagner une étape du Tour. Le premier est réalisé. Il reste maintenant à gagner une étape. Cette année, ce serait encore plus beau avec le maillot de champion de France. » Et malgré la souffrance, il s'efforce de conserver du plaisir. « On n'a pas le choix. Sinon, on se renferme sur soi-même. J'essaie de profiter des moments simples, de discuter avec les copains dans le peloton et d'apprécier les paysages. » Le Bisontin attend désormais avec impatience la suite de la Grande Boucle, notamment le passage du Tour en Franche-Comté, où il espère retrouver de meilleures sensations et enfin pouvoir jouer sa carte.