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Aux Fins, dans le Haut-Doubs Laurent Guglielmeti associe sa passion dans le domaine de l’impression 3D au handicap. C’est ainsi qu’il vient, via l’association e-Nable, de créer deux prothèses pour deux fillettes, âgées de 5 et 7 ans. Pour Alexandra, dont la famille vit à Delémont, en Suisse voisine, le Haut-Doubiste a donné naissance à une main articulée. Pour la deuxième enfant, originaire de Villers-le-Lac, c’est un bras qui a été créé.

Tout a commencé durant le premier confinement, en mars 2019, lorsqu’il a fallu produire des visières et des protections pour les soignants. Sollicité par Bruno Todeschini, l’ancien maire des Fins, Laurent a mis ses compétences en action. Puis, à la suite de la diffusion d’un reportage à la télévision, il ira plus loin en s’associant au collectif e-Nable, désireux d’améliorer le quotidien de ses contacts.

Personnaliser la prothèse

Ensuite, ce sont des relations humaines qui se construisent et donnent naissance à un superbe projet humaniste, qui redonne de l’espoir, de la force, de l’engagement, mais aussi de la confiance. Le Finois se met totalement à la disposition de ses patients. A leur écoute, il est en capacité de donner naissance à la prothèse qui fera un peu oublier le handicap. Tout est possible, du choix des couleurs au design, en passant par l’impression et les motifs. Une totale personnalisation de l’objet. Les pièces sortent les unes après les autres de ses machines. Il faut ensuite les assembler pour rendre le tout fonctionnel.

Donner une apparence plus humaine

Le résultat est étonnant. La petite suissesse, paralysée du côté gauche, peut aujourd’hui utiliser cette nouvelle main. La pratique du vélo est même devenue une réalité pour elle. L’autre enfant est en capacité de prendre en main un objet de de déplacer. Désireux de toujours et encore améliorer le confort de ses bénéficiaires, Laurent s’intéresse actuellement à une autre technique de production. Son objectif ? travailler à la conception de prothèses à l’apparence plus humaine. Cela passera notamment par l’utilisation d’autres matériaux.

L'interview de la rédaction / Laurent Guglielmeti

L’IME l’Eveil de Villeneuve d’Amont cherche à compléter son groupe de familles Relais,  et ainsi permettre aux jeunes accueillis au sein de son établissement de sortir et de vivre des expériences dans un environnement familial et accueillant. Il s’agit d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes, âgés entre 3 et 20 ans, en situation de handicap intellectuel, psychique et/ou moteur. Certains d’entre eux bénéficient d’une mesure de protection au titre de la protection de l’enfance. Pour d’autres, les familles sont inexistantes, éloignées ou fragilisées.

William Lavrut, le Directeur de l’IME, explique que ce contact avec l’extérieur « est particulièrement utile ». Et de poursuivre : « Il est important que les jeunes vivent autre chose que l’institut. L’accompagnement au sein  d’une famille va leur permettre  d’évoluer. L’institut ne remplacera jamais ce qu’un jeune peut vivre dans une famille ».

Les familles, qui souhaiteraient obtenir de plus amples informations, sont conviées à participer à la rencontre découverte qui se tiendra le samedi 4 février à l’institut médico-éducatif de Villeneuve d’Amont. Le rendez-vous est fixé à 10h.  Pensez à vous faire connaître, en appelant la structure ou en envoyant un mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

L'interview de la rédaction / William Lavrut, directeur de l'IME

 

Amandine Jeannenot, assistance sociale libérale, lance à compter du 31 janvier prochain son projet de café des aidants. Il s’adresse à celles et ceux qui accompagnent quotidiennement des personnes dépendantes (personnes âgées, personnes en situation de handicap). L’objectif est d’instaurer un temps d’échange et de discussion où il sera possible de se ressourcer, d’obtenir des réponses à ses interrogations, de trouver des solutions et de s’inspirer de l’expérience d’autres personnes.

Pour assurer le meilleur accompagnement possible, Mme Jeannenot interviendra aux côtés de Malia Hakkar, psychologue. Chacun est libre de participer et de s’engager comme il l’entend à ses rendez-vous. La prise de parole l’est également. La confidentialité, l’absence de jugement et la bienveillance sont bien entendu de mise.

malia hakkar psychologue

Malia Hakkar ( psychologue)

Un rendez-vous par mois

Le café des aidants se tiendra à Besançon et Ornans, un lundi par mois. Des thématiques différentes sont proposées tous les mois. Elles permettent d’amorcer la discussion. Dans la capitale comtoise, l’intervention se déroulera 6b Boulevard Diderot de 13h30 à 17h. Dans la cité Courbet, les participants sont attendus dans les locaux du Café Casoli  ( 2 rue Champliman) de 10h30 à 12h.

Pour obtenir de plus amples informations : 06.77.13.64.77 ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

L'interview de la rédaction : Amandine Jeannenot

 

La Jurassienne Anne Sophie-Pelletier, eurodéputée de gauche GUE/NGL (The Left), a présenté son rapport vers l’égalité des droits pour les personnes en situation de handicap devant le Parlement européen ce lundi. Il a été adopté avec 526 voix pour, 83 abstentions et 10 voix contre. C’est en entamant son discours en langue des signes que la jurassienne a présenté ce rapport qu’elle élabore depuis plus de 3 ans.

 

Bonjour Anne-Sophie Pelletier, pouvez-vous nous présenter votre rapport en quelques mots ?

Ce rapport a une histoire. Trois ans que je l’attendais, dans la continuité de la grève de Foucherans où on s’était battu pour la dignité des personnes âgées. J’avais toujours dit que quand je serais au Parlement, je continuerais cette grève, et de me battre pour la dignité des personnes en situation de handicap. Ce rapport est basé sur tous les articles de la convention de l’ONU, ratifiée par les 27 pays de l’Union Européenne. Les Etats ont fait des progrès, mais il y a encore beaucoup de choses à rajouter et à revoir, puisqu’une personne en situation de handicap en France, en Belgique ou en Italie, n'aura pas les mêmes droits. Ce rapport est basé là-dessus. Sur l’égalité des droits pour les personnes en situation de handicap.

 

Pour rappel, le 28 juillet 2017, la grève des aides-soignantes de l'EHPAD "Les Opalines" à Foucherans dans le Jura, prenait fin après 117 jours de conflit social. Ce mouvement a été l'un des plus longs de l'histoire des conflits sociaux en France Une partie des soignantes dénonçaient leurs conditions de travail et le manque de temps consacré aux personnes âgées pensionnaires des Opalines, créant régulièrement des situations de détresse humaine. 

 

Aujourd’hui, encore trop peu de choses sont faites en direction des personnes en situation de handicap ?

Bien sûr. C’est notamment pour ça que j’ai commencé mon discours en langue des signes française et que j’ai été arrêté. Au sein du Parlement Européen, la langue des signes n’est pas reconnue comme une langue officielle de l’Union. On dit qu’il faut que les personnes en situation de handicap doivent pouvoir participer à la vie politique. Mais comment font les personnes sourdes quand il n’y a ni sous-titres ni traduction ? C’est déjà une discrimination aux droits fondamentaux. Dans le rapport, on indique aussi qu’il y a 14 Etats membres qui acceptent la stérilisation forcée et la contraception forcée. Je considère que c’est une torture. J’ai aussi demandé à la commissaire Dalli, (ndlr : actuelle commissaire européenne à l’Egalité), à ce qu’on puisse avoir une carte européenne du handicap. Si vous êtes en fauteuil roulant en France, vous le serez toujours en Allemagne. Et pour autant, vous n’aurez pas les mêmes droits. Alors qu’avec cette carte, vous aurez exactement les mêmes droits, c’est-à-dire une meilleure accessibilité aux transports et peut-être une meilleure accessibilité au travail. On se rend compte aussi que la discrimination au travail est extrêmement prégnante. Tout comme la discrimination à l’accès aux transports. A Dole, fut un temps, il était très difficile pour les personnes en situation de handicap de prendre le train. Un texte est sorti il y a peu de temps au Parlement. Aujourd’hui, une personne en situation de handicap doit prévenir la SNCF 48h à l’avance pour pouvoir bénéficier d’un accompagnement. Alors que le texte dit 24h avant. Nous, valides, si nous souhaitons prendre le train en urgence, nous n’avons pas de soucis. Une personne en situation de handicap ne peut pas prendre le train en urgence. C’est encore une forme de discrimination.

 

En 2022, certains Etats pratiquent encore des stérilisations forcées ?

Oui je le dis clairement. Souvent sur des femmes d’ailleurs. Elles sont dans des institutions où on va les stériliser sans leur consentement. C’est clairement bafouer leurs droits fondamentaux. Je vais peut-être surprendre les gens, mais une personne atteinte de trisomie a le droit de tomber enceinte, me semble-t-il. C’est son droit fondamental. Mais quand elle est en institution, il est fort probable qu’on demande une stérilisation forcée. C’est ce qu’il se passe dans nos pays européens aujourd’hui. Et je considère cela comme de la torture.

 

Une personne qui se trouve en situation de handicap en 2022, est donc sujette à de très nombreux types de discriminations.

Bien sûr, et quand vous êtes une femme, vous subissez encore plus de discrimination. Et ce n’est pas tolérable. Depuis 2008, il y a une directive anti-discrimination qui est bloquée au conseil, parce qu’on évoque, même si j’ai horreur de ce terme, des « quotas » dans les entreprises. Et certains pays européens ne veulent pas avoir cette obligation d’employer des personnes en situation de handicap. Et c’est pour ça que cette directive est bloquée. Ce n’est pas tolérable. Nous sommes en 2022, et une personne situation de handicap a le droit comme n’importe quelle personne valide, de pouvoir accéder à un travail.

 

Est-ce déjà un pas en avant, de poser ce débat sur le devant de la scène européenne ?

Oui dans le sens où il a quand même 91 recommandations dedans. Moi j’ai fait mon travail de parlementaire, maintenant c’est à la commission de prendre ses responsabilités. C’est aussi au Parlement européen de prendre ses responsabilités. En mettant par exemple la langue des signes comme langue officielle au Parlement européen. C’est à toutes nos institutions de prendre leurs responsabilités. Si rien n’est fait à partir de ce rapport, ça voudra dire que le choix politique est de laisser de côté les plus vulnérables.

 

Êtes-vous optimiste concernant l’évolution de cette situation ?

J’ai pleine confiance en la commissaire Dalli, qui est très attachée à ce qu’il y ait une égalité des droits. Tous mes collègues députés ont même demandé que cette carte européenne soit mise en place avant la fin du mandat, c’est-à-dire dans un peu plus d’un an. Je reste positive parce que je pense qu’on ne pourra pas continuer éternellement à parler d’inclusion et à ne rien faire pour que celle-ci soit vraiment effective sur le terrain pour les personnes en situation de handicap. Nous sommes tous différents, tous uniques, et de cette différence naît de la mixité, et de la mixité naît la société. Nous devons faire société. Chacun de nous peut se retrouver en situation de handicap demain, ce que je ne souhaite à personne. Aujourd’hui, il faut vraiment prendre conscience de la discrimination que subissent les personnes en situation de handicap dans l’Union européenne, ainsi qu’en France.

 

Les 26 et 27 novembre prochains, l’espace des Vallières à Labergement-Sainte-Marie accueillera la 5è édition du Festival des Différences. Comme l’explique si bien Aurélien Bouveret, le programmateur de l’évènement, ce rendez-vous annuel présente « des artistes ordinaires et des artistes extraordinaires ». Il y a bien entendu le show, l’ambiance, mais également toutes les valeurs humaines qu’il dégage.

Ainsi, durant ces deux jours, où respect et tolérance ne sont pas des vains mots, les enfants de l’IME de Pontarlier et les résidents du foyer de vie d’Etalans viendront présenter leur spectacle. A leurs côtés, le public pourra applaudir : Oldelaf, Jule, la Lue, les Tit’Nasselles ou encore Eméa. A l’initiative de ce beau moment de fête et de partage, l’Espace Mont d’Or, qui a confié à la société Odeva, le soin de produire le festival.

‘Ca me tire les larmes »

Habitués de produire de nombreux artistes et d’organiser des festivals, comme le Festival de la Paille, Aurélien Bouveret et son société Odeva ne cachent pas leur plaisir de collaborer à un tel évènement. La collaboration et le partage qui se mettent en place avec les artistes en situation de handicap rendent ce rendez-vous unique et attachant. La démarche est professionnelle, mais la bienveillance est plus que jamais au rendez-vous. « Ca me tire les larmes chaque année » confie le producteur du Haut-Doubs.

Cette année encore, le spectacle sera de qualité. Artistes professionnels et amateurs s’y sont préparés. Il est encore possible de se procurer des places. Pour ce faire : https://www.festi-diff.fr/billetterie/

L'interview de la rédaction / Aurélien Bouveret

Mardi après-midi, le Palais des Sports de Besançon accueillait quatre établissements scolaires bisontins dans le cadre de la semaine de sensibilisation au handicap. Le programme de la Semaine bisontine du handicap a été pensé pour proposer des temps festifs et ludiques ainsi que des temps d’informations et de débats. Du 14 au 19 novembre 2022, il est possible de découvrir des focus particuliers sur un ou plusieurs handicaps dans différents quartiers de la ville.

 

Plusieurs animations étaient prévues ce mardi au Palais des Sports Ghani Yalouz. Les lycées Saint-Jean, Pergaud, Jules Haag et Pierre-Adrien Paris se sont donc affrontés sur le parquet lors d’un tournoi de Hand-Fauteuil, marrainé par l’ESBF et sous le patronage de la ligue de Bourgogne-Franche-Comté de Handball. Cette action consistait pour des lycéens de prendre part à un ou plusieurs matchs, pilotés par Cédric Noir et son réseau de sportifs handballeurs. En parallèle se déroulaient aussi des démonstrations de Handi-Karaté avec la participation du Club Sauvegarde de Besançon. Quelques joueuses de l’ESBF, ont aussi pu venir à la rencontre des élèves afin d’échanger avec eux. Mathilde Roy et Pauline Robert, en plus de coacher et de participer au tournoi de Hand-Fauteuil, ont animé un moment sportif autour du handisport et de l’hygiène de vie d’une sportive de haut niveau.

« Même si le sport c’est bien, il conduit aussi parfois à des situations de handicap » souligne Florence Batoz, chargée de mission handicap au CCAS de la ville de Besançon. « Nous avons donc besoin de faire de la prévention. C’est un objectif parmi plusieurs. Comme celui du nécessaire vivre ensemble et de mieux connaître l’autre en expérimentant son quotidien. Ça favorise énormément le vivre ensemble quand on se met à la place des personnes qui ont un handicap, même si c’est le temps d’un sport ou le temps d’un parcours. Ça change radicalement la manière de voir les choses » poursuit l’élue.

D’autres animations sont prévues jusqu’à samedi à Besançon dans différentes structures. Le programme complet de la semaine du handicap est disponible sur le portail de la ville : https://sortir.besancon.fr/.

 

Florence Batoz, chargée de mission handicap au CCAS de la ville de Besançon : 

 

Besançon, une ville précurseur

Le tournoi de Hand-Fauteuil s’est déroulé sur l’égide de Cédric Noir, Conseiller Technique Fédéral du comité Nord-Franche-Comté et aussi responsable du Hand'Ensemble. Ce professionnel travaille depuis plus d’une quinzaine d'années aux côtés des personnes en situation de handicap dans le milieu du sport. « On était dans les précurseurs avec le club de Lons-le-Saunier qui a commencé avant tout le monde. Ensuite Besançon a enchaîné. Désormais nous sommes 5 équipes, bientôt 6 sur la Bourgogne-Franche-Comté, pour une trentaine sur toute la France. Comme son nom l’indique, « On est ensemble », est accessible à tout le monde, et surtout c’est une pratique mixte » souligne Cédric Noir. Personnes valides ou handicapées, filles ou garçons, enfants ou adultes, tout le monde est le bienvenu et peut s’initier à ces pratiques dans la bienveillance et la bonne humeur. « Au fil des années, tout ça a énormément évolué. Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Avec la ville de Besançon, on fait tout pour que ça avance très rapidement » indique Cédric.

 

Cédric Noir, Conseiller Technique Fédéral du comité Nord-Franche-Comté et aussi responsable du Hand'Ensemble :  

 

 

 

Tout au long de cette semaine, les travailleurs et les salariés de l’UNAP de Pontarlier participent à l’opération « Octobre Rose », organisée localement par le service médico-social de la structure pontissalienne. L’objectif est de sensibiliser au dépistage du cancer du sein. Cette année, pour donner encore plus d’ampleur à cette opération, d’autres publics, venus du  lycée Professionnel Toussaint Louverture, de la Maison Familiale et Rurale et l’IME de Pontarlier, sont associés.

Cette opération s’inscrit dans le cadre des actions de sensibilisation à la santé que la structure mène. C’est donc dans un esprit festif que l’événement se déroule. Tout d’abord, en un même lieu, tous les participants, quel que soit leur situation, reçoivent la même information. L’approche pédagogique est unique et concernante. Les interventions portent notamment sur l’autopalpation et l’apparition de certains signes qui peuvent alerter et inviter à consulter. Puis, une marche est proposée dans l’enceinte de l’ESAT. Chacun évolue à son rythme et prend le temps de répondre aux questions qui jalonnent le parcours. Ce qui permet de vérifier les connaissances précédemment acquises. L’objectif est de réaliser plusieurs tours et d’accrocher à la fin de chaque boucle un ruban rose sur le kiosque installé pour l’occasion. Une action symbolique pour montrer son soutien à la cause et aux malades.

S’ouvrir sur l’extérieur

C’est toute la mission de l’équipe de professionnelles du centre médicosocial de l’UNAP de Pontarlier. Plusieurs initiatives sont menées en ce sens. Elles ont pour vocation d’impliquer ces adultes dans la vie de la cité et de les rendre acteurs. Durant la période préparatoire à Octobre Rose, les travailleurs de l’UNAP  se sont  affairés à fabriquer des bougies roses, dont les bénéfices récoltés  seront reversés à l’association OncoDoubs.

Le reportage de la rédaction : Maurice Droz Barthelet ( travailleur à l'UNAP) et Wacylla Mahemdi ( monitrice à la MFR de Pontarlier)

Rendre l’école inclusive. Telle est l’une des missions que se fixe chaque année l’éducation nationale. De belles intentions. Mais est-ce toujours le cas ? Comment les enfants en situation de handicap trouvent-ils leur place dans le système scolaire français ? Nous avons posé la question à Bruno Ubbiali, le directeur départemental des structures pour enfants et adolescents de la Fondation Pluriel ( ex-Adapei).

« Tous les enfants ont le droit à l’école de la République, avec les moyens techniques que nous apportons » explique Bruno Ubbialli. Dans le département du Doubs, la Fondation Pluriel scolarise 1000 enfants. Elle concentre 450 professionnels qui interviennent en fonction du handicap des jeunes. Une trentaine d’enseignants sont mis à la disposition du pôle chaque année par le rectorat de Besançon. 70% de ces enfants sont scolarisés en milieu ordinaire. Certains sont accueillis dans des classes ordinaires. D’autres suivent une scolarité en classe ULIS ou dans des unités d’enseignement externalisés dans les écoles, collèges ou lycées du département. Les autres, plus vulnérables, sont accueillis dans les murs des structures de l’association. « Même si les pouvoirs publics nous incitent à intensifier le nombre d’enfants à scolariser en milieu ordinaire, nous sommes vigilants à ne pas les mettre en difficulté » explique le responsable bisontin.  Pour que cela fonctionne, il faut que « la structure d’accueil soit en capacité de disposer des moyens humains nécessaires, quant à leur nombre et leur qualification » souligne-t-il.

Trois postes d’enseignants en cours de nomination

Bruno Ubbiali juge cette rentrée des classes « globalement satisfaisante ».  Néanmoins, comme tous les services de santé, la Fondation éprouve des difficultés à recruter des professionnels. Il en est de même dans le domaine de l’enseignement, où les intervenants sont nommés tardivement. Dans le département, sur les trente postes alloués à l’association par le rectorat de Besançon, trois ne sont pas encore pourvus en cette période de l’année. Les besoins en personnel formés sont importants et une réalité. « Nous accueillons de plus en plus d’enfants qui souffrent de troubles autistiques ou psychiques. Ce qui nécessite une prise en charge individuelle et diversifiée » complète le responsable. Et de conclure : « Plus nous sommes dans des réponses individuelles, plus il faut des moyens en ressource humaine et plus il faut des gens spécialisés dans différents domaines ».

L'interview de la rédaction / Bruno Ubbiali

 

L’association Sep end Go tire la sonnette d’alarme après les témoignages de personnes en situation de handicap qui ne parviennent pas à joindre la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Besançon et obtenir les aides dont elles ont besoin pour vivre.  

 Certaines d’entre-elles ne perçoivent plus,  depuis plusieurs mois,  leur pension d’invalidité. Ce qui complique le quotidien et bloque également l’accès à d’autres revenus. Par manque de moyens, le lien social est coupé et les besoins les plus primaires deviennent de plus en plus difficiles à assouvir. La situation est d’autant plus critique lorsque les personnes concernées vivent seules et isolées.

 Un manque criant de moyens

 Face au désarroi de ces personnes, Marine Saugeon, la présidente de l’association Sep and Go, est parvenue à obtenir un rendez-vous auprès de l’administration en question. Des réponses ont été apportées mais elles restent bien évidemment peu acceptables. La CPAM et ses agents en région  ne parviennent pas à gérer le surcroît de travail, occasionné par la crise sanitaire et les nombreux arrêts de travail qui en découlent. Tout le monde espère que l’amélioration sera la plus rapide possible. De nouveaux moyens seront mobilisés durant la période estivale. Ce qui devait permettre une nette amélioration à compter de septembre prochain.

L'interview de la rédaction / Marine Saugeon

Ce mercredi 1er juin se tenait à Quingey la journée « Partageons nos sports ». Cette démarche qui émane du département du Doubs a pour vocation de développer l’inclusion sociale des personnes handicapées, de conforter la pratique sportive pour tous et de promouvoir la citoyenneté et les valeurs de l’Olympisme. La matinée était réservée aux collégiens au gymnase de Quingey. D’autres activités se sont aussi déroulées à l’espace culturel et à la médiathèque un peu plus tard dans la journée.

 

Sensibiliser les plus jeunes

L’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 constitue un atout majeur pour la France. C’est l’opportunité de faire du sport et de ses valeurs, des éléments structurants de la cohésion sociale territoriale et un levier de transformation de la société. Depuis quelque temps, le Département du Doubs s’est engagé pour le rayonnement des Jeux Olympiques et Paralympiques sur son territoire à travers une démarche baptisée « Partageons nos sports ». Celle-ci s’est déroulée ce mercredi 1er juin à Quingey, dans le Doubs. L’association ELAN (Ensemble pour des Loisirs Adaptés de Pleine Nature) était mobilisée au gymnase toute la matinée. L’occasion d’échanger avec des collégiens et de les sensibiliser au handicap. « C’est important de montrer à ces collégiens, en faisant une sensibilisation sur le handicap qui montre qu’être handicapé, ce n’est pas de rester chez soi sur son fauteuil. Et qu’avec un peu de matériel et de bienveillance, on est aussi capable de faire du sport et des activités de loisirs » souligne Françoise Gazelle, présidente de l’association. Une démarche qui a d’ailleurs très bien été perçue par les collégiens, qui se sont montrés curieux et intéressés, « sans prendre les appareils pour des jouets » et se rendant compte des difficultés rencontrés au quotidien par les personnes en situation de handicap. « On les a fait s’installer, se déplacer avec nos appareils. Cela leur a apporté un autre regard sur la manière dont ils peuvent percevoir la vie des handicapés » souligne Françoise Gazelle. « C’est important de sensibiliser les jeunes, pour que la différence ne fasse pas peur, parce que souvent c’est le problème. On voit des gens différents, on n’ose pas leur parler, leur demander quoi que ce soit, on a peur. Il faut vraiment aller à l’encontre de tout ça » poursuit-elle.

 

Réaliser de nombreux défis

Au programme de la journée, la matinée a été dédiée à la présentation de tous les cycles roulants. Les animations se déroulaient sur la piste d’athlétisme du gymnase de Quingey, et les membres de l’association ELAN ont présenté leur matériel, en faisant monter les jeunes collégiens sur des tandems et des joëlettes. « Sur ces machines, il faut faire entièrement confiance au pilote, ce qui n’est pas toujours facile ! » confie Françoise Gazelle. Quant à l’après-midi, les membres de l’association ont présenté un film sur les volcans qu’ils ont réalisé. « Nous sommes partis en 2018 avec quatre personnes en situation de handicap. Nous avons gravi le sommet de quatre volcans en cinq jours. On a fait le Vésuve, le Stromboli, le Vulcano et l’Etna à 3250m en joëlette. C’est une grande première, personne n’avait jamais osé faire ça, et les guides avaient bien du mal à nous laisser monter. Mais on l’a fait, et on a réussi » se félicite la présidente de l’association. S’ils font des défis, c’est pour cette raison. Pour montrer aux personnes en situation de handicap qu’elles peuvent faire des choses. Qu’il faut oser, malgré les difficultés. « C’est toujours difficile parce que le quotidien est déjà très dur pour eux. Donc se mettre dans une situation inconnue, c'est toujours très stressant. Mais au final, ces expériences sont quelque chose de merveilleux pour eux » confie Françoise Gazelle.

 

Françoise Gazelle, présidente de l'association Elan :