Suite à la mobilisation qui s’est tenue mercredi à Pouilley-Français, après la découverte d’un cas d’un bovin touché par dermatose nodulaire contagieuse (DNC), Annie Genevard, la ministre franc-comtoise de l’agriculture, a réagi sur ses réseaux sociaux.
Mme Genevard a reconnu « des décisions sanitaires difficiles mais indispensables » et assuré son « soutien indéfectible » aux éleveurs, rappelant la mobilisation de l’État sur les plans psychologique, moral et financier. Elle précise que la stratégie nationale « — détection rapide, restrictions de mouvements, vaccination massive et dépeuplement des foyers — a déjà permis de lever trois zones réglementées dans d’autres départements ». Concernant les interrogations sur l’efficacité du vaccin, la ministre rappelle qu’un bovin peut déclarer la maladie s’il a été contaminé avant d’être pleinement immunisé, soit dans les 21 jours suivant l’injection.
Enfin, elle explique que « les analyses confirment que la vache malade était bien infectée par le virus, et que la DNC circulait discrètement dans le troupeau depuis plusieurs semaines ». Annie Genevard appelle à l’unité et à la vigilance : « Les fausses informations et les appels à violer les règles ralentissent l’éradication de la DNC. »
La décision a été rendue. Le tribunal administratif de Besançon a rejeté ce mardi, en début d’après-midi, les deux recours en référé-liberté déposés pour s’opposer à l’abatage des 82 bovins de l’exploitation Lhomme à Pouilley-Français. Dans ces conditions, l’opération des services de l’état va pouvoir se dérouler comme initialement prévu.
Dans un communiqué de presse, « le préfet du Doubs renouvelle son entier soutien à l’éleveur et sa famille dans cette épreuve, ainsi qu’aux intervenants mobilisés sur cette opération". Afin de permettre le bon déroulement des opérations, les forces de l’ordre sécurisent l’exploitation. Le préfet appelle à la responsabilité de chacun.
La tension monte dans le Doubs, où la Confédération Paysanne du Doubs s’oppose fermement à l’abattage programmé de 82 bovins dans un élevage de Pouilley-Français. Laurence Lyonnais-Meslob, paysanne et porte-parole du syndicat, dénonce une décision « insupportable », prise après la détection d’un cas positif de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans une exploitation pourtant vaccinée depuis plus d’un mois.
Un cas « statistiquement improbable »
Selon la porte-parole, l’exploitation concernée a respecté « tous les protocoles de biosécurité » imposés par les services de l’État. Les animaux avaient été vaccinés 36 jours auparavant et les fermes voisines étaient elles aussi protégées. Pourtant, un bovin a été testé positif ,— un résultat que les services de l’État jugent catégorique. « Nous sommes face à un cas totalement exceptionnel, et statistiquement improbable, 35 jours après la vaccination », explique Laurence Lyonnais-Meslob. Face à cette anomalie, la Confédération Paysanne réclamait une contre-expertise, qui n’a pas été accordée. « L’abattage de 82 animaux, sans deuxième test, c’est dramatique pour cette famille. La moindre des choses aurait été de vérifier. »
Une stratégie nationale contestée
Depuis le début de la crise, la gestion sanitaire de la DNC — maladie d’origine africaine, non transmissible à l’humain — repose sur l’abattage systématique des troupeaux touchés. Une politique appliquée dans plusieurs communes dans deux communes jurassiennes. A Écleux, l’ensemble des bovins a été euthanasié. Nationalement, on compte désormais 100 foyers, dans six départements, et plus de 2 500 bovins abattus. Pour la Confédération Paysanne, cette stratégie est disproportionnée. « On applique mécaniquement un règlement européen. Mais un règlement peut évoluer. On inflige aux éleveurs un traumatisme terrible afin de maintenir les exportations. C’est trop cher payé. »
L'interview de la rédaction : Laurence Lyonnais-Meslob, porte-paroile du syndicat
Un recours en justice et un appel à la mobilisation
Un recours en justice doit être déposé « dans les heures qui viennent », indique la porte-parole. Le syndicat espère que l’État suspendra toute décision d’abattage dans l’attente de l’issue juridique. Parallèlement, un appel à la mobilisation a été lancé par la famille touchée, relayé par la Confédération paysanne. Un rassemblement est prévu mardi matin, dès 8h, pour s’opposer à l’opération d’abattage et soutenir l’éleveur. « Ce qui se passe choque tout le monde rural, mais aussi bien au-delà. Les citoyens comprennent l’injustice de cette décision. Nous demandons un traitement adapté à une situation qui sort totalement de l’ordinaire » conclut Mme Lyonnais.
Les tensions montent à Pouilley-Français, où une mobilisation est annoncée ce mardi matin, en soutien à une exploitation agricole menacée par l’abattage de l’intégralité de son cheptel, après la découverte d'un cas de dermatose nodumaire bovine. Deux syndicats, Coordination rurale et Confédération paysanne, déjà sur place, appellent citoyens et paysans à se rassembler pour tenter d’empêcher la mise à mort de 82 bovins.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bongay, président de la coordination rurale 25 et 90
Un abattage ordonné malgré la vaccination
Selon les organisations syndicales, les animaux concernés avaient pourtant été vaccinés contre la dermatose nodulaire bovine depuis plus d’un mois. « Les bêtes sont vaccinées depuis 36, bientôt 37 jours. Elles ont aujourd’hui une immunité acquise », affirme Nicolas Bongay, président de la Coordination Rurale du Doubs et du Territoire-de-Belfort. Le collectif dénonce également un arrêté préfectoral pris dès le lendemain du signalement, sans qu’une seconde analyse ait été demandée. Une décision jugée « démesurée » et « injustifiée » compte tenu du contexte sanitaire local.
Un risque jugé “très limité” par les syndicats
Sur place, les représentants agricoles pointent l’incohérence de la mesure : « L’abattage total, en temps normal déjà, on trouve cela inutile. Il existe d’autres moyens de lutter contre cette maladie, dont la vaccination ». Le syndicat estime que l’environnement autour de l’exploitation renforce encore la sécurité sanitaire : « L’ensemble du secteur est vacciné, peut-être pas totalement mais très fortement, dans un rayon d’au moins 30 kilomètres. On est à proximité de l’ancien foyer d’Ecleux, donc une immunité collective existe déjà. Le risque de contamination aux voisins est extrêmement limité. »
Face à l’administration, des réponses qui ne convainquent pas
Une délégation syndicale s’est rendue dans la matinée à la préfecture pour obtenir des explications. « On a été reçus par des experts nationaux en épidémiologie. Leur position est la même : tant que le risque n’est pas de zéro, ils ne peuvent pas affirmer qu’il est nul. L’administration s’accroche à cela pour justifier l’abattage », rapporte le porte-parole. Une approche jugée trop théorique par les syndicats, qui rappellent que les vétérinaires de terrain n’observent aucun signe alarmant.
Objectif : gagner du temps pour déposer un recours
Sur l’exploitation, les militants se sont installés dès les premières heures pour tenter de bloquer l’arrivée des services chargés de l’abattage, prévu ce mardi. « Notre présence vise à empêcher l’opération le temps que le recours contre l’arrêté soit déposé devant le tribunal », explique M. Bongay. Les syndicats appellent donc à une large participation ce mardi pour soutenir l’éleveur et contester une mesure qu’ils jugent disproportionnée et préjudiciable.
L'interview de la rédaction : Nicolas Bongay, président de la coordination rurale 25 et 90
Un foyer de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été confirmé le vendredi 28 novembre 2025 dans une exploitation de Pouilley-Français, sur le territoire du Doubs, près de Besançon. Il s’agit du premier cas recensé dans le département, après la détection initiale en Savoie le 29 juin.
Un arrêté préfectoral de déclaration d’infection (APDI) a été pris, prévoyant le dépeuplement du troupeau concerné et l’instauration d’une zone réglementée de 50 km autour du foyer. Cette zone implique des restrictions de déplacement des bovins et un renforcement de la surveillance vétérinaire, couvrant plusieurs départements : Doubs, Jura, Côte-d’Or, Haute-Saône et Saône-et-Loire.
Rappelons que la La DNC est une maladie strictement animale, non transmissible à l’homme, mais fortement préjudiciable aux bovins.
Un foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été confirmé ce vendredi 28 novembre 2025 dans une ferme de Pouilley-Français, près de Besançon. La préfecture du Doubs a pris un arrêté préfectoral de déclaration d’infection (APDI).
Il s’agit du premier cas recensé dans le département, alors que le Jura en compte déjà sept. Les 82 bovins de l’exploitation familiale seront abattus. L’animal malade, vacciné depuis 36 jours, a présenté des nodules le 27 novembre ; les tests réalisés le lendemain se sont révélés positifs.
La Coordination Rurale du Doubs et du Territoire de Belfort alerte sur une situation jugée intenable. En raison des restrictions liées à la Dermatose Nodulaire Contagieuse, plusieurs exploitations ne peuvent toujours pas rentrer leurs bovins, immobilisés en pâture malgré les intempéries.
La CR a demandé une réunion en urgence avec le préfet. Une dérogation pour motif de bien-être animal est en cours d’instruction. Sans réponse rapide, les éleveurs annoncent qu’ils sont prêts à conduire des bovins devant la préfecture dès ce jeudi, pour dénoncer « un blocage administratif et obtenir le retour immédiat des animaux en bâtiments ».
La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) continue de frapper le cheptel jurassien. Un nouveau foyer a été détecté à Écleux, déjà considéré comme l’épicentre de la maladie. Il s’agit du septième cas recensé dans le département depuis le 10 octobre. Ce lundi, sept bovins ont dû être abattus pour contenir la propagation. La vigilance reste de mise pour les éleveurs et les autorités sanitaires.
Une centaine de personnes se sont rassemblées ce mardi matin devant la préfecture du Jura à Lons-le-Saunier, à l’appel de la Confédération paysanne. Les manifestants dénoncent la gestion sanitaire dans les élevages bovins et les pratiques d’euthanasie jugées excessives dans certains troupeaux dans le cadre de la crise sanitaire actuelle, concernant la dermatose nodulaire contagieuse bovine. Sous le slogan « Stop au carnage ! », les participants ont exprimé leur colère face à ce qu’ils estiment être une dérive administrative et sanitaire.
Une délégation a été reçue par le préfet du Jura et la DDETSPP (Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations). Les représentants syndicaux ont demandé des mesures concrètes pour protéger les éleveurs et mettre fin aux abattages systématiques en cas de suspicion de maladie.
Face à l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a annoncé ce jeudi matin la reprise progressive des exportations de bovins français, à partir du samedi 1er novembre. Cette reprise s’effectuera hors des zones de surveillance encore touchées par la contagion.