La grogne monte dans les établissements du groupe Elsan. Ce vendredi 20 mars, les agents des cliniques Saint-Vincent à Besançon et Saint-Pierre à Pontarlier se mobilisent pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer des revalorisations salariales.
Des négociations salariales dans l’impasse
À l’origine du mouvement, des discussions salariales jugées infructueuses par les représentants du personnel. « Nous avons demandé des augmentations pour tous les métiers, de l’accueil aux soignants », explique Patricia Dreyer, déléguée syndicale CFDT et infirmière au service ambulatoire de la clinique Saint-Vincent. Selon elle, les revendications reposent sur une analyse financière solide. « Nous avons fait intervenir un cabinet pour vérifier la situation. La clinique va bien, elle gagne de l’argent. Nos demandes n’auraient pas mis l’établissement en difficulté », affirme-t-elle. Pourtant, la direction a refusé toute revalorisation, invoquant un risque pour l’équilibre financier. Une justification que contestent les syndicats, qui dénoncent un décalage entre les résultats du groupe et les salaires versés localement. « Aujourd’hui, nous faisons partie des salaires les plus bas de France », déplore Patricia Dreyer.
L'interview de la rédaction : Patricia Dreyer, déléguée syndicale CFDT et infirmière au service ambulatoire de la clinique Saint-Vincent
Deux établissements, une même colère
La mobilisation concerne les deux structures du groupe dans le Doubs, réunies au sein d’une même entité. La clinique Saint-Vincent, à Besançon, regroupe notamment des activités de chirurgie, de cardiologie et de soins médicaux de réadaptation (SMR). À Pontarlier, la clinique Saint-Pierre est davantage spécialisée dans la rééducation et l’accompagnement des patients, notamment âgés. « Nous travaillons ensemble, même si les sites sont distants. Les problématiques sont les mêmes », souligne la représentante syndicale.
Des conditions de travail dénoncées
Au-delà des salaires, les personnels alertent sur une dégradation continue de leurs conditions de travail. « La logique, c’est de faire plus avec moins », résume Patricia Dreyer. Elle évoque des effectifs insuffisants, des départs non remplacés ou compensés par du personnel temporaire, et une charge de travail en constante augmentation. « Les équipes sont en surcharge, avec des patients de plus en plus nombreux et des spécialités lourdes. Certains sont en grande détresse », insiste-t-elle. Une alerte pour risque grave avait déjà été lancée l’an dernier dans un service. « Aujourd’hui, cette situation tend à se généraliser à toute la clinique », prévient-elle.
L'interview de la rédaction : Patricia Dreyer, déléguée syndicale CFDT et infirmière au service ambulatoire de la clinique Saint-Vincent
Un mouvement appelé à durer
La mobilisation, organisée tout au long de la journée pour permettre aux équipes de se relayer, pourrait se poursuivre dans les prochains jours. « Elle est reconductible. Chaque matin, la direction saura si nous poursuivons ou non », indique Patricia Dreyer. Les syndicats espèrent désormais faire évoluer la position de la direction et obtenir l’ouverture de nouvelles négociations.
En attendant, le mouvement traduit un malaise profond au sein des établissements, où les soignants entendent bien faire entendre leur voix.
Journée de mobilisation ce vendredi 20 mars au sein du groupe Elsan. Les agents des cliniques Saint-Vincent à Besançon et Saint-Pierre à Pontarlier se mobilisent pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer des revalorisations salariales. Selon nos informations, la mobilisation est totale à Pontarlier, tandis qu’elle atteint environ 50 % des effectifs à Besançon.
Après une année de fermeture, la clinique Saint-Pierre à Pontarlier vient de rouvrir le deuxième étage de son service de rééducation, en hospitalisation complète. Quinze lits supplémentaires, un plateau technique de rééducation, des salles de repos ou encore une grande salle de restauration collective viennent agrémenter l’établissement de santé.
« Tout a été pensé dans le but d’améliorer le séjour des patients et la qualité de vie au travail des soignant ». La clinique Saint-Pierre de Pontarlier, c’est un service d’hospitalisation à temps partiel qui propose trois programmes : obésité, bien vieillir, et activité physique adaptée pour les patients atteints d’un cancer. Mais c’est aussi un service de rééducation pour réautonomiser les patients. Fermé pendant une année, le deuxième étage du service rééducation de la clinique Saint-Pierre a rouvert, faisant passer sa capacité de 35 à 50 lits. « Notre projet médical est orienté vers la rééducation du patient et sa réautonomisation », assure Christophe Creton, le nouveau directeur. Aujourd’hui, ce service peut accueillir une cinquantaine de patients pour une hospitalisation complète d’une moyenne d’un mois. La réouverture de ce 2ème étage de 1000m² permet en effet d‘accueillir davantage de patients.
« On souhaite avant tout le maintien en autonomie du patient, l’accompagnement vers une meilleure réautonomisation. Notre objectif principal reste le retour à domicile dans les meilleures conditions » Christophe Creton, directeur de la clinique Saint-Pierre
Dès son admission à la clinique Saint-Pierre, le patient est pris en charge par l'équipe médicale et l'équipe paramédicale. Un bilan initial fait état de ses besoins, pour ensuite fixer la trajectoire éducative qui va être envisagée pour ce patient. Et puis, il y a parfois aussi des bilans intermédiaires qui viennent compléter ou réorienter le bilan initial et le programme éducatif. « C’est ce qui va permettre au patient d’avoir un soin adapté, puisqu’aujourd’hui on est vraiment sur un parcours de soins individuel, où les patients vont bénéficier des meilleures compétences au meilleur moment » indique Christophe Creton.
Démédicaliser la pratique en hospitalisation à temps partiel
La Clinique Saint-Pierre est un établissement offrant deux types de services de soins : un service de rééducation en hospitalisation à temps complet qui vient s’agrandir, mais aussi un service d’hospitalisation à temps partiel (HTP). L’HTP propose 3 programmes : obésité, bien vieillir et activité physique adapté pour les patients atteints d’un cancer. Le fait de porter la capacité de l’établissement à 50 lits, avec deux secteurs de 25 lits, permet d’apporter un maximum d'offres de soins au regard des besoins du territoire, en complémentarité avec les différents acteurs. « C'est vrai que notre équipe médicale a beaucoup contribué et continue à contribuer à ce travail collaboratif, mais également avec la médecine de première intention, puisque la médecine de ville, ne l'oublions pas, est un acteur fondamental dans le maillon de la prise en charge des patients et des concitoyens en général » souligne Christophe Creton. « Et notre objectif c'est de répondre aux besoins, de s'inscrire en complémentarité, de multiplier les programmes rééducatifs. C'est vrai qu’aujourd'hui nous parlons de l'hospitalisation complète avec ces 50 lits, mais on a également un hôpital de jour, un HTP, où les patients viennent la journée uniquement, et sur lequel nous avons 3 programmes. Ces derniers sont justement en partenariat avec différents acteurs, et c'est l'objectif, de pouvoir répondre à ce besoin de santé autrement, puisque tous les patients ne nécessitent pas une prise en charge en hospitalisation complète. Notre point central et notre motivation première, c'est le patient, il est au cœur de nos de nos réflexions communes ».
Christophe Creton, directeur de la clinique Saint-Pierre :