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La mobilisation lycéenne s’est poursuivie ce matin avec de nouveaux blocages à Besançon, où environ 150 élèves maintiennent le verrouillage du lycée Pasteur, annoncé pour durer toute la journée. Cinq représentants des lycées Pasteur, Victor‑Hugo, Pergaud, Condé et Ledoux ont parallèlement exposé leurs revendications au recteur : enseignants non remplacés, locaux dégradés, internats et sanitaires, ainsi que Parcoursup. Ce dernier a promis de transmettre les difficultés.

De nouveaux blocages ont été observés ce matin. Lons‑le‑Saunier et Besançon s’inscrivent dans ces actions. À Jean‑Michel, plusieurs accès sont obstrués et les élèves de Montciel ont rejoint l’action.  À Besançon, environ 150 élèves bloquent le lycée Pasteur. L’établissement devrait rester bloqué tout au long de la journée.

Des enseignants mobilisés du lycée Louis Pergaud de Besançon affirment qu’un élève mineur a été arrêté de manière arbitraire ce matin. Le lycéen aurait été interpellé pour avoir porté un couteau de cantine à bout rond, utilisé simplement pour couper un gâteau au petit‑déjeuner. Selon eux, l’élève aurait été menotté aux grilles puis probablement placé en garde à vue. Les personnels rappellent que le blocus était pacifique et revendicatif, et que la police doit assurer la sécurité, non procéder à des arrestations injustifiées. L’intersyndicale CGT Éducation, Sud Éducation et SNES‑FSU soutient cette dénonciation.

La mobilisation ne faiblit pas à Besançon, où lycéens, étudiants et syndicats ont de nouveau battu le pavé ce mardi 6 octobre, entre le parc des Glacis et le centre‑ville. Les manifestants réclament en priorité le remplacement des professeurs absents et une amélioration des conditions d’étude. Beaucoup de jeunes disent aussi leur anxiété face à l’orientation et à leur avenir professionnel, évoquant notamment Parcoursup, les emplois du temps éclatés et les violences policières.

Encadrés par des élus de gauche et plusieurs organisations syndicales, nombre d’entre eux assurent vouloir maintenir la pression. La matinée a rassemblé plus de 4 000 personnes dans la capitale comtoise. Les syndicats CGT Éducation, FSU 25, FO et Sud Éducation avaient appelé à la grève pour soutenir ce mouvement initié par les lycéens et étudiants, mobilisés depuis une semaine contre le manque d’enseignants, les classes surchargées et des conditions d’étude jugées dégradées.

Dans le Haut‑Doubs, le lycée Edgar‑Faure de Morteau s’est également mobilisé ce matin.

Le Jura n’est pas resté en retrait : à Dole, un cortège a relié les lycées Pasteur et Nodier avant de brandir une banderole contre les violences policières devant la sous‑préfecture. À Lons‑le‑Saunier, après le blocus du lycée Jean‑Michel, une délégation d’élèves a été reçue à la préfecture. À Salins‑les‑Bains, les grévistes du lycée Victor‑Considérant avaient prévu une déambulation. À Saint‑Claude, les élèves du Pré‑Saint‑Sauveur ont défilé de manière spontanée.

 

Lycéens, étudiants et organisations syndicales se sont mobilisés ce mardi 6 octobre à Besançon. Réunis à 10 heures au parc des Glacis, les manifestants ont cheminé en ville pour rejoindre le parc Micaud. Au cœur des témoignages recueillis : le manque d’enseignants, les inégalités et la volonté de faire entendre les préoccupations de la jeunesse.

La mobilisation dépasse les portes des établissements scolaires. Ce mardi matin, à Besançon, le rassemblement lycéen, étudiant et intersyndical a donné corps à une volonté commune : rapprocher les revendications liées à l’éducation des préoccupations sociales qui traversent le monde du travail. Dans le cortège, les jeunes interrogés expriment à la fois leur inquiétude pour l’avenir et leur détermination à poursuivre un mouvement engagé depuis plusieurs jours.

Le reportage de la rédaction : 

Des enseignants absents et des parcours scolaires fragilisés

Le manque de professeurs et les difficultés de remplacement reviennent régulièrement dans les témoignages. Des élèves du lycée Pasteur évoquent également des emplois du temps chargés et le sentiment de ne pas être suffisamment entendus. Unélève de première à Jules-Haag, qui souhaite devenir ingénieur, souligne les conséquences des absences dans les disciplines scientifiques. « Quand on n’a pas des profs de physique-chimie ou de maths, des disciplines qui sont hyper importantes pour ce genre de métier plus tard, on est un peu désorienté », explique-t-il.

À ces difficultés s’ajoutent les heures creuses et les contraintes de transport. Pour les élèves qui habitent loin, les journées s’allongent, sans que les conditions permettent toujours de travailler efficacement entre deux cours. Derrière ces problèmes quotidiens se dessine une inquiétude plus large : réussir son orientation et accéder aux études souhaitées.

Les étudiants mobilisés par solidarité

Les étudiants rencontrés insistent sur les liens entre leurs préoccupations et celles des lycéens. Une étudiante en géographie à la faculté des lettres de Besançon évoque notamment le manque d’enseignants et l’état des locaux universitaires. D’autres, inscrits en classe préparatoire, reconnaissent bénéficier de bonnes conditions d’études. Leur présence relève d’abord de la solidarité envers les jeunes moins favorisés.  Le rôle même de l’école fait aussi débat. Un étudiant défend une éducation qui permette d’apprendre à réfléchir et de s’émanciper, au-delà de la seule préparation à l’emploi.

Le reportage de la rédaction : 

Des revendications scolaires aux préoccupations sociales

Cette journée commune traduit également une volonté de rapprocher les générations. Dans les témoignages, l’accès aux soins, la possibilité de vivre dignement et la perspective d’exercer un métier choisi prolongent les revendications scolaires. Pour les lycéens interrogés, la présence des étudiants et des adultes constitue un soutien important. Elle renforce leur sentiment de participer à un mouvement collectif, alors qu’ils disent parfois voir leur parole minimisée en raison de leur âge.

Le reportage de la rédaction : 

Un appel au dialogue et à l’apaisement

La question du maintien de l’ordre occupe également une place dans les échanges. Une étudiante dénonce des interventions qu’elle juge disproportionnées lors des précédentes mobilisations. Il est, par exemple, fait allusion à l’intervention, au sein même de la faculté des lettres, d’une patrouille de CRS. Ce qui avait été dénoncé par le Doyen de l’établissement. Présent auprès des jeunes, l’élu écologiste bisontin Anthony Poulin  explique vouloir contribuer à l’apaisement et faciliter le dialogue entre les manifestants et les forces de l’ordre. Tout en condamnant les violences, il appelle à entendre les revendications : « L’enjeu aujourd’hui, c’est le dialogue. »

Le reportage de la rédaction : 

La volonté de poursuivre

Plusieurs participants évoquent le 17 octobre comme un horizon de mobilisation, avec la volonté de maintenir le mouvement jusque-là. Ils restent toutefois prudents sur les réponses concrètes qu’ils obtiendront. « Je ne sais pas si on va parvenir à nos fins, j’espère qu’on y arrivera », confie un lycéen. Avant d’ajouter : « Si ça marche pas, on recommencera. »

 

Matthieu Guinebert, secrétaire de la fédération du Doubs du Parti Communiste, a écrit au Préfet pour demander la fin des interventions policières jugées "disproportionnées" lors des mobilisations lycéennes. Il appelle à garantir aux élèves le droit de manifester sans danger, en privilégiant l’apaisement et le respect du dialogue.

Pour prévenir les troubles lors de la mobilisation lycéenne prévue ce mardi à Lons‑le‑Saunier, le préfet du Jura autorise exceptionnellement la police nationale à utiliser un dispositif de vidéoprotection par drone. L’appareil pourra survoler les abords du lycée Jean‑Michel, ainsi que les lieux de rassemblement et le parcours de la manifestation, afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens et de renforcer la surveillance du secteur.

La Préfecture du Jura a communiqué, ce lundi, ses chiffres sur la mobilisation lycéenne d’hier dans le département. À Lons‑le‑Saunier, un lycéen a été interpellé alors qu’il confectionnait un cocktail Molotov. Dans son véhicule, les policiers ont découvert le matériel nécessaire à la fabrication d’engins incendiaires. La mobilisation est restée concentrée sur le lycée Jean‑Michel, où dix interpellations ont eu lieu, dont sept gardes à vue.

 Depuis le début du mouvement, le Jura totalise 25 interpellations et 19 gardes à vue. Les faits recensés confirment, selon l’Etat,  une montée des violences. Par ailleurs, un individu cagoulé porteur d’un marteau brise‑vitre a également été arrêté.

Plusieurs rassemblements sont annoncés ce mardi 6 octobre, dans le cadre d’une journée de mobilisation en soutien au mouvement lycéen. Dans le Jura, deux rendez-vous sont prévus : à 10 heures devant le lycée Jean-Michel, à Lons-le-Saunier, puis à 13 heures devant la sous-préfecture de Dole. Cette nouvelle journée de mobilisation intervient au lendemain du rassemblement de quelque 400 jeunes devant le lycée Jean-Michel. Les lycéens y avaient exprimé leur colère et leurs inquiétudes.

Les organisations CGT Éducation, FSU 25, FO et Sud Éducation appellent à la grève ce mardi 6 octobre, en soutien au mouvement lancé par les lycéens  et étudiants mobilisés depuis une semaine pour dénoncer le manque de professeurs, les classes surchargées et des conditions d’étude dégradées.

Le rassemblement est fixé à 10 h au parc des Glacis, d’où partira la manifestation. Le cortège rejoindra ensuite le parc Micaud, où sont prévus un pique‑nique revendicatif et des ateliers de mobilisation.

Élèves, étudiants, personnels, parents et citoyens sont appelés à défendre le service public d’éducation et à rappeler que le budget 2027 devra répondre aux attentes de la jeunesse.