La FRSEA Bourgogne–Franche-Comté estime que les mesures du plan CASI annoncées par le gouvernement ne répondent pas à l’ampleur des conséquences de la sécheresse. Le syndicat agricole réclame notamment une « année blanche » pour soulager la trésorerie des exploitations, ainsi que des solutions rapides pour nourrir les troupeaux confrontés au manque de fourrage. Il demande également davantage de moyens pour améliorer la gestion de l’eau, développer les capacités de stockage et adapter durablement les exploitations au changement climatique.
Le gouvernement débloque plus d’un milliard d’euros pour soutenir les exploitations frappées par la sécheresse et les incendies de l’été. Annoncé ce vendredi par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, ce plan prévoit notamment 520 millions d’euros d’indemnisations et 300 millions de dégrèvements de taxe foncière. Un fonds de 235 millions d’euros doit aussi financer l’achat de fourrages, de semences et d’autres intrants. Cet été, 65 % du territoire français a été touché par la sécheresse et 95 départements ont connu des restrictions d’eau. Dans certains secteurs, les pertes de rendement atteignent en moyenne 50 %.
La succession des vagues de chaleur et le manque de pluie fragilisent les cultures maraîchères. Sur le marché du centre-ville de Besançon, commerçants et producteurs constatent des difficultés variables selon les produits. Les légumes semblent particulièrement touchés, tandis qu’un arboriculteur local annonce une récolte de fruits fortement réduite.
Les légumes particulièrement fragilisés
Les légumes figurent parmi les cultures les plus exposées aux températures extrêmes. La chaleur peut interrompre la croissance des plantes, brûler les jeunes pousses ou empêcher les fleurs de donner des fruits. Lorsque l’irrigation est possible, elle limite les dégâts, sans toujours permettre de sauver la totalité des récoltes. Sur le marché du centre-ville de Besançon, un commerçant constate surtout des difficultés pour les légumes. « Les salades et les tomates ne poussent pas très fort. Tout est brûlé par le soleil », explique-t-il. À l’inverse, les fruits semblent, selon lui, mieux résister : « Ils sont meilleurs et pleins de sucre. Les pêches et les nectarines, c’est ce qu’il y a de mieux en ce moment ".
Le reportage de la rédaction
Salades et haricots verts difficiles à trouver
Un autre commerçant confirme des approvisionnements plus compliqués que les années précédentes, même s’il parvient encore à alimenter son étal. Certains produits se font toutefois beaucoup plus rares. « Il y a eu pas mal d’abricots, mais des haricots verts, il n’y en a même pas du tout. Pour le reste, ça suit encore assez bien », précise-t-il. La situation dépend notamment de l’origine des produits et des possibilités d’irrigation dans les zones de production. Les salades sont également plus difficiles à obtenir. « Avec la chaleur qu’il y a eu, ce n’est pas possible. Le soleil, c’est bien, mais lorsqu’il fait trop chaud, ce n’est pas bon », résume le commerçant.
Des fruits moins nombreux et plus petits
La sécheresse touche également les productions locales. M. Robin, qui possède plusieurs vergers et un jardin, commercialise exclusivement sa propre récolte sur les marchés bisontins. Il produit principalement des fruits à noyau, ainsi qu’un peu de rhubarbe au printemps. Cette année, sa récolte est très inférieure à celle de la saison précédente. « Nous n’avons même pas le quart de la production de l’année dernière, qui avait été relativement exceptionnelle. Les fruits sont plus petits et ils ont eu du mal à mûrir », témoigne-t-il. L’arrosage aurait pu limiter les pertes, mais ses vergers sont difficilement accessibles. Les restrictions d’eau compliquent également toute intervention. « D’une manière générale, nous n’avons jamais arrosé, quelles que soient les saisons. Nous acceptons donc que la production soit moindre et d’avoir moins de choix à proposer aux clients », poursuit le producteur.

Le reportage de la rédaction
Vers une évolution des cultures
Pour les commerçants interrogés, les producteurs devront progressivement s’adapter aux nouvelles conditions climatiques. Les cultures ayant besoin de beaucoup d’eau ou supportant difficilement les fortes températures pourraient devenir plus compliquées à maintenir. L’un d’eux imagine une évolution progressive vers des productions déjà présentes dans les régions méridionales, comme les amandes ou les pistaches. « Il faudra changer un peu, comme dans le Sud. Cela va s’adapter petit à petit », estime-t-il, tout en refusant de céder au pessimisme : « On va réussir. Il faut être optimiste. » M. Robin reste, de son côté, prudent sur la portée de cette mauvaise saison. Il considère 2026 comme une année particulière, mais pense que les effets du changement climatique pourraient durablement peser sur les prochaines récoltes.
L’adaptation devient incontournable
Cette nouvelle sécheresse relance ainsi le débat sur l’adaptation de l’agriculture. Le choix de variétés moins gourmandes en eau, la modification des calendriers de plantation, l’amélioration de la capacité des sols à conserver l’humidité, la récupération des pluies hivernales et l’évolution des pratiques d’irrigation figurent parmi les solutions envisagées. Pour les professionnels, l’enjeu ne consiste plus seulement à sauver les récoltes de cet été. Il s’agit désormais de préparer les exploitations à des épisodes de chaleur et de sécheresse susceptibles de devenir plus fréquents.

La section bisontine du Parti communiste demande à la préfète de région de mettre fin à la dérogation permettant à la Ville de Besançon de prélever directement de l’eau dans le Doubs au niveau d'Avanne. Cette nouvelle interpellation intervient après un premier courrier adressé, une semaine plus tôt, au préfet du Doubs et resté sans réponse.
Le PCF dénonce l'utilisation détournée des réserves d'eau des récupérateurs de la piscine Mallarmé pour arroser les massifs fleuris et certains terrains de sport malgré la sécheresse alors que cette réserve devait être utilisée pour arroser les arbres. Il réclame une concertation et une réflexion sur les usages prioritaires et une gestion plus économe de l’eau. Le PCF reprend les propos de la ministre de la transition écologique qui demande aux préfets d'être plus restrictifs sur les prélèvements dans les rivières.
Face à une sécheresse exceptionnelle, la préfecture du Doubs a installé, ce jeudi 13 août, une « cellule sécheresse agricole ». Elle réunit les représentants de la profession, les banques, la MSA, les assurances et les collectivités. Toutes les filières sont touchées, notamment les fourrages et le maraîchage. Des aides à la trésorerie, des allégements de cotisations et des exonérations fiscales sont demandés. Les propositions seront transmises au ministère de l’Agriculture, qui prépare un plan national d’accompagnement.
Face à la canicule et au risque élevé d’incendie, le Jura est placé en vigilance orange pour les feux de forêt et d’espaces naturels. Il est interdit d’allumer un feu ou de fumer dans les massifs forestiers. Les feux de camp, barbecues et spectacles pyrotechniques sont également proscrits. Dans les communes exposées à un risque fort, l’accès aux forêts et les activités de plein air sont interdits entre 14 heures et 6 heures. Ces mesures resteront en vigueur jusqu’à la levée de la vigilance.
Le Doubs est placé en vigilance orange canicule depuis ce lundi 10 août à 12 h, en raison des fortes températures enregistrées le jour comme la nuit. Les autorités recommandent de boire régulièrement, de maintenir son logement au frais, d’éviter les sorties aux heures les plus chaudes et de veiller sur les personnes vulnérables. En cas d’urgence, contactez le 15. La plateforme Canicule Info Service est également joignable au 0800 06 66 66.
Météo-France place le Jura en vigilance orange « canicule » à partir de ce lundi 10 août à midi, et jusqu’au vendredi 14 août inclus. Le préfet a activé le niveau 3 du plan départemental de gestion d’une canicule. Les températures pourraient atteindre 38 °C jeudi et vendredi, tandis que les nuits deviendront tropicales dès mardi, avec au moins 20 °C. Il est recommandé de boire régulièrement, de limiter les efforts physiques et d’éviter les sorties entre 11 h et 21 h.
La section bisontine du Parti communiste français a saisi cette semaine le préfet du Doubs concernant la gestion de l’eau par la Ville de Besançon, dans un contexte de sécheresse. Le PCF demande notamment l’arrêt de l’arrosage des massifs de fleurs et le retrait de l’autorisation permettant à la municipalité de prélever de l’eau dans le Doubs pour les jeunes arbres.
Il souhaite que les réserves issues de la récupération des eaux de la piscine Mallarmé soient utilisées en priorité à cette fin. Les communistes demandent également que soit réévaluée la nécessité d’arroser le terrain de football Léo-Lagrange.
La sécheresse continue de s’aggraver dans le Jura. Alors que le département traverse son quatrième épisode de canicule en moins de deux mois, les autorités constatent un assèchement inédit des cours d’eau pour cette période de l’année. Face à cette situation, le préfet a décidé de placer plusieurs secteurs en niveau « crise » et de renforcer les restrictions sur les usages de l’eau et les activités aquatiques.
Des indicateurs particulièrement inquiétants
L’indice d’humidité des sols atteint un niveau historiquement bas. Dans le même temps, les nappes phréatiques diminuent, les difficultés d’alimentation en eau potable concernent un nombre croissant de communes et les cyanobactéries prolifèrent désormais dans une majorité des lacs et plans d’eau jurassiens. La situation est particulièrement préoccupante dans la moitié sud-est du département. Dans le nord-ouest, la baisse des nappes reste moins marquée, mais les autorités appellent malgré tout à une grande vigilance. L’absence de précipitations annoncée pour les prochains jours devrait encore accentuer cette sécheresse déjà qualifiée d’historique.
Les particuliers et les collectivités placés en crise
Les usages non économiques, qui concernent les particuliers et les collectivités, passent au niveau « crise » dans les secteurs du Nord Jura, de la Seille, du Plateau calcaire et de la Haute-Chaîne. Ce classement entraîne notamment l’interdiction d’arroser les espaces verts et les massifs fleuris. Le remplissage et la remise à niveau des piscines sont également strictement interdits. Les habitants sont invités à limiter au maximum leur consommation d’eau et à réserver la ressource aux usages indispensables.
Des restrictions renforcées pour les entreprises
Dans les secteurs du Plateau calcaire et de la Haute-Chaîne, où les ressources souterraines sont particulièrement fragilisées, les usages économiques passent également au niveau « crise ». Les industriels, les entreprises et les exploitants agricoles doivent réduire drastiquement leur consommation. Les stations de lavage automobile doivent notamment cesser leur activité. Le nettoyage des toitures et des façades est également interdit. Dans les secteurs du Nord Jura et de la Seille, les professionnels restent pour le moment placés en vigilance. Un passage au niveau « alerte » pourrait toutefois intervenir dès la semaine prochaine si la situation continue de se dégrader.
Baignade, pêche et sports de pagaie limités
Les très faibles débits observés dans les cours d’eau du premier plateau et du Haut-Jura conduisent également la préfecture à renforcer les restrictions concernant les loisirs aquatiques. La baignade, la pêche et les sports de pagaie sont désormais interdits sur certaines portions de l’Ain et de ses affluents. Les mesures déjà appliquées sur la Bienne, le Tacon et leurs affluents sont maintenues. La pratique du canyoning est interdite sur l’Ain, la Saine, la Bienne, le Tacon et leurs affluents, sauf entre 8 heures et midi. Cette limitation vise à protéger les milieux aquatiques pendant les heures les plus chaudes, lorsque les cours d’eau sont les plus vulnérables.
La préfecture du Jura appelle enfin l’ensemble des habitants, des collectivités et des professionnels à faire preuve de solidarité et à réduire autant que possible leurs usages de l’eau. Les mesures détaillées sont consultables sur le site des services de l’État dans le Jura.