Fermés depuis le 3 août en raison d’un manque de personnel, les services de médecine et de soins médicaux et de réadaptation de l’hôpital de Mouthe pourraient rouvrir d’ici la fin de l’année. Vincent Ory, directeur délégué du centre hospitalier intercommunal de Haute-Comté et coordonnateur des établissements de Morteau, Flangebouche et Ornans, évoque des perspectives de recrutement encourageantes. Il fait également le point sur la remise en état du système informatique de l’hôpital de Pontarlier, un an après la cyberattaque d’octobre 2025.
À Mouthe, une pénurie de personnel qui se prolonge
La situation reste préoccupante à l’hôpital de Mouthe, dans le Haut-Doubs. Depuis le 3 août dernier, les services de médecine et de soins médicaux et de réadaptation (SMR) sont fermés, faute de personnel suffisant pour assurer la prise en charge des patients dans des conditions de sécurité satisfaisantes. Cette fermeture concerne, selon la direction, 15 lits. Elle fait écho à une précédente interruption d’activité, survenue entre avril et juillet 2025, pour des raisons similaires. Le problème ne vient pas d’un manque de médecins. L’établissement peut compter sur des praticiens hospitaliers et des médecins libéraux, notamment ceux de la maison de santé voisine. Les difficultés concernent essentiellement les équipes paramédicales, en particulier les infirmières et les aides-soignantes. Le taux d’absentéisme dépasse actuellement 15 %. Malgré le recours à l’intérim et aux remplacements internes, les effectifs restent insuffisants pour envisager une reprise immédiate.
L'interview de la rédaction : Vincent Ory
Une réouverture possible avant la fin de l’année
Pour sortir de cette impasse, la direction multiplie les initiatives. Des postes sont proposés au recrutement et un travail est engagé avec les élus et les services de l’État pour renforcer l’attractivité des établissements de santé du Haut-Doubs. L’hôpital mise également sur la formation. En lien avec l’institut de formation de Pontarlier, des agents de service hospitalier peuvent être accompagnés vers les métiers d’aide-soignant. Autre piste étudiée : la constitution d’une équipe territoriale de professionnels susceptibles d’intervenir dans plusieurs établissements, notamment à Mouthe, Levier et Nozeroy, en fonction des besoins.
Ces mesures commencent à produire leurs premiers effets. Plusieurs entretiens de recrutement sont en cours, laissant entrevoir une amélioration des effectifs dans les prochaines semaines. « Les perspectives de réouverture en fin d’année sont crédibles », estime Vincent Ory, tout en restant prudent sur le calendrier. Aucune date précise n’est encore arrêtée. En attendant, l’activité médico-sociale de Mouthe se poursuit normalement. L’EHPAD de 54 places, l’accueil de jour de six places et les trois places d’hébergement temporaire restent opérationnels, avec un taux d’occupation maximal.
L'interview de la rédaction : Vincent Ory
Cyberattaque à Pontarlier : près de 90 % des usages informatiques rétablis
L’autre dossier majeur concerne le centre hospitalier de Pontarlier, victime d’une cyberattaque dans la nuit du 18 au 19 octobre 2025. Un an après, la situation s’est nettement améliorée. Pendant plusieurs mois, les professionnels ont dû travailler avec des moyens informatiques fortement réduits, voire sans informatique, pour maintenir les soins. Aujourd’hui, l’ensemble des principales applications médicales et soignantes a été rétabli. Le dossier patient informatisé fonctionne à nouveau, tout comme les outils nécessaires à la radiologie, à la pharmacie et à la biologie.
Selon Vincent Ory, près de 90 % des usages informatiques ont désormais été restaurés. Des difficultés persistent toutefois dans les fonctions administratives et financières. Si le paiement des salaires et des fournisseurs a pu être assuré avec l’appui de la trésorerie, certains logiciels de gestion et de comptabilité analytique restent à remettre en service. Leur rétablissement doit permettre à l’établissement de retrouver une vision plus précise et actualisée de son activité et de sa situation financière.
L'interview de la rédaction : Vincent Ory
Une nouvelle architecture pour limiter les risques
La reconstruction du système informatique s’accompagne d’un renforcement de la cybersécurité, en collaboration avec le CHU de Besançon et le groupement hospitalier de territoire. Un dispositif de sécurité récemment installé permet notamment de rétablir progressivement les connexions avec l’extérieur. La nouvelle architecture repose sur un cloisonnement des réseaux et des applications, afin de limiter la propagation d’une éventuelle nouvelle intrusion.
L'interview de la rédaction : Vincent Ory
Vincent Ory compare ce dispositif à des portes coupe-feu, destinées à empêcher qu'une attaque informatique ne se généralise à l’ensemble du système. La finalisation de ces installations doit également faciliter les opérations de maintenance à distance, les échanges avec les fournisseurs et le télétravail. Pour l’hôpital de Pontarlier, placé depuis le 1er janvier sous une direction commune avec le CHU de Besançon, l’objectif est désormais de retrouver un fonctionnement informatique complet, tout en renforçant durablement la sécurité de ses installations.
Les travaux préparatoires du futur service des urgences du Centre Hospitalier des Rives du Doubs, à Pontarlier, ont débuté au début du mois de mai. Cette première phase consiste à déplacer les différents réseaux (électricité, eau, télécommunications) afin de préparer le terrain avant le lancement du chantier principal. Ce projet, destiné à améliorer la prise en charge des patients et les conditions de travail des soignants, bénéficie d'un financement de 3,26 millions d'euros de l'Union européenne.
Suite à la cyberattaque survenue au centre hospitalier de Pontarlier, tous les plannings médicaux doivent être reconstitués. Les patients ayant une consultation, un examen ou une hospitalisation prévue sont invités à contacter dès maintenant la cellule d’appel dédiée au 0 805 090 125.
L’hôpital de Pontarlier a été la cible d’une cyberattaque dans la nuit de samedi à dimanche. Les pirates informatiques ont pris en otage des données numériques sensibles et réclament une rançon.
Un hôpital contraint au mode “dégradé”
Par mesure de précaution, la direction a décidé de mettre en veille l’ensemble du système informatique. Depuis dimanche matin, les services fonctionnent en mode dégradé : retour aux stylos, papiers et fax. Dans chaque unité, l’organisation a dû être repensée.
Des équipes mobilisées et solidaires
Pour faire face, plusieurs professionnels ont été rappelés de congé. Des heures supplémentaires sont prévues et certaines activités tourneront au ralenti.
Selon la direction, il faudra plusieurs semaines pour que l’hôpital retrouve un fonctionnement normal.
Soutien et enquête en cours
Une enquête a été ouverte afin d’identifier l’origine de l’attaque et ses auteurs. En attendant, les services informatiques sont à pied d’œuvre pour rétablir le système.
Le département du Doubs et le CHU de Besançon ont réagi rapidement : ils fourniront à l’établissement une cinquantaine de téléphones portables et une centaine d’ordinateurs connectés pour permettre une reprise partielle de l’activité.
Pour contacter l'hôpital, un numéro vert a été mis en place. Il s'agit du 0.805.090.125
Cyberattaque : le Centre Hospitalier Intercommunal de Haute-Comté contraint de couper son système informatique
Publié le dimanche 19 octobre 2025
Dans la nuit du 18 au 19 octobre, le Centre Hospitalier Intercommunal de Haute-Comté a été la cible d’une cyberattaque de type « cryptolocker », entraînant le chiffrement d’une partie de ses données informatiques. Face à la menace, la direction a immédiatement ordonné la mise à l’arrêt complète du système afin d’éviter toute propagation.
Mobilisation technique et institutionnelle
Dès la détection de l’incident, les équipes techniques et administratives ont été mobilisées en lien avec l’Agence du Numérique en Santé (ANS), l’Agence Régionale de Santé Bourgogne-Franche-Comté et l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI). L’objectif : évaluer l’ampleur de l’attaque, sécuriser les infrastructures et restaurer les services dans les meilleurs délais.
Continuité des soins assurée
Malgré cette situation exceptionnelle, la direction assure que la continuité et la sécurité des soins sont maintenues. Les professionnels de santé appliquent les procédures spécifiques prévues en cas de défaillance numérique, garantissant la prise en charge des patients.
Consignes à la population
Afin de ne pas entraver les dispositifs en place, l’établissement appelle à ne pas saturer les lignes téléphoniques, notamment celles des urgences. Pour les situations médicales non urgentes, il est recommandé de contacter la Maison Médicale de Garde. En cas d’urgence vitale, le 15 (SAMU) reste la référence. Les patients ayant une consultation, un prélèvement ou une hospitalisation programmés dans les prochains jours sont invités à appeler le numéro gratuit mis en place : 0 805 090 125.
Enquête en cours
Une plainte a été déposée auprès des autorités compétentes. Une enquête est en cours pour identifier les auteurs de l’attaque et déterminer les circonstances précises de l’intrusion.
Ce lundi 6 octobre, à l’occasion de la Journée nationale des aidants, la Plateforme de Répit et d’Accompagnement « Au Fil de l’Aidant » (PFR) propose une journée d’information et de sensibilisation au Centre Hospitalier des Rives du Doubs de Pontarlier, de 8h à 17h. L’événement vise à valoriser le rôle des aidants et à leur faire découvrir les dispositifs d’accompagnement disponibles. L’équipe de la PFR sera présente pour échanger, répondre aux questions et orienter les visiteurs.
A Pontarlier. Le Centre Hospitalier Intercommunal de Haute-Comté a participé ce jeudi 18 septembre à REMPAR25, un exercice national, piloté par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, visant à simuler une cyberattaque d’ampleur.
Cette opération grandeur nature mobilise les acteurs publics et privés pour apprécier leur capacité à réagir face à une attaque informatique. Au CHIHC, l’ensemble des services — des ressources humaines à la direction stratégique — ont été impliqués pour protéger les données de santé et garantir la continuité des soins.
L’équipe de psychiatrie du centre hospitalier intercommunal de Haute-Comté (CHIHC), sur le site du GrandVallier, tire la sonnette d’alarme. Dans un courrier adressé à plusieurs ministres, députés, autorités sanitaires et médias, les soignants réclament la reconnaissance de la dangerosité de leur métier et la mise en place d’une indemnité forfaitaire de risque, à l’image de ce qui existe déjà pour les urgences.
Quotidien marqué par la violence
Intra-hospitalier, hôpitaux de jour, centres médico-psychologiques (CMP) : l’équipe couvre l’ensemble du secteur psychiatrique du Haut-Doubs. Les soignants assurent la prise en charge de patients en crise, parfois instables, exposant les équipes à des agressions physiques et psychologiques. « Plusieurs épisodes violents sont survenus depuis le début de l’année 2025 », expliquent-ils. Ces faits concernent principalement les personnels paramédicaux, certains ayant entraîné des arrêts de travail. Les signalements d’« événements indésirables » et de « fiches violences » s’accumulent depuis plusieurs années, sans réponse structurelle selon eux.
Des conditions de travail dégradées
Les soignants soulignent également le manque d’effectifs : effectifs divisés par deux la nuit et les week-ends, recours fréquent à des intérimaires non formés à la gestion de la violence, appui régulier des agents de sécurité et même des forces de l’ordre. La situation s’est aggravée entre décembre 2024 et février 2025, lorsqu’ils ont dû accueillir des patients relevant normalement de l’unité d’hospitalisation de très courte durée (UHTCD), fermée temporairement pour travaux. Selon l’équipe, ce contexte pèse lourdement sur l’attractivité du service : « Les étudiants en soins infirmiers rapportent déjà que nos conditions de travail ne sont pas attrayantes, en raison du sous-effectif, du sur-effectif patient et des situations de violence. »
Une demande de reconnaissance nationale
Si les urgences bénéficient déjà de l’indemnité forfaitaire de risque (IFR), ce n’est pas le cas des services de psychiatrie générale, contrairement aux unités de soins intensifs ou aux structures pour malades difficiles. « Nous demandons que notre travail, impliquant une exposition régulière à de la violence, puisse enfin être reconnu et valorisé », écrivent-ils. Au-delà d’une compensation financière, ils estiment qu’une telle mesure permettrait de stabiliser les équipes et de faciliter les recrutements.
Une mobilisation élargie
Les soignants ont déjà alerté leurs syndicats (CFDT, CGT, FO) qui soutiennent leur démarche. Ils annoncent également un rapprochement avec d’autres structures psychiatriques du département et de la région, comme le centre hospitalier de Novillars, le centre psychiatrique de la Chartreuse ou encore celui de Saint-Ylie. La lettre a été adressée à plusieurs ministres, parlementaires, à l’ARS, à la Haute Autorité de Santé, à l’Ordre infirmier, ainsi qu’à divers médias spécialisés et généralistes. " Nous sommes portés par notre détermination et notre besoin de reconnaissance », conclut l’équipe psychiatrique du GrandVallier, qui entend inscrire son combat dans une dynamique nationale.
Depuis la mise à l’écart de l’ancien directeur Jean-David Pillot, la gestion de l’hôpital de Pontarlier est assurée, à titre provisoire, par Thierry Gamond Rius, actuel directeur général du CHU Jean-Minjoz de Besançon. Celui-ci coordonne aujourd’hui les deux établissements, tout en s’appuyant sur une équipe de direction locale et sur une gouvernance médicale active.
Préserver l’autonomie tout en renforçant les coopérations
L’enjeu principal est de concilier l’autonomie de l’hôpital de Pontarlier avec un renforcement des coopérations médicales, notamment avec l’établissement de Morteau et le CHU de Besançon. L’objectif affiché est double : sécuriser le plateau technique de Pontarlier et lui permettre de continuer à jouer son rôle central pour la population du Haut-Doubs, tout en laissant au CHU de Besançon la responsabilité de ses missions de recours.
L'interview de la rédaction : Thierry Gamond Rius, directeur du CHU Minjoz
Un rôle clé pour le Haut-Doubs
Pontarlier dessert un bassin de population important et bénéficie d’une confiance forte de ses usagers. La sécurisation de certaines activités sensibles, comme la maternité (déjà confortée en 2024) et désormais la chirurgie viscérale, est au cœur des priorités. Cette démarche vise à garantir l’accès à des soins de proximité de qualité, tout en évitant des fermetures qui fragiliseraient l’offre hospitalière locale.
Quelle gouvernance pour demain ?
Deux options sont actuellement sur la table, et devraient être tranchées en septembre :
Quelle que soit l’issue, l’enjeu reste le même : assurer à Pontarlier une gouvernance claire, capable de soutenir les coopérations médicales régionales et de conforter son rôle de pôle de santé majeur du Haut-Doubs.
Jusqu’au 17 juillet 2025, l’hôpital de Pontarlier accueille l’exposition Éclats d’Âme d’Alain Bulle dans sa galerie principale. À travers ses œuvres mêlant figures féminines, fleurs et arabesques, l’artiste invite à un voyage intérieur empreint de poésie et de contemplation.
Cette initiative souligne l’importance de l’art comme vecteur de mieux-être, offrant aux patients, visiteurs et professionnels un espace de sérénité et de rêverie. Accès libre dans le respect des règles de l’établissement.