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Le Doubs reste placé en crise sécheresse depuis le 17 juillet dernier. Dans le secteur de Pontarlier, les efforts des habitants et des acteurs économiques ont permis de réduire la consommation d’eau potable de près de 500 mètres cubes par jour. Malgré les dernières pluies, la nappe de l’Arlier demeure à un niveau historiquement bas. Le déficit pluviométrique, accumulé depuis mars, atteint l’équivalent de deux mois et demi de précipitations. Le préfet appelle à maintenir les économies d’eau. Un nouveau bilan sera présenté fin octobre.

La FRSEA Bourgogne–Franche-Comté estime que les mesures du plan CASI annoncées par le gouvernement ne répondent pas à l’ampleur des conséquences de la sécheresse. Le syndicat agricole réclame notamment une « année blanche » pour soulager la trésorerie des exploitations, ainsi que des solutions rapides pour nourrir les troupeaux confrontés au manque de fourrage. Il demande également davantage de moyens pour améliorer la gestion de l’eau, développer les capacités de stockage et adapter durablement les exploitations au changement climatique.

Le gouvernement débloque plus d’un milliard d’euros pour soutenir les exploitations frappées par la sécheresse et les incendies de l’été. Annoncé ce vendredi par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, ce plan prévoit notamment 520 millions d’euros d’indemnisations et 300 millions de dégrèvements de taxe foncière. Un fonds de 235 millions d’euros doit aussi financer l’achat de fourrages, de semences et d’autres intrants. Cet été, 65 % du territoire français a été touché par la sécheresse et 95 départements ont connu des restrictions d’eau. Dans certains secteurs, les pertes de rendement atteignent en moyenne 50 %.

La succession des vagues de chaleur et le manque de pluie fragilisent les cultures maraîchères. Sur le marché du centre-ville de Besançon, commerçants et producteurs constatent des difficultés variables selon les produits. Les légumes semblent particulièrement touchés, tandis qu’un arboriculteur local annonce une récolte de fruits fortement réduite.

Les légumes particulièrement fragilisés

Les légumes figurent parmi les cultures les plus exposées aux températures extrêmes. La chaleur peut interrompre la croissance des plantes, brûler les jeunes pousses ou empêcher les fleurs de donner des fruits. Lorsque l’irrigation est possible, elle limite les dégâts, sans toujours permettre de sauver la totalité des récoltes. Sur le marché du centre-ville de Besançon, un commerçant constate surtout des difficultés pour les légumes. « Les salades et les tomates ne poussent pas très fort. Tout est brûlé par le soleil », explique-t-il. À l’inverse, les fruits semblent, selon lui, mieux résister : « Ils sont meilleurs et pleins de sucre. Les pêches et les nectarines, c’est ce qu’il y a de mieux en ce moment ". 

Le reportage de la rédaction 

Salades et haricots verts difficiles à trouver

Un autre commerçant confirme des approvisionnements plus compliqués que les années précédentes, même s’il parvient encore à alimenter son étal. Certains produits se font toutefois beaucoup plus rares. «  Il y a eu pas mal d’abricots, mais des haricots verts, il n’y en a même pas du tout. Pour le reste, ça suit encore assez bien », précise-t-il. La situation dépend notamment de l’origine des produits et des possibilités d’irrigation dans les zones de production. Les salades sont également plus difficiles à obtenir. « Avec la chaleur qu’il y a eu, ce n’est pas possible. Le soleil, c’est bien, mais lorsqu’il fait trop chaud, ce n’est pas bon », résume le commerçant.

Des fruits moins nombreux et plus petits

La sécheresse touche également les productions locales. M. Robin, qui possède plusieurs vergers et un jardin, commercialise exclusivement sa propre récolte sur les marchés bisontins. Il produit principalement des fruits à noyau, ainsi qu’un peu de rhubarbe au printemps. Cette année, sa récolte est très inférieure à celle de la saison précédente. « Nous n’avons même pas le quart de la production de l’année dernière, qui avait été relativement exceptionnelle. Les fruits sont plus petits et ils ont eu du mal à mûrir », témoigne-t-il. L’arrosage aurait pu limiter les pertes, mais ses vergers sont difficilement accessibles. Les restrictions d’eau compliquent également toute intervention. « D’une manière générale, nous n’avons jamais arrosé, quelles que soient les saisons. Nous acceptons donc que la production soit moindre et d’avoir moins de choix à proposer aux clients », poursuit le producteur.

fruits besancon commercants 3

 

Le reportage de la rédaction 

Vers une évolution des cultures

Pour les commerçants interrogés, les producteurs devront progressivement s’adapter aux nouvelles conditions climatiques. Les cultures ayant besoin de beaucoup d’eau ou supportant difficilement les fortes températures pourraient devenir plus compliquées à maintenir. L’un d’eux imagine une évolution progressive vers des productions déjà présentes dans les régions méridionales, comme les amandes ou les pistaches. « Il faudra changer un peu, comme dans le Sud. Cela va s’adapter petit à petit », estime-t-il, tout en refusant de céder au pessimisme : « On va réussir. Il faut être optimiste. » M. Robin reste, de son côté, prudent sur la portée de cette mauvaise saison. Il considère 2026 comme une année particulière, mais pense que les effets du changement climatique pourraient durablement peser sur les prochaines récoltes.

L’adaptation devient incontournable

Cette nouvelle sécheresse relance ainsi le débat sur l’adaptation de l’agriculture. Le choix de variétés moins gourmandes en eau, la modification des calendriers de plantation, l’amélioration de la capacité des sols à conserver l’humidité, la récupération des pluies hivernales et l’évolution des pratiques d’irrigation figurent parmi les solutions envisagées. Pour les professionnels, l’enjeu ne consiste plus seulement à sauver les récoltes de cet été. Il s’agit désormais de préparer les exploitations à des épisodes de chaleur et de sécheresse susceptibles de devenir plus fréquents.

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La section bisontine du Parti communiste demande à la préfète de région de mettre fin à la dérogation permettant à la Ville de Besançon de prélever directement de l’eau dans le Doubs au niveau d'Avanne. Cette nouvelle interpellation intervient après un premier courrier adressé, une semaine plus tôt, au préfet du Doubs et resté sans réponse.

Le PCF dénonce l'utilisation détournée des réserves d'eau des récupérateurs de la piscine Mallarmé pour arroser les massifs fleuris et certains terrains de sport malgré la sécheresse alors que cette réserve devait être utilisée pour arroser les arbres. Il réclame une concertation et une réflexion sur les usages prioritaires et une gestion plus économe de l’eau. Le PCF reprend les propos de la  ministre de la transition écologique qui demande aux préfets d'être plus restrictifs sur les prélèvements dans les rivières.

Face à une sécheresse exceptionnelle, la préfecture du Doubs a installé, ce jeudi 13 août, une « cellule sécheresse agricole ». Elle réunit les représentants de la profession, les banques, la MSA, les assurances et les collectivités. Toutes les filières sont touchées, notamment les fourrages et le maraîchage. Des aides à la trésorerie, des allégements de cotisations et des exonérations fiscales sont demandés. Les propositions seront transmises au ministère de l’Agriculture, qui prépare un plan national d’accompagnement.

Face à la canicule et au risque élevé d’incendie, le Jura est placé en vigilance orange pour les feux de forêt et d’espaces naturels. Il est interdit d’allumer un feu ou de fumer dans les massifs forestiers. Les feux de camp, barbecues et spectacles pyrotechniques sont également proscrits. Dans les communes exposées à un risque fort, l’accès aux forêts et les activités de plein air sont interdits entre 14 heures et 6 heures. Ces mesures resteront en vigueur jusqu’à la levée de la vigilance.

 

Le Doubs est placé en vigilance orange canicule depuis ce lundi 10 août à 12 h, en raison des fortes températures enregistrées le jour comme la nuit. Les autorités recommandent de boire régulièrement, de maintenir son logement au frais, d’éviter les sorties aux heures les plus chaudes et de veiller sur les personnes vulnérables. En cas d’urgence, contactez le 15. La plateforme Canicule Info Service est également joignable au 0800 06 66 66.

Météo-France place le Jura en vigilance orange « canicule » à partir de ce lundi 10 août à midi, et jusqu’au vendredi 14 août inclus. Le préfet a activé le niveau 3 du plan départemental de gestion d’une canicule. Les températures pourraient atteindre 38 °C jeudi et vendredi, tandis que les nuits deviendront tropicales dès mardi, avec au moins 20 °C. Il est recommandé de boire régulièrement, de limiter les efforts physiques et d’éviter les sorties entre 11 h et 21 h.

La section bisontine du Parti communiste français a saisi cette semaine le préfet du Doubs concernant la gestion de l’eau par la Ville de Besançon, dans un contexte de sécheresse. Le PCF demande notamment l’arrêt de l’arrosage des massifs de fleurs et le retrait de l’autorisation permettant à la municipalité de prélever de l’eau dans le Doubs pour les jeunes arbres.

Il souhaite que les réserves issues de la récupération des eaux de la piscine Mallarmé soient utilisées en priorité à cette fin. Les communistes demandent également que soit réévaluée la nécessité d’arroser le terrain de football Léo-Lagrange.