A la veille d’une journée nationale d’action, les syndicats enseignants du premier degré se préparent à une mobilisation d’ampleur. Dans le Doubs, le syndicat FSU‑SNUipp, premier syndicat du primaire, alerte sur les conséquences de la future carte scolaire. –21 postes sont annoncés pour la rentrée 2026, un chiffre qui suscite colère et inquiétude.
« Une centaine de fermetures de classes possibles »
Amélie Lapprand, co‑secrétaire départementale de la FSU‑SNUipp du Doubs, ne cache pas son inquiétude : « Cela représente une centaine de fermetures de classes pour seulement une trentaine d’ouvertures possibles dans le département. Les prévisions de l’inspection académique vont clairement dans ce sens ». Si le rectorat a récemment laissé entendre que les chiffres étaient « définitifs », la syndicaliste nuance : « Les moyens attribués sont figés, oui. Mais l’académie conserve une marge de manœuvre pour décider où ouvrir ou fermer. Nous espérons encore des ajustements. »
La démographie en baisse… mais un argument contesté
La baisse du nombre d’élèves, particulièrement marquée en Bourgogne‑Franche‑Comté, est régulièrement avancée pour justifier les suppressions de postes. Un argument que la FSU‑SNUipp ne rejette pas, mais qu’elle refuse de voir utilisé comme un prétexte. « Oui, nous perdons des élèves, c’est une réalité. Mais c’est justement l’occasion de réduire les effectifs par classe, de renforcer les remplacements, de recréer des postes spécialisés pour les élèves en difficulté. La France reste l’un des pays européens avec les classes les plus chargées. Pourquoi ne pas profiter de cette baisse démographique pour améliorer l’école plutôt que l’affaiblir ? »
L'interview de la rédaction : Amélie Lapprand
Rural comme urbain : tout le monde touché
Aucun territoire n’est épargné. « Cette année, les fermetures touchent autant les zones rurales que les grandes communes. Cela va créer des situations humaines très difficiles : des enseignants en poste depuis 10, 15 ou 20 ans dans une école vont devoir partir faute de poste. Et dans certains secteurs, il n’y a tout simplement pas d’autre école à proximité. » La syndicaliste insiste sur la fragilité du monde rural : « Le rural est le grand oublié des cartes scolaires depuis des années. Une fermeture de classe, c’est parfois la première étape vers la fermeture de l’école. »
Un rassemblement devant le rectorat
La mobilisation de ce mardi 31 mars s’annonce importante. La FSU‑SNUipp appelle enseignants, parents et citoyens à se rassembler à 10h30 devant le rectorat de Besançon. « Ce sont les enfants qui seront les premiers touchés. Nous devons nous faire entendre », conclut Amélie Lapprand.